Mon dernier colocataire (French Edition)
31 Michele Jones
Blake quitte la chambre d’un pas léger. Nous avons dormi dans la mienne, comme les nuits précédentes. Je suis plus à l’aise loin de Rango. Il fait de son mieux pour éviter de me réveiller ce matin, mais j’ai le sommeil léger.
Hier soir, il était émotif. J’ai remarqué que ça lui arrive après avoir ramené Gabriella. Nous en avons profité pour nous retrouver en douceur et discuter autour d’un repas, puis dans le lit.
J’ai longtemps été attirée par les mecs du genre bad boys, jusqu’à ce que je réalise qu’être avec eux, ça fait trop mal et que ça ne mène nulle part. La passion et l’intensité, c’est magique seulement quand il y a de l’amour. Blake est un ovni dans ma vie amoureuse, mais plus j’apprends à le connaître et plus il me plaît. Il n’a pas peur de dévoiler ses sentiments ou de parler de ses émotions. Et ça ne l’empêche pas d’être viril…
Le bruissement de l’eau dans la salle de bains attire mon attention. Je chasse l’édredon pour le retrouver. La cabine est embuée lorsque j’ouvre la porte. J’abandonne mon pyjama et pose doucement les doigts sur le rideau de douche. Blake découvre mon corps avec surprise. Passé l’étonnement, il me donne la main et m’aide à entrer dans la baignoire. Je le rejoins et trouve ses lèvres.
— Bonjour.
— Salut.
— Je me suis dit que tu apprécierais un petit souvenir pour accompagner ta journée.
— Tu es un amour.
Je plonge mes yeux clairs dans les siens en laissant mes doigts naviguer sur son bas-ventre. Je l’effleure en tendant le bras vers le flacon. Je coupe l’eau et glisse mes mains savonneuses sur son buste. Mes ongles suivent les lignes de ses muscles dessinés. Je m’applique en traçant assidûment chaque geste du regard. Une onde de plaisir atteint son sexe.
— Tourne-toi.
Il s’exécute sans un mot. Je sais qu’il est crispé et j’aime beaucoup cette tension. Derrière lui, je caresse son dos de haut en bas en insistant sur ses reins. Je glisse les mains sur sa taille en me serrant contre lui. Ma poitrine rejoint son dos nu, mon bassin rencontre ses fesses. Il me laisse poursuivre lorsque je saisis son membre. De l’autre, je profite délicieusement de son torse.
Blake s’appuie contre le mur face à nous. Je m’applique à faire grandir son désir. Avant de franchir la ligne de non-retour, je le libère.
— Tu m’aides ?
— Oui.
Il me fait face. Ses iris sont devenus profonds. J’adore qu’il me regarde. Son sexe bandé palpite entre nous sans qu’il ne me quitte des yeux. Il s’empare du savon. Je me pince la lèvre. J’aimerais lui dire combien j’ai envie de lui, mais il est si séduisant lorsqu’il a cet air ténébreux. Et puis, comme il me l’a dit cette semaine, le plaisir est meilleur quand il vient de loin…
Ses mains habiles couvrent mon ventre. Des frissons fusent dans toutes les directions depuis cet endroit où il me touche jusqu’à mes orteils. Blake glisse généreusement ses doigts sur mes hanches, puis mes fesses en se pressant contre moi. La température grimpe. Il est si excité. Je l’entends soupirer en se serrant au moindre mouvement discret du bassin. Il prend le temps de masser mes épaules et de rencontrer ma poitrine avant que je ne me tourne entre ses bras. Je n’aime pas jouer la provocation juste pour le rendre fou, mais je sais qu’il prend déjà son pied et ça me plaît.
— Tu ne veux pas que je continue ?
— Oh, si…
J’attire ses mains contre ma taille et conduis mon bassin contre lui. Son moment d’arrêt chargé de plaisir cogne jusque dans mon cœur.
— Remets l’eau.
Blake tend les doigts derrière lui. Le jet chaud ruisselle entre nous, rinçant nos corps crispés d’impatience. Je le pousse à se frotter contre mes fesses jusqu’à ce que je sente ses phalanges serrer plus fort mes hanches. Je tire sur le rideau de douche pour lui indiquer que nous allons dans la chambre. J’empoigne ma serviette sur mon passage. Il l’attrape quand je la lui lance. Sans quitter mon regard coquin, il l’abandonne en chemin. Je ris lorsqu’il me rejoint et me laisse tomber sur le matelas. Faire l’amour avec lui, c’est une expérience unique à chaque fois. Ses mains se posent sur mes genoux. Je m’empresse de saisir son menton. Blake use de toutes les attentions, mais aujourd’hui, j’ai besoin d’autre chose. Je l’attire vers mes lèvres en tendant mon bras libre sur la boîte de préservatifs. Je l’ouvre en l’embrassant et le couvre.
