Je pense trop (French Edition)
L’éidéisme
L’hyperesthésie gustative
Le goût va avec l’odorat. Les hyperesthésiques sont souvent de grands gourmets. S’ils font confiance à leur instinct, ils sont capables de détecter jusqu’au plus petit arrière goût de cannelle ou de paprika, de deviner l’origine géographique d’un café ou d’un chocolat. En général, ils sont à l’abri des intoxications alimentaires car ils peuvent percevoir le moindre arrière-goût suspect.
La majorité des gens ne perçoit que très peu d’informations par rapport à un surefficient mental. De temps en temps, les surefficients mentaux sont obligés de s’en rendre compte. Brusquement, ils ont l’impression que les individus qui les entourent sont abrutis ou engourdis. Mais cette idée les dérange, alors ils la chassent très vite. Surtout, ne pas juger les autres, surtout ne pas valider une différence aussi déstabilisante. Pourtant, cette différence est neurologique et objective. Elle a été étudiée et mesurée scientifiquement. Osez faire face à cette réalité. C’est un début d’explication au décalage constant que vous ressentez avec la majorité. Mettez-vous en observation de votre entourage et vérifiez par vous-même la qualité d’attention que prêtent les uns et les autres à leur environnement. C’est surprenant. François réalise brusquement : « C’est pour ça que j’ai souvent l’impression bizarre que les gens autour de moi sont comme endormis ! »
L’éidéisme
Dans l’hyperesthésie, il y a l’aspect quantificatif : le nombre d’éléments que vous avez éventuellement perçus et le niveau de découpage en détails plus ou moins menus. Il y a aussi l’aspect qualitatif : la subtilité des nuances que vous pouvez percevoir entre deux couleurs quasiment semblables ou la toute petite fausse note au milieu d’un morceau de musique. L’intensité de l’attention et la mémorisation font également partie du phénomène et puis, moins connu, il y a l’aspect « éidéiste » de la perception sensorielle.