Mon dernier colocataire (French Edition)

Violine Wolf · Chapitre 22 sur 44

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Mon dernier colocataire (French Edition)

22 Blake Baldwin

 

Aujourd’hui, j’ai emmené Gabriella à la patinoire. C’était sympa d’assister à son entraînement. Nous en avons profité pour manger une glace et je l’ai ramenée chez sa mère le plus tard possible. Ça m’a fait du bien de passer cette journée avec ma fille.

Michele arrive vers moi avec un sourire dès que j’ai retiré mes chaussures. Elle a un paquet entre les mains. Je ne parviens pas à croire que j’ai accepté de sortir avec elle alors que je comptais éviter de le faire pour me tenir loin de toute tentation. Au moment où elle me l’a proposé, j’ai été incapable de lui dire non.

Encore une fois, Michele est vêtue d’une façon élégante qui met ses courbes en valeur. Quand elle me sourit, je suis incapable de ne pas lui répondre. Nous nous retrouvons surtout le soir, parce que le matin, je suis parti avant qu’elle ne se lève.

— Bonjour, est-ce le maillot ?

— Ouvre-le.

Je m’exécute sans attendre. Dans le carton, la première chose que je vois est la couleur orange. Wouah… Je ne vais pas passer inaperçu. Je l’attrape d’une main et le scrute d’un air dubitatif. Est-ce vraiment ma taille ?

— Tu es sûre d’avoir pris les bonnes mesures ?

— Certaine. Mais si tu as des doutes, tu peux l’essayer tout de suite.

— OK.

J’inspire et m’enferme dans ma chambre. Je dépose le maillot sans le quitter des yeux. Jamais je n’aurais acheté un truc comme ça, c’est sûr. Je me déshabille et l’enfile avant de baisser la tête. C’est… plus court et plus coloré que ce que je me prends d’habitude.

— Alors ? questionne-t-elle depuis le couloir.

Je souffle en allant ouvrir la porte. Je ne suis vraiment pas certain de ce choix. Les yeux de Michele suivent les lignes de mon corps.

— Parfait ! Je t’avais dit que c’était la bonne taille. Il te va bien.

— Je me sens… un peu à l’étroit.

Un petit sourire mutin naît sur ses lèvres.

— Je dois aller me préparer.

— OK.

Elle s’éloigne déjà. J’aurais dû lui donner ma réponse après avoir eu plus de détails. Je rentre dans ma chambre en me faisant la réflexion que la prochaine fois, je lui demanderais où ils sortent. Je m’habille à mon tour pour la soirée, d’un jean bleu foncé et d’une chemise que je n’ai pas l’occasion de mettre souvent. Avant de quitter la chambre, je jette un coup d’œil à Rango. Il semble se plaire dans son nouvel environnement et pas d’escapade en vue.

Je sors dans le couloir en même temps que Michele. Elle m’offre un sourire en évaluant ma tenue. Je suppose que ça veut dire que je suis bien sapé.

— Alessandro est LE tête-à-tête qu’Amy attend de décrocher depuis plusieurs semaines. Ne parle surtout pas avec cet homme, me conseille-t-elle. Fais comme s’ils sortaient de leur côté.

— Comme… comme si on avait un genre de rendez-vous en couple chacun de notre côté ?

Je ne suis pas sûr de comprendre ce qu’elle vient de dire. Elle me décoche un regard perturbant.

— Ne t’occupe juste pas d’eux. On profite de la soirée et je m’assure qu’Amy va bien.

— Bien, chef !

J’effectue un salut militaire qui la fait rire.

— Allez, viens.

Elle agrippe mon avant-bras et me tire vers la sortie. Michele pianote sur son téléphone dans l’ascenseur.

— Elle est nerveuse, me dit-elle.

— Il n’y a pas de raison, après ce rendez-vous, elle saura où ils en sont. Si elle stresse, elle va se mettre en échec.

— Tu t’y connais en rendez-vous ? questionne Michele.

Je rigole.

— Je lis des magazines féminins pour être prêt quand Gabriella aura ce genre de problème.

— Oh, je vois, tu anticipes.

— Ouais… ça m’angoisse rien que d’imaginer quelqu’un lui faire du mal.

— C’est mignon.

Surpris, je me tourne vers Michele.

— Vraiment ?

