Middlemarch - Tome II

George Eliot · Chapitre 18 sur 45

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Middlemarch - Tome II

Chapitre VII

 

 

Quelques jours plus tard, – on était déjà à la fin d’août, – une certaine agitation régnait à Middlemarch ; le public allait être convié à acheter, sous les auspices distingués de M. Borthrop Trumbull, les meubles, livres et tableaux appar-tenant à Edwin Larcher Esq., dont les annonces attestaient à tous la qualité supérieure. Ce n’était pas une de ces ventes dues à de mauvaises affaires, mais tout au contraire au grand succès des entreprises de M. Larcher qui venait d’acquérir, près de Riverston, une maison seigneuriale meublée dans le style le plus élégant, et allait quitter la ville.

À cette époque, on considérait à Middlemarch une sem-blable vente un peu comme une fête. Il s’y trouvait toujours une table couverte des meilleurs comestibles froids, comme à un enterrement de première classe, et on avait toutes facili-tés pour se laisser joyeusement aller à cette généreuse con-sommation de verres de vin, qui peut entraîner des enchères également généreuses et joyeuses pour des objets qui ne le méritent guère. La vente de M. Larcher était d’autant plus attrayante par le beau temps que la maison, avec jardin et écurie, était située tout au bout de la ville, dans cet agréable prolongement de Middlemarch appelé route de Londres, qui était aussi la route du nouvel hôpital et de la demeure retirée de M. Bulstrode qui avait nom « les Bosquets ». Toutes les classes de la société disposant de quelques loisirs, s’y donnè-rent rendez-vous.

 

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Le second jour, notamment, où la meilleure partie du mobilier devait être vendue, « tout le monde » était là, jusqu’à M. Thesiger, le recteur de Saint-Pierre, qui fit une courte apparition, et se trouva coude à coude avec MM. Bambridge et Horrock. Tout un cercle de dames étaient assises en rond autour de la grande table de la salle à man-ger, sur laquelle M. Borthrop Trumbull était monté avec pu-pitre et marteau ; les rangées de figures masculines qui se tenaient au dernier plan, se renouvelaient davantage, on en-trait et on sortait à la fois par la porte et par un grand bow-window ouvrant sur la pelouse.

Ce jour-là, M. Bulstrode ne faisait pas partie de « tout le monde », sa santé ne supportant pas bien les foules ni les courants d’air. Mais comme à la vente figurait un tableau dont mistress Bulstrode avait particulièrement envie : Un Re-pas à Emmaüs, attribué au Guide par le catalogue, M. Bulstrode s’était présenté la veille même au bureau du Pionnier dont il était devenu un des propriétaires, pour de-mander à M. Ladislaw, à titre de grande faveur, de vouloir bien aider mistress Bulstrode de ses remarquables connais-sances en fait d’art, et le prier, si possible, au milieu de ses préparatifs de départ, de disposer de quelques instants pour aller à la vente.

Au moment où M. Bulstrode s’adressait à lui, Will avait à la fois la résolution bien arrêtée de partir, et la résolution non moins arrêtée de ne pas partir sans revoir encore une fois Dorothée. Il répondit donc qu’ayant des raisons de diffé-rer son départ, il se ferait un plaisir de s’y rendre.

Will était dans une disposition de défiance ; il avait la conscience profondément blessée par la pensée que tous ceux qui le regardaient avaient sans doute connaissance d’un

 

– 238 – fait équivalent à une accusation contre lui, et le considé-raient comme un être cupide dont les machinations venaient d’être heureusement déjouées. Comme tant d’hommes qui se prétendent le plus dégagés de tout préjugé en matière de dis-tinctions conventionnelles, il était susceptible et toujours prêt à s’emporter contre quiconque eût paru croire qu’il avait des raisons personnelles de s’affirmer ainsi, ou que son affec-tation d’indépendance n’était qu’un masque pour couvrir quelque tare dans son sang, sa personne ou son caractère. Quand il était sous l’empire d’une impression irritante comme celle-là, il était capable de s’en aller errer pendant des jours entiers, le regard ombrageux, le visage mobile, changeant de couleur à toute minute comme s’il était sur le qui-vive, guettant un point où il pût sûrement diriger ses traits.

Cette expression se fit particulièrement remarquer le jour de sa visite aux enchères, et ceux qui ne l’avaient encore vu que dans ses humeurs de douce bizarrerie ou d’éclatante gaieté, eussent été frappés du contraste. Il n’était pas fâché de cette occasion de se montrer en public aux yeux des di-verses classes de Middlemarch, les Toller, Hackbutt et Cie, qui tous le regardaient comme un aventurier, eux qui ne se doutaient seulement pas de l’existence de Dante, eux qui, de la plus basse extraction, osaient parler avec ironie de son sang polonais ! Il se tenait à une place en évidence, non loin du commissaire-priseur, l’index de chaque main dans ses poches de côté, la tête rejetée en arrière, ne se souciant de parler à personne, bien qu’il eût été salué cordialement comme un connaissure par M. Trumbull, qui jouissait pour le moment de l’activité exceptionnelle de ses hautes facultés.

