Mon dernier colocataire (French Edition)

Violine Wolf · Chapitre 24 sur 44

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Mon dernier colocataire (French Edition)

24 Blake Baldwin

 

Avouer ça à voix haute me semble stupide. Je n’aime pas quand je me sens débordée par mes désirs, mais Michele est trop intense.

— D’avoir envie ?

— Ouais et… que ça se voit.

Erika passait son temps à crier et dire que j’étais un obsédé. Même quand j’avais des érections la nuit, elle me réveillait et m’obligeait à dormir sur le canapé. Je passe nerveusement une main dans mes cheveux. J’ai l’impression d’être un adolescent qui s’est fait surprendre par ses parents en train de se masturber sous la douche.

— Ce sont des choses qui arrivent, ce n’est pas si grave. Et puis…

Michele pose une paume sur mon genou.

— … je pensais ce que je t’ai dit.

— Que c’est flatteur ?

Ses doigts sur ma peau chaude m’aident à chasser cette émotion culpabilisante ancrée en moi.

— Oui. Le contraire m’aurait sans doute refroidie, avoue-t-elle avec un sourire.

Elle glisse une main sur ma joue et remue un peu ma tête pour que je me détende.

— C’est… passé ?

— Ouais à la minute où tu as prononcé le nom d’Erika, c’est assez magique et radical.

— Je tâcherai de m’en souvenir, me taquine-t-elle.

Je rigole en laissant cette émotion se répandre en moi pour finir de me détendre.

— On s’habille et on rentre ?

— D’accord.

Nous quittons le canapé pour retrouver nos vêtements respectifs. Il ne nous faut pas longtemps pour nous rejoindre. Mes yeux se nourrissent à nouveau des courbes de Michele emprisonnées dans cette robe sublime.

— Amy m’a donné les clés de la voiture, me dit-elle.

— OK.

Mon sourire se dessine et je glisse une main sur ses reins pour la guider vers la sortie. Une fois à l’extérieur du bâtiment, l’air chaud de la ville nous enveloppe. Je profite que nous marchions vers le parking pour lui dire :

— Tu es sublime dans cette robe.

Du coin de l’œil, je découvre son sourire magnifique mais discret se dévoiler. Elle est flattée.

— Merci, je suis contente qu’elle te plaise.

— Et le fait que nos maillots soient raccords ?

— J’ai pensé qu’on serait sexy comme ça, me dit-elle.

— Tu l’étais.

Nous arrivons à destination. Avant de monter en voiture, je lui propose :

— Veux-tu que je conduise ?

— Tu conduis ? s’étonne-t-elle.

— En général ou à New York ?

— Je ne savais pas que tu avais le permis. On n’en a jamais parlé. Je te laisse la place, je n’aime pas le faire en talons.

Je m’approche de ma colocataire. Elle cherche les clés dans son sac à main et me les remet en pressant un baiser sur ma joue. Mes yeux la suivent alors qu’elle contourne la voiture. Je prends place derrière le volant et suis obligé de reculer le siège pour être confortable. Je fous en l’air tous les réglages et mets le contact.

— Tu me guides ? Parce que je ne sais pas où on est ni comment rentrer.

Je souris à mes propos. Michele se penche en avant vers le tableau de bord et y fixe son mobile.

— Je te ferai une visite officielle un de ces jours.

— Ouh… la meilleure New-Yorkaise va m’amener dans les endroits cultes de la ville ?

Je suis les indications du GPS en respectant le Code de la route. J’ai l’impression que ça fait une éternité que je n’ai pas conduit alors que ça ne doit même pas faire deux mois. Il y a des habitudes qui se perdent vite.

Au premier feu rouge, mon regard dévie de l’asphalte et glisse sur la femme à mes côtés. Sa robe est plus courte sur le devant qu’à l’arrière. C’est étrange comme coupe. La moitié de ses cuisses sont découvertes. Avant que mes idées ne digressent une fois encore, je retrouve la route des yeux. 

— Est-ce que c’est une de tes créations ?

Michele me détaille à son tour avec intérêt.

— Qu’est-ce qui te fait penser ça ?

— C’est… ça semble être une pièce unique qui sort de l’ordinaire, tout en restant sublime et assez classique pour être portée à des soirées. Enfin… je suis loin d’être un expert.

— Mon premier investissement et, si j’en crois ton regard, j’ai réussi mon travail.

