Mon dernier colocataire (French Edition)

Violine Wolf · Chapitre 25 sur 44

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Mon dernier colocataire (French Edition)

25 Michele Jones

 

Le pauvre ! Deux fois de suite, je suis obligée de le faire redescendre. Amy a intérêt à avoir une sacrée bonne raison de me téléphoner. Je m’éloigne du canapé. Mes idées bouillantes laissent place à de l’inquiétude. Si elle m’appelle à cette heure, c’est qu’il y a un problème. Je décroche avant qu’il n’arrête de sonner.

— Ma chérie, je suis désolée de te déranger.

— Qu’est-ce qui se passe ?

— Est-ce que tu peux venir me chercher s’il te plaît ?

— Où es-tu ?

— Je t’ai envoyé l’adresse par message, me dit-elle.

J’observe Blake. Il m’a rejointe d’un pas discret dans le couloir en boutonnant sa chemise.

— Il s’est passé quelque chose ?

Amy souffle.

— Viens s’il te plaît.

Je serre les dents, tiraillée par des émotions contradictoires. Face à moi, la passion brûlante aussi délicieuse que je l’avais imaginée ; derrière moi, un trajet qui m’inspire de la colère. Je ne suis jamais ennuyée d’aider mes amis, mais si cet Alessandro a fait du mal à Amy, je vais lui arracher la tête. Je suis sûre qu’avec la frustration que je ressens à cet instant j’aurai assez de force pour le faire.

— Je dois aller chercher Amy.

Je suis gênée d’écourter ainsi notre moment. Le souvenir de ses doigts en moi m’extirpe un frisson.

— Tu veux que je vienne avec toi ?

En balançant la tête de haut en bas, j’approuve. Nous mettons nos chaussures. Je jette des regards à la dérobée à Blake. Comment fait-il pour garder cet air léger ? C’est la deuxième fois que nous nous chauffons ce soir et il n’était pas fâché de ne pas avoir de préservatif. Aucun mec n’a jamais accepté une alternative sans me faire sentir qu’il était contrarié. Jason a même couru jusqu’à la pharmacie la plus proche un jour. J’ai l’impression que c’est moi l’obsédée là !

J’attrape ma pochette, les clés et j’entraîne Blake à ma suite jusqu’au parking après qu’il se soit lavé les mains. Mon Dieu ! J’avais tellement raison, il est habile de ses mains. Derrière le volant, je démarre. Cette fois, j’ai mis des baskets. La tension est palpable dans l’habitacle.

— Est-ce que c’est grave ?

— Je ne sais pas, mais je n’aime pas ça. Si elle m’a appelée, c’est qu’il y a un problème.

Je traverse le quartier en maudissant les feux rouges. Blake pose une main sur la mienne. Je lui jette un petit regard curieux. Il a le don de me calmer. C’est nouveau, ça ! La voiture reprend sa course. Je suis le GPS jusqu’à voir mon amie sur le bord de la chaussée. Je m’arrête pour qu’elle puisse monter. Blake retire son contact.

— Ça va ?

— Oui.

Elle va être gênée de parler devant Blake.

— Il est où ?

— Laisse tomber, Michele.

— Pas avant de savoir ce qu’il s’est passé.

Blake n’a pas quitté la route des yeux. Je croise le regard d’Amy dans le rétroviseur.

— Je suis tombée sur son alliance. Il l’avait dans la poche de son pantalon.

C’est moche, vraiment moche, mais je préfère avoir cette réponse que d’autres. Je me calme un peu.

— Merci d’être venus si vite tous les deux. Vous étiez encore au Bain ?

— Oui, ne t’en fais pas, tout va bien.

Je jette un regard à mon voisin.

— Désolée quand même. Je me sens tellement bête.

— Ce n’est pas de ta faute, c’est lui qui t’a menti.