M. Borthrop Trumbull avait dans les veines un liquide bienveillant ; essentiellement admirateur par nature, il eût

– 239 – aimé à avoir l’univers sous son marteau, sentant qu’il l’aurait par sa recommandation élevé à un cran plus noble. Il se con-tentait en attendant, de l’ameublement de salon de mistress Larcher. Et animées par une direction aussi fantaisiste qu’enthousiaste, les enchères se poursuivaient avec une émulation croissante.

– Allons, Trumbull, en voilà assez, avec tous les ramas-sis d’antiquailles que vous avez fourrés dans la vente, mur-mura M. Toller en s’approchant du commissaire. Je voudrais voir les gravures et je vais tout à l’heure être obligé de m’en aller.

– Nous y voilà justement, monsieur Toller. Ici, Joseph ! en avant les gravures ! Article 235. – Maintenant, vous, mes-sieurs, qui êtes des connaisseurs, vous allez avoir un régal. Voici une gravure représentant le duc de Wellington, entouré de son état-major, sur le champ de bataille de Waterloo ; et malgré certains événements récents qui ont, en quelque sorte, enveloppé notre grand héros d’un nuage, je me per-mettrai de dire, – car un homme dans ma situation ne doit pas subir l’influence des courants politiques, – je me permet-trai de dire qu’un plus beau sujet dans l’ordre moderne, ap-partenant à notre temps, à notre époque, ne saurait guère être conçu par l’intelligence humaine : par des anges, peut-être, mais point par des hommes, messieurs, point par des hommes.

– Et de qui est le portrait ? demanda M. Powderell vive-ment impressionné.

– Quand il a exécuté ce tableau, le maître ne signait pas encore, monsieur Powderell, le peintre n’est pas connu, ré-pondit M. Trumbull dont la respiration était devenue légè-

 

– 240 – rement haletante sur ces derniers mots, après quoi il contrac-ta les lèvres et regarda d’un œil fixe tout autour de lui.

Puis vinrent deux gravures hollandaises, objet des con-voitises de M. Toller, et qui lui furent adjugées. On vendit encore d’autres gravures, puis quelques tableaux, et il com-mença à se faire un mouvement plus actif d’entrées et de sorties dans l’assistance : les uns, ayant acheté ce qu’ils vou-laient, s’en allaient ; d’autres arrivaient pour la première fois sur les lieux, ou revenaient d’une visite passagère aux rafraî-chissements préparés au milieu de la pelouse sous un kiosque.

M. Bambridge avait envie d’acheter ce kiosque et il semblait prendre plaisir à en visiter fréquemment l’intérieur, comme par un avant-goût de la possession. La dernière fois qu’il en revint, on remarqua qu’il amenait avec lui un nou-veau compagnon, étranger à M. Trumbull et au reste du pu-blic, mais dont l’extérieur faisait cependant supposer qu’il était parent du maquignon et comme lui « adonné aux plai-sirs ». Ses grands favoris, son air d’imposante crânerie, et sa manière de lancer la jambe, en faisaient un personnage frap-pant, mais son costume noir passablement usé aux coutures amenait cette conclusion fâcheuse qu’il ne devait pas pou-voir s’accorder autant de plaisirs qu’il l’eût souhaité.

– Qui avez-vous donc raccroché là, Bam ? murmura M. Horrock.

– Demandez-le-lui vous-même, repartit M. Bambridge. Il dit qu’il vient d’entrer ici en passant sur la route.

M. Horrock examina l’étranger qui s’appuyait d’une main en arrière sur sa canne, tenait son cure-dents de l’autre et regardait tout autour de lui avec une espèce d’inquiétude

 

– 241 – provoquée apparemment par le silence que les circonstances lui imposaient.

Enfin, on apporta le Repas à Emmaüs, à l’immense soula-gement de Will, car il commençait à être si fatigué de tout le mouvement de cette vente qu’il s’était retiré un peu à l’écart, le dos appuyé au mur, juste derrière le commissaire-priseur. Au moment où il se rapprochait de la table, il aperçut le cu-rieux étranger qui, à sa grande surprise, tenait les yeux fixés sur lui d’une façon marquée. Mais il se vit aussitôt interpellé par M. Trumbull qui en appelait à son jugement.

