Je pense trop (French Edition)
Les niveaux logiques
[12] : Voir Bibliographie.
Les niveaux logiques
Les mind map concernent plutôt la forme des pensées. Les niveaux logiques eux, permettent une organisation sur le fond. Il s’agit à nouveau d’un outil PNL. Celui ci permet de structurer sa pensée en gardant une cohérence et une logique entre les idées, tout en remettant chaque élément à sa place. Les surefficients mentaux oublient d’établir une gradation, une hiérarchie dans l’importance des idées. Pour eux, tout est d’importance égale. La première chose à faire pour comprendre le fonctionnement des niveaux logiques est d’écouter parler une personne et de se demander de quoi elle parle.
Description des niveaux logiques
Dans le discours, ce qui est exprimé peut se ranger dans cinq catégories :
1. L’environnement (au sens de l’entourage) : Ce niveau concerne le
contexte, c’est-à-dire toutes les données qui nous sont extérieures et auxquelles nous devons réagir et nous adapter. Ce sont toutes les phrases qui répondent aux questions : Où ? Quand ? Qui d’autre ?
Par exemple, si je vous dis : « Dimanche, je vais à la plage avec
Paul. » Je ne vous parle que de mon environnement. Les seules informations que je vous donne, c’est où je vais, quand j’y vais et avec qui.
Puisque le niveau de l’environnement concerne ce qui vous est
extérieur, c’est-à-dire ce sur quoi vous ne pouvez que réagir et non pas agir directement, il marque la limite de votre pouvoir personnel et vous incite au lâcher prise. C’est difficile pour un surefficient mental de renoncer à sa toute-puissance et de s’admettre désarmé face à une situation. Pourtant, s’il y a du vent à la plage ou si Paul a décidé d’être de mauvaise humeur, qu’y puis-je ? Ce sera aussi l’occasion de renoncez à certaines attitudes stérilement kamikazes. Ne gaspillez plus vos énergies à essayer d’agir sur ce qui hors de votre pouvoir.
2. Les comportements : Il s’agit des actes que nous posons, de nos
actions les plus ponctuelles à nos comportements en général. La question qui permet de cerner ce niveau logique est : Que fais-tu ? « À la plage, je vais bronzer, nager et me reposer. Avec Paul, on ira manger une glace. » Voila, je ne vous ai parlé que d’action. D’ailleurs, vous l’avez sans doute déjà remarqué, la plupart des gens ne communiquent que sur ces deux premiers niveaux. Ce qu’on fait, quand, où et avec qui. Cette pratique conversationnelle frustre beaucoup les surefficients mentaux, avides de débats d’idées. Le travail que vous pouvez faire au niveau de vos comportements est de les observer avec objectivité et les rectifier quand ils ne vous conviennent pas, tout en vous donnant le droit au tâtonnement, à l’imperfection et à l’erreur. Les critiques qu’on vous adresse sont à recevoir à ce niveau. Prenez ces critiques comme une information sur vos comportements et pas plus. Inversement, si vous avez un reproche à faire, il faut également vous en tenir aux comportements, car lorsqu’on attaque quelqu’un au niveau de ses valeurs et son identité, on le blesse profondément.
3. Les capacités : Ce niveau est sans doute le plus méconnu et le plus
négligé de notre communication. Il concerne les moyens personnels dont nous disposons pour agir, c’est-à-dire nos ressources, nos savoir-
faire, nos compétences. Il serait souvent utile de faire l’inventaire des ressources dont nous disposons et de recenser celles qui nous manquent pour nous les procurer. C’est une des principales conditions de notre évolution personnelle. Il y a bien sûr nos ressources internes qui sont nos propres compétences et puis il y a les ressources externes, des documents, des sites, des livres, etc. Il y a aussi tous ces gens autour de nous qui ont développé ces compétences qui nous manquent et qui peuvent nous épauler, nous aider, nous conseiller ou nous les enseigner.
La transmission et le partage de l’information est une des valeurs
noyaux des surefficients mentaux. Cette valeur fait d’eux des gens coopérants, loyaux, transparents et aussi d’excellents pédagogues. Les jeux de pouvoir organisés autour de la rétention d’information les scandalisent, de même que l’incompétence en matière de pédagogie. Un des grands fantasmes des surefficients serait de rencontrer un jour un mentor à la connaissance universelle qui pourrait étancher leur immense soif de savoir dans tous les domaines. On retrouve d’ailleurs ce personnage du sage absolu dans les films d’arts martiaux : le maître sur sa montagne qui nourrit son disciple de son infinie sagesse. Gare aux gurus ! Car cette quête du maître fait de vous une proie facile. Personne ne peut avoir la connaissance universelle dont vous rêvez, car pour être pointu sur un sujet, un enseignant doit être hyperspécialisé. Cela restera une de vos plus grandes frustrations : l’information approfondie implique le cloisonnement de l’information. De plus, un élève surdoué a toutes les chances de dépasser très vite son professeur et de se retrouver seul en tête de course. Il arrive également souvent qu’en quelques clics de souris ou en quelques lectures, le niveau de compétence des surefficients mentaux dépasse celui du professionnel censé le guider. Vous souvenez-vous de Corinne organisant les vacances familiales ? Elle aurait laissé tous les voyagistes sur place ! Pour des vacances, cela peut paraître anecdotique. Dans d’autres situations, cela peut être très déroutant et même très angoissant d’avoir fait le tour de tout ce qu’on peut apprendre sur un sujet, de ne plus trouver aucun écrit ni aucun professeur pour continuer à approfondir tout en considérant qu’on n’a fait qu’effleurer un sujet. Dans le domaine de la transmission de
l’information, les normopensants peuvent se révéler très décevants quand ils ne savent pas cerner les besoins d’un surefficient mental et qu’ils répondent à côté ou en dessous de ses attentes. Alors, il arrive souvent que les surefficients mentaux perdent le réflexe de demander de l’aide ou des conseils.
