La méthode chrono-dodo (Parenting) (French Edition)
Être vigilant face aux messages non verbaux
ÊTRE VIGILANT FACE AUX MESSAGES NON VERBAUX C’est une chose d’accueillir et d’accepter les émotions de son enfant, cela en est une autre de gérer les émotions qu’elles suscitent chez le parent. Et l’enfant ressent parfaitement les émotions des adultes. Lors de mes consultations, je montre l’exemple aux parents. Je prononce trois fois la même phrase à la virgule près mais en employant à chaque fois
un ton différent.
« Oui, Paul, je comprends que tu sois fâché, tu as le droit d’être en colère,
c’est normal. Nous sommes là pour t’accompagner et t’aider, tu peux
compter sur nous. Je reviens dans 1 minute si tu as besoin. »
La première fois, je prends volontairement un ton où il y a beaucoup de
culpabilité, de stress, de doute et/ou d’inquiétude.
La deuxième fois, je prends un ton très agacé et/ou plein de colère.
La troisième fois, mon ton est neutre, ferme et bienveillant.
Je demande ensuite aux parents quelle formule ils ont préféré.
Heureusement, dans 90 % des cas ils ne se trompent pas, ils me répondent
la troisième. Mais nombre d’entre eux m’avouent que cela n’est pas facile
de rester zen et/ou détaché !
Dans le premier cas, les émotions, les pensées et les ressentis véhiculés
sont :
« Mon petit chéri, il est malheureux. »
« Oh là là, je ne suis pas gentil(le), il/elle va m’en vouloir. » « Il/elle ne va plus m’aimer. »
« Il/elle va se sentir abandonné(e). »
« Je suis en train de le (la) traumatiser. »
« Il/elle a peur, moi aussi j’avais peur quand j’étais petit(e). » « Il/elle pleure, cela n’est pas bon pour son cerveau. » « Il a peut-être mal quelque part. Fait-il ses dents ? » « Je t’en prie, s’il te plaît, est-ce que tu veux bien dormir car je suis
épuisé(e). »
Ces exemples sont très courants chez les parents lorsque leur bébé ou leur
enfant pleure au moment de se coucher ou la nuit. Les mères se trouvent
souvent dans ce schéma-là.
Dans le deuxième cas, les émotions, les pensées et les ressentis véhiculés
sont :
« Quand va-t-il enfin dormir ? »
« Je n’en peux plus, je suis épuisé(e), il faut qu’il/elle dorme ! » « Il est hors de question de lui donner son biberon ! » « Maintenant ça suffit, il/elle doit se reposer ! » « Qu’il arrête de nous pourrir toutes nos soirées ! »
« Il/elle va réveiller son frère. »
« J’ai envie de le jeter par la fenêtre. »
Dans ces cas-là, le parent ressent de la colère. Celle-ci est déclenchée, nous
l’avons vu plus haut, par un sentiment d’impuissance, une déception et/ou
une peur.
Dans les deux premières formules, l’adulte, bien que souhaitant être
bienveillant, fait passer à son enfant toutes ses émotions et ressentis. Le
message que l’enfant comprend n’est pas le « message verbal » mais le
message « non verbal ».
Lorsque les émotions, les ressentis ou les attitudes d’un enfant génèrent des
émotions ou des ressentis désagréables chez l’adulte, celles-ci entretiennent
les émotions de l’enfant.
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