Je pense trop (French Edition)

Christel Petitcollin · Chapitre 89 sur 90

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Je pense trop (French Edition)

Vivre sa surefficience en couple

Les ennuis commencent quand le besoin d’être aimé est plus fort que le besoin d’être respecté. C’est d’autant plus vain de donner la priorité à son besoin d’être aimé, qu’il est impossible d’aimer quelqu’un qu’on ne respecte pas. Alors, faites-vous déjà respecter. On vous aimera ou pas, mais au moins votre intégrité ne sera pas entamée. À l’âge adulte, on n’a plus besoin d’être approuvé par tout le monde pour exister. C’est pourquoi vous pouvez maintenant placer un videur à l’entrée de votre salon d’accueil VIP pour trier la clientèle. Les vandales seront refoulés. Dans ce salon, plus de faux self : c’est votre vrai moi qui accueille, espiègle et chaleureux, les gens qui vous méritent.

Au besoin, lisez mon livre [13] S’affirmer et oser dire non ou faites un travail de développement personnel sur l’affirmation de soi, pour ne plus vous laisser vampiriser.

[13] : Paru aux éditions Jouvence.

Vivre sa surefficience en couple

Dans ma pratique, j’ai majoritairement accès aux couples composés d’un pervers narcissique et d’un surefficient mental. Il va sans dire que c’est le surefficient mental qui consulte, en se croyant complètement fou. Je me suis même parfois demandé si la fonction des surefficients mentaux n’étaient pas d’éponger comme un coton hydrophile toute la haine du pervers afin de neutraliser son pouvoir de nuisance au niveau de la société. Je crois surtout que les surefficients se font phagocyter par ces vampires.

Dès qu’ils sont libérés de leur persécuteur, ils revivent et s’ils ont compris le mécanisme de la prédation, ils ne replongent plus dans une relation d’emprise. Je les vois alors retrouver leur joie de vivre, leur énergie, leur pétillance. En général, ensuite, ils rencontrent un autre surefficient mental. Si leur nouveau conjoint est également ouvert à cette notion de surdouance, mes surefficients mentaux ont enfin accès au bonheur conjugal. Ce que je vois fonctionner, c’est un couple vif, curieux, plein d’humour et de gentillesse. Deux bisounours éveillés qui discutent, débattent, échangent et refont le monde à loisir.

J’ai également accès, en proportion moindre aux couples composés d’un surefficient mental et d’un normopensant. C’est en général un couple plutôt stable. Le normopensant ne comprend pas tout de son surefficient mental mais l’accepte dans son hyperémotivité avec fatalisme. Le surefficient mental ressent ennui et frustration, mais apprécie la stabilité et l’apaisement que lui offre son normopensant. « Tu te poses trop de questions » ou « Tu prends les choses trop à cœur » peuvent fonctionner comme des garde-fous et aider le surefficient mental à se fixer des limites. Mais intellectuellement, le surefficient dépérit. Énergétiquement, s’il demande à son normopensant de suivre son rythme endiablé, il risque aussi de l’épuiser. Pour l’équilibre du couple, il faut que le conjoint surefficient trouve ses défis intellectuels et son défoulement énergétique dans son travail ou dans son hobby.

Quand il découvre sa surdouance, le surefficient mental essaie d’aborder le sujet avec son conjoint et de partager tout ce qu’il apprend sur lui-même. En général, le conjoint normopensant n’est pas du tout réceptif au concept et fait un blocage. C’est très frustrant, mais logique : on a encore essayé de faire rentrer l’entonnoir dans le tuyau. A partir de ce moment-là, le surefficient mental prend conscience de tout ce qui est impartageable dans son couple et il devra faire beaucoup de deuils pour vivre à nouveau heureux avec son normopensant.

C’est horriblement sexiste mais objectif, les hommes préfèrent avoir une femme moins intelligente qu’eux. Statistiquement, un homme épousera toujours une femme avec un QI inférieur au sien, même s’il a un QI élevé. Comme quoi, le QI n’est vraiment pas une preuve d’intelligence ! Finalement, les grand-mères qui conseillaient aux jeunes filles de faire la sotte pour se faire épouser avaient bien raison. Les femmes belles et intelligentes risquent de rester seules. Là aussi, les statistiques sont désespérantes : plus les femmes ont un niveau d’études élevé, plus elles sont difficiles à caser.

Ne vous désespérez pas, mesdames : dans ma pratique, j’ai pu observer que dès qu’une femme s’accepte et rayonne dans sa surdouance, elle plaît aux vrais hommes et elle cesse d’aimanter les manipulateurs. Si elle est vigi- lante à choisir un surefficient mental, elle sera heureuse. Cela implique de changer ses critères de choix et de fuir les machos. La consigne est la même en miroir pour les hommes surefficients : fuyez les femmes trop féminines et trop douces, c’est un leurre.

Pour pouvoir se rencontrer entre surefficients, les hommes et les femmes surdoués doivent renoncer aux clichés de l’homme viril et de la femme féminine. Indéniablement, les surefficients mentaux ont développé leurs énergies féminines autant que leurs énergies masculines. Les femmes surefficientes sont très masculines (dans leur fonctionnement mental !) et les hommes surefficients assez féminins. Hommes yin et femmes yang, les surefficients mentaux peuvent réunir l’équilibre du féminin et du masculin en eux comme dans leur couple.

Il me semble même qu’il y a beaucoup de surefficients mentaux chez les homosexuels et chez les bisexuels. C’est en tous cas ce que j’ai pu constater dans ma clientèle.

Un couple de surefficients mentaux est un couple heureux quand les deux partenaires vivent sereinement leur surefficience. Cela implique que chacun ait comblé son vide identitaire, restauré son estime de lui et accepté tous les éléments de son fonctionnement. Si votre conjoint n’en est pas encore là, dès que vous aurez fini de lire ce livre, vous le lui prêterez !

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