Avant qu’elle ne puisse me donner sa réponse, les doubles portes s’ouvrent. Nous sortons de l’immeuble et Amy est déjà là avec sa voiture. Je grimpe à l’arrière et Michele prend place à côté de son amie.

— Ça fait trop longtemps que je n’ai pas eu un rendez-vous ! Ma chérie, je suis bien ?

— Bien sûr ! Tu es canon, respire. Et je te rappelle que tu en as eu un le mois dernier.

— Comment fais-tu, toi ?

Michele lui lance un lourd regard.

— Salut, papa. Ça va ?

— Bonsoir, Amy, oui. Je ne te retourne pas la question.

— Alessandro m’intimide.

— Pourquoi ? interrogé-je avec naturel

— Parce qu’il est charmant, séduisant, qu’il y a un truc entre nous depuis plusieurs semaines. J’ai peur qu’il soit déçu.

— Qu’est-ce que tu racontes ? intervient Michele.

L’interaction entre les deux femmes est amusante. C’est la première fois que je suis pote avec des personnes comme elles.

— Un homme comme lui doit avoir l’embarras du choix. Je veux qu’il se rappelle de moi.

— S’il ne se souvient pas de toi, il ne te mérite pas, ponctue Michele. Tu as tout ce qu’il faut, détends-toi.

Je trouve ça mignon comment elle défend son amie. Tout le monde devrait avoir sa Michele. Je me demande quand même qui en fait autant pour elle. Leur conversation poursuit son train. J’essaie de ne pas me montrer trop intrusif.

Nous arrivons finalement au lieu du rendez-vous. Amy se gare sur une place dans un parking qui coûte une fortune et nous descendons de voiture. Il faut que je garde en mémoire que nous n’accompagnons pas Amy, mais que Michele surveille que tout se passe bien et que, moi…, je fais office de compagnon d’un soir pour ma colocataire.

Michele se tient à ma hauteur et nous laissons Amy entrer la première dans la boîte. Elle rejoint son date. Les yeux de ma colocataire ne les lâchent pas.

— Vous ne faites pas ça, vous, les mecs. Si ?

— Ça, quoi ?

— Soutenir vos amis hommes qui ont un rendez-vous. Vous êtes plutôt du genre taquin à les mettre mal à l’aise ou à attendre le résumé de la soirée.

Je rigole, hausse les épaules et avoue.

— Je ne sais pas.

— Amy et moi, on veille l’une sur l’autre depuis la faculté.

— J’étais déjà avec Erika à l’université.

— C’est vrai.

Elle me conduit à sa suite jusqu’au bar. D’ici nous avons une vue stratégique sur toute la boîte. 

— Tu aimerais commander ce soir ou as-tu envie que je te surprenne une nouvelle fois ?

— Fais-toi plaisir, Michele, je paie.

Aussi vite que ma phrase est sortie de ma bouche, je me rends compte à quel point elle peut paraître étrange. Je déglutis et grimace en essayant de me dépatouiller.

— Enfin, je veux dire… tu vois. Je t’invite en tout bien tout honneur évidemment.

Michele m’offre un petit sourire en pressant mon biceps.

— J’avais compris, Blake.

Elle fait volte-face et se penche contre le bar pour discuter avec le serveur.

— On prend le premier verre ici, le second dans le jacuzzi. Ça te va ?

— Oui.

— Il va lui déballer le grand jeu. Tu as vu sa chemise et sa montre hors de prix ?

Je tourne la tête pour découvrir ce dont elle me parle. L’homme, dont les origines du sud ne font aucun doute à sa chemise largement ouverte sur son torse dépourvu de poils, glisse les doigts sur la joue d’Amy. 

— Les femmes ont un faible pour les mecs qui sont glabres ?

— Amy, oui.

Pourquoi me précise-t-elle ça ? J’ai posé une question générale. Je trouve son visage et lui pose celle qui me brûle les lèvres.

— Et toi ?

Elle plonge ses yeux clairs dans les miens de cette façon si particulière.

— Moi, je préfère qu’ils en aient un peu.

— OK.

Je déglutis et réponds avec humour :

— Moi, je n’en ai pas.

Michele manque de s’étouffer dans son verre. Elle me détaille en secouant la tête et repose son cocktail sur le bar.

— Je pensais qu’il n’y avait que leur vision de la vie qui comptait pour toi.

— Quoi ?

— C’est ce que tu as dit à Amy, non ?

