La méthode chrono-dodo (Parenting) (French Edition)
Une séparation à la naissance
Le cas d’Isaure, 12 mois
Lorsque Jules et Mahaut prennent rendez-vous avec moi, ils sont à bout, épuisés. Cela fait un an
qu’ils dorment très mal car leur fille se réveille deux à trois fois par nuit. Ils ont tout essayé pour
aider Isaure mais rien ne semble efficace. C’est leur premier enfant. Comme de nombreux parents
que j’accompagne, ils culpabilisent de ne pas réussir à faire dormir leur fille et ils comprennent
d’autant moins qu’Isaure s’endort seule dans son lit sans besoin d’un présence particulière. Ils se
demandent ce qu’ils ont fait « de mal ».
Nous reprenons l’histoire d’Isaure afin que je puisse comprendre les raisons de ses réveils multiples
la nuit. La grossesse s’est bien passée, excepté les désagréments de toute femme enceinte. Mahaut
garde un bon souvenir de cette période, elle était sereine et épanouie. L’accouchement s’est bien
passé également mais deux heures plus tard, Isaure a montré une grosse détresse respiratoire, elle a
donc été transférée en urgence dans un hôpital voisin. Cela a été un choc pour Mahaut et Jules qui ont
eu peu d’informations sur l’état de santé de leur fille lors de son transfert. Ils ont cru la perdre.
Heureusement, Jules a pu rapidement se porter à son chevet et Isaure est vite rentrée à la maison. Un
an plus tard il y a encore beaucoup d’émotion dans la voix de Mahaut.
Mon hypothèse est qu’Isaure pourrait avoir vécu un sentiment d’abandon
lors du transfert dans un autre hôpital, et qu’elle se réveillerait la nuit pour
vérifier si ses parents sont bien là.
Isaure, qui est présente lors de notre entretien, est très attentive. Je me
tourne vers elle pour lui parler : « Tu entends ce que racontent ton papa et ta
maman Isaure ? Tu étais une petite fille attendue et désirée. Tout s’est très
bien passé quand tu étais dans le ventre de ta maman et ta naissance aussi.
Ton papa et ta maman étaient ravis de faire ta connaissance, puis pour des
raisons que nous ne connaissons pas, tu as commencé à avoir des soucis
pour respirer. Les médecins étaient inquiets pour toi, ils ont donc décidé de
t’emmener dans un autre hôpital pour prendre soin de toi. Tes parents sont
tristes que tu aies souffert et vous ayez été séparés. J’imagine que cela n’a
pas été facile pour toi. Peut-être que tu as cru que tu allais mourir. Tu ne
méritais pas cela, mais c’était important pour ta survie. Depuis qu’ils t’ont
récupérée, ils veillent à ce que les choses soient beaucoup plus douces et
agréables pour toi. Tu peux maintenant avoir un sommeil de qualité et
dormir en toute sécurité, il n’y a pas de raison qu’il t’arrive quoi que ce soit,
tes parents sont là pour veiller sur toi. »
Mes conseils
Mettre en place un doudou pour que l’enfant sache se gérer seul la nuit avec
son copain du sommeil.
Parler à l’enfant de son histoire.
Rassurer l’enfant sur le fait qu’il est aimable. L’hospitalisation et les soins
intrusifs ont été nécessaires à sa vie et non pas parce qu’il ne méritait pas
d’être aimé.
Éviter de prendre l’enfant dans les bras la nuit. Intervenir la nuit en faisant des visites rapides (10 secondes) pour signifier à
l’enfant qu’il peut compter sur l’adulte.
Accueillir les émotions de l’enfant.
Mettre en place la méthode de nuit si besoin.
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