La méthode chrono-dodo (Parenting) (French Edition)
L’inquiétude sur la santé du bébé
L’INQUIÉTUDE SUR LA SANTÉ DU BÉBÉ Le cas d’Hermine, 4 mois
Marie et Antoine sont inquiets car leur fille Amandine pleure beaucoup en journée depuis une dizaine
de jours, elle lutte également contre le sommeil, se réveille de nombreuses fois la nuit et est très
constipée. Elle faisait pourtant des nuits complètes (21 h 30-6 heures) depuis l’âge de 2 mois. Les
parents ont consulté deux pédiatres et un ostéopathe, qui n’ont trouvé aucune raison médicale ou
physiologique qui expliquerait ce changement. Hermine semble être en parfaite santé. La maman
n’est pas étonnée, elle sent effectivement que sa fille n’est pas malade et sait intuitivement que le
problème est ailleurs.
Je rencontre alors Hermine et ses parents à domicile. Elle est le deuxième enfant de Marie et
d’Antoine. Elle a une grande sœur de 4 ans qui s’appelle Amandine. Les parents me décrivent une
petite fille habituellement très souriante et éveillée. Ils ne reconnaissent pas leur fille qui ne sourit
plus et ne se retourne même plus sur son tapis d’éveil. Pendant qu’ils parlent Hermine est dans les
bras de sa maman. Elle a le visage fermé, fronce les sourcils et semble anxieuse.
Nous reprenons ensemble l’histoire d’Hermine. C’était une petite fille très attendue et désirée. La
grossesse s’est bien passée jusqu’au jour où Marie a reçu un appel de sa gynécologue alors qu’elle
était enceinte de trois mois et demi. Les résultats des marqueurs sériques * effectués n’étaient pas
bons et pouvaient faire penser à une trisomie 21. Marie me décrit alors le choc émotionnel qu’elle a
ressenti. Elle était effondrée car elle avait fait deux fausses couches avant la grossesse d’Hermine. La
gynécologue leur suggère alors de faire une amniocentèse **. Les parents d’Hermine sont alors en
plein désarroi, ils doivent réfléchir et prendre la décision ou non de faire cette amniocentèse sachant
que celle-ci peut déclencher une nouvelle fausse couche. Ils m’expliquent que c’était pour eux un
choix très difficile à faire car ils connaissaient les risques dans les deux cas. Une échographie et de
nouvelles analyses sanguines bien plus rassurantes leur ont finalement permis de trancher : ils ne
feraient pas d’amniocentèse.
Pendant que les parents d’Hermine me racontent ce tsunami émotionnel vécu lors de la grossesse,
Hermine pleure beaucoup. Je me tourne alors vers elle pour lui dire : « Hermine, ce n’est
probablement pas facile pour toi d’entendre cela. Peut-être que tu revis depuis quelques jours toute
cette période où tu étais dans le ventre de ta maman. À ce moment-là, tes parents et les médecins
étaient inquiets pour toi. Ils avaient très peur que tu sois porteuse d’un handicap car les analyses de
sang n’étaient pas bonnes. C’est pour cela que tu as pu ressentir beaucoup de stress et d’angoisse
lorsque tu étais dans le ventre de ta maman. Tes parents avaient déjà perdu deux graines de bébé
après Amandine et avant toi, elles n’ont pas pu rester accrochées dans le ventre de ta maman. Ils
avaient aussi très peur que cela se produise pour toi. Ils t’aimaient déjà très fort. Toute cette période
est terminée, Hermine, c’était bien avant ta naissance. Tu es née il y a bientôt quatre mois. Tu es
aujourd’hui en pleine forme pour la plus grande joie de tes parents. Ton papa et ta maman t’ont décrit
comme une petite fille très souriante, tonique et éveillée. Sois rassurée, tu peux retrouver ton sourire
et ton sommeil. Tu vas très bien. Sache que tu étais un bébé très attendu et désiré et que tes parents
sont très heureux et rassurés de te savoir en parfaite santé depuis le jour de ta naissance. »
Hermine m’a écoutée attentivement, en me regardant dans les yeux. Elle a
défroncé petit à petit ses sourcils, son visage s’est décrispé au fur et à
mesure que je lui racontais ce qu’elle pouvait revivre. C’était un moment
très fort émotionnellement pour Antoine, Marie et moi car nous constations
la transformation physique d’Hermine. Mes paroles l’ont rassurée. Elle a
alors rempli deux couches en trente minutes, elle « lâchait ».
Hermine a rapidement retrouvé le sourire, sa tonicité et le sommeil.
À savoir
Un bébé peut revivre de 0 à 9 mois de vie les émotions vécues pendant la
grossesse à la date anniversaire. Dans le cas d’Hermine, les inquiétudes
médicales sont survenues vers trois mois et demi de grossesse. Et c’est à
trois mois et demi de vie que son comportement s’est modifié. Elle revivait
très probablement les angoisses vécues in utero.
C’est la raison pour laquelle il est important qu’une femme enceinte qui
subit un gros stress ou traverse de fortes émotions comme la colère, la peur
ou le chagrin parle à son bébé in utero pour le rassurer. Par exemple :
« Peut-être que tu peux sentir que je suis très triste en ce moment, sois
rassuré(e), cela n’est pas à cause de toi, je suis triste car une très bonne amie
vient de mourir. Je t’aime, je suis impatiente de faire ta connaissance dans
quelques mois » ou « Peut-être que tu peux sentir que je suis très stressée en
ce moment, sois rassuré(e), cela n’est pas de ta faute. J’ai une grosse
épreuve professionnelle à passer la semaine prochaine, je suis tendue pour
cette raison. Je t’aime très fort ».
Si un bébé change de comportement, s’il pleure beaucoup, s’il chouine, s’il
dort moins bien le jour et/ou la nuit et s’il est en parfaite santé, il est
important de réfléchir à la période in utero. Si le problème survient lorsque
le bébé a 6 mois, il faut vérifier si un événement désagréable a eu lieu vers
les six mois de grossesse. Puis expliquer au bébé ce qui peut se passer pour
lui à l’instant présent.
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