Je pense trop (French Edition)

Christel Petitcollin · Chapitre 7 sur 90

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Je pense trop (French Edition)

L’hyperesthésie kinesthésique

L’ambiance d’un lieu, l’humidité ou la sécheresse de l’air, la chaleur, le toucher rugueux ou doux, le contact d’un vêtement, toutes ces informations sont captées en continu. François dit qu’il m’aurait bien embrassée. Il n’a pas osé. C’était une première séance, mais c’est assez fréquent que rapidement, les hyperesthésiques demandent à me faire la bise. Dans certaines circonstances émotionnellement chargées, ils souhaitent être serrés dans mes bras ou me serrer dans les leurs. Il n’y a rien d’ambigu dans cette demande. Ils ont besoin d’une étreinte chaleureuse, un vrai « hug » à l’américaine. Cela leur permet de gérer le trop plein émotionnel mais aussi, comme le dit François, « d’avoir plus d’infos ». La règle en psychothérapie traditionnelle qui veut qu’on ne touche pas ses patients ne peut pas fonctionner avec eux. Ils sont trop tactiles.

L’hyperesthésie olfactive

Peu utilisé par la majorité des gens, l’odorat est un sens très animal et riche d’informations. Je taquine les hyperesthésiques en leur disant que ce n’est pas un nez qu’ils ont, mais une truffe. Comme François, ils entrent dans mon bureau, l’odorat en éveil, font une réflexion sur mon parfum, froncent le nez s’il reste une odeur de tabac ou de transpiration véhiculée par les vêtements de la personne précédente. Florence me demande même d’aérer la pièce les jours où elle trouve que ça sent « l’air déjà respiré » ! L’hyperesthésie olfactive est un bonheur quand il s’agit de humer un grand vin ou de respirer une fleur. Cela peut devenir un cauchemar en cas d’odeur nauséabonde ou de parfums artificiels comme ces faux relents de vanille ou de brioche. François déteste les parfums trop entêtants.