Voile Noir (La série Red Rider t. 3) (French Edition)

Kate Avery Ellison · Chapitre 39 sur 49

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Voile Noir (La série Red Rider t. 3) (French Edition)

Chapitre Trente-Huit

Je me réveillai à cause de la lumière du soleil aveuglante.

Dog était allongée sur mes jambes, la tête enfouie dans les couvertures froissées. Sa queue tapa contre le lit alors que je me déplaçais et elle gémit.

À côté du lit, la tête appuyée sur son avant-bras, se tenait Kassian. Non, Vixor.

Il ressemblait tellement à mon meilleur ami.

Il dormait, les yeux fermés, ses cils noirs sur ses pommettes pâles. Sa respiration était douce et régulière.

Et…

Ma main.

Je baissai les yeux et vis qu'il serrait toujours ma main. Mes doigts étaient entrelacés avec les siens.

Je fixai nos mains pendant un moment, essayant de comprendre, me souvenant vaguement des rêves que j'avais eus. Que s’était-il passé en réalité ? Avais-je parlé dans mon sommeil ?

J'essayai de libérer ma main et Vixor se réveilla. Il leva la tête et me regarda avec une intensité qui me retourna l'estomac. Il posa sa main sur mon front pour vérifier ma température.

- Je pense que la fièvre est tombée, dit-il, ses yeux toujours fixés sur les miens.

- Tu es…?

J’hésitai. Je le regardai, assis là, à côté du lit. Je ne savais pas quoi dire. Il m’avait ignorée pendant si longtemps que j'étais surprise. Choquée. Mais je devais lui demander, il fallait que je sache. Avait-il veillé sur moi pendant que je délirais ?

Est-ce qu’il m’avait parlé pendant que je dormais ?

- Tu es resté avec moi toute la nuit ?

Il haussa un sourcil en signe de confirmation.

- Tu délirais. Tu as pris Dog pour un rat géant. Tu as parlé de boutons.

Était-ce une ébauche de sourire sur ses lèvres ?

- J’étais très malade, dis-je. Le rat avait des boutons à la place des yeux. C'était horrible.

Un éclat de joie passa dans ses yeux puis disparut quand je gémis de douleur en essayant de m'asseoir.

- Comment tu te sens ? demanda-t-il.

Il n'avait toujours pas lâché ma main.

- Comme si je revenais de l’enfer, admis-je.

Tout me faisait mal, des articulations de mes orteils, en passant mes dents jusqu’à mes yeux.

- Comme si j'avais été traînée par un cheval sur des kilomètres.

Les mots de mon rêve me revinrent à l'esprit. Mon gémissement d'enfant - tu m'as abandonnée - et sa réponse.

Je suis là maintenant. Je ne douterai plus de toi.

Je clignai des yeux. La lumière du soleil me faisait pleurer les yeux.

Un coup retentit à la porte. Vixor se leva et relâcha ma main avec réticence. Ma main me sembla froide d’un coup. Je frissonnai.

C'était un médecin.

Elle parla quelques instants à voix basse avec Vixor, puis traversa la pièce pour m'examiner.

Dog leva la tête et grogna.

- C'est bon, Dog, murmurai-je, et Dog laissa tomber sa tête contre mes jambes à contrecœur.

Le médecin examina ma gorge et mon estomac. Elle regarda mes oreilles, ma bouche, mes yeux, mes ongles et ma langue.

- Je maintiens mon hypothèse. Je pense qu’elle a été empoisonnée, dit enfin le médecin.

Empoisonnée ?

Mon esprit bourdonnait. Je n'arrivais pas à rassembler mes pensées.

Par qui ?

Quand ?

Était-ce une attaque contre moi ou contre Vixor Rae ? Étais-je toujours en danger ? Qu'est-ce que cela signifierait pour l'avenir ?

- Empoisonnée ? dit Vixor d'une voix si froide que je fus étonnée que la doctoresse ne bronche pas.