Mes doigts jouent sur la chanson qui passe dans la rue.

— Il te faudrait combien pour te lancer ?

— J’aimerais réunir cinq mille dollars pour commencer et augmenter mon capital aux alentours des vingt mille dans les trois ans.

J’acquiesce en laissant la musique me porter.

— Il y a beaucoup de concurrence à New York. J’ai besoin de me démarquer et ça coûte son prix.

— Je comprends.

— Tout dépendra ensuite des fournisseurs, des points de revente et des coûts de fabrication. C’est ma première estimation. Je ne suis pas sûre.

Je tourne la tête pour lui jetter un coup d’œil rapide.

— Tu vas réussir. Tu as du talent et surtout tu es persévérante.

— Merci, j’espère bien. Et toi, tu as toujours souhaité être prof ?

— Non, enfin, tu vas rire. Je voulais jouer du piano dans des bars.

— Qu’est-ce qui t’a empêché de le faire ?

Je rigole et passe nerveusement une main dans mes cheveux.

— Erika.

— Je vois.

— Mais j’apprécie mon métier. J’aime penser que peut-être, dans ma classe, il y a un futur musicien ou musicienne et que cet élève aura été inspiré grâce à mes cours. La musique, c’est un vecteur de toutes les émotions. Qu’importe ce que tu ressens, tu trouveras ton morceau, ta mélodie, et tu sauras que tu n’es pas seul. Tu vois ?

— Oui, je comprends ce que tu veux dire.

Lorsque je parle de musique, je me laisse souvent emporter. Je recentre la conversation sur Michele. J’ai envie d’en apprendre plus sur cette femme mystérieuse.

— Pourquoi le stylisme, et pas la danse ?

— La danse, c’est une passion que je souhaite garder quoi qu’il m’arrive dans la vie. J’ai pensé en faire un travail, mais, si je n’avais plus le plaisir de danser sans contrainte, je serais trop frustrée.

Je souris en comprenant son propos.

— Eh bien, tant que tu auras besoin d’un partenaire, tu peux compter sur moi !

— J’aimerais bien remettre ça, c’est vrai. Quel club as-tu préféré ?

— Hum… c’était trop cool, le LAVO.

— Oh, oui. C’était incomparable. Oh, tourne là, c’est le parking.

Je m’exécute et par chance, une place est libre. Je me sens nerveux de rentrer à l’appartement. Michele nous conduit dans la cabine, elle s’arrête face à la porte en joignant ses mains sur sa pochette dans son dos. 

D’un pas lent, elle se met devant moi en suivant la course de l’ascenseur du regard. Mes yeux coulent sur ses fesses musclées que je tenais fermement des deux mains il y a encore quelques heures. Je peux sentir la tension naître à mesure que l’aiguille de l’ascenseur descend. Le signal sonore aigu et le mouvement de ses jambes me sortent de ma transe. Michele se retourne. Je suis toujours planté tel un idiot dans le hall de l’immeuble. J’inspire et entre dans la cabine à mon tour. Elle pose une main sur mon avant-bras avant que je ne pense à me placer à ses côtés. Ses doigts remontent lentement sur mon épaule. Comme lorsque nous dansons, nos regards se rejoignent dans un échange intense et lourd. Je crois n’avoir jamais eu autant envie d’embrasser une femme qu’à cet instant.

La température augmente dans la cabine, je la sens nettement. Les portes se referment dans mon dos, sans que nous n’ayons bougé ou appuyé sur notre étage.

— Tu es nerveux ?

— Légèrement.

Je ne veux pas lui mentir, mais lui avouer ça me fait passer pour un type pas sûr de lui. Ce n’est pas ce que je veux qu’elle pense de moi.

— Tu préfères qu’on en reste là ? murmure-t-elle.

— Non.

Ma réaction était peut-être un peu trop rapide et spontanée.

— Non, mais ça fait longtemps. N’en prends pas la mesure si… dis-moi de me taire.

Michele comble la distance qui nous sépare. Ses lèvres douces capturent les miennes. Je réponds à son baiser urgent avec la même passion. Mes mains rejoignent ses fesses. Je la soulève. J’ai tellement aimé la ressentir peser contre moi dans le jacuzzi. Ses courbes généreuses se pressent contre les miennes. Ses ongles rencontrent mon crâne et je frissonne à son contact. Nos langues se retrouvent avec exaltation. Lorsque je sens son bassin se frotter contre le mien, je perds le nord.