Ce niveau des capacités est primordial pour continuer à apprendre les
uns des autres, autant pour développer ses propres compétences que pour transmettre les savoir-faire. Et comme vous adorez apprendre, ne vous en privez pas. Mais ne demandez pas à vos modèles plus qu’ils ne peuvent vous donner. La question pour approfondir ce niveau est : « Comment fais-tu ? » Ainsi en fonction de la compétence que vous souhaitez développer, vous pouvez me demander : « Comment fais-tu pour te reposer à la plage ? Pour nager quand il y a des vagues ? Pour te garer en bord de mer un dimanche ? Pour supporter Paul tout un après-midi ? Etc. » (Réponses 1. Yoga, 2.Tuba, 3. Pensée magique, 4. Anxiolytiques. Mais non, Paul, je plaisante !)
4. Les valeurs et les croyances : Ce niveau aborde notre motivation,
nos priorités et ce qu’on croit juste, vrai et important. Les questions qui cernent les valeurs sont : « Pourquoi ? Dans quel but ? Qu’est-ce qui est important pour toi dans le fait de… ? » En répondant à ces questions, on dévoile ses valeurs, sa philosophie de vie, son idéologie, bref tout ce dont vous raffolez. Enfin du matériel pour organiser un beau débat d’idées, refaire le monde et communiquer de cœur à cœur. C’est effectivement le niveau où on se livre le plus intimement les uns aux autres. Vous aviez déjà commencé à le comprendre, vos ennuis commencent quand vous cherchez à entraîner sur ce terrain quelqu’un qui n’a ni l’habitude ni l’envie d’y aller. À l’étage des croyances, on se rapproche du cœur d’une personnalité. Dans mes stages, je dis qu’à ce niveau, il faut mettre les patins de feutre et avancer sur la pointe des pieds. Nos valeurs, comme leur nom l’indique, sont précieuses pour nous. Nul autre que nous n’a le droit de les remettre en cause. Chacun a son système de valeurs et ses priorités. Nos valeurs personnelles ne sont pas universelles. Il faut laisser à l’autre le droit d’avoir des priorités différentes des nôtres, même si elles sont aux antipodes de ce que nous croyons.
Les valeurs, c’est ce qui est important pour nous, les croyances, c’est
ce que l’on croit vrai. La plupart des gens entendent le terme de croyance dans le sens religieux. Pourtant, le domaine de nos croyances est beaucoup plus étendu que nous ne le soupçonnons. En effet, les humains ont des croyances personnelles sur tous les aspects de la vie. Elles concernent les causes à effets (c’est ainsi parce que…), la signification des choses (Cela veut dire que…), les limites (C’est possible ou impossible), les capacités (Je peux ou je n’y arriverai pas), et même les identités (Je suis…, Le monde est…, La vie est…).
Lorsqu’une personne est centrée, ses comportements sont cohérents
avec ses valeurs. Elle communique une authenticité, un charisme et une force intérieure hors norme. Ce niveau d’intégrité est rare. À l’opposé, il y a le cas extrême des manipulateurs qui sont sans foi ni loi et qui agissent indépendamment des valeurs qu’ils prônent. On met parfois des années à réaliser à quel point leurs comportements sont indignes, tant le discours de surface est convaincant. Entre ces deux extrêmes, on rencontre surtout des gens de bonne volonté, mais peu conscients de leur propre système de valeurs et qui ne pensent pas à vérifier si leurs actes sont en accord avec leur morale.
Et puis, il nous arrive à tous d’avoir des conflits de valeurs. Par
exemple, notre besoin de sécurité (valeur 1) peut entrer en conflit avec la volonté d’être ouvert aux inconnus (valeur 2) ou le besoin d’être en harmonie (valeur 1) peut entraver le besoin d’être respecté (valeur 2). La sécurité et le respect doivent pourtant toujours primer sur la volonté d’ouverture et le besoin d’harmonie, car sans respect ni sécurité, pas d’harmonie et d’ouverture possibles. Connaître ses valeurs et leurs éventuelles oppositions permet de rétablir une hiérarchie interne. Pour connaître vos valeurs et les coordonner, demandez-vous ce qui est réellement important pour vous. Puis entre deux valeurs, trouvez laquelle est la plus importante. À chaque conflit interne, vérifiez quelles valeurs entrent en opposition. Quand la hiérarchie est impossible à établir, trouvez le compromis qui permettra de satisfaire les deux priorités.