Un secret nommé Kendall - Par intime conviction
Chapitre 13
13
A moins de bâillonner les deux hommes et de les enfermer chacun à une extrémité du chalet, Sarah ne voyait pas vraiment comment elle pouvait les empêcher de se chamailler. Elle comptait sur la bonne volonté des autres invités pour ne pas trop verser d’huile sur le feu, mais il était toujours délicat de s’en remettre à des tiers. C’était sa maison et sa responsabilité. Il allait falloir trouver un moyen de calmer le jeu, de maintenir un certain équilibre.
Quand la camionnette du fleuriste arriva, elle força Alvardo, comme elle le lui avait annoncé, à la décharger entièrement. Emily et sa mère indiquèrent au militaire où placer les différentes corbeilles de roses rouges et blanches, agrémentées d’arums et de feuillage vert. Les roses n’appartenaient pas à des variétés très odorantes, mais il y en avait tant que leur parfum flotta bientôt dans toute la maison. L’arche florale sous laquelle devait avoir lieu la cérémonie de mariage fut cachée dans la suite laissée libre, et la porte verrouillée.
Au cours d’une conversation téléphonique tendue avec le traiteur, que l’approche de la tempête rendait particulièrement nerveux, Sarah tomba d’accord avec lui pour décider que ses deux employés et lui-même passeraient au chalet la nuit de vendredi et de samedi. Ensuite, elle s’occupa du dîner avec les deux aides qu’elle avait engagées pour cela. Comme il lui restait encore des douzaines de choses à faire, elle estima le moment venu de déléguer un peu ses responsabilités. Elle tapa sur l’épaule de Blake.
— Mettez quelque chose de chaud, des gants, et rejoignez-moi à la porte de service, lui dit-elle. J’ai besoin de votre aide.
— J’arrive.
Dans le vestibule, Sarah passa sa parka et déverrouilla la porte. Les flocons qui tombaient doucement lui chatouillèrent les joues. Elle inspira une grande bouffée d’air frais.
— Emily m’inquiète un peu, lui dit Blake en la rejoignant. Je ne suis pas sûr qu’elle soit suffisamment costaud pour tenir bon face à son père et au général.
— Oh ! Emily a l’air d’une petite chose délicate, comme ça, mais elle n’est pas toujours toute douceur et tendresse, loin de là… Quand elle se bat pour quelque chose qu’elle croit juste, elle est capable de tenir bon face au monde entier.
— Comme vous ?
— En un certain sens…
En fait, Sarah n’avait jamais vraiment réfléchi à une quelconque similitude entre elles.
— C’est assez étrange, reprit-elle. Nous nous ressemblons sur pas mal de points, mais j’ai tendance à penser que nous sommes quand même absolument différentes.
— En quoi, par exemple ?
— Eh bien, elle est une optimiste invétérée alors que moi, je vois toujours le verre à moitié vide.
— Vous avez tendance à vous analyser un peu trop, peut-être, mais…
— Je suis assez cynique, en fait.
— Vous voulez simplement vous projeter dans l’avenir, pour essayer de prévoir les ennuis avant qu’ils n’arrivent. C’est plutôt un trait positif.
— C’est très gentil à vous de ne pas me voir comme une sorte de Pythie bougonne.
Un passage couvert et dallé, mais ouvert à tous les vents, reliait le chalet à un vaste bâtiment qui servait de garage. Plusieurs centimètres de neige s’étaient accumulés sur les dalles en pierre. Sarah retira ses gants, ouvrit la porte d’une sorte de niche sous la maison et en retira un sac de sel à déneiger écologique, qu’elle commença à répandre au sol. Blake en prit un autre et l’imita.
— Qu’est-ce que c’est que ce produit ?
