Je pense trop (French Edition)

Christel Petitcollin · Chapitre 57 sur 90

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Je pense trop (French Edition)

Une meilleure confiance en soi

Le système de valeur qui découle de cet individualisme est beaucoup plus approximatif que le vôtre. Enfin, de votre point de vue. En fait, il est surtout beaucoup plus souple car il ne contient effectivement pas vos absolus. Les normo-pensants aiment les choses paisibles, nuancées, modérées… Oui, tièdes, si vous voulez ! Moins sensibles à l’injustice, ce en quoi ils ont plutôt raison (ça leur évite de se mettre la rate au court-bouillon !), ils ne la perçoivent pas non plus avec votre acuité. Il y a une forme de fatalisme aussi dans leur raisonnement : les normopensants acceptent l’imperfection du monde. Parfois, les surefficients mentaux ont même l’impression que les valeurs sont inversées : Véronique s’étonne : « J’ai l’impression que dans les implicites sociaux des normopensants, quand il se passe des choses graves, le mot d’ordre est : « Surtout pas de vagues ! » On ne dit rien, on ne s’en mêle pas, on relativise. Et si quelqu’un dénonce le scandale, c’est lui qui est considéré comme le fauteur de troubles. Inversement, ils feront des tempêtes dans des verres d’eaux. » Des hémisphères droits pour bousculer, des hémisphères gauches pour tempérer. Les normopensants donnent à la société sa stabilité.

L’hémisphère gauche trouve normal d’accuser les autres ou des éléments extérieurs en cas de problème et n’est pas très porté à l’auto critique. Dans ce domaine là non plus, il n’y a pas de grande remise en question à espérer. Mais cette remise en question constante est-elle tellement nécessaire dans la vie quotidienne ? Il est logique qu’un normopensant ne ressente pas le besoin d’être en amélioration constante puisqu’il est bien intégré dans sa société. La devise morale des normopensants est souvent à base de « Pas vu, pas pris ! ». Ils sont moins accessibles à la culpabilité et plus sensibles à la honte. Pris sur le fait en flagrant délit d’erreur, d’incivisme ou de malhonnêteté, ils vont se justifier avec mauvaise foi, dans le but de sauver la face. Dans la même situation, si tant est qu’il arrive à s’autoriser un comportement déviant, le surefficient assumera sa faute et cherchera à la réparer.

Une meilleure confiance en soi

Les normopensants n’ont pas votre usine mentale pour fabriquer à la chaîne des doutes et des questions. Cela leur permet d’être assis sur de confortables certitudes. Ils n’ont pas non plus cette arborescence aux aguets cherchant dans toutes les directions les raisons que leur projet pourrait avoir d’échouer. Ils peuvent donc s’engager dans l’action en étant confiants, avec la certitude d’être la bonne personne à la bonne place, certains de leurs compétences et ressentir un enthousiasme non entaché de doute. Confortés par la caution de 70 à 85 % de leurs semblables, les normopensants ont pu se créer une identité, trouver leur place, se sentir intégrés et développer leur confiance en eux. Tout leur confirme que c’est eux qui sont dans le vrai. C’est pourquoi ils s’autorisent à juger avec beaucoup d’assurance.