La méthode chrono-dodo (Parenting) (French Edition)

Aude Becquart · Chapitre 74 sur 101

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La méthode chrono-dodo (Parenting) (French Edition)

La peur d’une fausse couche

Le cas de Yann, 7 mois

Virginie et Henry se tournent vers moi car leur fils Yann pleure beaucoup et dort peu en journée.

C’est leur premier enfant, ils ne comprennent pas pourquoi il a tant de mal à lâcher prise pour

s’abandonner dans le sommeil. Les nuits sont correctes mais pas régulières. Les médecins et

ostéopathes consultés ne trouvent pas de raisons aux pleurs répétés. Yann semble en parfaite santé.

Nous reprenons son histoire. C’était un bébé très attendu et désiré. J’apprends rapidement que la

grossesse a été particulièrement angoissante car Virginie avait fait trois fausses couches tardives sur

les deux dernières années. Elle me dit ne pas avoir cru à cette énième grossesse. Elle ne l’a pas

investie par peur d’être encore une fois en grande souffrance si elle n’aboutissait pas. C’était sa façon

de se protéger de nouveaux chagrins.

Virginie et Henry attendaient donc la naissance avec impatience pour pouvoir se réjouir. Cette

impatience se mêlait à une grande anxiété. Ils n’ont d’ailleurs pas préparé de chambre pour le bébé,

et ont acheté le strict minimum en layettes et articles de puériculture.

En les écoutant me raconter cela, je ressens encore beaucoup d’émotion de la part de Virginie. Elle

me confie que les trois fausses couches précédentes ont été pour elle de véritables traumatismes. Je

regrette qu’elle n’ait pas été accompagnée psychologiquement durant la grossesse pour pouvoir

exprimer et verbaliser toutes ses angoisses. Cela aurait été très probablement bénéfique.

J’imagine que toute cette anxiété a été ressentie par Yann durant la

grossesse. Comme c’est une consultation à distance, j’invite les parents à

raconter à Yann toute son histoire et leur parcours difficile pour devenir

parents.

 

Mes conseils

Raconter à l’enfant son histoire.

Expliquer les angoisses vécues in utero en informant l’enfant que cela n’était

pas de sa faute.

Rassurer l’enfant en lui disant que tout cela est terminé. Dans le cas de Virginie, le traumatisme étant encore très présent, je l’invite à

rencontrer un psychologue ou un psychothérapeute pour verbaliser son vécu

et ses émotions.

S’excuser auprès de l’enfant de ne pas avoir pu attendre le bébé dans la joie

et le bonheur.

Le rassurer sur tout l’amour que l’adulte lui porte. Faire la méthode du sommeil si besoin.

 

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