— Un mélange de maïs déshydraté, et de cette sorte de petits graviers qu’on trouve aussi dans les litières pour chats… Ce n’est pas totalement neutre pour l’environnement, mais ça vaut tout de même mieux que les sels classiques. C’est par cette porte de service que vont passer toutes les livraisons du mariage. Je ne veux pas que quelqu’un glisse et tombe.
A sa suite, il répandit le mélange sur toute la longueur du passage.
— Dites-moi, reprit-il, en quelle autre manière Emily et vous êtes-vous différentes ?
— Elle vient d’un milieu très privilégié, et moi d’une famille modeste. Les Bentley sont de petites gens.
— Est-ce que posséder et diriger l’un des B & B les plus renommés de la région d’Aspen est donc si peu valorisant et lucratif ?
Sarah répandait à présent les sels devant la porte du garage.
— Quand la crise a commencé à montrer ses effets, expliqua-t-elle, tout le milieu de l’hôtellerie a passablement souffert. Les gens avaient peur de dépenser leurs dollars durement gagnés en venant passer des vacances. Tous les hôtels ont subi le contrecoup. Moi, j’ai plutôt eu de la chance.
— Comment cela ?
— Le chalet n’a pas trop de frais fixes qui alourdiraient sa gestion. Malgré cela, j’ai dû réduire certaines dépenses. Carrie, l’une des femmes à qui j’ai demandé de venir m’aider pour la cuisine, était par exemple employée à plein temps. J’ai été obligée de la licencier et je ne fais plus appel à elle qu’en tant qu’extra.
— C’est comme ça que vous avez engagé Emily pour un été ?
— Oui, mais elle ne touchait pas un salaire complet ; elle était en stage de formation. Là aussi, j’ai eu de la chance. Tout de suite, elle a été bien plus qu’une stagiaire et m’a beaucoup aidée.
Elles avaient très vite été comme deux sœurs qui auraient travaillé ensemble. Après ses premières années d’université, Emily avait besoin de mettre un peu de distance entre elle et ses très influents parents. Quant à Sarah, elle avait besoin d’une présence amie pour l’aider à faire la transition entre une gestion en famille et la prise de direction du B & B en solo.
— C’était environ deux mois avant qu’elle rencontre Jeremy, ajouta-t-elle.
— Ils vont bien ensemble, fit Blake.
Il secoua ses gants et s’approcha d’elle. Se trouver ainsi à quelques centimètres de lui rappela à Sarah des impressions et sensations qu’elle avait délibérément mises de côté. L’attraction qu’elle ressentait envers lui était presque palpable, mais elle ne voulait pas s’y abandonner. Pas pour le moment, en tout cas. Elle s’écarta.
— En fait, je voulais vous demander si vous voulez bien vous occuper du feu, jusqu’à la fin du week-end. Dans la cheminée.
Evidemment, dans la cheminée ! Où donc, ailleurs ?
— Pas de problème. En quoi encore êtes-vous différente d’Emily ?
Craignant de trop baisser sa garde, elle évita de le regarder.
— On dirait un chien sur un os, lança-t-elle. Vous ne lâchez jamais, n’est-ce pas ?
— Jamais !
Sa voix chaude et profonde faisait vibrer juste la bonne corde en elle.
— Vous ne parlez pas de vous, et je veux en savoir plus.
— Eh bien, il y a une très grande différence. Emily est belle. Spectaculairement belle.
— Mais vous aussi.
— Ne vous méprenez pas. Je n’ai pas une mauvaise estime de moi-même et je sais que je suis plutôt jolie. Mais Emily a vraiment quelque chose en plus. Le genre à créer un embouteillage rien qu’en traversant la rue.
En bref, elle était une vraie princesse.
— Et c’est ce que vous voudriez, stopper la circulation ?
— Peut-être, répondit-elle en souriant.
En fait, elle n’aurait jamais troqué sa forte et indépendante personnalité contre n’importe quel type de principauté, même de conte de fées, mais elle n’aurait pas détesté se voir adorée et révérée de temps en temps. Est-ce que toutes les femmes ne rêvaient pas de cela ? Sarah avait bien le droit, elle aussi, d’avoir envie d’être un peu Cendrillon allant au bal.
