Je pense trop (French Edition)

Christel Petitcollin · Chapitre 33 sur 90

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Je pense trop (French Edition)

Partie 2 : Une personnalité originale

Partie 2 : Une personnalité

originale

 

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Chapitre I : Le vide identitaire

Se sentant différents et incompris depuis l’enfance, sans pouvoir mettre de sens sur ce malaise, les surefficients mentaux souffrent d’un vide identitaire. Comment se faire une idée précise et positive de qui on est et de ce que l’on vaut quand l’entourage n’y comprend rien. À longueur de journées, les enfants surdoués se heurtent aux limites des autres.

Dans le parc aux balançoires, Léa, 8 ans, s’est fait une copine. Elles courent à perdre haleine. Puis, essoufflée, Léa s’arrête et prend son pouls à son poignet. « Oh lala, j’ai le cœur qui bat vite ! » Sa nouvelle amie s’esclaffe. « Oh l’autre ! Le cœur, il n’est pas dans le bras ! Il est là ! » dit-elle en montrant son nombril. Léa sent bien qu’elle passe pour une crétine. Elle en est profondément humiliée, mais ne peut rien expliquer de ce qu’elle sait. Cette mésaventure est quasi quotidienne pour tous les surefficients mentaux et à tous les âges. Comment développer sa confiance en soi quand on se sent en inadéquation constante avec son environnement ?

Imaginez que vous vous exprimiez en lumière et que vous disposiez d’une palette d’expression qui inclut les infrarouges et les ultraviolets. Les gens dans la norme ne disposent que du prisme de la lumière ordinaire. Alors quand vous communiquez avec eux, ils ne captent qu’une vision parcellaire de ce que vous êtes et ne vous renvoient de votre discours qu’une partie tronquée, déformée, amputée de sa subtilité. Vos beaux infrarouges et vos magnifiques ultraviolets sont ignorés. Ce que vous avez de plus subtil n’existe pas aux yeux des autres. C’est ce que vivent en permanence les surefficients. Cela explique en partie leur vide identitaire : le miroir de leurs relations interpersonnelles ne peut pas leur renvoyer ce qu’ils sont en totalité. L’image est parcellaire et déformée, puisque leur entourage leur renvoie aussi régulièrement la bizarrerie et l’anormalité de ce qu’ils sont.

Bref, plus prosaïquement et pour faire simple, vous disposez d’une pensée en entonnoir quand la plupart des gens ont une pensée en tuyau. Or, on ne peut pas faire rentrer un entonnoir dans un tuyau. C’est pourquoi la plupart des gens ne peuvent pas cerner votre forme de pensée. CQFD « ça dépend du diamètre du tuyau ! » m’a quand même répondu très logiquement et du tac au tac, un surefficient mental. Quand je vous dis que travailler avec des surdoués n’est pas simple tous les jours !