Je pense trop (French Edition)

Christel Petitcollin · Chapitre 73 sur 90

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Je pense trop (French Edition)

Stop aux amalgames et aux confusions

La pyramide des niveaux logiques.

 

Stop aux amalgames et aux confusions

Imaginez qu’un avocat vous dise : « J’ai beaucoup de plantes chez moi (environnement). Je les arrose toutes les semaines (comportement). J’ai la main verte (capacité). J’aime les plantes (valeur), elles mettent de la vie dans un intérieur (croyance). J’aurais bien aimé être jardinier (identité). » Vous êtes maintenant en mesure de remettre chaque phrase dans sa catégorie. S’il ajoute : « D’ailleurs, je milite pour la sauvegarde des espèces de plantes menacées de disparition. », il vous donne accès à sa spiritualité et à la chaîne logique qui en découle jusqu’à ses comportements de militant.

Au lieu de l’écouter et d’organiser l’information dans la pyramide logique, beaucoup de gens se contenteraient de tirer des conclusions hâtives sur le fait qu’il est avocat, à partir de leurs propres préjugés sur sa profession. Pourtant, une profession n’est qu’un ensemble de savoir-faire et de comportements, pas une identité. Une nationalité n’est pas non plus une identité. Une des principales confusions dans les niveaux logiques consiste à confondre identité et comportements.

Exemples :

Je me trompe (comportement) donc je suis nul (identité). Il ne m’offre pas de fleurs (comportement) donc il ne m’aime pas (valeur).

Elle ne m’a pas téléphoné, donc…

Nous en avons parlé dans un chapitre précédent, votre système de valeurs, composé d’absolus est connecté à un code de conduite (comportements) très élaboré. Quand on… (Valeur), on doit… (Comportement). Par exemple, quand on est amis, on doit se rendre disponible dès que l’autre en a besoin. Pour vous, c’est un non-sens d’agir sans réfléchir. Chaque comportement est forcément relié à une valeur. Mais ce sont vos chaînes logiques personnelles et elles ne sont pas forcément celles des autres. De votre point de vue, la personne qui n’a pas téléphoné vous adresse un message. Sur ce plan, vous êtes les champions de l’amalgame, de la présupposition, voire du film complet à partir d’un simple comportement, quand vous ne par tez pas déjà en vrille dès l’environnement. Quitte à vous faire des films, entraînez-vous à créer des chaînes logiques positives.

Elle ne m’a pas appelé parce que :

Elle n’a pas eu le temps.

Elle a perdu son chargeur.

Elle a effacé son répertoire par erreur.

Elle attend les résultats de son entretien d’embauche pour m’annoncer la bonne nouvelle.

Et pourquoi pas envisager que pour elle les coups de fil ne sont connectés à aucune obligation relationnelle ?

C’est aussi sur ce lien de cause à effets entre comportements et valeurs qu’on retrouve un des plus grands malentendus entre normopensants et surefficients : la question de principe.

Les normopensants ne sont pas toujours connectés à la chaîne logique allant du comportement à la valeur. Pour eux, un comportement est un détail anecdotique qui ne prouve rien. Pour vous qui avez accès à plus de tenants et d’aboutissants, ce détail devient un symbole, représentatif de tout le système. La défense des grandes causes a souvent pour point de départ cette question de principe.

Le dernier aspect qui complique la vie des surefficients est leur manie de placer pratiquement toutes les données au niveau de l’identité. Le vieux pull porté au concert a une vie, une identité et même une âme. S’il est entré dans ma vie, il devient un morceau de moi-même. Comment jeter un objet dans ces conditions ? Voila pourquoi les surefficients mentaux ont tant de mal à faire du tri et à mettre de l’ordre dans leur vie. Remettez les objets au niveau de l’environnement. Au niveau relationnel, amical et amoureux, il faut aussi savoir faire du tri. Si les valeurs de votre interlocuteur sont à l’opposé des vôtres, pourquoi persister à le fréquenter ? Vous allez passer votre temps à vous froisser mutuellement.

Les normopensants ont tendance à se cantonner dans les étages environnement et comportement. Il serait bénéfique pour eux de remonter les chaînes logiques pour vivre plus en cohérence avec leurs valeurs et mieux les comprendre. Inversement, les surefficients auraient tendance à rester dans les étages supérieurs, dans les débats d’idée et à oublier de redescendre vers la phase concrétisation. Beaucoup de surefficients mentaux se contentent de rêver au lieu d’agir parce qu’ils ont peur de l’échec. (Si je me trompe, je suis nul !) Les niveaux logiques permettent de relativiser l’échec. Les erreurs ne sont que de précieuses opportunités d’apprendre. Alors, osez agir.

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