Je pense trop (French Edition)

Christel Petitcollin · Chapitre 41 sur 90

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Je pense trop (French Edition)

Le salon d’accueil VIP

L’entourage se montre anxieux, indisponible. Les parents comprennent mal les besoins de l’enfant, ne savent pas répondre à ses interrogations et lui demandent trop d’adaptation à ce monde qui ne lui correspond pas. Alors, l’enfant surdoué va progressivement étouffer son vrai moi et s’appliquer à ne répondre qu’aux attentes extérieures. Le faux self qu’il se construit lui permet de s’adapter à cet environnement contraignant, mais asphyxie sa vraie personnalité.

Pour que vous puissiez mieux comprendre comment fonctionne ce faux self, voici un exemple : Supposons que je vous aie invité à dîner. Le repas est fini, il est tard et je commence à être fatiguée. Si mon faux self n’est qu’un vernis de politesse et que je reste connectée à mon vrai moi, c’est-à-dire à mon besoin de me reposer, je m’autoriserai à vous mettre dehors, avec tout le tact nécessaire : « Nous avons passé une excellente soirée. Je suis ravie de vous avoir eu à dîner. C’est avec beaucoup de plaisir que je vous reverrai prochainement, mais comme je travaille tôt demain, et que je suis fatiguée, j’aimerais maintenant aller me coucher. » Vous comprendrez sans vous vexer et nous clôturerons agréablement cette soirée.

Si mon faux self est plus contraignant, je n’oserai rien dire, mais je bâillerai avec suffisamment d’éloquence pour que vous puissiez capter par vous-même le message « Je suis fatiguée. », en espérant que vous aurez la politesse d’en tenir compte !

Mais si mon faux-self est celui d’un surefficient mental, je vais considérer ma fatigue comme une incongruité et je vais l’occulter. Vous êtes mon invité. À ce titre, je me dois de vous faire passer une excellente soirée, jusqu’à l’aube si tel est votre bon désir. Votre heure de départ sera la mienne.

Le salon d’accueil VIP

Le faux self des surefficients mentaux est comme un salon d’accueil VIP ouvert à tous. Sa fonction est de prendre en compte les besoins, les envies et les avis de tous vos interlocuteurs et de leur rendre votre compagnie discrète et agréable. Votre vrai moi ? Il est bâillonné dans un tout petit cachot, au fond d’un long tunnel d’angoisse. Trois portes blindées ferment l’accès de ce cachot : la peur d’être rejeté et abandonné, la tristesse d’être seul et incompris, la colère de ne pouvoir être soi.