Je pense trop (French Edition)
Le monde affectif des normopensants
Les besoins affectifs des normopensants sont beaucoup moins intenses que les vôtres. Les relations de surface que vous considérez comme superficielles leur suffisent et leur conviennent. Ils aiment parler de choses banales et anodines, échanger des lieux communs, partager des idées consensuelles et se retrouver juste pour le plaisir d’être ensemble. Les normopensants aiment le groupe et même la foule. Ils aiment s’amuser et se distraire. Ils n’éprouvent pas le besoin d’élever le débat et de refaire le monde. Inutile de s’ouvrir à d’autres façons de penser quand celle en vigueur vous convient. Au contraire, les idées trop révolutionnaires les choquent et les braquent. Les normopensants n’aiment pas non plus qu’on parle de soi d’une manière trop introspective, ça remue inutilement les angoisses. C’est uniquement quand ils vont mal, que les normopensants éprouvent le besoin de parler d’eux d’une façon intime. Ils apprécient alors les grandes qualités d’écoute et d’empathie des surefficients mentaux. Dès qu’ils vont mieux, ils reprennent leurs distances et retrouvent le confort et le plaisir d’échanger sur des banalités. Les surdoués avaient cru se faire enfin un ami intime à travers ces confidences démoralisées et sont bien déçus. Ils en concluent avec aigreur qu’on se sert de eux quand ça ne va pas et qu’on les rejette quand ça va. C’est une interprétation erronée : pour les normopensants, les conversations profondes sont réservées aux moments de déprime.
Les normopensants critiquent beaucoup et surtout ce qui sort des convenances. Pour eux, critiquer, ce n’est pas rejeter, c’est aider à s’améliorer. Ils aiment aussi commenter tous les faits et gestes de leur entourage. Souvent, les surefficients supportent mal ce qu’ils prennent pour une ambiance de basse cour et de médisance. Dans son livre Embrasser le