Ice and fire 2
Chapitre 19
Dévya
Mes paupières s’ouvrent toutes seules, s’accommodant difficilement à la forte luminosité de la pièce. J’avais prévu de faire un petit somme, pas de rattraper une journée entière de sommeil ! Un rapide coup d’œil à mon réveil me prouve que je suis bien loin de la sieste d’une heure que je m’étais accordée.
Mes yeux pivotent sur le corps étendu à côté de moi. Instinctivement, je pose ma main sur la joue rugueuse de mon beau brun qui semble dormir à poings fermés. Il m’a rejointe un peu avant que je sombre totalement dans le sommeil et nous avons fini par nous embrasser comme des adolescents en pleine découverte de l’autre.
Cependant, une fois de plus, nous n’avons pas discuté de notre dispute. Cela ajoute un élément supplémentaire à la longue liste de choses dont il faut qu’on parle.
Après avoir déposé un rapide baiser sur l’épaule de Zaren, je quitte la chambre, enveloppée dans un grand châle blanc. Malgré ce soleil qui tente de percer, les courants d’air restent frais dans la maison.
— Ça s’est arrangé ?
Je pose à peine le pied dans le salon que ma meilleure amie me tombe dessus. Elle est tranquillement assise devant la télévision, un bol de lait chaud fumant et un gros plaid recouvrant son corps mince. À ses côtés, Eliam dort aussi. Le léger ronflement qui s’échappe de ses lèvres nous arrache un rire.
Me souvenant de sa question, je hausse les épaules et prends place à côté d’elle sans réveiller l’homme des cavernes.
— Nous n’avons pas parlé. Il est venu et il m’a juste embrassée.
Mes doigts effleurent le fin tissu des oreillers. Fady me contemple, avale une gorgée de sa boisson puis se tourne totalement vers moi.
— Je m’en veux de te dire ça, Dév, mais je pense que si vous n’arrivez pas à trouver un instant pour discuter comme des adultes, vous n’avez rien à faire ensemble.
Je me suis déjà fait la réflexion plusieurs fois, durant mes longues heures de détresse. L’entendre de la bouche de ma meilleure amie, c’est différent. Et le pire, c’est qu’elle a raison.
— Fad, je me bats tellement fort pour essayer de lui convenir ! Je mets mon caractère de côté pour éviter des disputes, je fais des efforts en sociabilisant avec sa bande d’amis que je n’apprécie pas, mais rien ne semble le satisfaire !
Un grognement sourd tout droit sorti de la bouche d’Eliam m’incite à baisser le volume.
— Je comprends que tu sois paumée, mais ce n’est pas à lui de décider comment tu dois te comporter. Après tout, c’est toi sa copine, non ? S’il n’est pas capable de voir que sa bande de potes est naze, c’est son problème. Toi, tu es le genre de petite copine que tous les mecs rêvent d’avoir, alors ne te prends pas la tête et laisse-le venir à toi. Zaren est certes un garçon indomptable, mais il n’en reste pas moins intelligent. Quand il verra vraiment ce qu’il a entre les mains, il reviendra vers toi pour s’excuser.
J’espère juste qu’elle a raison. Sans comprendre vraiment pourquoi, je me retrouve à entrer dans mon rôle derechef.
— Tu me conseilles quoi ?
Fady laisse courir ses longs ongles manucurés de rouge sur la surface lisse de la table basse, puis plante son regard malicieux dans le mien. La lueur qui y brille m’indique qu’elle a l’air ravie de son idée.
— Tu te la joues détachée.
— Détachée ? répété-je, pas bien certaine de comprendre où elle veut en venir.
— Oui. Tu le fais galérer.
— Je comprends plus très bien. Ce n’est pas toi qui m’avais dit de justement montrer que j’étais là pour évincer Anélia ?
— Peut-être, mais si cette technique n’a pas marché, celle-ci sera divine, fais-moi confiance.
Ma meilleure amie me lance un dernier sourire triomphant avant de me tendre sa main en signe d’accord officiel. Je la lui serre, toujours dans les vapes. Toutefois, parier avec Fady, c’est un peu comme si je l’avais fait avec le diable et ça annonce ma future descente aux enfers.
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