Je pense trop (French Edition)

Christel Petitcollin · Chapitre 21 sur 90

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Je pense trop (French Edition)

Le besoin de complexité

La pensée en arborescence est particulièrement efficace en recherche de solutions. Là où la pensée séquentielle enchaîne une idée après l’autre de façon linéaire, cette pensée explore simultanément et parallèlement de nombreuses pistes de réflexion. Cela se fait naturellement et inconsciemment. Le travail est extrêmement rapide, au point que la solution semble s’imposer d’elle-même. Cela explique sans doute les éclairs de génie ou les prises de décisions rapides. Les surefficients savent et sont la plupart du temps incapables d’expliquer pourquoi.

Christine a toujours cru choisir ses logements au coup de cœur et s’étonnait de ce qu’ils correspondent si bien à ses critères. Rien ne manquait : appartement fonctionnel avec le nombre idéal de pièces et de placards, une exposition au soleil parfaite et toutes les commodités : commerces, écoles, transports à proximité. En comprenant comment fonctionne son cerveau, elle a réalisé que tous ces aspects avaient été mentalement explorés à chaque fois. Comme cela se faisait rapidement et automatiquement, elle croyait se décider sur un coup de tête, mais en fait, tout était pensé et bien pensé ! Ainsi, chez les cerveaux droits, la décision est un art : elle sera fulgurante… ou impossible !

La vitesse de l’influx nerveux est plus rapide chez les personnes à fonctionnement global et leur organisation neuronale en réseau leur permet de traiter simultanément un plus grand nombre d’informations. La pensée en arborescence devrait donc être considérée comme plus performante. Pourtant, pour suivre une scolarité sans histoire et de trouver sa place dans la société occidentale, c’est la dominance de l’hémisphère gauche qui est la plus adaptée.

Le besoin de complexité

Quand elle n’est pas sollicitée sur un sujet donné avec la nécessité de faire un effort de concentration, cette pensée fonctionne en mode automatique. Elle navigue seule dans ses arborescences, saute du coq à l’âne et flotte dans des rêvasseries sans fin. Les surefficients mentaux se savent rêveurs, distraits, désorganisés. C’est pourquoi ils ont du mal à se croire surdoués. Par exemple, ils se retrouvent brusquement dans leur cuisine, une cuiller à la main en se demandant ce qu’ils allaient faire. Il leur faut un moment pour retrouver le fil de leur action. « Ah oui, je venais chercher de la confiture ! »