Oui, mais pour le moment, il fallait s’occuper du bois. Elle avait déjà la main sur la poignée de la porte du garage, quand Blake l’arrêta.
— Il n’est pas fermé à clé ?
— Non, pourquoi ?
— N’importe qui peut y entrer. C’est le premier vrai problème de sécurité que je décèle dans votre chalet.
Il tira son pistolet et passa devant elle.
— Qu’y a-t-il dedans ? demanda-t-il.
— La camionnette et le SUV dans lequel Emily est arrivée ici. Les deux sont garés au fond du bâtiment…
Elle le laissa prendre la tête. Il ne lui était simplement jamais venu à l’idée que quelqu’un pouvait se cacher là-dedans.
— Quand vous entrerez, lui dit-elle, vous trouverez un établi. Le bois est stocké contre le mur, derrière.
— C’est nettement plus grand qu’un garage normal, remarqua Blake.
L’endroit n’avait jamais paru à Sarah plus dangereux qu’un autre, à moins de redouter particulièrement les scies, ciseaux à bois, tournevis et autres haches utilisées pour fendre les bûches.
Des haches ? Bien sûr ! Comment n’y avait-elle pas pensé ?
— Et moi qui suis entrée et sortie d’ici au moins une demi-douzaine de fois depuis deux jours !
— Vous n’avez rien remarqué d’inhabituel ?
— Non, rien de particulier.
Il est vrai qu’elle avait été passablement préoccupée. Elle avait eu tant à faire avec les préparatifs du mariage que si un hippopotame rose en tutu mauve s’était caché là, elle serait certainement passée et repassée devant bien des fois avant de le remarquer.
— Je n’y cherchais rien non plus…
— Eh bien moi, si.
Il poussa la porte et entra vivement. Elle le suivit et appuya sur l’interrupteur. Ce vaste garage était un peu comme une grange de ferme, un endroit où l’on pouvait stocker tout ce qu’on hésitait à garder dans la maison. Le bâtiment n’était pas chauffé mais parfaitement étanche à la pluie et à la neige. Il n’était éclairé que par quelques lucarnes dans le toit.
Sarah regarda Blake explorer méthodiquement chaque recoin, sans oublier l’intérieur des véhicules. Il regarda même sous les châssis. Il arpentait l’espace à grands pas, sans un geste inutile. Puis il la rejoignit en remettant son arme dans son étui.
— J’ai eu un appel de Kovac, dit-il. Franks n’est pas encore tout à fait conscient, mais il n’est plus dans le coma. On devrait pouvoir l’interroger bientôt. Et même s’il ne parle pas, Kovac connaît un policier à Denver qui pourra certainement dénicher des infos.
— Mais on ne sait rien du tout sur lui ? Même pas s’il est marié ou ce genre de choses ?
— Rien encore.
— Vous me tiendrez au courant ? Je sais qu’il n’y a rien que je puisse faire, mais j’aimerais savoir.
Il acquiesça.
— Kovak a dit aussi qu’on n’a pas réussi à localiser la bombe. Enfin, le sac qui est censé la contenir.
Sarah se rembrunit. La menace se rapprochait de nouveau de sa maison.
— C’est dangereux ? demanda-t-elle.
— Tout explosif qui n’a pas encore été mis à feu l’est par définition.
Les yeux bleus de Blake étaient sombres et graves.
— Franks disait qu’il pouvait la mettre à feu avec son téléphone.
— Comment est-ce possible ?
— En gros, la bombe contient un autre téléphone qui sert de déclencheur quand on l’appelle.
— Mais elle ne peut pas éclater accidentellement, n’est-ce pas ?
