Middlemarch - Tome II

George Eliot · Chapitre 26 sur 45

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Middlemarch - Tome II

Chapitre VI

 

 

Si les desseins de Bulstrode s’étaient modifiés, s’il s’était produit un revirement dans son intérêt pour certaines œuvres, comme l’affirma ou le laissa voir sa conversation avec Lydgate, c’est qu’il avait eu à traverser une dure épreuve depuis la vente Larcher, depuis que Raffles avait re-connu Ladislaw et que le banquier avait vainement tenté un acte de restitution qui aurait pu amener la divine Providence à lui épargner les pénibles conséquences de sa faute passée.

Sa conviction que Raffles, à moins d’être mort, revien-drait avant longtemps à Middlemarch s’était vue justifiée. La veille de Noël, il avait reparu aux Bosquets. Bulstrode était chez lui pour le recevoir et l’empêcher de communiquer avec le reste de la famille, mais il ne put faire que les circons-tances de cette visite ne fussent de nature à le compromettre et à alarmer sa femme. Raffles se montra cette fois plus in-traitable que dans ses premières apparitions ; son état chro-nique d’agitation mentale, l’effet croissant de l’intempérance habituelle, effaçaient rapidement chez lui toute impression de ce qu’on lui disait, il insista pour ne pas quitter la maison, et Bulstrode, entre deux maux, se dit que cet arrangement valait tout autant que de le laisser retourner en ville. Il le garda dans sa propre chambre toute la soirée et le vit se mettre au lit, tandis que Raffles s’amusait de l’ennui qu’il causait à ce compagnon de faute si correct et si hautement prospère ; il aimait à voir, disait-il facétieusement, le plaisir que prenait son ami à recevoir un homme qui lui avait rendu service sans en obtenir tout son salaire. Sous ces plaisante-

– 354 – ries bruyantes se cachait un calcul astucieux, une froide ré-solution d’extorquer, dans un nouveau marché, quelque chose de mieux à Bulstrode, pour se voir soulagé de cette nouvelle application de torture. Mais son astuce avait un peu dépassé le but.

La torture avait certainement été plus loin chez Buls-trode que les fibres grossières de Raffles ne pouvaient lui permettre de l’imaginer. Il avait dit à sa femme que, s’il pre-nait soin de cette misérable créature, victime du vice, c’était simplement pour l’empêcher de se nuire à elle-même ; il fit entendre, sans employer la forme directe du mensonge, qu’il existait un lien de famille qui l’attachait à ce soin, et que cer-tains signes d’aliénation mentale chez Raffles commandaient une grande prudence. Il se chargerait lui-même d’emmener ce malheureux le lendemain matin en voiture. Ces allusions fournissaient tout naturellement à mistress Bulstrode des renseignements plausibles à l’usage de ses filles et des do-mestiques, elles expliquaient pourquoi il ne permettait à per-sonne d’entrer dans la chambre, même pour y porter à boire et à manger. Mais il demeurait assis dans une agonie de ter-reur, redoutant qu’on n’entendît Raffles dans ses bruyantes et trop claires évocations du passé, redoutant que mistress Bulstrode ne fût peut-être même tentée d’écouter à la porte. C’était une femme d’habitudes honnêtes et droites, et il était peu probable qu’elle recourût à un si vil moyen pour arriver à une découverte pénible ; mais la crainte était plus forte chez Bulstrode que le calcul des probabilités.

Raffles avait poussé la torture trop loin et produit un ef-fet qui n’était pas dans ses plans. En se montrant désespé-rément intraitable, il avait fait sentir à Bulstrode qu’il ne lui restait plus d’autre ressource qu’une attitude d’énergique dé-fi. Après avoir fait mettre Raffles au lit pour la nuit, le ban-

– 355 – quier commanda sa voiture fermée pour le lendemain matin, sept heures et demie. À six heures, il était déjà habillé depuis longtemps, et avait dépensé en prières une partie de sa souf-france ; s’il y avait eu quelque fausseté dans sa conduite, s’il avait dit ce qui n’était pas vrai devant Dieu, il invoquait pour détourner de lui le pire des maux les mobiles qui le faisaient agir. Bulstrode reculait devant le mensonge direct avec une énergie peu en rapport avec le nombre de ses méfaits plus indirects. Mais beaucoup de ces méfaits étaient comme les subtils mouvements musculaires, dont nous ne tenons pas compte dans la conscience de ses sensations, bien que ce soient eux qui nous fassent toucher au but sur lequel nous avons fixé nos désirs. Et ce n’est que lorsque nous avons la vive conscience d’une chose, que nous arrivons à la vive conception qu’elle est vue par l’Omniscience.

