Un secret nommé Kendall - Par intime conviction

Chapitre 3

3

 

 

Christina se pencha vers Eric, sidérée. Etait-il victime d’hallucinations ? Depuis qu’elle le connaissait, il avait rarement évoqué son kidnapping. Le drame avait eu lieu à San Francisco. Eric était alors âgé de onze ans. L’histoire avait été bizarre. Aucune demande de rançon, ni exigence d’aucune sorte de la part des ravisseurs. Et deux jours plus tard, ils l’avaient relâché, le déposant au coin d’une rue.

A l’époque, la police avait relié ce rapt à une enquête menée par le père d’Eric. Joseph Brody traquait alors un tueur en série.

L’enquête s’était d’ailleurs terminée tragiquement. Joseph Brody n’ayant jamais pu mettre la main sur ce meurtrier, ses supérieurs avaient fini par le soupçonner d’être lui-même l’assassin, à tel point que Joseph Brody s’était suicidé en sautant du Golden Gate.

Pouvait-il y avoir un lien entre ces lointains événements et l’assassinat de Liz Fielding ?

Christina saisit le cliché qu’Eric avait laissé tomber sur le bureau.

— De quoi parles-tu ? De son médaillon ?

— Pendant mes deux jours de captivité, je n’ai jamais vu mes ravisseurs. Ils portaient tous des cagoules de ski sur leurs visages. Sans doute avaient-ils estimé qu’il était plus facile de dissimuler leurs traits que de me bander les yeux. Quoi qu’il en soit, il y avait une femme parmi eux. C’était elle qui s’occupait de moi. Lorsqu’elle se penchait vers moi, je voyais très bien le médaillon qu’elle portait en sautoir. Il était exactement comme celui-ci, ajouta-t-il en tapotant la photo.

Christina examina le pendentif rond sur la poitrine de la jeune morte.

— C’est certainement une coïncidence, Eric.

Fermant les paupières, il se pinça le haut du nez.

— J’ai toujours pensé qu’il s’agissait d’un symbole satanique ou quelque chose du même genre.

Elle étudia le dessin gravé sur le disque en argent. Il ressemblait à une queue de baleine stylisée mais un enfant de onze ans aurait pu y voir une paire de cornes.

— Avais-tu fait des recherches sur le sujet ?

— Honnêtement, j’avais totalement oublié ce médaillon. Ce souvenir m’est revenu en voyant la photo.

— Après toutes ces années, comment peux-tu être sûr qu’il s’agit bien du même dessin, du même symbole ?

— Tu as tes intuitions et moi… les miennes.

— C’est impossible, Eric.

— L’âge concorde pourtant. Ma ravisseuse avait sans doute une vingtaine d’années. Liz Fielding a la quarantaine. Cela pourrait coller.

— Eric, répondit-elle en lui prenant le poignet. Liz Fielding n’est pas la femme qui t’a enlevé. Elle porte un collier qui ressemble beaucoup à celui que portait ta ravisseuse, voilà tout.

Il essuya son front d’un revers du bras.

— Tu as sans doute raison. Mais cette photo a fait remonter un souvenir de ma mémoire. C’est de la folie.

Il ouvrit un tiroir du bureau et en sortit une feuille de papier et un crayon. Puis il se mit à dessiner.

— Que fais-tu ?

— Il y a vingt ans, on n’avait pas internet. Maintenant, je suis curieux d’apprendre ce que signifie ce symbole. Qui sait ? Cela nous aidera peut-être à résoudre cette affaire.

Tandis qu’Eric se replongeait dans ses souvenirs, Christina étudia les photos de la scène du crime, les confrontant au rapport. Les inspecteurs de Portland n’avaient pas identifié l’endroit où le tueur avait pu se cacher pour guetter sa proie mais il l’avait forcément fait. Il lui avait fallu dissimuler de quoi tuer sa victime — un objet lourd pour l’assommer, un poignard pour l’égorger et la carte de tarot pour lui porter le coup de grâce.

