Je pense trop (French Edition)

Christel Petitcollin · Chapitre 19 sur 90

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Je pense trop (French Edition)

Chapitre III : Un câblage neurologique différent

 

Les différences entre cerveau gauche et cerveau droit

Dans la première partie, je vous invitais à découvrir tous les aspects de votre hypersensibilité et ses conséquences. Je vous propose maintenant d’explorer l’originalité et la puissance de votre pensée.

La plupart des gens pensent que le cerveau est le même chez tous les êtres humains et qu’il n’y a de ce fait qu’une seule façon de penser et de réfléchir. Cette croyance est inexacte. Biologiquement, notre cerveau est composé de deux hémisphères séparés ne communiquant entre eux qu’à travers le corps calleux.

Lorsque j’anime un séminaire sur les notions de cerveau droit et de cerveau gauche, je commence mon enseignement en dessinant le dessin ci-dessous sur le paperboard.

 

Je demande aux participants ce que représente ce dessin. La réponse est unanime : « Un visage qui sourit. » Puis je dessine à côté le dessin ci-contre. Avant que je me sois retournée, la remarque fuse : « Cette fois, il n’est pas content ! »

Alors je demande au groupe ce qui lui fait dire que c’est un visage et en quoi cela se voit qu’il sourit ou qu’il est mécontent. Et là, les choses se compliquent. « Ben, c’est un visage parce qu’il y a des yeux, un nez et une bouche ! » Non, il n’y a ni yeux, ni nez, ni bouche. Il y a trois traits et deux courbes. « Oui, mais la bouche, quand même, elle sourit ! » La bouche ? Quelle bouche ? C’est juste une portion de courbe ! Rationnellement, il n’y a pas de visage dans ce dessin et pourtant, nous le voyons tous. C’est ainsi que l’on peut découvrir l’existence de nos deux hémisphères. Pour le cerveau gauche, il n’y a que traits et courbes sur le tableau. Tout au plus le cerveau gauche reconnaîtra-t-il un 2, puisqu’il connaît les symboles. Le cerveau droit voit instantanément un visage et même les émotions qu’il exprime, sans pouvoir expliquer pourquoi puisqu’il n’a pas la maîtrise du langage.

Le cerveau gauche est linéaire, méthodique, verbal et numérique. Il sait nommer, décrire, définir. Il peut utiliser les nombres et leur arithmétique. Comme il est analytique, il découpe les ensembles et les traite étape par étape et élément par élément. On le dit aussi symbolique, abstrait, rationnel et logique. Il exécute les tâches séquentiellement, chronologiquement et établit des causes à effets aboutissant à des conclusions convergentes donc à des solutions uniques. Ayant conscience de l’unicité de la personne, le cerveau gauche incite à l’autonomie et à l’individualisme.

Le cerveau droit vit l’instant présent. Il privilégie l’information sensorielle, l’intuition et même l’instinct. Il perçoit les choses de façon globale et peut restituer un ensemble à partir d’un seul élément, même mineur. Souvent, il sait, mais ne peut expliquer comment il sait. Sa pensée en arborescence est foisonnante et lui donne accès à la pluralité des solutions. Affectif, émotionnel, donc irrationnel, il se sent appartenir à la famille humaine et même au monde du vivant. Cela lui donne une vision altruiste et généreuse.

Chaque cerveau ayant sa logique, a aussi son langage. Celui du cerveau gauche s’appelle le langage digital. C’est un langage objectif, logique, cérébral. Il explique, interprète, analyse. Il s’agit bien évidemment du langage le plus utilisé dans les domaines de la science, de l’enseignement, des entreprises. Par contre il ne pourra pas cerner un problème dans sa totalité et se révèle inopérant quand il doit traiter des états d’âme.

