La méthode chrono-dodo (Parenting) (French Edition)
La césarienne
Le cas de Karl, 13 mois
Pour toutes les siestes et les endormissements du soir, Karl s’endort dans les bras de sa mère
Coraline. Axel, son père, n’a jamais réussi à endormir son fils lorsque sa femme est présente dans la
maison. Cela ne pose aucun problème en revanche lorsqu’elle est absente. À la crèche également tout
se passe très bien. Ayant essayé de nombreuses méthodes sans résultat, ils se tournent vers moi pour
avoir un regard extérieur sur la situation.
Nous reprenons l’histoire de Karl. Il est le second fils d’Axel et Coraline, ils ont un aîné, Diego, qui a
4 ans et qui n’a jamais eu de problème de sommeil. La grossesse était désirée, celle-ci s’est bien
passée. Coraline a perdu les eaux à trente-neuf semaines, ils sont donc partis à la maternité. Après de
longues heures de contractions, le cœur de Karl a commencé à ralentir sérieusement. Une césarienne
en urgence a été alors décidée. Coraline est partie au bloc. Il y a eu un souci avec la péridurale, ils ont
dû faire une anesthésie générale. Coraline me raconte le récit de son accouchement avec beaucoup
d’émotion. Elle me dit la voix pleine de sanglots : « Je n’ai pas pu accueillir mon fils, je l’ai vu
seulement deux heures après sa naissance. C’est un vrai traumatisme pour moi. J’y pense tous les
jours et je n’arrive pas à tourner la page. Je culpabilise de ne pas avoir su sortir mon fils. Il a dû se
sentir abandonné. J’en fais régulièrement des cauchemars et j’ai le sentiment que personne ne me
comprend. »
Depuis la naissance Karl et Coraline sont très fusionnels. Karl ne supporte pas que sa mère s’occupe
de son frère aîné. Cela entraîne également des manques du côté de Diego qui réclame aussi sa mère.
Axel me dit être complètement impuissant face à la situation, il ne sait pas comment aider sa femme
et confirme la grande émotivité de Coraline depuis treize mois.
Une de mes hypothèses est que Coraline souffre de troubles de stress post-
traumatique et peut-être d’une dépression post-partum.
Le cas de Coraline n’est pas isolé. Des études ont en effet montré
qu’environ une femme sur trois juge son accouchement traumatisant. Près
d’une sur dix souffrirait même de troubles de stress post-traumatique, avec
des cauchemars et des flash-back. Malheureusement, cette souffrance
psychologique est mal prise en charge par le personnel soignant, et peu
entendue par la société en général. Cela peut générer des problèmes de
santé et/ou psychologiques chez la mère, le père et l’enfant. J’invite donc
vivement Coraline à trouver de l’aide auprès d’une psychologue ou d’une
structure spécialisée afin d’être accompagnée.
Lors de la consultation, Coraline comprend que sa relation fusionnelle avec
son fils a probablement un lien avec un désir de réparation de cet
accouchement traumatique et de la séparation à la naissance.
J’invite donc Axel et Coraline à parler à leur fils de son histoire, de la
grossesse, de l’accouchement et de ses problèmes de sommeil certainement
liés à cela. Coraline doit lui dire qu’elle va demander de l’aider à des
professionnels pour l’aider à aller mieux afin que leur relation soit plus
saine et apaisée.
Karl va apprendre à s’endormir en toute autonomie dans son lit dans sa
chambre grâce à l’aide de ses parents. Coraline sait que son fils sait
s’endormir seul avec son père et à la crèche, cela lui donne confiance. Axel
va aider son fils et sa femme à défusionner en douceur tout en gardant un
« bon » lien.
Mes conseils
Demander de l’aide à des professionnels en cas de fragilité émotionnelle liée
à la grossesse et/ou l’accouchement.
Raconter à l’enfant son histoire.
Être vigilant aux moments passés avec chaque enfant.
Éviter l’exclusivité avec un enfant le plus tôt possible. Rendre l’enfant autonome à l’endormissement grâce à un apprentissage. Faire preuve de fermeté avec bienveillance.
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