Bulstrode s’avança avec son bougeoir jusque devant le lit sur lequel Raffles paraissait en proie à un rêve pénible. Il resta silencieux, dans l’espoir que la présence de la lumière servirait à éveiller doucement et graduellement le dormeur, dont il craignait qu’un réveil trop soudain n’amenât quelque éclat. Il avait pendant quelques minutes surveillé les frémis-sements et les palpitations qui semblaient devoir se terminer par le réveil, lorsque Raffles, avec un gémissement à demi étouffé, se leva en sursaut et regarda tout autour de lui avec terreur, tremblant et respirant bruyamment. Mais ce fut tout, et Bulstrode déposant le bougeoir attendit qu’il revînt à lui.

Au bout d’un quart d’heure Bulstrode se rapprocha, et d’un air froid et péremptoire qu’il n’avait pas montré jusque-là :

– Je suis venu, lui dit-il, vous appeler de bonne heure, monsieur Raffles, parce que j’ai commandé la voiture pour

 

– 356 – sept heures et demie, et que je me propose de vous conduire jusqu’à Ilsely, où vous pourrez soit prendre le chemin de fer, soit attendre une diligence.

Raffles allait parler, mais Bulstrode le prévint par ces mots impérieux :

– Taisez-vous, monsieur, et écouter ce que j’ai à dire : Je vous donnerai de l’argent aujourd’hui et je vous fournirai une somme raisonnable de temps en temps, quand vous vous adresserez à moi par lettre ; mais si vous revenez vous pré-senter ici, si vous retournez à Middlemarch, si vous vous servez de votre langue de façon injurieuse pour moi, de quelque manière que ce soit, vous aurez à vivre sur tels fruits que votre malignité pourra vous rapporter, sans secours de ma part. Personne ne vous payera pour flétrir mon nom : je sais le pire que vous puissiez faire contre moi, et je le brave-rai, si vous osez vous imposer encore à moi. Levez-vous, monsieur, et faites ce que je vous ordonne, sans bruit, ou j’enverrai chercher un agent de police pour vous faire quitter ma demeure, et vous pourrez colporter vos histoires dans tous les cabarets de la ville, mais vous n’aurez pas une pièce de six pence de moi pour y payer vos dépenses.

Bulstrode avait rarement, dans sa vie, parlé avec une telle énergie nerveuse : il avait passé une grande partie de la nuit à réfléchir à ce discours et à ses effets probables, et, sans croire qu’il se mettrait ainsi à l’abri de tout retour de Raffles, il s’était arrêté à l’idée que c’était la meilleure atti-tude. Il réussit, dans cette matinée, à imposer la soumission à cet homme déjà usé, et dont l’organisme empoisonné fai-blissait devant le maintien froidement résolu de Bulstrode. Raffles se laissa emmener tranquillement avant l’heure de déjeuner de la famille. Les domestiques imaginèrent que

 

– 357 – c’était quelque parent pauvre et ne s’étonnèrent pas qu’un homme correct comme leur maître, qui portait haut la tête dans le monde, eût honte d’un tel cousin et désirât se débar-rasser de lui. La course de dix milles que fit le banquier avec son compagnon abhorré, était un triste commencement de jour de Noël ; mais, à la fin de la course, Raffles avait recou-vré sa gaieté, il s’en allait avec une satisfaction suffisamment expliquée par la centaine de livres que le banquier lui avait données. Des motifs divers avaient poussé Bulstrode à cette générosité, sans que lui-même les eût minutieusement ap-profondis en détail. Pendant qu’il était resté à surveiller Raffles dans son sommeil agité, l’idée lui était certainement venue à l’esprit, que cet homme avait subi un grand ébran-lement depuis son premier don de deux cents livres. Il avait eu soin de lui répéter, d’un ton tranchant, sa résolution de ne plus se laisser exploiter ; et il avait essayé de pénétrer Raffles d’un fait, c’est qu’il en était arrivé lui-même, Bulstrode, à la conviction qu’il n’y avait pas plus de risques à le braver qu’à acheter son silence. Mais, lorsque délivré de cette exécrable présence, Bulstrode revint à sa tranquille demeure, il ne rap-portait pas avec lui la confiance de s’être assuré autre chose qu’un répit. C’était comme si, au sortir d’un horrible cau-chemar, il ne pouvait en secouer les images avec leur odieux cortège de sensations, comme si, sur toutes les choses agréables qui entouraient sa vie, un reptile venimeux avait laissé ses traces gluantes.

Qui peut savoir à quel point compte, au plus profond de la conscience, le jugement qu’on prête aux autres sur soi-même, jusqu’au jour où cet édifice d’opinion est menacé de ruine ?

