La méthode chrono-dodo (Parenting) (French Edition)

Aude Becquart · Chapitre 45 sur 101

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La méthode chrono-dodo (Parenting) (French Edition)

L’absence symbolique du père

Le cas de Joanna, 2 ans

Mathilde et Simon me demandent de l’aide car leur fille Joanna semble n’avoir jamais vraiment bien

dormi. Elle a toujours eu besoin d’être accompagnée pour s’endormir et finit régulièrement la nuit

dans le lit de ses parents, trop fatigués par ses réveils incessants. Depuis peu, elle réclame la présence

de sa mère dans son lit au moment du coucher et l’appelle en pleurant la nuit pour qu’elle retourne

dormir avec elle. Les parents sont démunis et impuissants face au problème.

Je rencontre toute la famille à son domicile. Joanna est leur première fille, Mathilde est enceinte de

quatre mois lors de la consultation.

Nous reprenons toute l’histoire de Joanna, la grossesse, l’accouchement, les événements antérieurs à

la grossesse. Je ne relève rien de particulier à part les problèmes de sommeil de leur fille.

J’observe le comportement de Joanna. Elle n’a pas quitté les genoux de sa mère pendant les deux

heures que dure la consultation. Je suis impressionnée. Simon est à leur côté, sur le même canapé,

mais il semble invisible à leurs yeux. Je m’interroge : Simon a-t-il trouvé sa place de père ? A-t-il au

moins essayé ?

J’apprends que Mathilde a allaité Joanna jusqu’à ses 19 mois et que sa fille s’endormait au sein

jusque-là. Lors du sevrage, Joanna réclamait la présence exclusive de sa mère. Elles sont très

fusionnelles. Il n’y a pas vraiment de place pour un tiers. Comment se préparer à l’arrivée d’un bébé

dans un tel contexte ? Joanna a toujours été très « collée » à sa mère. Son comportement n’a pas

changé depuis l’annonce de la grossesse.

Dans une situation comme celle-ci, il n’est pas facile pour un père de

trouver sa place. Simon semble inexistant. Et je perçois chez Mathilde un

agacement qui se transforme en colère devant son mari qui ne l’aide pas.

Elle-même se sent envahie et étouffée par sa fille.

 

La soirée type

18 h 00 : Retour de la crèche avec Mathilde.

18 h 15 : Simon rentre du travail, il prépare le repas.

18 h 30 : Le bain est donné par Mathilde.

19 h 15 : Le repas est pris en famille.

19 h 45 : Changement de couche et brossage des dents.

20 h 00 : Histoires racontées par Mathilde dans la chambre de Joanna.

20 h 15 : Joanna est dans son lit avec Mathilde allongée à ses côtés.

21 h 30/22 heures : Après une longue attente, Joanna s’endort, Mathilde

quitte la chambre.

Lors des réveils la nuit, Mathilde retourne se coucher auprès de sa fille.

 

Mes conseils

Rassurer l’enfant lorsque la famille va s’agrandir. Le père s’impose fermement et calmement.

La mère soutient le père en allant dans son sens. En disant par exemple :

« C’est papa qui te raconte les histoires ce soir ». Si l’enfant ne veut pas et

hurle pour avoir sa mère, celle-ci peut ajouter : « J’entends ta colère et tu as

le droit d’être fâchée, mais ce soir, soit c’est papa qui te raconte les

histoires, soit il n’y a pas d’histoire ». Cela n’exclut pas un temps calme

avec la mère et l’enfant au salon, mais celui-ci est dissocié du rituel du

coucher.

Dans certaines situations, établir un tableau « des tours » aide les adultes et

les enfants. Lundi, mercredi, vendredi et dimanche, c’est papa qui donne le

bain. Mardi, jeudi et samedi, c’est papa qui raconte les histoires, les autres

jours c’est maman.

Assumer et accepter de déplaire. La frustration fait partie de la vie. Un enfant

de 2 ans ne sait pas ce qui est bon pour lui.

Expliquer clairement les choses à l’enfant. Par exemple : « C’est important

que tu apprennes à bien t’endormir seule pour que tu puisses bien te

rendormir seule la nuit. Tu peux compter sur nous pour t’accompagner. Tu

as toutes les ressources pour y arriver. »

Faire la méthode pour aider l’enfant à s’endormir sans la présence de

l’adulte. Prévoir plusieurs jours.

L’allaitement génère parfois une relation très fusionnelle et charnelle entre

l’enfant et la mère. Mais celle-ci peut aussi être liée à une anxiété

maternelle et/ou de l’enfant. Lorsque c’est le cas, la méthode n’est pas

suffisante. Je conseille alors vivement de demander de l’aide auprès d’un

psychologue, d’un pédopsychiatre ou d’un psychothérapeute.

 

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