Peut-être ne visait-il pas spécifiquement Liz Fielding, ce jour-là, mais en tout cas il cherchait une proie, conclut Christina.

Elle devrait retourner dans la zone où le cadavre de Liz avait été découvert et y emmener Eric.

Discrètement, elle l’observa. Il était totalement absorbé par son travail.

Eric avait toujours le pouvoir de l’émouvoir et de la plonger dans une douce euphorie. En rompant leurs fiançailles, il lui avait brisé le cœur.

Tout était parti des recherches qu’elle effectuait alors sur le Tueur de l’Annuaire et sur Joseph, le père d’Eric. Quand il avait découvert cela, il l’avait très mal pris et avait fini par croire les mensonges d’un journaliste, Ray Lopez. Il avait claqué la porte, et elle avait été si vexée qu’il ait pu croire les affabulations de ce scribouillard qu’elle n’avait pas jugé bon d’insister.

Quelque temps plus tard, elle avait appris qu’elle était enceinte. Mais Eric avait alors complètement disparu de la circulation : il avait pris un congé sans solde et avait quitté le pays pour une destination inconnue.

Lorsqu’elle avait entendu dire qu’il était revenu et avait réintégré son poste au FBI, elle n’avait pas pu se résoudre à le contacter et à lui parler de Kendall. Il l’aurait sans doute accusée de se servir de leur fille pour faire pression sur lui, pour l’obliger à se remettre avec elle.

Il releva brusquement la tête.

— Voilà, annonça-t-il. J’ai fini mon dessin. Maintenant, je vais chercher la signification de ce symbole.

— J’espère surtout qu’il veut dire quelque chose.

Quelqu’un frappa à la porte et ils s’écartèrent précipitamment l’un de l’autre comme s’ils étaient surpris en train de tricher à un examen.

L’officier Griego apparut, chargée d’un sac blanc dans une main, d’un gobelet dans l’autre.

— Voici votre déjeuner. J’ai laissé l’autre boisson sur une table dans le couloir.

Eric bondit de sa chaise et la débarrassa de son chargement qu’il posa sur le bureau.

— Merci.

Elle lui tendit une poignée de pièces.

— Votre monnaie.

— Ça va, dit-il avec un geste insouciant. Mettez-les dans la cagnotte du déjeuner.

— D’accord. Bon appétit ! Et appelez-moi si vous avez besoin de quoi que ce soit.

Eric tapota du pied la sacoche qui contenait son ordinateur portable.

— Le code du WiFi ?

— Bien sûr.

— Merci, Rita.

Christina inspecta le contenu du sac.

— J’espère qu’ils m’ont bien livré ce que j’avais demandé.

— Donne-moi mon hamburger et mes frites, Sandoval. Je meurs de faim.

Elle obéit, lui en chipant une au passage.

Il l’imita et poussa un soupir satisfait.

— Elles sont croustillantes à souhait. Comme je les aime.

Elle opina tout en mordant avec appétit dans son sandwich tandis qu’Eric sortait son ordinateur de sa sacoche.

— Je vais allumer cet appareil et faire ce que je n’ai pas eu la possibilité de faire il y a vingt ans.

— Quoi ? T’inscrire sur un site de rencontres ? demanda-t-elle en riant.

— As-tu déjà essayé de le faire ? répliqua-t-il en s’emparant de son hamburger pendant que son ordinateur se mettait en route.

Christina faillit en avaler de travers. Depuis la naissance de Kendall, elle n’avait même pas tenté de rencontrer quelqu’un de façon traditionnelle, encore moins via internet.

— Non. Et toi ?

Elle attendit la réponse en retenant son souffle.

— Je ne pense pas que le FBI serait ravi si l’un de ses agents envoyé à l’étranger passait son temps à draguer sur des sites de rencontres.

