La méthode chrono-dodo (Parenting) (French Edition)
La peur de la mort subite du nourrisson
LA PEUR DE LA MORT SUBITE DU NOURRISSON Le cas de Sébastien, 7 semaines
Sébastien dort très peu de jour comme de nuit. Il pleure beaucoup, lutte en permanence contre le
sommeil et finit par tomber de fatigue avant de se réveiller 20 à 30 minutes plus tard en colère.
Totalement désemparés, ses parents, Benoît et Aliette, s’en sont ouverts à leurs proches qui leur ont
prodigué toutes sortes de conseils, souvent contradictoires : « Laissez-le pleurer, il finira bien par
s’endormir dans son lit », « Arrêtez de le prendre dans vos bras, il va prendre de mauvaises
habitudes. Il fait des caprices », « Portez-le », « Mettez-le dans votre lit », « C’est un petit dormeur »,
« C’est normal qu’il pleure et qu’il ne dorme pas, c’est un bébé. Soyez patients ». Benoît et Aliette
ont tout essayé pour aider leur fils à trouver un sommeil serein. Ils le bercent dans les bras, le portent
en écharpe, le font dormir dans leur lit. Ils l’ont également laissé pleurer sans conviction mais avec
beaucoup de culpabilité. Rien ne fonctionne. Ils se sentent incompétents dans leur rôle de parents. La
fatigue commence aussi à générer des tensions dans le couple. Inquiets pour leur fils et épuisés
physiquement, ils me demandent de l’aide malgré le jeune âge de Sébastien.
Personnellement, je pense qu’il n’y a pas d’âge pour apprendre à bien dormir. Il est vrai que nous (les
professionnels de la petite enfance) disons souvent qu’avant les cent premiers jours, il est tout à fait
normal qu’un bébé demande beaucoup les bras et qu’il ne fasse pas de nuits complètes. Le maternage
est d’ailleurs vivement recommandé pour créer le lien entre la maman et son bébé. Mais Sébastien
semble être un cas particulier dans la mesure où il lutte vraiment contre le sommeil. Il est épuisé,
pleure dans les bras de ses parents et la situation semble très compliquée.
J’accompagne Benoît et Aliette par téléphone car ils habitent en province. Aliette est en pleurs, je la
sens à bout lors de notre premier échange téléphonique. Elle ne comprend pas ce qui se passe.
Nous reprenons alors toute l’histoire de Sébastien. C’était un bébé attendu, la grossesse s’est bien
passée. Il n’y a pas d’événement particulièrement chargé émotionnellement pendant les neuf mois. Il
est né à terme par voie basse. Les parents gardent un bon souvenir de la naissance. C’est leur premier
enfant. Sébastien a bien dormi lors du séjour à la maternité. Puis ils sont rentrés chez eux. Durant une
semaine tout s’est très bien passé. Les parents découvraient leur nouveau rôle, prenaient leurs
marques en faisant la connaissance de leur garçon. Puis rapidement Sébastien a commencé à ne plus
vouloir dormir. Il lutte de plus en plus contre le sommeil. Ses parents qui arrivaient à le poser dans
son lit n’y parviennent plus. Ils doivent le porter pour qu’il puisse se reposer. La situation est devenue
ingérable.
Afin de comprendre les raisons qui peuvent expliquer les pleurs de Sébastien, je pose de nombreuses
questions. C’est alors que je demande aux parents s’ils ont peur de la mort subite du nourrisson.
« Oui », me répondent-ils en chœur. Un couple de voisins dans leur immeuble a perdu un garçon de
la mort subite du nourrisson deux ans auparavant. Les parents de Sébastien sont tellement angoissés
qu’ils ont acheté un matelas avec un moniteur de surveillance respiratoire (alarme) et un baby phone
muni d’une caméra de vidéosurveillance.
Je comprends mieux la situation. Mon hypothèse est que Sébastien lutte
contre le sommeil car il sent les angoisses de ses parents quand il dort. Il ne
veut (peut) pas dormir pour les rassurer, ce qui expliquerait également ses
réveils en colère.
Je propose donc aux parents d’expliquer à Sébastien leurs peurs. Par
exemple : « Nous remarquons que tu luttes contre le sommeil alors que tu
sembles être très fatigué. Peut-être que tu peux sentir nos peurs lorsque tu
dors, celles-ci peuvent t’inquiéter. Ces peurs nous appartiennent, elles n’ont
rien à voir avec toi. Il n’y a pas de raison qu’il t’arrive quoi que ce soit
lorsque tu te reposes. Tu peux dormir sereinement et profondément en
sécurité. Tu n’as pas à nous rassurer en restant éveillé. Nous sommes tes
parents, tu peux compter sur nous pour t’accompagner. »
J’invite également les parents à prendre conscience de leurs peurs et à
travailler dessus. Si celles-ci persistent, il sera alors utile de demander de
l’aide à un psychologue ou un psychothérapeute.
Mes conseils
Supprimer le baby phone avec vidéosurveillance et le matelas avec alarme.
Tous ces appareils génèrent de nombreuses angoisses chez les parents, qui
passent leur temps à regarder si leur bébé dort, bouge, respire, se réveille…
« Le sommeil » de leur enfant prend alors toute la place. Ils sont
complètement obnubilés et ne pensent à rien d’autre. S’occuper l’esprit lorsque leur enfant dort afin de penser à autre chose que le
sommeil de leur enfant. Cela évite de « fabriquer du drame », d’être dans
des émotions désagréables. Pour cela je propose de faire travailler la pensée
rationnelle (le mental) par le biais d’activités diverses (sudoku, casse-tête
chinois, jeu d’échecs, jeux de cartes, etc.), ce qui permet de sortir des
émotions négatives.
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