— Il vient depuis des semaines pour parler avec moi à la parfumerie. Je n’ai jamais vu son alliance. Quelle idiote je fais !

— Il devait l’enlever avant de venir. Tu n’es pas coupable et quand tu l’as su, tu es partie. D’autres n’auraient pas eu cette réaction.

— Merci, Blake.

Je nous reconduis à l’appartement en accordant un regard désolé au trentenaire. Utiliser l’ascenseur à une autre saveur, mais le souvenir du baiser que nous avons partagé ici se rejoue dans mon esprit. Je lis dans les yeux noisette de Blake que c’est son cas aussi.

En rejoignant l’entrée, je propose à Amy :

— Prends une douche si tu veux. On discutera dans ma chambre tout à l’heure.

— Merci.

Elle offre une accolade à Blake et s’éloigne. J’attends que la porte soit fermée pour chercher l’attention de mon colocataire.

— Est-ce que ça va ?

— Oui, bien sûr.

Je suis ennuyée de le laisser seul après ce que nous avons partagé ce soir. Avec douceur, je pose une main sur sa joue et lui donne un baiser tendre.

— Ne fais pas cette tête. Tout va bien, je te le promets.

Je souris à cette nouvelle promesse.

— Je te montrerai l’habileté de mes doigts une prochaine fois.

— J’y compte bien.

Il vaudrait mieux que je m’écarte de lui avant que la tension ne reprenne vie. Après un dernier regard, je rejoins la chambre. Quelle soirée ! Moi aussi j’aurais bien besoin d’une douche, froide, de préférence. Je me change en attendant Amy. Elle avait tellement d’espoir, bien plus qu’elle ne l’a avoué. Si elle ne tenait pas à lui, sans doute n’aurait-elle pas réagi de cette façon pour cet anneau de mariage. Elle entre dans la pièce tamisée quelques minutes plus tard et se jette sur le lit.

— Je ne fréquente plus jamais un client.

Je rigole en penchant la tête vers elle.

— Il était trop beau pour être vrai. Alessandro n’avait rien du prince charmant que j’imaginais.

— Allez… Viens là.

Je lui tends un bras dans lequel elle se réfugie.

— Je suis désolée que ça se soit si mal passé, dis-je en cajolant son dos.

— Heureusement que je l’ai vue ! Tu imagines s’il avait continué à me mentir et à m’entraîner avec lui dans une double vie ?

— Tu t’en es rendu compte et tu as fait ce qu’il fallait.

— J’aurais quand même bien apprécié rencontrer quelqu’un avec qui ça fonctionne un petit bout de temps.

— Tu vas le trouver.

Elle soupire.

— Et toi, alors ?

Je reste silencieuse. Blake m’a mise en ébullition ce soir. J’ai aimé être près de lui, plus que je l’avais imaginé.

— Tu avais raison d’ailleurs, il en avait un tas !

Je ferme les yeux pour taire une remarque désobligeante.

— Fff… Bon, parle-moi de Blake. Il embrasse bien ?

— Mmh.

Amy rigole.

— Sérieux ?

Elle relève la tête qu’elle a placée sur mon épaule pour me détailler. Le rouge me monte aux joues. Il n’y a pas que mes lèvres qu’il a goûté et il a été merveilleux avec toutes les parties de mon corps qu’il a découvertes.

— Je vous ai interrompus ?

— Peut-être.

— Oh, merde, je suis désolée, Michele.

— Ce n’est pas grave.

Amy se sent coupable. Elle se serre contre moi en tirant la couette au-dessus de nous.

— Tu aurais pu me ramener chez moi, murmure-t-elle.

— Arrête de te prendre la tête.

— Non, mais tu es seule depuis une éternité.

— Hé !

Amy rigole.

— Tu peux aller dans sa chambre.

— Il s’avère que ma meilleure amie a pris mon dernier préservatif.

— Quoi ?

