Un secret nommé Kendall - Par intime conviction
Chapitre 6
6
Christina était dans les bras d’Eric et il la tenait fortement. Au moment où la voiture avait foncé sur eux, moteur vrombissant, il l’avait saisie par la taille pour la repousser en arrière.
Il l’aida à se remettre d’aplomb.
— Ça va ?
— Il s’en est fallu de peu, balbutia-t-elle d’une voix faible. Pourquoi ce cinglé a-t-il accéléré alors que nous empruntions un passage pour piétons ? Il ne nous avait pas vus ?
— Si, il nous avait vus, Christina.
Elle leva la tête vers lui.
— Tu en es sûr ?
— Je lui ai fait signe. Et il nous attendait. Il était à l’arrêt et a mis les gaz au moment précis où nous traversions.
— Qu’insinues-tu, Eric ? demanda-t-elle en posant les mains sur son torse pour s’écarter. Penses-tu qu’il nous a pris pour cible ?
— Cela semble évident.
Elle lui étreignit la chemise.
— Alors il ne s’agit pas d’une coïncidence. Je sais que les chauffards sont légion à San Francisco mais en général, ils ne s’en prennent pas aux piétons.
— Sauf si ces piétons enquêtent sur une série de meurtres et commencent à devenir gênants.
Le cœur de Christina battait avec force dans sa poitrine et elle avait du mal à respirer.
— C’est de la folie. Nous représentons le FBI, bon sang !
— Crois-tu que le fait d’être agents du FBI nous protège ? Il nous expose, au contraire. Le mois dernier, nous avons perdu un agent en Amérique latine. Quelqu’un l’a dénoncé alors qu’il opérait sous couverture et le cartel de trafiquants qu’il avait réussi à infiltrer l’a froidement exécuté.
Elle frissonna.
— C’est la première fois que ce genre de choses m’arrive.
— A moi aussi.
Il lui prit la main.
— Viens, retournons à l’hôtel. Je ne veux pas que ça recommence.
Ils se dirigèrent vers leur voiture.
— A ton avis, Eric, notre tueur était-il au volant de ce véhicule ? Il a peut-être l’intention de frapper une nouvelle fois à San Francisco.
— J’espère qu’il essaiera et que nous parviendrons alors à le coincer.
— Nous devons en parler à Rich, avança Christina.
— Rien ne nous prouve formellement que le type qui a voulu nous écraser soit lié à notre enquête.
— Tu sembles oublier le symbole peint sur mon pare-brise. Quelqu’un nous suit, quelqu’un qui a compris que nous menions des investigations sur ces meurtres.
— Tu as raison. Je le signalerai dans le rapport que j’enverrai à Rich et à la police judiciaire. Veux-tu que je conduise ? Tu trembles comme une feuille.
Sans un mot, elle lui tendit les clés. S’il tenait à jouer les gardes du corps, grands et forts, pourquoi l’en empêcher ?
Elle s’installa sur le siège passager, puis jeta un coup d’œil dans le rétroviseur latéral.
— Je vais m’assurer que personne ne nous suit.
— Pourquoi ? Ce serait très bien, au contraire. Laissons-le venir à nous.
— Facile à dire. Ce n’est pas toi qui as failli te faire écraser.
Fronçant les sourcils, il ajusta le rétroviseur.
— As-tu eu l’impression qu’il se dirigeait vers toi en particulier ? Nous traversions tous les deux.
— Je n’en sais rien. Peut-être que je dis ça parce que j’étais devant toi. En tout cas, j’ai eu très peur.
Elle se pelotonna dans son fauteuil. La journée avait été mouvementée. Peut-être devrait-elle passer un coup de fil à Vivi. Sa sœur aurait probablement des choses à lui apprendre au sujet de la sorcellerie. Mais dès qu’elles en parlaient, Vivi essayait de l’entraîner sur des chemins de traverse.
— Ça va ? s’enquit Eric en lui effleurant l’épaule.
— Je me sentirais mieux si j’étais certaine que le spa de l’hôtel sera encore ouvert quand nous y arriverons.
Il retira sa main pour pouvoir manœuvrer sur le parking.
Elle le regretta aussitôt. La soirée avait en quelque sorte scellé leur réconciliation. Eric lui avait pardonné d’avoir pris en secret des notes sur la tragédie de la famille Brody et il ne croyait plus qu’elle avait été de mèche avec Lopez pour écrire un livre sur le sujet. Il s’était montré gentil. Mais cela ne pourrait durer.
Un jour ou l’autre, elle devrait lui parler de Kendall. Et alors, leur relation volerait définitivement en éclats. Elle devait donc s’y préparer, réfléchir à la meilleure façon de lui annoncer sa paternité. Déjà, il se posait des questions sur le fait qu’elle se soit installée à San Miguel avec sa mère. Celle-ci n’était ni vieille ni malade. Elle n’avait pas besoin d’être assistée. C’était plutôt l’inverse, songea Christina : elle avait besoin de sa mère pour garder Kendall.