Le langage du cerveau droit est dit analogique. Composé de figures, de symboles et de métaphores, il est aussi le langage de la synthèse, de la totalité. Il sert à avoir une perception globale des choses. C’est aussi le langage de l’humour, des associations de sons, des ambiguïtés, des calembours et des jeux de mots, des confusions entre sens littéral et métaphorique. Il peut être très déroutant pour un cerveau gauche.

Ainsi, vous pouvez le constater : en fonction de l’hémisphère dominant chez eux, les gens traitent l’information différemment, s’intéressent à des choses différentes, pensent différemment et donc ont des personnalités bien différentes. Leur fonctionnement est tellement différent qu’on pourrait dire que chaque hémisphère a sa personnalité. Tout le système logique d’une personne et même sa mentalité dépend de la localisation de son centre de raisonnement. La majorité des cerveaux (70 à 85 %) présentent une dominance de l’hémisphère gauche. Les cerveaux surefficients (15 à 30 %) ont une prépondérance de l’hémisphère droit. Les différences de l’un à l’autre des hémisphères sont suffisamment conséquentes pour qu’on puisse avoir l’impression de venir de planètes différentes, lorsqu’on ne partage pas le même câblage neurologique.

Si nous croyons que l’autre fonctionne comme nous, nous nous attendons à ce qu’il nous comprenne à demi-mot et à ce qu’il ait les mêmes réactions que nous dans des situations similaires. Chaque société développe ainsi ses implicites sociaux, des façons de fonctionner ensemble, qu’il est inutile d’expliquer parce que tout le monde les connaît spontanément. Les codes en vigueur dans nos sociétés occidentales conviennent parfaitement aux gens dont l’hémisphère gauche est dominant, puisqu’ils sont majoritaires. Les surefficients mentaux en revanche, n’y comprennent rien. La logique des cerveaux gauches leur échappe. Dès l’enfance, ils se heurtent à des situations embarrassantes et incompréhensibles où ils se voient reprocher d’être stupides, insolents ou provocateurs. À l’école, s’ajoutent de nouveaux reproches : hors sujet, non respect des consignes. Leurs tentatives pour éclaircir les malentendus aggravent leur cas. Les adultes exaspérés n’élucident rien et leur rétorquent qu’ils font exprès de ne pas comprendre ! Cette incompréhension des implicites est très insécurisante. Les surefficients mentaux sont toujours potentiellement sur le point de faire une gaffe, sentent d’ailleurs régulièrement une gêne dans leurs rapports sociaux. Au cours d’une conversation détendue arrive brusquement un silence glacé. Il s’est passé quelque chose, mais quoi ? Empêtré dans son malaise, le surefficient mental ne pourra pas tirer leçon de cette situation parce qu’il n’aura pas d’explication à poser sur ce qui s’est réellement joué dans l’interaction. Ce décalage rend les contacts sociaux complexes et fatigants pour les cerveaux droits. Pourquoi les choses semblent-elles si simples pour les autres ?

C’est peut-être au niveau de l’humour que le décalage se fait le plus sentir. Jérôme me raconte : « La situation que je déteste le plus, c’est quand quelqu’un commence à raconter une blague. D’avance, je suis crispé à l’idée qu’il va falloir rire alors que l’histoire ne sera probablement pas drôle. Dans beaucoup de cas elle sera même consternante et il faudra que j’arrive à cacher à quel point elle me navre. »

Les surefficients ont énormément d’humour, mais leur humour est tellement personnel qu’il est difficile À partager, même entre surefficients mentaux ! Il est probable que les blagues qui font rire Jérôme tomberont à plat dans un public d’hémisphères gauches.

Le cerveau gauche permet la matérialisation de ses rêves et la concrétisation des projets, des rêves et la concrétisation des projets.

Pour développer le vôtre, vous pouvez vous livrer aux activités suivantes : lire et écrire, reprendre des études, effectuer des tâches nécessitant concentration et précision, comme le bricolage ou la couture. Certains sports, notamment les arts martiaux peuvent vous aider à développer votre persévérance, votre endurance et améliorer votre maîtrise de l’équilibre.