Je pense trop (French Edition)
Chapitre V : Bien vivre sa surefficience en société
Mieux vous allez vous comprendre et vous accepter, plus votre estime de vous va remonter. Avec une meilleure estime de soi, on gagne en consistance et on se fait mieux respecter. Jusqu’à présent, vos tentatives d’adaptation aux autres ont été épuisantes et décevantes. Mais vous avez maintenant les clés pour comprendre la nature des malentendus. Les normopensants sont indéniablement différents et ils le resteront. Peu à peu, vous pourrez intégrer leurs implicites, si vous arrivez à les capter et si vous acceptez d’assouplir votre idéalisme. Sinon, au moins, vous saurez maintenant d’où viennent ces moments de gêne et de flottement inconfortables.
Apprivoiser la solitude
« Il vaut mieux être seul que mal accompagné », dit le dicton. Les personnes atteintes du syndrome d’Asperger appliquent cette maxime à la lettre. Les gens, même les proches, sont vécus comme des envahisseurs. Ils sont incompréhensibles et leur contact est épuisant.
À l’opposé, certains surefficients mentaux ne supportent tellement pas la solitude qu’ils préfèrent être mal accompagnés que seul. Alors, ils se font vampiriser et leurs relations virent au cauchemar. Pourtant la solitude réelle diffère du sentiment de solitude. Se vivre comme différent et incompris ferme la porte aux contacts sociaux. Dans ce cas, on est très seul, même au milieu des autres. Dans les cas extrêmes, les surefficients préfèrent encore continuer à être maltraités par un pervers que tous seuls. Leur masochisme apparent n’est qu’un « faute de mieux » et une mauvaise solution à un vrai problème. Car, vivre avec un manipulateur qui a fait le vide autour de vous et qui vous néantise par sa seule présence vous fait vivre dans la solitude la plus glacée qui puisse exister. Bref, être réellement seul vous apporterait plus de chaleur que de vivre avec un congélateur !
En fait, la meilleure formulation serait : « Pour pouvoir bien choisir qui nous accompagne, il faut déjà être capable de vivre seul. » Il vous faut apprivoiser le sentiment de solitude et en faire un allié. La solitude subie est angoissante. La solitude choisie, si elle est ponctuelle, est ressourçante. Et puis rappelez-vous : vous vous êtes épousé. Vous ne serez plus jamais seul en votre agréable compagnie.