Ils sortirent de la voiture et gagnèrent le hall de l’hôtel.
Eric s’approcha du réceptionniste.
— Le spa est-il encore ouvert ?
— Jusqu’à minuit, monsieur.
— C’est parfait, dit-il en prenant le bras de Christina. L’heure des sorcières.
— Arrête un peu avec ça, répliqua-t-elle en se libérant de son emprise. Minuit ne représente rien pour les sorcières. Je te l’ai expliqué. Pour elles, l’heure importante est 3 heures du matin.
— Et tu es bien placée pour le savoir, ironisa-t-il en appelant l’ascenseur. Vas-tu vraiment te plonger dans un bain bouillonnant ? As-tu au moins pensé à prendre un maillot de bain ?
— J’en emporte toujours un avec moi.
Ils arrivaient devant leurs chambres respectives et, avant de glisser sa carte magnétique dans la serrure, il lui lança :
— On se retrouve en bas pour le petit déjeuner, demain matin à 8 heures ?
— Très bien.
Mais une vague de déception la submergea et la déstabilisa. Elle ne s’attendait pas à un baiser, encore moins à des caresses. Cependant, c’était un peu brutal comme fin de soirée.
Elle referma sa porte. Peut-être Eric ne considérait-il pas qu’ils s’étaient réconciliés. En un sens, il n’avait pas tort. Tant qu’elle ne lui aurait rien dit à propos de leur fille, leur relation restait précaire.
* * *
Elle enfila son maillot de bain, puis sortit de son placard un grand peignoir en éponge et s’y enveloppa. Mais avant de descendre, elle ouvrit le minibar pour s’emparer d’une petite bouteille de vin blanc. Elle n’avait plus à conduire, elle pouvait se permettre un peu d’alcool. Avec un petit rire, elle glissa la bouteille ainsi qu’une flûte en plastique dans la poche de peignoir.
Pieds nus, elle regagna alors l’ascenseur et descendit au sous-sol.
Elle poussa la porte vitrée qui donnait accès au spa, saluant au passage un couple qui bavardait dans un immense Jacuzzi.
De la vapeur d’eau s’échappait du spa, installé dans un coin de la salle, et elle s’y dirigea, abandonnant son peignoir sur une chaise.
Mais une tête émergea des remous, et Christina s’immobilisa. Elle avait espéré profiter seule du bassin, pouvoir se prélasser tranquillement dans les tourbillons. Peut-être devait-elle renoncer, s’en aller.
Comme elle s’approchait, se demandant toujours quoi faire, la personne immergée se tourna vers elle et de surprise, elle faillit s’étaler de tout son long sur le carrelage.
— Il t’en a fallu du temps ! s’exclama Eric en se redressant au milieu de l’écume.
— Toi ?
— Oui, cela m’a paru une bonne idée. Viens ! C’est divin !
Elle tenta de répondre mais, la gorge sèche, elle ne parvint qu’à grommeler des mots incompréhensibles.
A pas prudents, elle s’approcha et trempa un orteil dans les remous.
— C’est chaud !
Eric esquissa un sourire entendu et elle rougit.
L’idiot !
Elle descendit dans le bassin, s’assit sur une marche. Un de ses pieds effleura alors celui d’Eric et elle s’écarta à la hâte. Comment espérer se détendre en sa présence ?
Avec un soupir, elle s’enfonça plus profondément dans l’eau, posant la tête sur le bord du baquet. Elle se positionna pour que les jets pilonnent ses omoplates.
— C’est bon !
Eric se rallongea pour immerger de nouveau son corps.
— J’adore ! Merci d’avoir eu cette idée. J’espère que ça ne t’ennuie pas que je sois là.
— Pas du tout, mentit-elle. C’est une bonne façon de se décontracter après le travail. Un peu comme un verre d’alcool.
— Apparemment, tu as prévu les deux, dit-il en désignant la petite bouteille de vin qui dépassait de son peignoir.
Elle rougit de nouveau.
— J’ai pensé qu’un verre m’aiderait à trouver le sommeil.
— Christina, ne te crois pas obligée de jouer les abstinentes avec moi. J’ai pris deux whiskys au dîner, tu t’en souviens ?
— C’est vrai mais je n’ai pas oublié que ta mère…
— Ma mère était une alcoolique, d’accord. Mais je ne te considère pas comme telle sous prétexte que tu t’octroies un petit verre de temps en temps.
— Je sais, c’est stupide.
Pour le lui prouver, elle alla s’emparer de la bouteille et l’ouvrit.
— J’espère au moins qu’il ne s’agit pas d’une piquette, confia-t-il.
Elle lut l’étiquette.