Le soin que prenait sa femme d’éviter toute allusion à ses pressentiments inquiets ne faisait qu’augmenter chez

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Bulstrode le sentiment qu’ils s’accumulaient au fond de son cœur. Il avait été habitué à goûter chaque jour la saveur de la suprématie et le tribut d’une complète déférence ; aussi la certitude qu’on l’épiait maintenant ou qu’on le jugeait, avec le soupçon de l’existence d’un secret déshonorant, faisait trembler sa voix quand il parlait pour l’édification des autres. Pour des hommes d’un tempérament inquiet, comme Buls-trode, prévoir est souvent pire que voir, et son imagination augmentait sans cesse en lui l’angoisse d’une honte immi-nente ; car si la manière dont il avait bravé Raffles ne tenait pas cet homme éloigné, – et tout en demandant cette grâce au ciel, il l’espérait à peine, – alors la honte était certaine. En vain il se répétait que, si Dieu le permettait, ce serait une épreuve envoyée d’en haut, un châtiment, une préparation ; il reculait devant ce tourment ardent qu’il se représentait, et il jugeait qu’il devait être plus profitable à la gloire divine de le faire échapper au déshonneur. Cette crainte avait fini par l’amener à prendre ses dispositions pour quitter Middle-march : si l’on devait rapporter sur son compte de tristes vé-rités, il serait alors à une distance moins brûlante du mépris de ses anciens voisins ; et sur une nouvelle scène où sa vie n’aurait pas atteint le même degré de sensibilité, son bour-reau, s’il l’y poursuivait, serait moins formidable. Il serait ex-trêmement pénible à sa femme de quitter la ville, et, pour d’autres motifs encore, il eût préféré demeurer là où il avait pris racine. Aussi ne fit-il d’abord ses préparatifs qu’avec ré-serve, désireux de laisser toutes les portes ouvertes à un prompt retour, si quelque intervention de la Providence de-vait dissiper ses craintes. Il se prépara à abandonner la direc-tion de la banque et tout contrôle actif dans les affaires commerciales du voisinage, sous le prétexte de l’affaiblissement de sa santé, mais sans renoncer pour l’avenir à y rentrer jamais. Ce parti entraînerait quelque sur-

 

– 359 – croît de dépense et une diminution de revenu, sans parler des pertes que lui avait déjà fait éprouver la mauvaise marche générale des affaires ; sur l’hôpital qui se présentait comme un chapitre principal de dépenses, il pourrait du moins beaucoup économiser.

Telle était l’épreuve qui avait déterminé sa conversation avec Lydgate. Mais, à cette époque, ses dispositions n’avaient pas, en général, dépassé le point où il lui serait en-core loisible de les révoquer, si elles cessaient de se montrer nécessaires. Au milieu de ses craintes, il différait constam-ment les démarches décisives ; comme il arrive à un homme en danger de faire naufrage ou d’être lancé hors d’une voi-ture par des chevaux emportés, il conservait obstinément le sentiment que quelque chose arriverait pour empêcher le pire, et que ce serait peut-être agir inconsidérément que de gâter sa vie par une transplantation tardive, avec la difficulté surtout d’expliquer à sa femme d’une façon satisfaisante ce projet d’exil indéfini du seul endroit où elle aimât à vivre.

Au nombre des affaires que Bulstrode avait à régler, en cas d’absence, se trouvait l’administration de la ferme de Stone-Court, et sur cette matière, comme sur toutes celles qui concernaient ses propriétés de Middlemarch et du de-hors, il avait consulté Caleb Garth, cet agent unique, plus jaloux toujours des intérêts de son patron que des siens propres.

À l’égard de Stone-Court, Bulstrode voulait conserver prise sur le fonds et s’arranger de façon à pouvoir, à sa con-venance, retrouver dans cette exploitation son délassement favori, et Caleb lui avait conseillé de ne pas se lier à un simple intendant, mais de louer à l’année la terre et le maté-riel, en prélevant sur les revenus une part déterminée.

 

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– Puis-je me fier à vous pour me trouver un tenancier à ces conditions, monsieur Garth ? demanda Bulstrode, et vou-lez-vous m’indiquer la somme qui devrait vous revenir an-nuellement pour diriger toutes ces affaires que nous avons discutées ensemble ?

– J’y penserai, reprit Caleb de sa façon brusque. Je ver-rai comment je pourrai en venir à bout.

S’il n’avait eu à se préoccuper de l’avenir de Fred Vincy, M. Garth n’aurait probablement pas vu de bon œil un sur-croît à son travail, dont sa femme redoutait toujours l’excès pour lui à mesure qu’il avançait en âge. Mais en quittant Bulstrode après cette conversation, il lui vint, à propos du louage de Stone-Court, une idée, très séduisante. Pourquoi Bulstrode ne consentirait-il pas à l’y voir placer Fred Vincy, sous condition que lui, Caleb, serait responsable de l’administration du domaine ? Ce serait un excellent appren-tissage pour Fred ; il pourrait se faire là un modeste revenu et avoir encore du temps de reste pour acquérir plus d’expérience en le secondant dans d’autres affaires. Il parla de son idée à mistress Garth avec un ravissement si évident qu’elle se serait reproché de refroidir sa joie en lui exprimant sa crainte constante qu’il n’en entreprît trop.

