Ice and fire 2
Chapitre 16
Dévya
— Tu le mets où ce torchon ?
Je prends le tissu des mains de ma meilleure amie et le place dans un des tiroirs prévus à cet effet. J’ai mes habitudes et j’aime mon organisation qui me facilite la tâche.
En mettant les couverts dans le lave-vaisselle, des images de Fady et d’Eliam me reviennent en tête et j’hésite à lui poser la question.
— Tout va bien, Dév ?
Tant pis, je me lance.
— Tu peux m’expliquer pourquoi je t’ai vue avec ta langue dans la bouche d’Eliam tout à l’heure ?
Fady fronce légèrement les sourcils, puis hausse les épaules.
— J’avais envie.
Je lui fais face, ne sachant que dire.
— Je fais ce que je veux de ma vie, Dév, je n’ai pas besoin que tu te mêles de mes affaires.
Elle souhaite vraiment partir sur ce terrain-là ?
Je me mets à la suivre dans le salon pour poursuivre mes reproches.
— Tu fais ce que tu veux, Fad, mais j’aimerais juste savoir à quoi tu joues.
Mon amie se retourne vivement vers moi et ouvre ses bras en grand.
— Je ne sais pas ! Je suis perdue !
Je cligne des paupières plusieurs fois, attendant impatiemment qu’elle poursuive son déballage de sentiments.
— Quand tu m’as dit que j’étais amoureuse d’Aaron, j’ai flippé et je me suis juste prouvé que je n’étais accrochée à personne. Il y avait Eliam et ça reste un beau garçon qui me plaît. Alors j’ai craqué. Mais le résultat, c’est que je ressens aussi un truc pour lui. Je me sentais en sécurité et il a été tendre. Ce sont deux choses que je ne retrouve pas avec Aaron.
Pour la réconforter, je la prends dans mes bras. Elle s’y blottit volontiers et laisse échapper un grand soupir de frustration.
— Ils me plaisent tous les deux, je crois.
Je peux la comprendre. Ils ont chacun leur charme et ils sont tous les deux intelligents. Mais jouer sur deux tableaux, c’est quelque chose qui risque de mal se terminer pour elle et je ne veux pas qu’elle souffre.
— Je pense qu’une bonne nuit de sommeil te fera le plus grand bien. Elle te portera conseil.
Fady se met à rire et je l’imite, l’atmosphère beaucoup plus légère. J’apprécie qu’elle se soit confiée, je sais que c’est une chose qu’elle n’a pas l’habitude de faire.
Au même moment, les garçons reviennent du balcon. Je n’avais même pas fait attention à leur départ. Zaren passe devant moi, me jette un coup d’œil furtif, puis s’engage dans le couloir. Depuis qu’il a dit à son père que nous étions en couple, je vois bien qu’un malaise s’est installé entre nous sans que je sache pourquoi. Je n’aime pas être dans le flou et pourtant avec cet homme je vais devoir m’y habituer.
Finalement, je laisse Fady discuter avec Eliam et pars rejoindre mon rebelle dans la chambre. Je frappe avant d’entrer, par réflexe, mais ouvre sans sa permission. Évidemment, Zaren est allongé sur le lit, le nez rivé sur son portable.
— Ça va ?
Je m’approche de lui avec prudence. S’il y a bien une chose que j’ai apprise au cours des années, c’est qu’il ne faut pas le brusquer si l’on souhaite obtenir des réponses.
— Ouais.
Lorsque je vois qu’il ne m’éjecte pas, je cale mes fesses à côté de sa hanche puis le regarde droit dans les yeux.
— Je sais qu’il y a un truc qui te dérange. Tu veux m’en parler ?
Ma main glisse sur la sienne. Il l’observe en silence, mais ne bouge pas.
— Pourquoi ?
— Pourquoi ? répété-je, ne comprenant pas la signification.
— Oui, pourquoi est-ce qu’à chaque fois que ça se passe bien entre nous, je foire tout ?
L’expression sévère de son visage me prouve à quel point il est énervé contre lui-même.
— Tu fais référence à ce que tu as dit à ton père ?
Je préfère demander, juste au cas où. Il vaut mieux être sur la même longueur d’onde dans ces moments-là.
— Je ne sais pas ce qu’il m’a pris.
Il retire brusquement sa main de la mienne pour la passer dans ses cheveux. Cependant, même après, il la garde éloignée de moi, ce qui m’attriste sans le vouloir.
— J’ai juste été surprise.
Il murmure un truc incompréhensible, puis, sans que je m’y attende, il vient poser sa paume chaude sur ma nuque pour m’attirer à lui. Je laisse tomber ma tête sur son torse et ferme les yeux pour savourer encore plus ce moment. Je commence à m’habituer à ce nouveau Zaren : plus émotif, plus ouvert.
— Cela étant dit, j’accepte officiellement d’être ta copine.
— Ferme-la.
Il rigole dans mon cou, même si j’ai bien conscience que ma réponse lui a plu. Il dépose une kyrielle de baisers le long de mes clavicules et je finis par m’endormir contre lui, bercée par les battements de son cœur contre le mien.
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