— C’est un chardonnay, sorti des caves de Sonoma. Je crois qu’il est correct, même si je n’y connais pas grand-chose.
— Tu m’en laisseras un peu. J’aimerais y goûter.
Elle remplit son verre, ne laissant qu’une gorgée pour Eric.
— Tiens, dit-elle en lui tendant la bouteille.
Il la leva pour porter un toast.
— A la réussite de notre enquête ! Je tiens à coincer notre tueur.
— A la réussite de notre enquête ! renchérit-elle en trinquant avec lui.
Elle redescendit dans l’eau. Le breuvage glacé tranchait avec l’eau chaude qui bouillonnait autour d’elle.
— Il y a une règle au sein des spas que je te demande de respecter.
— Laquelle ? Il est interdit de se mettre nu ?
Son sourire la fit fondre et elle l’éclaboussa.
— Cela va sans dire, idiot. Mais l’interdiction de la nudité fait partie du règlement de l’hôtel. Je faisais allusion à un code plus personnel.
— Je t’écoute, dit-il en avalant la gorgée de vin.
— Il est interdit de parler boutique. C’est un moment de détente. Pas question de ressasser les problèmes professionnels de la journée.
— C’est d’accord.
A l’aide de sa bouteille, il pointa sa poitrine et demanda :
— Avant, tu étais toujours en Bikini. Maintenant, tu as adopté le maillot une pièce. Que s’est-il passé ?
Elle faillit s’étrangler.
— Je préfère m’en tenir aux une-pièce dans les hôtels. Ils tiennent mieux quand j’ai envie de nager.
En réalité, depuis sa grossesse et la naissance de Kendall, elle se sentait plus à l’aise avec le ventre couvert. Mais évidemment, elle ne pouvait le dire à Eric.
Cela devenait de plus en plus compliqué, s’agaça-t-elle intérieurement. Elle ne pouvait pas travailler avec lui en lui cachant l’essentiel de sa vie.
— C’est vrai, reprit-il. Tu portais des maillots une pièce dans l’océan.
Elle sirota une autre gorgée de vin. Le moment était-il opportun pour aborder les sujets personnels ?
— Tu n’étais donc pas revenu à San Francisco depuis la fin de ta mission en Amérique latine ?
— Le FBI m’a affecté à Washington. J’y suis installé maintenant.
— Est-ce que ta ville natale te manque ? Et tes frères ?
— Oui. Mais j’avoue que j’étais soulagé d’apprendre que Sean était en vacances. Il est si directif.
— Mais lui n’est pas sorcier, c’est déjà ça.
— C’est vrai, il a au moins une qualité pour lui.
Il se pencha un peu vers elle.
— Sans parler boutique, à quand remonte la dernière fois que tu as vu ta sœur Vivi ?
— Il y a un mois environ. Mais sais-tu ce qui est drôle ?
— En plus d’avoir un père brujo et une sœur sorcière ? Non. Quoi ?
— J’ai rêvé de Vivi, il y a peu de temps.
— En positif ? Ou négatif ?
Elle se massa les tempes.
— Je me souviens seulement qu’elle apparaissait dans ce songe. J’ai presque tout oublié du reste.
— Mais qu’as-tu gardé à la mémoire ?
Il était un peu trop proche d’elle et elle s’écarta légèrement.
— Je me rappelle que Vivi faisait tout un plat à propos de quelque chose. Je crois qu’elle était dans une classe, qu’elle donnait un cours et je faisais partie de ses étudiants. Quelque chose comme ça.
— Est-elle beaucoup plus jeune que toi ?
— Elle a presque six ans de moins que moi. Mon père l’a élevée comme il aurait aimé m’élever, moi, si ma mère l’avait laissé faire.
— A mon avis, ta mère a pris la bonne décision en mettant son veto.
— Crois-tu que je devrais reprendre contact avec Vivi à propos de ces histoires de cercles de sorcières ?
— Cela ne peut pas faire de mal, n’est-ce pas ? Etes-vous en bons termes, toutes les deux ?
— Bien sûr. Elle est un peu fofolle mais elle a bon fond.
En réalité, elle s’était récemment disputée avec sa sœur à propos de Kendall. Vivi s’était mis en tête de tester sa nièce pour voir si elle était dotée de dons, si elle était médium. Comment avait-elle pu avoir une idée pareille ? Kendall n’était qu’un bébé.
Bien sûr, elle ne pouvait le dire à Eric et si elle appelait Vivi, elle devrait veiller à ce que tous deux ne se rencontrent pas. Sa sœur risquait de la trahir, de parler de Kendall à Eric. Garder un tel secret devenait vraiment pesant, à en avoir la migraine.
— Tu feras comme tu préfères, conclut Eric. Et je te promets de ne plus enfreindre le règlement. En tout cas, sur ce point.