– Oui, monsieur Ladislaw, oui, cela vous intéresse en votre qualité de connaissure, n’est-ce pas ? Il y a du plaisir, continua le commissaire avec une ferveur croissante, à pou-voir montrer un tableau comme celui-ci à une société de dames et de gentlemen, un tableau qui vaudrait n’importe quelle somme pour celui dont les moyens seraient en rapport avec les connaissances. C’est une peinture de l’école ita-lienne, du célèbre Guide, le plus grand peintre du monde, le premier des anciens maîtres. Permettez-moi de vous le dire, messieurs, j’ai vu beaucoup de tableaux des anciens maîtres, et ils sont bien loin d’avoir la valeur de celui-là ; les uns sont plus sombres qu’on ne voudrait, les autres ne représentent pas des sujets de famille. Mais voici un Guide dont le cadre seul vaut plusieurs livres, et que toute lady serait fière d’avoir chez elle. Ce tableau figurerait encore avec honneur dans ce que nous appelons un réfectoire, une institution de charité, si l’un des gentlemen de la Corporation était jaloux de faire preuve de munificence. Faut-il le tourner de votre côté, monsieur ? oui ! – Joseph, tournez-le un peu du côté de M. Ladislaw. M. Ladislaw a été à l’étranger et il sait appré-cier la valeur de ces œuvres-là, voyez-vous.

 

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Tous les regards se tournèrent du côté de Ladislaw, qui dit froidement :

– Cinq livres !

Le commissaire-priseur éclata en vives représentations.

– Ah ! monsieur Ladislaw, le cadre seul les vaut. Mes-dames et messieurs, pour l’honneur de la ville ! Supposez qu’on découvre un jour qu’un joyau de l’art s’est trouvé par-mi nous, dans cette ville, et que personne à Middlemarch ne l’a reconnu, – cinq et sept shillings – et six pence – cinq gui-nées et dix shillings – Encore, mesdames, encore ! c’est un joyau qu’on a laissé aller à un prix nominal, dira-t-on, parce que le public ne s’y connaissait pas et parce qu’il a été pré-senté dans des cercles où régnaient… j’allais dire des senti-ments bas, mais non ! – Six livres – six guinées – un Guide de premier ordre laissé pour six guinées, c’est une insulte à la religion, mesdames, – cela devrait nous toucher tous, mes-sieurs, comme chrétiens, qu’un sujet pareil fût cédé à si vil prix – six livres dix shillings – sept livres.

Les enchères s’étaient animées et Will continua à y prendre part, se rappelant que mistress Bulstrode désirait vivement le tableau et pensant pouvoir aller jusqu’à douze livres. Mais il lui fut adjugé pour dix guinées, après quoi il se fraya un chemin vers le bow-window et disparut. Ayant très chaud et soif, il se décida à aller sous le kiosque demander un verre d’eau. Il n’y restait plus personne et il pria la femme de service de lui chercher un peu d’eau fraîche ; mais, à ce moment même, il eut l’ennui de voir revenir le florissant étranger qui l’avait dévisagé tout à l’heure. Rien que la vue du personnage louche vous donnait déjà chaud par un jour d’été ; Will, à moitié assis sur le bras d’un fauteuil de jardin, évita de le regarder.

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Mais cette attitude ne fit pas grande impression sur M. Raffles, notre ancienne connaissance, que rien n’empêchait de s’imposer à l’attention d’autrui, du moment qu’il lui convenait de le faire. Il s’avança de quelques pas, et lorsqu’il fut en face de Will il l’interpella d’une voix forte :

– Excusez, monsieur Ladislaw, votre mère s’appelait-elle bien Sarah Dunkirk ?

Will, bondissant sur ses pieds, recula d’un pas en fron-çant le sourcil et répondit d’un ton presque féroce :

– Oui, monsieur, c’était son nom, et qu’est-ce que cela vous fait ?

Chez Will, le premier élan était toujours une réponse di-recte à la question à lui adressée, en même temps qu’un défi de ce qui en résulterait. Répondre tout d’abord : Qu’est-ce que cela vous fait ? lui eût semblé biaiser, comme s’il se sou-ciait des gens qui pouvaient connaître son origine.

Raffles, de son côté, ne souhaitait nullement la lutte que l’air menaçant de Ladislaw semblait promettre. Ce svelte jeune homme, avec son teint de jeune fille, ressemblait à un chat-tigre prêt à bondir sur lui. En de telles circonstances, le plaisir que prenait M. Raffles à tourmenter son monde faisait relâche.

– Ce n’est pas pour vous offenser, mon bon monsieur, pas pour vous offenser ! Seulement je me souviens de votre mère que j’ai connue jeune fille. Mais c’est à votre père que vous ressemblez, monsieur. J’ai eu le plaisir de voir aussi votre père. Vos parents sont-ils encore en vie, monsieur La-dislaw ?

– Non ! hurla Ladislaw sans changer d’attitude.

