Je pense trop (French Edition)

Christel Petitcollin · Chapitre 4 sur 90

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Je pense trop (French Edition)

Partie 1 : Une organisation mentale naturellement sophistiquée

Partie 1 : Une organisation mentale

 

naturellement sophistiquée

 

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Chapitre I : Des capteurs hypersensibles

« Ce mec est too much, ce mec est trop… Trop, trop, trop ! » chantaient les coco girls dans les années 80. Cette ritournelle résume à elle seule la problématique de la surefficience mentale. Tout est en trop : trop de pensées, trop de questions, trop d’émotions… et en superlatifs voire en hyperlatifs : hyperréactif, hypersensible, hyperaffectif… Les surefficients mentaux vivent les évènements de leur vie avec une intensité hors norme. Ce qui les touche, en positif comme en négatif, semble les faire résonner comme du cristal. Même des incidents mineurs peuvent prendre des proportions inédites, surtout s’ils touchent à leur système de valeur. Perceptions, émotions, sensibilité : tout est décuplé. En fait, c’est tout le système sensoriel et émotionnel qui est hypersensible. Cette finesse de perception est neurologique et commence par la perception de la réalité.

Nous captons l’information par nos cinq sens. Nous savons qu’il existe des gens un peu sourds ou un peu bigleux. Pourtant nous nous imaginons que nous avons néanmoins tous la même perception de la réalité. En fait il n’en est rien. Votre façon de voir le monde est unique et subjective. Faites visiter le même logement à dix personnes. Faites leur ensuite décrire et détailler ce qu’ils ont perçu du lieu et vous aurez l’impression qu’ils ont visité dix appartements différents. Chacun a son canal sensoriel préféré. La personne à dominante visuelle se sera focalisée sur ce qu’il y avait à voir : esthétique, couleurs, luminosité, panorama, etc. Une autre, privilégiant l’auditif, aura trouvé l’endroit calme ou bruyant. Les kinesthésiques, eux, vous parleront de chaleur, d’espace ou de confort. Certains auront même utilisé leur odorat et parleront peut-être d’un relent de tabac ou d’une atmosphère confinée. Ainsi, chacun aura sélectionné une partie de la réalité comme étant importante et digne d’intérêt et zappé tout le reste. De même chaque personne aura attribué une intensité aux sensations recueillies. Peut-être l’une aura trouvé l’endroit « un peu bruyant », une autre « très bruyant » quand une troisième n’aura prêté aucune attention au bruit. Enfin, chacun aura sélectionné un nombre d’informations comme étant nécessaire et suffisant pour se faire une idée de l’endroit. La surefficience mentale fait capter plus d’informations que la moyenne des gens et d’une intensité également plus forte. Cela s’appelle l’hyperesthésie. Si un surefficient mental visite cette pièce, il se souviendra de bien plus de détails que la plupart des gens et aura même repéré d’infimes et anecdotiques particularités, de toutes petites choses auxquelles personne d’autre que lui n’aura prêté attention.