— J’ai trop envie de toi, dis-je en sondant ses yeux.
Son regard s’éveille. Il ne s’attendait pas à entendre ces mots.
— Viens…
Les rares moments où il perd un peu pied le rendent plus séduisant. Je l’attire en moi et enroule mes bras autour de son dos. Nos lèvres se retrouvent chaudement. Il est dépassé une seconde à peine avant de reprendre le dessus et de laisser libre cours à ses envies rugissantes. Il me comble de plaisir en se nourrissant de mes éclats de voix. J’adore sa façon de nous conduire au septième ciel…
Essoufflés, nous nous observons avec un sourire spontané.
— Tu ne devrais pas traîner si tu ne veux pas être en retard…
— Je courrai. Les cours commencent à huit heures.
— Mmh…
Je l’attire une nouvelle fois vers mes lèvres. Contre lui, je suis toujours en ébullition ! Nous en profitons longuement avant que nos chemins ne se séparent.
Je prends des nouvelles d’Amy et Damian, quand il m’appelle.
— Salut, mon petit chat, ça va ?
— C’est la deuxième fois qu’il n’est pas libre le dimanche et que je n’ai aucune explication.
Je pourrais dire à mon ami que je l’avais prévenu, qu’il est assez grand pour parler à son petit copain ou que je ne souhaite rien entendre, mais ce n’est pas ce que font des amis.
— Tu veux que j’aille lui parler.
— Non, Michele… Je me sens con, c’est tout.
— C’est normal que tu aies envie de savoir ce qu’il fait de son temps. La plupart des personnes en couple le prennent comme une preuve d’intéressement. À moins que tu ne te sois montré jaloux ?
— Je n’ai pas fait ça. Il a juste évité mes messages et il fait comme si de rien n’était.
— Si tu ne lui fais pas confiance, tu devrais le lui dire.
— Il va mal le prendre, souffle-t-il. Il va encore dire que je dramatise.
Je me sers un café et j’allume mon ordinateur.
— Pourquoi ne le quittes-tu pas ?
— Peut-être que ce n’est pas ce que je crois, tu sais.
— Damian ! Confronte-le, demande-lui des explications, mais ne reste pas dans cette situation.
— Tu as raison.
Je souris tandis qu’il met fin à la discussion. J’ai à peine raccroché qu’Amy me téléphone.
— Damian choisit mal son moment ! C’est ma pause café avant l’ouverture ! Tu vas bien, ma chérie ?
— Tu es au courant ?
— Il m’a appelé à six heures !
Je parcours mon site web et ma boîte mail.
— Dis-moi vite comment ça s’est passé hier ! me presse-t-elle.
— Bien, jusqu’à ce qu’Erika sonne à ma porte.
— Nan !
— Oh, si.
— Qu’est-ce qui s’est passé ?
Je bois une gorgée de café.
— Elle est venue chercher Gabriella.
— Pff, elle voulait te voir.
Hier, j’ai tiré la même conclusion. Je me suis bien gardée d’en parler à Blake. Il avait l’air tellement à cran par la venue de son ex-femme. Je ne lui avais jamais aperçu cet air contrarié ni ce ton.
— Mais ça s’est bien terminé, dis-je doucement.
— Tant mieux. Je t’appelle plus tard, ma chef arrive !
— Bisous.
Je me plonge dans le travail en avançant sur mon projet. Je suis impatiente ! Les choses progressent. Concentrée sur la réalisation d’une pièce, je sursaute lorsqu’on sonne. J’abandonne mes épingles et me dirige vers la porte pour appuyer sur l’interphone.
— Oui ?
— J’ai un recommandé pour madame Jones.
— C’est moi, j’arrive.
J’attrape mes clés et marche vers l’ascenseur. Je n’aime pas l’entendre grincer. Le facteur m’attend dans le hall. Il me demande une signature et me remet ma lettre. En remontant, j’emprunte les escaliers. Le recommandé vient d’un cabinet d’avocats. Qu’est-ce que ça peut bien être ? Une petite crampe serre mon ventre. J’ouvre le courrier en grimpant les étages. Un courrier d’avocat défendant les affaires du directeur du pôle financier : Gregory Taylor. J’hallucine !
J’interromps ma progression pour lire les lignes. Dans le charabia de convenance, je m’arrête sur la partie qui m’est directement reprochée.
— L’abandon des obligations qui vous lient à votre client Gregory Taylor engage un préjudice moral et monétaire aux intérêts de notre entreprise…
Ma tension est en chute libre. Ce vieux pervers me poursuit en justice ? Mes yeux filent sur la somme qui m’est demandée pour rembourser le préjudice. Quinze mille dollars ? N’importe quoi !
OceanofPDF.com
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