– Ce garçon serait heureux comme quatre, si je pouvais lui dire que tout cela est arrangé. Pensez, Suzanne, il avait eu l’esprit toujours fixé sur cette terre, pendant des années avant la mort du vieux Featherstone. Et ce serait la plus jolie tournure que puissent prendre les choses, s’il avait, en fin de compte, l’espoir de l’administrer comme il faut, avec intelli-gence, en se mettant aux affaires. Car il est assez probable que Bulstrode le laisserait continuer, et peu à peu acquérir le matériel. Il n’a pas encore décidé, à ce qu’il me semble, s’il

 

– 361 – se fixera, oui ou non, quelque part ailleurs d’une façon défini-tive. Je n’ai jamais de ma vie été plus satisfait d’une idée. Et alors, les enfants pourraient se marier bientôt, Suzanne.

– Vous ne toucherez rien de ce plan à Fred, avant d’être sûr du consentement de Bulstrode, répliqua mistress Garth d’un ton de doux avertissement. Et quant au mariage, Caleb, ce n’est pas à nous autres, vieilles gens, de contribuer à le hâter.

– Oh ! je ne sais pas, dit Caleb, en balançant la tête. Le mariage est un frein. Fred aurait moins besoin de mon mors et de ma bride. Toutefois je ne dirai rien, jusqu’à ce que je sache sur quel terrain je marche. Je reparlerai à Bulstrode.

Il choisit la première occasion de le faire. Bulstrode ne portait rien moins qu’un vif intérêt à son neveu Fred Vincy, mais il avait un grand désir de s’assurer les services de Garth en plusieurs affaires embrouillées, où il était sûr de perdre considérablement, si elles étaient sous une direction moins consciencieuse. Aussi ne fit-il pas d’objection à la proposi-tion de M. Garth ; il avait même une autre raison encore pour consentir volontiers à un arrangement qui devait profi-ter à un membre de la famille Vincy. Mistress Bulstrode, ayant entendu parler des dettes de Lydgate, s’était inquiétée de savoir si son mari ne pourrait pas faire quelque chose pour la pauvre Rosemonde, et très tourmentée en apprenant de lui qu’il n’était pas facile de porter remède aux affaires de Lydgate, et que le parti le plus sage était de les laisser « suivre leur cours », mistress Bulstrode lui avait dit alors pour la première fois :

– Je trouve que vous êtes toujours un peu dur envers ma famille, Nicolas. Et je n’ai certainement pas de raison de re-nier aucun de mes parents. Il se peut qu’ils soient trop mon-

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– Ma chère Henriette, dit Bulstrode évitant les yeux de sa femme qui se remplissaient de larmes, j’ai fourni à votre frère de gros capitaux. On ne peut attendre de moi que je prenne soin de ses enfants mariés.

Il n’y avait rien à dire à cela, et les observations de mis-tress Bulstrode se réduisirent en pitié pour la pauvre Rose-monde, dont l’éducation extravagante portait les fruits qu’elle avait toujours prévus.

Mais, se rappelant cette conversation, Bulstrode sentit que, le moment venu d’entretenir sérieusement sa femme de son projet de quitter le pays, il serait heureux de lui parler d’un arrangement qui pourrait être pour le bien de son neveu Fred. Provisoirement il l’avait avertie qu’il songeait à fermer les Bosquets pendant quelques mois et à prendre une maison sur la côte méridionale.

C’est ainsi que M. Garth obtint l’assurance qu’il désirait, à savoir qu’au cas où Bulstrode quitterait Middlemarch pour un temps indéterminé, Fred Vincy sentit autorisé à prendre la tenure de Stone-Court aux conditions proposées.

La perspective de cette « bonne tournure » donnée aux choses exaltait tellement Caleb qu’il aurait eu toutes les peines du monde, sans une petite gronderie affectueuse de sa femme, à ne pas tout révéler à Mary, désireux de donner « du réconfort à cette enfant ». Il se retint cependant, et gar-da strictement cachées pour Fred certaines visites qu’il fit à Stone-Court, afin de se rendre plus complètement compte de l’état des terres et du matériel, et d’en faire une estimation préliminaire. Il apportait à ces visites plus d’empressement

 

– 363 – que la rapidité probable des événements ne l’exigeait ; mais un ravissement stimulait son cœur de père, en songeant à cette part de bonheur probable qu’il tenait en réserve, comme un cadeau de fête, pour Fred et pour Mary.

– Mais supposez que tout ce projet se trouve n’être à la fin qu’un château en l’air ? dit mistress Garth.

– Eh bien, eh bien, repartit Caleb, le château ne s’écroulera sur la tête de personne.

 

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