Il ne s’était donc jamais inscrit sur ce genre de sites à cause de son métier et non parce qu’il s’y refusait par principe. Elle avala une gorgée de soda pour refouler la jalousie qui s’emparait d’elle. Elle n’avait pas le droit d’être jalouse ni de se soucier des femmes avec qui il sortait.

Leurs fiançailles étaient rompues. Et pas seulement à cause de cette enquête qu’elle avait menée dans son coin. Ils étaient de toute façon trop différents. Un jour ou l’autre, ils se seraient séparés, notamment à cause des enfants. Elle rêvait d’en avoir, Eric ne voulait pas en entendre parler. Et voilà qu’ils avaient une fille, sans qu’Eric le sache.

Il posa son dessin près de l’ordinateur.

— Comment dois-je procéder à ton avis ? En m’intéressant aux symboles ? Aux signes ? Aux sectes sataniques ?

— Essaie les trois, répondit-elle en croquant une autre frite.

— Christina ! Si tu avais envie de frites, pourquoi tu n’en as pas commandé ?

Elle se pencha vers l’écran et la page sur laquelle il s’était connecté : elle traitait des symboles sataniques.

— Parce que en ingurgiter un sachet entier représenterait trop de calories. Alors que quelques-unes me font plaisir sans danger pour ma ligne.

— Depuis quand te soucies-tu de ta ligne ? Tu n’as vraiment pas à craindre de grossir. Quoique…

Comme il promenait les yeux sur elle, elle ne put s’empêcher de rougir.

— Es-tu en train d’insinuer que j’ai pris du poids ?

Avec la grossesse, ce n’était pas tout à fait faux.

Il battit rapidement des paupières.

— Peut-être. Mais cela te va bien.

— Formidable ! dit-elle en se tapotant le ventre. C’est le genre de réflexion qui fait vraiment plaisir.

Avec un haussement d’épaules, il se remit à pianoter sur son clavier.

— Ne fais pas semblant de te vexer, Christina. Avant, je te trouvais un peu maigre et tu ne l’es plus. Tu as des rondeurs où il faut et tu es superbe. Voilà, maintenant, tu le sais. Si tu cherchais les compliments, tu as réussi.

Les larmes aux yeux, elle mordit dans son sandwich. Il la voyait toujours comme une femme sournoise et rusée, y compris sur un sujet aussi insignifiant que son apparence. Comment pourrait-elle lui parler de Kendall alors qu’il nourrissait encore tant de colère à son égard ? Il lui en voulait toujours, c’était évident.

Cependant, il n’y avait pas que ça. A trente ans, elle savait reconnaître le désir dans les yeux d’un homme, en particulier dans ceux d’Eric. Et ils brillaient toujours. Si elle ajoutait à cela les compliments qu’il venait de lui faire, cela ne faisait aucun doute : il avait encore envie d’elle.

Et elle…

— Qui se serait douté qu’il existait autant de symboles démoniaques ?

La voix d’Eric la sortit brutalement de ses pensées. Elle s’éclaircit la gorge.

— Peut-être ne sont-ils pas démoniaques. Peut-être ont-ils un lien avec Mère Nature ou le bouddhisme ou autre chose. En tout cas, si je considère les trois victimes, je ne vois pas beaucoup de points communs entre elles. Olivia Dearing était serveuse à Portland, Liz Fielding travaillait comme infirmière et Nora dans une librairie.

Eric se gratta le menton.

— Les trois victimes exerçaient donc toutes un métier dans le domaine des services. Peut-être ont-elles croisé quelqu’un dans le cadre de leurs activités, quelqu’un qui les a ensuite prises pour cibles.

— Peut-être, bien que ces femmes ne se ressemblent pas beaucoup. Si le tueur les a choisies au hasard, il va être plus difficile d’établir des rapprochements entre elles.

— Nous savons au moins que le meurtrier est allé à Portland et à San Diego et qu’il a tué deux fois à San Francisco, ce qui me pousse à penser qu’il vit ici.

Christina étala devant eux, côte à côte, les portraits des trois jeunes femmes, photographiées quand elles étaient en vie.

