La méthode chrono-dodo (Parenting) (French Edition)
L’enfant exclusif
Le cas d’Ethan, 22 mois
Ethan se réveille toutes les nuits depuis l’âge de 18 mois. Inès et Ludovic, ses parents, prennent
contact avec moi afin de comprendre les raisons des nuits hachées de leur fils. C’est leur premier
enfant, ils se posent de nombreuses questions. Leur pédiatre leur a confirmé qu’il n’y avait aucune
cause médicale qui pourrait expliquer les pleurs en pleine nuit.
Inès a été enceinte très rapidement après l’arrêt de son moyen de contraception. Ludovic et elle ont
été surpris par la rapidité. Il leur a fallu une petite semaine pour réaliser qu’ils allaient être parents.
Après un premier trimestre difficile lié à de nombreuses nausées, le reste de la grossesse n’a pas posé
de problème. La naissance a dû être déclenchée cinq jours après le terme car Ethan semblait ne pas
vouloir sortir. Ils en gardent un bon souvenir.
Ethan a fait des nuits complètes dès l’âge de 2 mois. Il dormait de 21 heures à 6 heures du matin. Les
journées, il dormait également parfaitement bien dans son lit dans sa chambre. Ethan n’a jamais
voulu de tétine, il a un doudou qu’il affectionne particulièrement depuis son entrée en crèche à l’âge
de 4 mois et demi.
La soirée type
17 h 30 : Ludovic et Inès vont chercher Ethan à la crèche.
17 h 50 : Ils sont à la maison, font des jeux ensemble et lisent des histoires.
18 h 30 : Inès donne le bain à son fils.
19 h 00 : Inès lui donne le repas. Ethan réclame l’aide de sa mère.
Vers 19 h 30 : Inès monte à l’étage pour commencer le rituel du coucher.
Vers 19 h 50 : Ethan est posé dans son lit réveillé et s’endort seul.
En écoutant le déroulement de la soirée, je suis interpellée par le fait
qu’Ethan soit pratiquement toujours avec sa mère à part le moment de jeux
en famille au retour de la crèche. J’apprends qu’Ethan exige sa mère depuis
plusieurs mois. Il repousse son père lorsqu’il veut s’occuper de lui. Ludovic
me dit qu’il souffre de la situation, il pense que son fils ne l’aime pas. Il se
questionne sur le comportement qu’il aurait pu avoir avec son fils pour que
ce dernier le rejette. De son côté, Inès se sent accaparée par Ethan, elle
aimerait pouvoir déléguer et laisser son conjoint prendre le relais. Les
week-ends se passent de la même façon, Inès s’occupe de son fils et
Ludovic gère la maison, les courses et les repas quand ils ne font pas de
sorties ou d’activités en famille.
J’ai besoin de creuser davantage la question pour comprendre la situation.
Est-ce qu’Inès et Ludovic songeraient à agrandir la famille, ce qui pourrait
éventuellement expliquer le changement de comportement de leur fils ? Ils
me répondent que le sujet n’est pas d’actualité.
Le couple par ailleurs semble bien fonctionner. Inès est une femme pleine
de vie et solaire. Une dépression pourrait expliquer ce genre de
comportement chez un enfant, mais Inès et Ludovic ne traversent pas une
période difficile. Ils n’ont pas d’inquiétude particulière en ce moment. Ils
sont tous les deux instituteurs, leur métier ne leur génère pas trop de
tensions ni de stress.
Une de mes hypothèses est qu’Ethan teste sa toute-puissance. Il est dans
l’illusion que le monde tourne autour de son nombril. D’où ses nombreuses
colères à la moindre frustration. Cette période peut durer jusqu’à l’âge de
5 ans. C’est à ce moment-là que l’enfant intègre le principe de réalité et
qu’il comprend que tout ne lui est pas dû.
Inès et Ludovic ne doivent pas céder aux moindres désirs d’Ethan. Celui-ci
a besoin de sentir ses parents solides, fermes et bienveillants pour grandir
en sécurité. Comme Pauline, il teste les limites afin de vérifier si ses parents
savent lui opposer un « NON » ferme et sécurisant. L’amour ne suffit pas.
Comme je l’ai dit plus haut, les règles, les limites et les repères sont
indispensables pour aider un enfant à bien grandir. En ne répondant pas à
ses moindres désirs dans la petite enfance, l’enfant apprend la frustration
qui fait partie de la vie. Elle l’aidera à bien supporter toutes les contrariétés.
Mes conseils Rééquilibrer les temps avec le père et la mère. Respecter et accueillir les colères et les chagrins. Assumer et accepter de déplaire lorsque l’adulte est dans sa fonction
éducative. L’enfant exprime une souffrance momentanée mais elle est
constructive.
Organiser le rituel du coucher. Par exemple : un soir le père, un soir la mère,
un soir les deux.
Planifier des moments d’ennui pour l’enfant. C’est lorsqu’il n’est pas en
interaction avec l’adulte, et qu’il est sans écrans que l’enfant va s’intéresser
à ses jouets.
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