Ice and fire 2
Chapitre 9
Dévya
Après avoir payé le taxi, je pousse la lourde porte de l’entrée, non sans oublier de saluer un des voisins que je croise.
L’ascenseur peine à avancer. Je me demande pourquoi je n’ai pas eu le courage de prendre les escaliers, ça serait allé plus vite ! Finalement, j’arrive à l’appartement sans encombre, juste un peu la tête en vrac. Je ne voulais pas spécialement partir chez Anélia, comme si elle était devenue ma grande copine du jour au lendemain. D’ailleurs, je n’arrive pas bien à comprendre pourquoi elle a souhaité que l’on reparte sur de nouvelles bases.
Peut-être a-t-elle assimilé le fait que j’étais importante pour Zaren.
Les questions se bousculent dans ma tête lorsque je me lave les mains et m’attache mes cheveux. Je suppose qu’ils vont rentrer pour dîner, donc il me reste à peu près une heure pour tout préparer.
J’attrape le tablier dans le tiroir le plus étroit et cherche une recette rapide sur internet. Le commentaire d’une maman inscrit sur le site me fait rire et, en fait, je décide de partir sur ce délice un peu complexe qu’elle recommande grandement.
Les poivrons dorent dans la poêle, en compagnie de patates douces, d’oignons, de champignons frais et d’épices. Un rapide coup d’œil à la pendule de la cuisine m’indique que mes amis vont revenir d’une minute à l’autre. Je suis dans les temps.
Alors que je chante une chanson en remuant la casserole, la sonnerie de la porte d’entrée retentit. Je m’essuie les mains dans le torchon et vais regarder dans le judas pour savoir de qui il s’agit. C’est sûrement le voisin pour me demander de baisser le volume.
Quand mon œil se pose sur sa silhouette, c’est le choc total. Mes mains tremblent, mon corps aussi. Je recule directement contre le mur de l’entrée, renversant des objets situés sur le buffet.
— Bonjour, ma jolie.
La voix grave et pâteuse de Mike m’agresse les oreilles. Je ne réponds pas, terrorisée.
— Je sais que tu es là. Je t’ai vue monter seule dans cet appartement.
Il frappe un coup sur la porte et je sursaute face à son geste. Ma respiration est saccadée et mon cœur est prêt à lâcher à tout moment. L’idée qu’il m’ait suivie me rend encore plus faible.
— Je t’ai amené une surprise. On est trois hommes pour s’occuper de ta petite frimousse, ce n’est pas génial, ça ?
Rien que d’imaginer les mains sales de ses inconnus sur mon corps me donne la nausée.
— Ton pauvre connard de mec a cru qu’il pourrait s’en sortir comme ça ? Je prends toutes ces années de taule et lui n’a rien ? Non, ce n’est pas juste. Tu ne peux pas savoir à quel point je suis heureux de pouvoir enfin me venger sur une chose qui lui appartient. Toi.
Il frappe un nouveau coup, suivi d’un grognement bestial.
— Ouvre cette porte, je sais que tu m’écoutes.
Il hausse le ton. Malgré mes jambes tremblantes, je recule et récupère mon couteau abandonné sur la table de la cuisine. Mon portable sonne. Je sursaute en entendant son rire d’hyène derrière la porte.
— Je ne pensais pas devoir utiliser les grands moyens, mais apparemment tu ne me laisses pas le choix.
Je n’arrive pas vraiment à savoir comment, mais j’atteins mon téléphone avec une rapidité déconcertante. Il n’a plus de batterie, il peut s’éteindre à tout moment si je ne le gère pas correctement. Les mains tremblantes, je compose le numéro de Zaren, mais pas de réponse. J’essaye de nouveau, sans succès. En plus, je n’ai pas celui de ses amis ! Je m’apprête alors à taper le numéro de la police, mais mon seul objet de secours me lâche. La batterie est HS.
Paniquée, je m’approche de la porte, mon couteau aiguisé en direction de l’homme. Je perçois un nouveau coup. Mike semble s’impatienter. Un grincement se fait entendre et je comprends alors qu’il essaye d’introduire quelque chose dans la serrure pour ouvrir le battant. J’ai déjà vu cette technique de cambrioleur dans un film.
Par instinct, j’enfonce à mon tour la lame du couteau pour lui bloquer l’accès. Je l’entends pousser un juron et forcer sur la poignée. Ma respiration devient difficile à contrôler et je crains qu’il entre à tout moment.
Des voix se confondent derrière la porte. Faible, je m’écroule par terre, le regard rivé à cette porte qui va se briser d’une seconde à l’autre sous le poids des trois molosses. Des picotements se ressentent sur mes avant-bras et la couleur rouge s’infiltre sous le tissu de mes vêtements. Je ne comprends pas ce qui m’arrive. Je sais juste que je pleure, car je sais que mon heure est venue. Alors que je crois que c’en est fini pour moi, les coups s’arrêtent. Des insultes volent à foison et j’entends encore des cris de douleur et de rage qui se mêlent dans le hall. Des clefs s’enfoncent dans la serrure rapidement. Mes yeux se voilent, mais j’arrive à le voir derrière mon rideau de larmes. Mon sauveur.
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