La méthode chrono-dodo (Parenting) (French Edition)

Aude Becquart · Chapitre 66 sur 101

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La méthode chrono-dodo (Parenting) (French Edition)

Les émotions désagréables

Le cas de Charlotte, 5 mois et demi

Jean Loup et Laurie, les parents de Charlotte, me contactent car leur fille dort très peu en journée,

lutte beaucoup contre le sommeil et semble épuisée. Depuis une quinzaine de jours, elle ne sourit

plus à sa maman et détourne régulièrement le regard.

Je rencontre Charlotte et ses parents à leur domicile. Nous reprenons ensemble l’histoire de leur fille.

Les neuf mois de grossesse se sont bien passés, sans inquiétude médicale particulière ni d’émotions

désagréables. La maman avait négocié une rupture conventionnelle à son travail quelques mois avant

d’apprendre qu’elle était enceinte. Il n’y avait donc aucun stress. Elle était sereine, chez elle, à

préparer l’arrivée de leur fille. C’était leur premier enfant. Ils gardent un excellent souvenir de

l’accouchement. Dès le retour de la maternité, Charlotte a été couchée dans son lit dans sa chambre

car elle faisait beaucoup de bruit la nuit, ce qui gênait ses parents. Charlotte a bien dormi les quatre

premiers mois de sa vie sans toutefois faire de nuits complètes puisque après un dernier biberon à

19 heures, elle en réclamait un nouveau vers 4 heures du matin. Le sommeil a commencé à se

dégrader vers 5 mois. Elle pleurait beaucoup en journée, refusait de dormir le jour et réclamait un

second biberon la nuit depuis quelques jours. Ses parents sont inquiets, ils ne comprennent pas ce qui

se passe d’autant que leur pédiatre leur a assuré qu’elle était en parfaite santé.

Je pose de nombreuses questions aux parents pour comprendre les raisons du changement de

comportement de leur fille. J’apprends que Laurie est stressée depuis une quinzaine de jours car elle

cherche à reprendre une activité professionnelle. Elle actualise son CV, écrit de nombreuses lettres de

motivation et passe de multiples appels téléphoniques pour développer son réseau. Elle m’explique

qu’il est difficile pour elle de faire toutes ces démarches tout en s’occupant de Charlotte qui réclame

beaucoup d’attention. Laurie est très émue. Charlotte, qui est assise sur les genoux de son père, se

met alors à pleurer à chaudes larmes. Jean Loup essaie de la calmer, puis Laurie, mais l’enfant est

inconsolable.

Mon hypothèse est que Charlotte doit très certainement ressentir toutes les

angoisses de sa mère. Elle l’exprime par ces gros sanglots. Il est donc

important de lui expliquer que les tentions qu’elle ressent n’ont aucun lien

avec elle. Qu’elle n’y est pour rien. C’est le stress de sa mère car elle

cherche du travail.

J’ai demandé aux parents de Charlotte de lui dire qu’elle avait été un bébé

attendu et désiré et qu’ils l’aimaient très fort, puis de la rassurer en lui

disant qu’elle pouvait dormir sereinement en toute sécurité car elle n’avait

aucune inquiétude à avoir. Charlotte a séché ses larmes, s’est tournée vers LA CÉSARIENNE

sa mère en lui faisant un grand sourire, ce qui n’était pas arrivé depuis

plusieurs jours.

 

Mes conseils

Expliquer à l’enfant le passage à vide d’un parent en signifiant qu’il n’en est

pas responsable.

Trouver rapidement un mode de garde afin que la mère et l’enfant passent de

meilleures journées.

Avancer le biberon de 19 heures à 18 h/18 h 30 afin de proposer un autre

biberon vers 22 h/22 h 30 avant que les adultes aillent se coucher. Cela

permettrait à Charlotte de tenir jusqu’à 6 ou 7 heures du matin, et donc de

faire de vraies bonnes nuits.

Vers 22 heures, ne pas chercher à réveiller un bébé qui dort. Prendre l’enfant

tranquillement dans les bras en lui disant « Je vais bientôt aller me coucher,

je te propose un biberon, tu peux continuer à dormir ». De nombreux bébés

endormis prennent un biberon dans les bras à cette heure-là. Pour faire la différence entre le jour et la nuit, laisser la lumière du jour en

journée, fermer les volets la nuit. Une petite lumière pourra rester allumée

dans la chambre entre 19 heures et 22 heures pour signifier à l’enfant que

c’est toujours le jour et qu’il y aura encore un biberon. Éteindre la lumière

une fois le dernier biberon donné.

 

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