Eric prit celui de Liz, effleurant au passage la main de Christina.

Elle replia aussitôt le bras pour briser le contact. Puis elle ferma les yeux et inspira profondément.

— Ça va ? s’enquit-il.

Elle battit des paupières et croisa son regard inquiet. Inquiet ? Elle avait cru qu’il n’éprouvait jamais aucune émotion. Apparemment, il avait progressé.

— Tu ne ressens rien à la vue de ces photos, n’est-ce pas ?

Elle s’en étrangla presque.

— Non, pas avec des photos.

— Et à la vue des cartes de tarot ?

— Je n’ai pas eu assez de temps. Mais… attends ! s’exclama-t-elle soudain. Nous avons totalement oublié la victime de San Diego.

— Non, non, je ne l’oublie pas, assura-t-il en sortant une chemise cartonnée de sa sacoche.

— Je voulais dire : comment gagnait-il sa vie ?

— En vendant des chaussures.

— Encore un métier de service qui le mettait au contact de la clientèle.

— Il vendait des chaussures de femmes.

Les coudes sur le bureau, elle prit son visage entre les mains.

— Notre tueur l’avait peut-être repéré en passant devant sa boutique. Se trouvait-elle dans un grand magasin ?

— Non. Dans une galerie commerciale.

— Le Tueur du Tarot y passait peut-être fréquemment.

Eric leva un sourcil surpris.

— Le Tueur du Tarot. Tu l’as déjà affublé d’un surnom ?

— Il se l’est donné lui-même. Enfin, pas vraiment mais il me paraît évident qu’il faut le désigner ainsi, non ?

— Trouver un surnom pour un tueur en série ne me vient pas tout de suite à l’esprit, répliqua-t-il en s’emparant d’un autre dossier. J’en laisse le soin aux journalistes.

Elle pesta intérieurement. Elle avait cru qu’Eric était moins obtus ? Pas tant que ça, manifestement.

— Excuse-moi, monsieur Le-travail-avant-tout, rétorqua-t-elle en jetant les restes de leur repas dans la corbeille. Alors maintenant, revenons à l’enquête.

Elle parvint à travailler à côté de lui pendant quatre heures sans nouvelle anicroche.

Finalement, elle recula sa chaise et s’étira.

— Je suis épuisée.

— Nous avons bien avancé. Si tu es d’accord, je vais transmettre nos notes préliminaires aux inspecteurs de la police de San Francisco.

— Bien sûr. Peut-être qu’un des éléments leur évoquera quelque chose.

— Je sais qu’ils se sont rendus à la librairie où travaillait Nora mais j’aimerais aller y jeter un coup d’œil. Le Grimoire n’est pas le nom d’une librairie classique. Il s’agit certainement d’une librairie ésotérique.

— Son nom ne veut peut-être rien dire, objecta-t-elle.

Il feuilleta le dossier remis par la police de San Francisco.

Christina rangea avec soin les trois chemises cartonnées dans son attaché-case.

— Où es-tu descendu ?

— Au même hôtel que toi.

— Formidable, commenta-t-elle avec un sourire poli.

Décidément, quelqu’un avait juré de la torturer.

— Tu peux me suivre en voiture, ce n’est pas loin.

— Je ne suis pas motorisé.

Elle réprima un soupir. Vraiment, quelqu’un voulait sa perte.

— J’ai pris un taxi à l’aéroport et j’ai laissé ma valise à l’entrée du poste de police, poursuivit Eric. Donc, si cela ne t’ennuie pas de me prendre dans ta voiture…

— Bien sûr, répondit-elle en s’emparant de son sac.

Elle tira son Smartphone de la poche extérieure, veillant à ce qu’Eric ne le voie pas. Elle avait intérêt à retirer la photo de Kendall en fond d’écran si elle ne voulait pas s’attirer des questions gênantes.

