Je pense trop (French Edition)

Christel Petitcollin · Chapitre 25 sur 90

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Je pense trop (French Edition)

Un moulin qui mouline

Néanmoins, la vie se vit au présent. Une fois vos explorations mentales terminées, il vous faut apprendre à vous recentrer sur l’instant présent et savoir reporter le moment de penser à autre chose. Vous qui savez si bien voir la beauté, entendre les mélodies, sentir les parfums et la douceur de l’air, savourez cette vie autour de vous que vos cinq sens vous rapportent avec tant d’acuité. Posez-vous et respirez à fond. Vous êtes vivant, ici et maintenant !

Un moulin qui mouline

Vous ne m’avez pas attendue pour vous en rendre compte, votre cerveau est un moulin qui tourne en continu. Le fameux petit vélo… Moi, je trouve l’image inexacte : les cyclistes ont parfois l’air de forcer et de souffrir dans les montées. Ce n’est pas le cas de cette pensée fluide et facile. C’est pourquoi je préfère l’image du hamster dans sa roue, infatigable, fascinant par son agilité et sa rapidité. Mais la métaphore du moulin a l’avantage de mettre en avant le fait de moudre du grain, donc de servir à quelque chose. La fonction première d’un si beau cerveau est de mouliner utile. Et d’ailleurs, quand votre cerveau a du bon grain à moudre, il est heureux. Vous devriez toujours l’alimenter d’apprentissages, de projets à réaliser, de défis à relever. Reconnaissez-le : vous êtes curieux de tout et vous adorez apprendre. Votre cerveau raffole emmagasiner de nouvelles connaissances. Par ailleurs, vous n’êtes jamais si heureux que quand vous avez quatre ou cinq réalisations à mener de front. Alors pourquoi vous en priver ?

Ghislaine réalise brusquement dans quel état de frustration elle se maintient artificiellement : « Je meurs d’envie d’apprendre l’anglais depuis longtemps, mais mon entourage me dit qu’à mon âge, c’est une lubie et que ça ne me servira à rien ! Du coup, je n’ai pas osé m’inscrire, alors qu’il y a des cours à la MJC, juste à côté de chez moi. » À l’issue de notre conversation, Ghislaine est déterminée à prendre ses cours d’anglais, indépendamment des réflexions qu’elle devra essuyer. Et elle a bien raison car lorsque le moulin tourne à vide, l’ennui s’installe et très vite la déprime suit. Les enfants surdoués se plaignent en vain : « À l’école, je m’ennuie. Je n’apprends rien. » Il y a beaucoup d’élèves surdoués déprimés par ce manque de grains à moudre, en classe.