Elle bondit et sort du lit. Dès qu’elle a sa pochette entre les mains, elle me le jette à la figure. Parfois, elle est trop spontanée. Je secoue la tête de droite à gauche.

— Tu n’es pas sérieuse.

— Tu as des appréhensions ? Parce que la Michele que je connais ne s’est jamais arrêtée pour si peu.

Amy s’assoit sur le matelas. Ai-je le trac ? Je ne l’avais pas lorsque nous étions dans le salon Blake et moi.

— Je mettrai tes écouteurs.

Elle me tire par le bras pour me faire sortir du lit. À quel moment a-t-elle commencé à prendre des décisions pour moi sur ma vie sexuelle ? Je rêve. Elle referme la porte sur mon passage et maintenant, j’ai le trac ! Je coince le petit paquet dans l’élastique de mon short. Est-ce que je vais aller dans cette chambre ? Chambre où il y a un serpent. Mon cœur fait un bond quand j’entends remuer dans la pièce face à moi. Je pose la main sur la poignée et l’entrouvre en murmurant.

— Blake ?

La chambre est plongée dans l’obscurité.

— Michele ? Qu’est-ce qui se passe ?

J’entre en refermant sur mon passage. Une chance que je connaisse l’agencement des lieux. D’un pas prudent, j’approche du pied de lit et m’y assois.

— Il y a un problème avec Amy ? Tu veux que j’aille acheter de la glace ?

Plus il parle, plus il me plaît. Sa silhouette se découpe dans la nuit. Il s’est déplacé près de moi. Je pose la main sur la sienne et me meus pour l’enjamber une nouvelle fois. Son petit moment d’arrêt chargé de surprise est encore plus craquant. Il ne s’attendait pas du tout à ce que je le rejoigne. Je m’installe confortablement contre son bassin en enroulant mes bras autour de son cou.

— Cette fois, on ne sera pas interrompus, dis-je devant son visage.

Mes mots lui font un effet fou. Je le sens frissonner et regagné par le plaisir. Il durcit contre mon entrejambe. Je me pince la lèvre avant de goûter les siennes. Il entrouvre la bouche, emporté par une vague torride. Je ne résiste pas à exacerber ses sens.

— J’en ai un…

— J’ai envie d’utiliser ma langue.

Le souvenir de ce qu’il m’a fait il y a peu de temps se rappelle à mon entrejambe. Je me frotte contre lui en appréciant son contact.

— Tu es sûr ?

Mes doigts se faufilent sur son torse nu. Je caresse ses pectoraux lorsqu’il me renverse une nouvelle fois sur le dos.

— Oui. On pourra l’utiliser après.

Il immisce ses mains sur ma taille où il sent le paquet du préservatif. Il se charge de le poser sur la table de chevet. Mon ventre se serre. Il a l’air de vouloir prendre son temps et ce n’est pas des paroles en l’air. Les doigts de Blake se faufilent sous mon tee-shirt. Il caresse mes seins en taquinant mes tétons dressés. Sa bouche couvre chaque parcelle de mon ventre. M’embrasser ainsi semble le rendre fou. Agenouillé entre mes cuisses, il joue de souplesse pour capturer l’un de mes seins avec ses lèvres. Il me touche avec une envie non dissimulée, mais il n’est pas pressé. Il apprécie ma poitrine et mes courbes jusqu’à ce qu’il en soit suffisamment enivré pour retirer mon short. Il va me rendre folle !

Je le laisse reprendre sa place entre mes jambes en étouffant un hoquet de plaisir. Des frissons courent partout sur mon corps. Blake manipule si bien sa langue ! Il fouille dans mes chairs en utilisant ses doigts pour caresser mes cuisses, mon ventre, mes seins. Je ne sais plus où donner de la tête. Je m’empresse de retirer mon tee-shirt et de presser mes mains sur les siennes. Son souffle brûlant entre mes cuisses fait grandir la vague de plaisir dans mon bas-ventre. Il sait ce qu’il fait. Ces préliminaires sont divins. Mon cœur manque un battement lorsqu’il effleure mon buste en direction de mon entrejambe. Ses doigts plongent une nouvelle fois en moi.

