La méthode chrono-dodo (Parenting) (French Edition)
La menace d’un accouchement prématuré
LA MENACE D’UN ACCOUCHEMENT PRÉMATURÉ Le cas de Madeleine, 7 mois et demi
Christina et Brice prennent contact avec moi car leur fille Madeleine semble traverser une période
difficile. Elle réclame beaucoup les bras, pleure dès qu’elle est posée dans son transat ou sur son tapis
d’éveil, refuse d’aller se coucher malgré les signes de fatigue. Elle s’endort maintenant dans les bras.
Madeleine se réveille également la nuit alors qu’elle faisait des nuits complètes depuis quatre mois.
Elle a donc été vue à deux reprises par son pédiatre, lequel n’a rien trouvé qui pouvait expliquer les
pleurs de la petite fille.
La consultation avec moi se passe par téléphone. Nous reprenons toute l’histoire de Madeleine. C’est
une petite fille arrivée après deux garçons, Marceau et Mathis, âgés respectivement de 6 ans et 3 ans.
Tout s’est bien passé jusqu’à six mois et demi de grossesse, où Christina a commencé à avoir de
nombreuses contractions. Elle a alors été hospitalisée une quinzaine de jours. De retour chez elle, elle
a dû rester alitée toute la journée afin d’éviter une naissance prématurée. Christina m’avoue avoir très
mal vécu cette période car leur fils Mathis était né à 7 mois de grossesse avec des complications
pulmonaires. Elle et son mari redoutaient tous les deux de revivre la même histoire.
Je comprends que cette grossesse a été vécue avec beaucoup d’angoisse liée à la peur d’accoucher
trop tôt et aux difficultés rencontrées par Christina car elle ne pouvait pas s’occuper de ses deux
garçons. Les grands-parents ont donc été mis à contribution. L’accouchement a finalement été
déclenché quatre jours après le terme, tout s’est très bien passé.
Brice et Christina me disent que cela fait approximativement trois semaines que Madeleine dort peu
en journée et pleure beaucoup, de même qu’elle se réveille la nuit. Ils sont épuisés, ils ne
comprennent pas et ne savent pas comment réagir. Certaines personnes de leur entourage leur ont dit
de laisser pleurer Madeleine, ils refusent ces pratiques qu’ils jugent d’une autre époque.
Une de mes hypothèses est que Madeleine revit les grosses émotions vécues
par sa maman lorsqu’elle était enceinte de six mois et demi. La peur
viscérale de Christina d’une naissance prématurée et/ou de perdre sa fille
pourrait expliquer le besoin de Madeleine d’être portée toute la journée.
Elle pourrait s’accrocher à sa mère à 6 mois et demi de vie comme elle a dû
le faire à 6 mois et demi de sa vie intra-utérine. Le sommeil de Madeleine
est perturbé car il faut se séparer pour les moments de sommeil.
J’invite Brice et Christina à parler à Madeleine de son histoire afin de la
rassurer sur ce qu’elle pourrait revivre actuellement. Voici le message que
Madeleine aurait besoin d’entendre : « Depuis quelque temps nous avons
remarqué maman et moi que tu n’allais pas très bien. Nous te trouvons
tendue et triste. Il est possible que tu revives la période où tu étais dans le
ventre de maman. C’était une période où nous avons été très inquiets pour
toi car les médecins nous avaient dit que tu risquais de naître trop tôt. Cela
aurait pu être grave, nous avions peur de te perdre ou que tu aies des gros
soucis de santé. Sois rassurée, toute cette période est terminée, tu es sortie
du ventre de maman et tu es en pleine forme. Nous sommes ravis d’avoir
une merveilleuse petite fille comme toi. Tu peux dormir sereinement, tout
est terminé. Nous t’aimons très fort, nous serons toujours là pour toi. »
La soirée et la nuit types
18 h 30 : Le bain est donné par Christina. Madeleine est ensuite portée en
écharpe le temps de préparer le repas et que Christina s’occupe de Marceau
et de Matisse.
19 h 30 : À l’arrivée de Brice, Christina s’isole dans la chambre de
Madeleine pour lui donner le biberon dans le calme.
20 heures : Madeleine est bercée puis posée dans son lit endormie.
Vers minuit et 4 heures du matin : Madeleine se réveille et se rendort
uniquement dans les bras de ses parents. Il est quelquefois nécessaire de lui
donner un biberon pour l’aider à se rendormir.
Mes conseils
Accompagner les émotions de l’enfant par la parole en journée, en soirée et
la nuit. Par exemple, en journée : « Nous venons de faire un gros câlin
Madeleine, maintenant je te pose sur le tapis d’éveil. J’entends ta colère, tu
as le droit de ne pas être d’accord mais c’est important pour ton
développement que tu apprennes à jouer, à te retourner et à ramper. »
Les moments de transition lors du coucher se passent mieux si l’enfant est
régulièrement posé au sol pour jouer. 10 minutes par-ci, 10 minutes par-là. Pour le bon développement psychomoteur de l’enfant, préférer le sol au
transat et à la chaise haute dans lesquels l’enfant est assis et attaché. En soirée, donner le biberon hors de la chambre de l’enfant. Chanter des chansons ou raconter des histoires dans la chambre hors du lit.
Coucher l’enfant dans son lit réveillé.
Quitter la chambre rapidement. Mettre en place la méthode
d’endormissement si l’enfant exprime des émotions. Éviter d’intervenir la nuit si l’enfant a un sommeil agité. Vous le réveilleriez.
Intervenir 10 secondes lorsque l’enfant exprime de vrais pleurs. Mettre en
place la méthode de nuit en cas de besoin.
Éviter les biberons la nuit qui entretiennent les réveils.
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