Je pense trop (French Edition)
Partie 3 : Bien vivre avec sa surefficience
Partie 3 : Bien vivre avec sa
surefficience
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Chapitre I : Le choc de la révélation
Vous avez toujours su que vous étiez différent, que votre cerveau moulinait intensément, qu’il y avait un décalage avec les autres personnes. À travers la lecture de ce livre, vous avez pu mettre du sens sur tout ce que vous perceviez intuitivement. Néanmoins, comme pour la plupart des surefficients, la révélation de votre surefficience est probablement un choc émotionnel intense. Il va se décliner en plusieurs phases.
Le soulagement
La première phase est un indéniable soulagement. Vous n’êtes pas fou ! Des mots sont enfin venus mettre une explication sur ce malaise diffus, permanent, inconscient et pourtant palpable. « C’est quoi mon problème ? Qu’est-ce qui ne tourne pas rond chez moi ? » se demandent les surefficients mentaux dix fois par jour. Lorsque je leur parle de leurs mécanismes neurologiques et de leurs conséquences, ils disent que c’est la première fois qu’on leur propose une grille de lecture cohérente de ce qu’ils sont et plutôt positive, de surcroît ! Les surefficients mentaux sont tellement habitués à ce qu’on leur renvoie en négatif ce qu’ils sont : trop sensibles, trop susceptibles, instables, immatures, compliqués… Enfin, quelqu’un perçoit leurs infrarouge et leurs ultraviolets et leur restitue une image cohérente et valorisée d’eux-mêmes. C’est vraiment l’histoire du vilain petit canard. Mais c’est tout de même un choc de se découvrir cygne. Et c’est sans compter avec la manie des surdoués de douter de tout ! À chaque nouvelle séance, ils me demanderont si je ne me suis pas trompée et comment je peux en être si sûre. Je leur ai tout expliqué depuis l’hyperesthésie jusqu’au faux self en passant par l’idéalisme. Ils ont acquiescé en continu. Ils se sont reconnus dans toutes mes descriptions de leur fonctionnement neuronal. Que puis-je leur dire de plus ? Alors, je reste perplexe et ils sautent à pieds joints sur mon indécision : « Ah, vous voyez ! Vous n’en êtes pas sûre ! » C’est l’un d’entre eux qui, en interprétant correctement mon hésitation, m’a donné la seule réponse qu’ils acceptent enfin d’entendre et qui est devenue mon dernier recours. Il m’a dit : « Je vois ! C’est comme si vous aviez un gland dans la main et que je vous demandais de me prouver qu’il est tombé d’un chêne ! » Et c’est exactement cela. Je le sais, j’en suis sûre, mais aucune explication rationnelle ne pourra le prouver à qui veut encore douter .