— Blake…

Je suis si ouverte que s’il continue, je vais jouir avant qu’on ait commencé. Il écoute attentivement ma voix qui se brise, mais il ne tient pas compte de la mise en garde. Il les pousse plus loin et s’arrête sur un point sensible qui me coupe le souffle. La déferlante de plaisir inonde mon corps sans que je ne le voie venir. Mes cuisses emprisonnent son visage. Il y déplace les mains pour les caresser tendrement jusqu’à ce que je me détende. Personne ne m’a jamais fait une chose pareille.

Il tend le bras en direction de la table de chevet. Mon cœur cogne fort dans ma poitrine. Je l’entends se protéger avant qu’il ne glisse ses doigts sur mon ventre. J’attire ses lèvres sur les miennes. Ce mec me fait quitter la Terre ! Il répond à mes lèvres en guidant son sexe en moi. Je retiens mon souffle sur son passage lent dans mon muscle serré. Il soupire d’une façon torride en plongeant sur mon cou. Ses lèvres chaudes couvrent ma peau pendant que je prends mes marques. Je suis si serrée, j’ai l’impression que ça ne m’est jamais arrivé. Blake s’enfonce en moi d’un geste nonchalant avant de se redresser en s’appuyant sur ses genoux. Il plaque ses paumes fermes contre mes cuisses et me rapproche de lui. Je vais exploser, ce n’est pas possible ! Sans précipitation, il commence à bouger le bassin, faisant grimper le plaisir jusqu’à ma gorge contractée. J’enfonce mon tee-shirt entre mes lèvres et je fais bien, parce qu’il me caresse. J’ai l’impression d’être une torche qui brûle par les deux bouts. Il tend sa main libre sur le vêtement et l’écarte de mon visage.

— Je veux t’entendre.

Son vœu est exaucé. Moi qui d’ordinaire ne fais pas de bruit, je suis incapable de taire davantage les assauts du plaisir qui traversent mon corps. Il me conduit avec lui là où il le décide et se retire avant que je ne jouisse une nouvelle fois. Qu’est-ce qu’il fait ? Oh… Je n’ai même pas pensé qu’il puisse être fatigué d’être dans cette position. Il s’allonge sur le côté près de moi et m’attire dos à lui. Sa main couvre mon sein. Il embrasse mon épaule en câlinant mon corps avant de soulever un peu ma cuisse. Lorsqu’il vient à nouveau en moi, je pousse le bassin contre lui. Je ne suis pas peu fière de lui arracher un soupir. Il conduit ma jambe à s’accrocher aux siennes et barre ma taille avec son bras. Deux de ses doigts retrouvent mon clitoris qu’il caresse.

— Blake…

Il adore m’entendre gémir et je n’ai pas à me forcer. Il me fait du bien, j’aimerais que ça ne s’arrête jamais, même si mon corps est totalement dépassé par tous ces plaisirs.

— J’ai tellement envie de toi.

Il s’enfonce plus fort et je suis tentée de l’encourager davantage. Mon être est un volcan qu’il alimente à chaque nouveau contact. Je l’attire à ma suite en roulant sur le ventre. Blake ne se fait pas prier pour se placer au-dessus de moi, dans mon dos.

Son buste chaud couvre ma peau. Ses doigts écrasent mes fesses. Il s’en empare, ivre de désir en pinçant mon épaule avec ses dents.

— Tu me rends dingue.

— Prouve-le.

Ses mains glissent sur ma taille. Il bouge de plus en plus vite, nous arrachant des gémissements qui conduisent notre plaisir au point culminant où tout bascule. Blake jouit, chaudement serré contre mon corps libéré de toutes ses tensions.

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