Mais une sourde culpabilité la fit soudain vaciller. Les jambes faibles, elle se laissa tomber sur sa chaise. Heureusement, Eric était occupé à remettre son ordinateur dans sa sacoche et ne sembla pas remarquer son malaise.

* * *

Comment pouvait-elle continuer à maintenir Eric dans l’ignorance ? Toutes les bonnes raisons qu’elle s’était données pour ne pas lui parler de sa grossesse lui revinrent à la mémoire, y compris le fait qu’il s’était mis en congé, était parti pour une destination inconnue et qu’elle n’avait eu à l’époque aucun moyen de le joindre. Mais aucune ne tenait plus. Elle n’avait plus la moindre excuse pour lui cacher l’existence de Kendall.

Il ne voulait sans doute toujours pas d’enfants, d’autant que la dernière enquête dont il s’était occupé au FBI — une affaire de kidnapping — s’était mal terminée et avait dû renforcer sa détermination à ne pas fonder de famille. Mais il avait le droit de savoir qu’il avait une fille.

Et Kendall ? Elle méritait de connaître son père, même s’il ne souhaitait pas jouer un rôle dans son existence, même si un papa aux abonnés absents ne lui ferait aucun bien.

Christina réprima un soupir. Elle avait souvent regretté que son propre père n’ait pas succombé sur l’autel d’une noble cause, lui épargnant ainsi la douleur de son rejet. Il s’était désintéressé d’elle parce qu’elle refusait de vivre comme lui.

Mais Eric n’avait rien de commun avec Octavio Sandoval.

— Que fais-tu encore assise ?

— Je t’attendais, mentit-elle en se levant.

D’un mouvement du menton, elle l’invita à sortir du bureau en premier.

Elle préférait qu’il garde ses distances et ne l’approche pas trop. Déjà qu’ils devraient se côtoyer dans la voiture et à l’hôtel…

Ils traversèrent la salle commune, récoltant de vagues saluts des policiers et un grand sourire de l’officier Griego.

— Avez-vous résolu l’affaire ?

— Pas encore. Bonne soirée.

Eric récupéra sa valise et en sortant, ils voulurent faire halte dans le bureau du lieutenant Fitch. Mais la porte était fermée et des voix résonnaient à l’intérieur.

D’un geste, Eric invita silencieusement Christina à prendre la direction de la sortie.

— Es-tu garée sur le parking ?

— Non, il n’y avait plus de place ce matin. J’ai laissé ma voiture dans la rue.

Ils sortirent au soleil et Christina tira ses lunettes noires de son sac.

— Après avoir passé la journée enfermés, cela fait du bien de respirer un peu d’air frais.

— Cela fait toujours du bien de s’accorder une pause, répondit-il. Il nous reste peu de temps pour profiter de la lumière du jour.

— Ma voiture est là, indiqua-t-elle en actionnant la commande à distance. As-tu l’intention d’en louer une ?

— Avec les coupes budgétaires auxquelles nous sommes confrontés, il ne faut pas y penser. Je m’estime déjà chanceux d’avoir une chambre individuelle.

Elle lui lança un regard courroucé mais ne pipa mot. Pas question de discuter sur le sujet.

— L’hôtel est à peu près correct.

Ils approchèrent de son véhicule par l’arrière et Christina ouvrit le coffre.

Mais Eric souleva sa valise.

— Je m’en occupe.

— Oh… merci, bafouilla-t-elle presque.

Puis elle se dirigea vers sa portière.

— Qu’y a-t-il donc sur mon pare-brise ?

Eric claqua le hayon.

— Une contravention ? Je suis sûr que Rita Griego sera plus qu’heureuse de te la faire sauter.

Christina se pencha pour examiner de plus près son pare-brise. Son ventre se noua.

— Non, ce n’est pas une contravention.

Eric contourna la voiture pour s’approcher à son tour de la portière du conducteur.

— De quoi s’agit-il ?

Elle se redressa et se tourna vers lui.

— C’est notre signe, le symbole qui ornait le médaillon de Liz Fielding.

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