 

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– Je serais heureux de vous rendre service, monsieur Ladislaw. Par Jupiter, j’en serais heureux ! Avec l’espoir de vous rencontrer une autre fois !

Là-dessus Raffles, qui avait levé son chapeau en pronon-çant ces derniers mots, pirouetta sur lui-même et s’en alla. Will le suivit des yeux un moment et put voir qu’il ne rentrait pas dans la salle de vente, mais semblait se diriger du côté de la route. Il se demanda s’il n’avait pas eu tort peut-être de ne pas laisser parler cet homme davantage. Mais non, après tout ! Il préférait ne rien apprendre d’une pareille source.

Cependant, plus tard dans la soirée, Raffles le rejoignit sur la route, et paraissant soit avoir oublié la rudesse de son précédent accueil, soit désirer s’en venger par une condes-cendance familière, il le salua d’un air jovial et marcha à ses côtés, faisant d’abord quelques réflexions sur l’agrément de la ville et des environs. Will, soupçonnant cet homme d’avoir un peu bu, pensait à la manière de s’en débarrasser, lorsque Raffles lui dit :

– J’ai été moi-même à l’étranger, monsieur Ladislaw. J’ai vu le monde, je baragouinais un peu le français. J’ai été à Boulogne et j’y ai vu votre père. Vous lui ressemblez d’une façon frappante, par Jupiter ! la bouche, le nez, les yeux, les cheveux rejetés en arrière du front tout comme les siens, un peu à la mode étrangère. John Bull ne produit pas beaucoup d’enfants dans ce genre-là. Mais votre père était bien malade quand je l’ai vu, Seigneur ! Seigneur ! avec des mains si transparentes qu’on voyait au travers. Vous n’étiez alors qu’un petit garçon. S’en est-il remis ?

– Non, fit Will sèchement.

 

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– Ah ! bien, je me suis souvent demandé ce qu’était de-venue votre mère. Elle s’était enfuie de chez ses parents quand elle était encore jeune fille, une jeune fille au cœur fier, et jolie, par Jupiter ! J’ai su pourquoi elle s’était enfuie, dit Raffles, clignotant de l’œil tout en regardant Will de tra-vers.

– Vous ne pouvez rien savoir de déshonorant sur son compte ! dit Will se retournant vers lui d’un air presque fé-roce.

– Pas la moindre chose, en effet ! Elle était bien trop res-pectable, elle-même, pour estimer ses parents. Voilà tout ! – Ici Raffles clignota de nouveau lentement. – Dieu vous bé-nisse ! Je n’ignorais rien de leurs affaires. Ils étaient un peu dans ce qu’on pourrait appeler la voie respectable du vol – une boutique de grand style. Oh ! c’était de premier ordre ; un magasin où tout s’engouffrait, gros profits et point de pertes. Mais, Seigneur ! Sarah n’en aurait rien su : c’était une brillante jeune fille sortant d’un pensionnat distingué, faite pour devenir la femme d’un lord. Seulement Archie Duncan lui a jeté cette injure au visage par dépit, parce qu’elle ne voulait rien avoir à faire avec lui. Et alors elle a planté là tout ce commerce. J’ai voyagé pour eux, monsieur, en gentleman, avec de beaux appointements ; ils ne se sont pas préoccupés de sa fuite, tout d’abord – c’étaient des gens dévots, mon-sieur, très dévots, et elle était décidée à monter sur les planches. Le fils vivait encore à cette époque et la fille était en baisse. – Holà ! nous voici au Taureau Bleu. Qu’en dites-vous, monsieur Ladislaw ? Si nous entrions boire un petit verre ?

 

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– Non, je vous souhaite le bonsoir, dit Will enfilant un passage qui menait à Lowick-Gate, et courant presque pour s’éloigner de la portée de Raffles.

Il marcha longtemps sur la route de Lowick, en dehors de la ville, et se réjouit de voir venir l’obscurité étoilée. Il lui semblait qu’on venait, au milieu de huées de mépris, de lui jeter de la boue au visage. Une chose confirmait le récit de cet individu, c’est que sa mère n’avait jamais voulu lui dire pourquoi elle avait quitté sa famille.

Eh bien, à supposer sur sa famille la vérité la plus infa-mante, en quoi lui, Will Ladislaw, avait-il personnellement moins de droits à l’estime ? Sa mère avait bravé la misère pour se séparer de ses parents. Mais si les amis de Dorothée avaient connu cette histoire, si les Chettam l’apprenaient ! Comme ils seraient forts de leurs soupçons et quel motif bien venu pour eux de le trouver indigne de s’approcher de Doro-thée ! Mais, quels que fussent leurs injustes soupçons, il fau-drait bien qu’ils finissent par reconnaître que le sang qui cou-lait dans ses veines était aussi pur de toute bassesse que le leur.

 

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