Mon dernier colocataire (French Edition)

Violine Wolf · Chapitre 17 sur 44

Pages du PDF

Mon dernier colocataire (French Edition)

17 Michele Jones

 

Devant le miroir suspendu au-dessus du lavabo, Amy et moi refaisons notre maquillage.

— C’était quoi, ce truc sur la piste ?

— Quel truc ?

Je parfais mon rouge à lèvres en observant son reflet.

— Tu sais très bien de quoi je parle. Ton alchimie avec Blake.

Je souris bêtement devant ses mots. Elle a raison, il y a un petit quelque chose de très sexy quand nous dansons ensemble.

— Il danse bien, je m’amuse.

— Avec Damian, tu danses, avec Blake… j’ai cru que ça finirait dans une chambre.

— Arrête, tu dis n’importe quoi.

— Vraiment ? Parce que je t’ai vu lui jeter LE regard.

Je tourne la tête vers la porte des toilettes lorsqu’une femme entre pour rejoindre une cabine. Amy a-t-elle raison ? Lui ai-je lancé mon fameux regard ? Peut-être…

Je range mon maquillage dans mon sac à main. Ma meilleure amie m’imite.

— Il s’est passé un truc que j’ignore entre vous cette semaine ?

— Pas du tout ! Je te l’aurais dit.

— Tu as mis quinze jours à me l’avouer quand tu as couché avec Bruce, Michele.

— Il ne se passe rien entre Blake et moi, on s’est juste amusés sur la piste de danse.

— OK, OK ! Et qu’est-ce qui s’est déroulé avant que tu n’arrives ?

Ma bonne humeur fond comme neige au soleil. Je jette une œillade lourde de sens à Amy.

— Tu peux m’en parler s’il…

— C’est fini, je n’y retourne plus.

Inquiète, Amy se rapproche de moi.

— Il a fait quelque chose ?

— Rien qui n’ait de l’importance. Je t’assure.

Elle soutient mon regard, je ne détourne pas le mien.

— Tu n’es pas obligée d’être la plus forte, tu sais.

Je lève un sourcil et la pousse vers la sortie.

— Ne dis pas n’importe quoi.

Nous retrouvons les garçons autour de la table. Oh… Je n’avais pas vu Damian carrer les épaules comme ça depuis que Mickaël me collait en discothèque.

— Range tes griffes, mon p’tit chat.

Je vais m’asseoir près de lui en enserrant son cou.

— Blake est cool, dis-je à son oreille.

Un serveur nous apporte nos assiettes. Je jette un regard à mon colocataire en attrapant une frite. J’étais tellement sur les nerfs cette semaine que j’ai sauté plusieurs repas du soir. Mais ce soir, c’est vendredi et je suis libre pour deux jours dont je compte bien profiter !

— Je n’arrive pas à croire que vous êtes allés au LAVO sans moi, avoue Damian.

— Eh ! dis-je.

— En plus, nous avons eu des verres gratuits, ajoute Blake avec un sourire.

— Tu n’avais qu’à pas annuler, murmure Amy.

— Vous êtes lourdes, les filles.

Je ne peux pas m’empêcher de rire devant son petit air contrarié.

— Tu veux dire que ta super soirée d’anniversaire n’était pas à la hauteur ?

Nous levons tous les deux le regard en direction de Morgan derrière le bar.

— Si…

Je me penche pour embrasser sa joue.

— On y retournera.

Nous mangeons en discutant de la semaine. Damian et Blake font connaissance. J’aime beaucoup l’aisance avec laquelle il s’intègre à notre groupe. Comme prévu, je profite de deux cocktails et de la piste de danse.

Quand Blake et moi retrouvons l’appartement, je suis vidée. Mes pieds me prient de vite retirer mes chaussures. J’ai tellement couru partout que même en basket, j’ai mal. Je les abandonne à l’entrée.

« Bien arrivée. »

« Moi aussi », répond Amy.

Nous échangeons un émoticône et je vais prendre un verre d’eau dans la cuisine.

— Tu veux quelque chose ?

— Pareil que toi.

Je suis Blake dans le salon avec deux verres. Il s’écroule sur le canapé en ne me quittant pas des yeux.

— Je pourrais te faire de la publicité. Tu serais d’accord ?

— De la pub pour…

Je replace une mèche de cheveux derrière mon oreille en m’asseyant.

— Toi.

— Je crois que tu as trop bu, dis-je en me moquant gentiment.

— Mais non. Tu aimerais un encart dans Inside Morning, sur la future meilleure styliste de New York ?

— Amy t’a parlé de mon projet ?

Elle a la langue trop pendue avec Blake ! Pourquoi est-ce qu’elle s’est confiée ? J’observe Blake avec curiosité.

— Ne lui en veux pas, elle fait ça pour toi.

— J’ai décidé de lancer ma marque, mais je n’y suis pas encore et je ne souhaite rien précipiter.

— Tu sais, à force de reculer, on perd l’objectif des yeux.

— Je ne recule pas du tout, au contraire. Je vais mettre mon temps libre à profit pour avancer sur ce projet.

— Donc, tu ne veux pas que je t’aide ?

Je suis méfiante de nature, même si je suis quelqu’un d’enthousiaste.

— Pourquoi ferais-tu ça ?

— Pour t’aider ?

— Tu espères des parts ?

— Des parts ?

Il est vraiment trop crédule.

— Tu veux que j’investisse ?

— Non ! Enfin… Mais non ! Ce n’était pas le sujet. Blake !

Son sourire m’amuse.

— Pourquoi t’énerves-tu ?

Je m’appuie contre l’assise à sa hauteur pour mieux sonder son regard. Il attend toujours ma réponse, mais je n’ai pas l’esprit assez clair pour réfléchir à mon plan marketing maintenant.

— Dès que j’aurai avancé sur le projet, je t’en parlerai.

— Deal ?

Il me tend la main avec un air joyeux. Je m’en saisis.

— Oui.

En libérant ma prise, je le retiens en glissant la pointe de mes phalanges sur les lignes profondes de ses mains. Il se laisse faire en suivant ma découverte des yeux.

— Alors c’est à ça que ressemblent les doigts de musiciens.

Va dans ta chambre !

Je m’écarte de lui pour attraper mon verre d’eau.

— Tu veux un massage ?

Mon attention se perd un peu trop longuement sur ses iris. Je ne sais pas à quoi il pense, mais cette phrase m’inspire une piste dangereuse.

— Je vais plutôt aller dormir.

— OK, bonne nuit Michele. Fais de beaux rêves.

— Toi aussi.

Je m’éloigne, m’arrête brièvement dans la salle de bains et fonce sous mon édredon. Est-ce que je l’aurais regardé s’il n’était pas dans mon appartement ? Non. Est-ce que c’est mon genre d’homme ? Non. Est-ce que j’aurais dit oui au massage s’il n’était pas mon colocataire ? Absolument !

Frustrée, je tire la couette sur mon visage en me fustigeant. Pourquoi faut-il toujours que je joue les fortes têtes ? Dans quelques mois, il sera parti. Maintenant qu’il a de quoi demander la garde de sa fille, il a toutes les raisons de chercher un chez lui qu’il n’aura pas à partager. En plus, j’ai envie…

OceanofPDF.com

OceanofPDF.com