— Oui. Du coup, moi, j’aime qu’elle soit bien. Je ne vais pas lui imposer ma vision des choses et de toute façon, je n’en ai pas vraiment.

Je bois mon verre d’une traite, détourne les yeux pour les poser de nouveau sur le couple. Le sudiste fait rire Amy. C’est sûrement une bonne chose si elle se sent plus détendue. Elle échange un regard entendu avec Michele et s’éloigne vers un coin fauteuil. La blonde se rapproche de moi.

— Ça ne doit pas être facile d’être prêt à s’engager à nouveau après ton divorce.

— Ce n’est pas ça qui me fait peur.

— Tu as fait des rencontres avant d’arriver ici ?

— Non, je n’ai côtoyé aucune femme.

Elle oriente mon visage vers la salle tamisée.

— Il n’y en a pas une qui t’intéresse ce soir ?

Elle n’est pas sérieuse de me poser cette question. Si ? Parce qu’à part elle et Amy, je n’ai regardé personne dans cette salle. En plus, Michele est la seule personne qui hante mes nuits. Je ne sais pas quoi répondre. Je tourne la tête pour scruter l’endroit.

— Parce que tu veux me caser ?

— Et perdre mon partenaire de danse ? s’amuse-t-elle.

Michele vide son verre et me conduit à l’écart sur la piste. Ce soir, elle porte une robe bordeaux qui vole chaque fois qu’elle tourne sur elle-même. Michele revient vers moi et mes yeux glissent sur son cou. Je perçois la ficelle de son maillot. Il est de la même couleur que celui qu’elle m’a acheté. L’a-t-elle fait exprès ? Nous nous déhanchons sur la musique. Comme chaque fois que nous dansons, nous sommes dans une autre dimension. Michele est une partenaire exceptionnelle. Je n’avais pas pris autant de plaisir depuis longtemps. Mes mains se posent délicatement sur son corps de déesse, mais à mesure que les secondes filent, mes doigts gagnent leur propre volonté.

La blonde relève les yeux en cherchant mon regard. Je déglutis en me sentant troublé. Elle est intense. Est-ce un consentement ? Elle continue de danser contre moi comme si de rien n’était. Je change de rythme pour l’entraîner dans une bachata plus sensuelle. Nos bassins bougent lascivement l’un contre l’autre. J’approche mon front du sien en la gardant jalousement contre moi. Ses lèvres sont à portée des miennes. Le souffle de Michele rencontre mon visage. Ses hanches balancent contre mes jambes mêlées aux siennes. Elle n’hésite pas et se laisse aller à ce moment en suivant l’esprit sensuel de la danse. Sa figure effleure la mienne. Elle m’offre un sourire sincère et s’éloigne en tenant mes mains. Je vois qu’elle mesure comme moi l’espace qui nous sépare avant de revenir chaudement contre moi. Ses cuisses emprisonnent la mienne quand elle se balance contre moi en s’accroupissant. D’une impulsion sur ses doigts, je l’aide à remonter. Nos corps se trouvent et se pressent l’un contre l’autre. Ses mains passent dans mes cheveux. Mon cœur s’emballe dans ma poitrine lorsque sa bouche frôle la mienne. L’odeur de son parfum m’envoûte chaque fois qu’elle est si proche.

Difficilement, je me détourne de son visage en gardant le tempo. Je la fais tourner contre moi. Ses fesses sont maintenant pressées contre mon pelvis. Ce n’était peut-être pas une si bonne idée ! Mes doigts accrochés à sa taille la guident dans ce mouvement charnel. Du coin de l’œil, je vois que certains clients ont sorti leur portable pour nous filmer. Mes mains remontent sur ses hanches. Je saisis ses poignets et la fais tourner une nouvelle fois. Ses yeux clairs fondent dans les miens. Un sourire étire ses lèvres lorsqu’elle se presse contre moi en s’agrippant vigoureusement à ma nuque. Nos visages se retrouvent comme auparavant. Mon souffle change quand elle m’embrasse. Mes doigts se crispent plus fermement sur le bas de son dos. Je me laisse emporter par la passion de notre échange en l’approfondissant. La langue de Michele part à la recherche de la mienne. J’y réponds en mettant mon cerveau sur pause. Mes mains se faufilent sur ses fesses musclées que j’accompagne dans ses mouvements lascifs contre ma cuisse.

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