Ice and fire 2
Chapitre 23
Zaren
Appuyé nonchalamment contre la rambarde du balcon, clope à la main, je réponds à mon portable qui ne cesse de vibrer depuis tout à l’heure.
— Salut, mon pote.
À son rire, Nhico me rend nostalgique. Ça me fait tellement bizarre de ne plus le voir tous les jours. Lui et les autres.
— Tu réponds plus à tes appels, petit con ?
Je meurs d’envie de lui faire un doigt d’honneur, mais sachant qu’il ne peut pas le voir, j’aurais l’air d’un abruti.
— Plus on se fait attendre, mieux c’est.
De nouveau, son rire résonne à l’autre bout du combiné.
— Je voulais prendre de tes nouvelles. Tout va bien avec Dév ?
Je peine encore à me faire à l’idée que toute notre ancienne bande sait pour notre relation. Nous vivions tellement cachés à l’époque !
— Ouais. On a eu une petite crise, mais rien de méchant. C’est réglé.
— C’est normal d’avoir des disputes dans un couple. Ce sont toujours les montagnes russes. Un jour, tout va bien et l’instant d’après, tu es à la limite de l’explosion.
J’ignore si Nhico me parle de son vécu avec Lilaa ou juste pour me rassurer.
— D’ailleurs, comment ça se passe avec ta meuf ? Toujours la même ?
Il sait que je le taquine. Nhico est le mec le plus sérieux de la bande.
— Toujours Lilaa. En fait, en ce moment on aborde des sujets plus profonds, comme... les bébés.
L’image d’un morveux qui braille comme un rhinocéros apparaît dans mon esprit. Je secoue la tête pour m’en débarrasser au plus vite.
— Un gosse ?
— Oui.
Je manque de m’étouffer en prononçant les quelques mots qui s’échappent de mes lèvres :
— Tu vas être papa ?
Je nous revois adolescents, les mains plantées autour d’un ballon de foot dans le jardin de ses parents. J’ai l’impression que c’était hier.
— On commence juste à en parler ! Ne t’excite pas.
C’est définitif, cette image de Nhico avec un gosse entre les mains me donne envie de gerber sur le balcon de la voisine du dessous. C’est peut-être une bonne idée quand on voit l’état de ses fleurs !
— Et tu le veux pour quand ?
Nhico se rapproche du portable et lâche un rire nerveux.
— Mec, on parle d’un bébé là, pas d’une pizza quatre fromages ! On verra quand on sera prêts, pour le moment nous faisons juste le tour de la question, mais j’avais besoin de me confier à quelqu’un alors je suis content que ce soit toi.
Quelque part, ça me touche que mon pote soit venu vers moi pour discuter de cette histoire. D’autant plus que je suis le seul qui hais à ce point les mioches. C’était risqué de sa part, car j’aurais pu l’en dissuader avec quelques phrases à la con pour le faire flipper, comme le fait que quand un gosse entre dans un couple, celui-ci ne baise plus autant qu’avant. Aucune envie de partager Dév avec un bébé horrible. Moi, je suis bien mieux comme ça, en tout cas.
— Lilaa revient de son travail, je dois te laisser. On se voit bientôt, j’espère ?
Un dernier échange de banalités et nous raccrochons. Avoir eu Nhico au téléphone m’a fait un bien fou. J’ai eu l’impression que nous étions de nouveau réunis, comme avant.
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