— Ça dépend…
Il servait dans les rangers depuis des années, avait fait une guerre qu’elle ne pouvait réellement se figurer et était très bien placé pour savoir les ravages que pouvait causer une bombe qui explose. Sarah sentit son cœur gonfler d’empathie.
— Pour ce qui est du feu, reprit-elle, se forçant à revenir aux choses simples et concrètes du moment, comme vous voyez, j’ai pas mal de bois stocké ici. Ça va être votre travail de garder la cheminée du salon toujours en service. Pour cela, il faut porter les bûches d’ici au grand panier du vestibule, puis à la cheminée.
— Pourquoi se donner la peine de l’étape intermédiaire du vestibule ?
— S’il y a une vraie tempête de neige, nous n’aurons pas envie de sortir, ne serait-ce que pour aller jusqu’au garage.
Elle prit une bûche.
— Tendez vos bras.
En quelques voyages, ils remplirent le grand panier à bois du vestibule.
— Ça devrait suffire pour aujourd’hui et pour demain, jugea Sarah.
Après le temps qu’ils avaient passé à l’extérieur, la chaleur de la maison les enveloppait comme une chaude couverture. L’arôme d’un bon ragoût de bœuf leur rappela que l’on dînerait dans une heure et demie.
— J’ai vu que vous avez une souffleuse à neige, dit Blake.
— Oui et je ferais bien de la mettre en marche, il ne va plus faire jour très longtemps.
— Je vous suggérerais d’en charger le sénateur.
Sarah n’aimait pas trop cette idée. Faire travailler ses hôtes allait à l’encontre de ses pratiques professionnelles, même si elle ne s’était pas vraiment posé la question avant de confier à Blake la responsabilité de la cheminée.
— Je ne suis pas sûre…
— C’est un homme, la coupa-t-il. Tous les hommes, même les sénateurs, aiment bien jouer avec des engins à moteur. Il vient de Californie. Quelle autre occasion aura-t-il de jouer avec une souffleuse à neige ?
— J’avoue que je serais heureuse de ne pas avoir à m’en occuper…
— De plus, l’activité physique lui retirera peut-être tout ou partie de l’énergie dont il aurait eu besoin pour se confronter avec le général, ajouta Blake en souriant.
— Vous êtes vraiment très persuasif !
— Oui, on me l’a déjà dit.
Il se pencha vers elle suffisamment pour pouvoir l’embrasser sur la joue, mais n’en fit rien.
— Je vais aller lui en parler, proposa-t-il.
— J’ai encore un autre service à vous demander.
Elle l’entraîna vers l’escalier, et de là jusqu’au dortoir où, si jamais la tempête se confirmait pour le lendemain, elle comptait également loger le traiteur et ses aides. Avant d’entrer, elle demanda :
— Tout le monde est décent ?
— On ne l’a jamais tellement été, répondit une voix, mais entrez quand même.
Le guitariste était assis dans un fauteuil près de la fenêtre et improvisait doucement sur son instrument. Les deux autres musiciens étaient étendus sur leurs lits, et les accueillirent avec une bruyante sympathie.
— Il faut que j’accède au débarras derrière, annonça Sarah.
— On peut vous aider ? demandèrent-ils.
— Merci, mais j’ai amené mon aide.
Elle découvrit une petite trappe dans la cloison qui dissimulait une serrure à chiffre, puis elle ouvrit la porte quasiment indécelable dans le panneau de bois. Là, sous les poutres, plusieurs caisses étaient disposées en bon ordre. Les unes contenaient des décorations de Noël, les autres de la literie, des livres et différentes choses. Un grand miroir en pied était appuyé au mur. L’objet n’avait rien d’un meuble de choix : un simple cadre de bois avec une béquille dans le dos pour le caler debout. Mais cela devrait contenter Rebecca Layton.
Le miroir était plus lourd et plus encombrant que dans son souvenir, mais Blake et elle parvinrent néanmoins à le transporter jusqu’à l’étage inférieur.