Nous ne nous lâchons pas, même quand les portes s’ouvrent à nouveau. En la gardant précieusement contre moi, je rejoins l’entrée de notre appartement. D’une main, je récupère mes clés et essaie de déverrouiller la serrure. Je grogne contre sa bouche en n’y arrivant pas. Michele calme un peu le jeu en abandonnant mon visage. J’en profite pour tourner la tête et trouver ce que je cherche. Nous passons le seuil et je donne un coup de pied à la porte pour la refermer en retrouvant les lèvres charnues de la blonde.

— Où veux-tu qu’on aille ?

— Dans le salon.

Elle s’accroche plus fort contre mes épaules et fait courir sa bouche contre mon cou. Je ne me souviens pas d’avoir déjà été allumé de cette manière. Wouah… J’ai vraiment chaud. Mes doigts se crispent sur ses fesses lorsqu’elle trouve un endroit sensible. 

— Assieds-toi.

Je m’exécute en usant de toute la délicatesse disponible. Michele glisse ses mains sur mes trapèzes et ajuste ses jambes contre les miennes. La course de ses baisers suit la ligne de ma mâchoire avant de rejoindre ma bouche. Elle me surplombe en approfondissant ce nouveau baiser et reprend doucement le balancement de son bassin. Mon érection ne tarde pas à ce traitement délicieux. Je remonte les doigts contre ses flancs et caresse sa poitrine délicatement à travers le tissu à mesure qu’elle danse par-dessus moi. Les siens se perdent sur ma nuque et mon cuir chevelu. Michele soupire et s’écarte de mon visage. Ses iris clairs plongent dans les miens.

— Ça va ?

— Tu en as ?

Je me fige quand je comprends qu’elle parle de préservatif.

— Non.

— J’ai donné ce que j’avais à Amy, murmure-t-elle.

Face à moi, elle se pince durement la lèvre.

— On peut faire sans.

Ses yeux s’ouvrent grand.

— Non, je veux dire, je peux te faire l’amour sans utiliser mon atout principal.

Elle rigole spontanément et se rapproche de moi. Comme durant cette bachata, elle effleure ma bouche.

— Ah oui ? Tu ferais ça ?

— Absolument, tu me diras si c’est à la hauteur ?

Je caresse ses seins et ajoute :

— Je suis agile de mes doigts.

Les joues de Michele prennent des couleurs. Elle enserre mon cou et retrouve mes lèvres. Nous nous embrassons longuement. Je la renverse sur le canapé et la surplombe. Elle retient son souffle, la poitrine gonflée et les yeux rivés aux miens. Je lui offre un sourire et me redresse un peu pour retirer cette chemise ! J’ai tellement chaud. Ses yeux suivent chacun de mes gestes. Je jette le vêtement sans regarder où il atterrit. Sans attendre plus longtemps, je la retrouve. Ma bouche se pose sur son décolleté. J’ai besoin de faire ça depuis que nous avons dansé ensemble. Mes mains suivent le mouvement. Je prends mon temps pour faire grimper son désir. Elle me laisse faire en appréciant chaque contact. Je descends au fur et à mesure en tirant les pans de sa robe et je m’installe entre ses jambes. Michele soupire. Mon regard se perd sur sa lingerie fine avant de retrouver son visage. Elle croise mes yeux avec assurance. Quand je suis certain qu’elle a envie de poursuivre, j’attrape délicatement son tanga de la même couleur que sa robe et le lui retire.

Je déglutis en découvrant à quel point je lui ai fait de l’effet. J’embrasse son ventre en glissant mon index sur ses lèvres intimes. J’écarte ses jambes, embrasse son clitoris et m’emploie à lui faire du bien. Sa voix s’élève, entre étonnement et surprise. Michele plaque une main contre ma tête.

— Oh…

Sentant qu’elle en veut plus, je la pénètre de mon index et mon majeur. Je joue de virtuosité pour lui faire du bien. Elle ondule le bassin avec douceur. 

— Continue, supplique-t-elle.

Je m’applique, emporté par ses mots, lorsque son téléphone sonne. Michele souffle en tendant l’oreille. Elle caresse mes cheveux et glisse sa main contre ma joue pour m’intimer d’arrêter.

— Je dois répondre, c’est Amy.

— OK.

Je recule. Elle se redresse déjà et me donne un long baiser passionné.

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