Il s’enfonça plus profondément dans les tourbillons, se plaçant au contact des jets.
— Mon dos me fait un mal de chien.
Christina en eut des fourmillements dans les doigts. Dans le passé, elle l’avait souvent massé pour le soulager et elle hésita à lui proposer une petite séance.
Autrefois, il avait l’habitude de dire qu’elle avait des mains magiques, qu’elle était plus efficace qu’une masseuse professionnelle ou qu’un chiropracteur. Bien sûr, elle savait que sa capacité à chasser ses douleurs dorsales n’était pas due à un prétendu don magique. Mais à l’amour qu’elle éprouvait pour lui. Elle avait aimé cet homme à la folie, de toute son âme, de tout son corps.
Et elle l’aimait toujours.
— J’ai des antalgiques dans ma chambre.
— Cela devrait me faire du bien. Cette vieille blessure que je m’étais faite sur un terrain de football revient régulièrement me tourmenter. Je me sentais mieux à Washington. J’étais assis toute la journée derrière un bureau, je n’avais pas d’effort physique à faire.
Le couple qu’elle avait croisé en arrivant se dirigeait vers eux et Eric fronça les sourcils.
— Je déteste les bains collectifs.
La femme s’approcha.
— Cela vous ennuie-t-il que nous nous joignions à vous dans le spa ?
— Pas du tout mais nous nous apprêtions à partir, répondit Christina en se levant.
Quand Eric se redressa à son tour, son corps musclé ruisselant d’écume émergea telle la statue d’un dieu grec. S’il s’était forgé une telle silhouette en restant assis à son bureau, il lui fallait faire breveter sa chaise.
La femme rata la marche et glissa dans le bassin.
Eric la rattrapa au vol.
— Attention !
Elle se mit à rire.
— Je n’avais pas vu la seconde marche.
Christina lui adressa un sourire crispé.
Parce que tu reluquais mon homme.
Sa jalousie lui revint aussitôt en pleine figure. Cette enquête allait lui coûter à plus d’un titre.
Elle jeta vivement la bouteille et le verre vides dans la poubelle et enfila son peignoir.
Eric se sécha et noua sa serviette autour de la taille.
— On y va ?
Elle hocha la tête.
— As-tu encore besoin d’un antalgique ?
— Oui. Le bain bouillonnant m’a fait du bien mais pas autant que… d’autres choses.
Faisait-il allusion à ses mains magiques ? Il n’avait qu’un mot à dire pour qu’elle le masse.
— Suis-moi, dit-elle.
— Je te suivrais n’importe où.
Ils prirent l’ascenseur en silence. Se sentait-il aussi mal à l’aise qu’elle ? Et si oui, pour quelle raison ? En tout cas, lui révéler qu’il était père depuis deux ans n’allait pas améliorer leurs relations.
Lorsqu’ils parvinrent devant leurs chambres, ils sortirent leurs clés magnétiques.
— On se retrouve à notre porte secrète, d’accord ? proposa-t-il.
Avec un profond soupir, elle réintégra son domaine. Elle avait besoin de recouvrer son sang-froid. Elle ne pouvait pas passer un moment de détente avec Eric puis lui balancer une telle bombe sans crier gare.
Elle s’empara de son sac pour y retrouver sa boîte d’ibuprofène et en profita pour prendre son téléphone portable. Elle devait en recharger la batterie.
Quand Eric frappa à la porte, elle sursauta et faillit tout faire tomber.
— J’arrive !
Elle traversa la pièce pour tirer le verrou de son côté. Il avait intérêt à bien pousser le sien, cette nuit. Elle était capable de se glisser dans sa chambre tant elle détestait dormir seule.
— Es-tu visible ? demanda-t-il derrière la cloison.
— Tu ne verras rien que tu n’aies déjà vu, répondit-elle en ouvrant son peignoir.
L’éclat soudain de ses yeux noisette la fit frissonner comme s’il la regardait pour la première fois.
Elle lui lança la boîte d’antalgiques.
— Voilà pour toi.
Il l’attrapa au vol.
— Je vais te prendre un peu d’eau puisque je vois que tu as une bouteille déjà ouverte.
— Tu me prends mon vin, mes antalgiques, mon eau… Que ferais-tu sans moi ?
Quelqu’un frappa soudain à la porte de la chambre et Christina se pétrifia.
— Attends, fit Eric. Je vais ouvrir.
Il prit la précaution de regarder par l’œilleton. Mais très vite, il se poussa pour lui laisser la place.
— Connais-tu ce type ?
Elle posa son œil et secoua la tête.
— Pas du tout.
Leur visiteur, un jeune homme brun, frappa de nouveau.
— Il y a quelqu’un ? Christina Sandoval, êtes-vous là ? Je suis un ami de Vivi. Elle a disparu et j’ai peur qu’elle ne soit en danger.
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