Sarah alla frapper à la porte de la chambre qui servirait de vestiaire à la mariée, et Rebecca lui ouvrit immédiatement. Son mari se tenait devant la fenêtre et regardait le paysage enneigé, les mains derrière son dos.
Elle eut la nette impression qu’elle venait d’interrompre une conversation tendue.
— J’ai apporté le miroir.
— Ah ! merveilleux ! s’exclama Rebecca avec un enthousiasme visiblement forcé. Je ne sais pas si nous en aurons vraiment besoin ; je n’avais pas vu qu’il y en avait un derrière la porte de la salle de bains. Mais je voulais qu’Emily puisse se voir dans sa jolie robe.
— Je suis impatiente de l’admirer.
— Et la vôtre, aussi ! J’espère qu’elle ira, car nous n’avons plus de temps pour les retouches.
Sarah s’était découvert récemment une lointaine cousine qui était une excellente couturière, mais elle vivait un peu trop loin pour envisager de la faire venir au chalet, surtout avec la tempête qui s’annonçait.
— Je suis sûre que ça ira très bien, la rassura-t-elle.
Rebecca Layton tira la fermeture Eclair d’une housse à vêtements qui se trouvait sur le lit et en sortit une robe longue en satin vert émeraude. Le tissu et la coupe étaient plus élégants que tout ce que Sarah avait jamais porté. Elle faillit en rester bouche bée.
— Oh ! fit-elle. Mais je ne sais pas si je pourrai mettre ça !
— Bien sûr que si, vous pourrez. Vous allez être absolument époustouflante !
Hank Layon quitta la fenêtre et s’approcha d’elle.
— Sarah, lui dit-il, je voudrais que vous sachiez à quel point nous apprécions tout ce que vous faites pour nous. Cette menace… C’est vraiment une grande malchance.
— La situation est sous contrôle, intervint Blake. Le ravisseur est à l’hôpital, sous bonne garde.
— A-t-on la moindre idée de ses motivations ?
— Non. Il est toujours inconscient.
— Je répète ce que j’ai déjà dit…
Le ton de sa voix était à la fois chaleureux et sincère, un avantage certain, pour un politicien.
— … tout est peut-être ma faute. J’ai déjà reçu pas mal de menaces.
— Oui, chéri, dit Rebecca. Tu as certainement autant d’ennemis que le général.
— De toutes sortes, précisa Hank. Des bellicistes, des survivalistes, des anti-environnementalistes, et même des nazis.
Sarah ne pouvait qu’espérer qu’il n’allait pas se lancer sur le sujet des nazis avec le général. Ses craintes étaient sans doute basées sur des faits, mais il donnait l’impression de les exagérer.
— Nous ne savons pas qui est responsable, fit-elle remarquer.
— En tout cas, j’ai peut-être apporté le danger dans votre maison. J’en suis vraiment désolé.
Son épouse lui adressa un sourire tendre et indulgent.
— Apparemment, dit-elle, les nazis n’ont pas notre adresse.
— Sénateur, intervint Blake, il y a quelque chose que vous pourriez faire et qui nous aiderait beaucoup. Savez-vous utiliser une souffleuse à neige ?
Le visage de Hank Layton s’éclaira.
— Je suis très bon avec toutes les machines !
— Dans ce cas, si vous voulez bien enfiler une parka, la souffleuse vous attend devant la porte.
— Voilà une vraie aventure dans l’Ouest, dit le sénateur satisfait. La lutte contre les éléments déchaînés !
— Ne sois pas en retard pour dîner, lui ordonna Rebecca.
Elle déploya la robe devant Sarah.
— Et vous, mon chou, vous allez m’essayer ça maintenant.
Avant de quitter la pièce avec le sénateur, Blake lui sourit.
— J’ai hâte de vous voir là-dedans, princesse…
Ce qu’il lui fallait, c’était une tiare… Et des pantoufles de vair.
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