Ses yeux s’assombrirent.

- Qu’est-ce qui vous fait penser ça ?

- Ses ongles, dit-elle en désignant ma main. Vous voyez cette marbrure violette ? C’est un signe que l’on retrouve lors des empoisonnements avec de la racine d'athesul. C’est un poison qui fait bouillonner le sang et nécroser les tissus. Elle a de la chance d’avoir survécu.

Vixor resta immobile. Ses lèvres étaient pincées et ses yeux sombres comme la nuit alors qu'il écoutait le médecin.

Je voulais me redresser sur mes coudes et poser des questions. Vixor ne me regardait pas. Il fixait le mur comme s'il était perdu dans ses pensées. J'avais envie de toucher son visage, de lui demander ce à quoi il pensait.

Avait-il une idée de qui avait fait ça ?

Il avait l'air aussi rigide que du marbre sculpté, à l'exception de sa main qui tremblait à côté de la mienne.

Tout à coup, la bouffée d'énergie qui m'avait réveillée me quitta et je sentis une vague de fatigue me submerger.

Je soupirai et Vixor posa enfin ses yeux sur moi.

Mes paupières étaient lourdes. Mon corps avait visiblement besoin de dormir.

Je plissai les yeux pour me forcer à les garder ouverts.

Vixor n'était pas dupe.

- Allons parler dans le couloir, dit-il au médecin avec sa voix de Loup d'Argent qui n'autorisait aucun refus. J'ai des questions à vous poser et elle a besoin de se reposer.

Je voulais protester. Je voulais savoir. Cependant, la fatigue était trop forte. Je n’arrivais pas à garder les yeux ouverts.

Dog se tortilla vers moi jusqu'à ce qu'elle soit allongée contre ma poitrine. Elle lécha mon menton et je levai une main pour la caresser.

- Elle doit rester au lit encore une semaine, déclara le médecin. Dormir, manger des aliments légers comme de la soupe et ne rien faire de fatiguant.

Elle lança à Vixor un regard entendu qui me fit rougir au visage.

Nous étions mariés. De toute évidence, elle faisait mention au fait que nous étions sûrement en train d’essayer d’avoir un enfant.

J'étais horrifiée.

Vixor n'eut aucune réaction visible.

- Je comprends, dit-il gravement. Elle sera bien soignée.

Il se pencha et saisit à nouveau ma main. Son pouce caressa l'intérieur de ma paume et un frisson me traversa.

Puis, ils sortirent dans le couloir et je me retrouvai seule avec Dog, qui me lécha à nouveau puis se laissa contre le creux de mon bras.

Je me rendormis contre mon gré.

~

Quand je me réveillai à nouveau, la pièce était sombre à l'exception de quelques lampes. Dog dormait sur mon bras, engourdi sous son poids. Elle ronflait légèrement.

Un bruit de grattement me fit sursauter et fit dresser les oreilles de Dog. Je levai les yeux et je vis qu'Ollan fermait doucement la porte derrière lui pour ne pas me déranger.

Quand il se retourna et qu’il vit que j'avais les yeux ouverts, il fit un bruit sourd.

- Vous pouvez vous rendormir, Madame, dit-il fermement.

Dog gémit.

- Toi aussi, Dog, lui dit Ollan.

Je m'étirai délicatement. Tous mes muscles étaient endoloris après avoir dormi dans la même position pendant des heures. J’étais ankylosée et raide.

- Quelle heure est-il ?

Je tournai la tête pour regarder les fenêtres alors que Dog se tortillait sur mes genoux et me léchait le visage.

Le ciel était sombre et la lune brillait.

La peur me saisit.

Empoisonnée.

J'avais été empoisonnée.

Est-ce que celui qui avait fait ça comptait réessayer ? Étais-je en sécurité ici ?

Je pensais à Mère Shade et à ses regards froids. À Kryf et à sa colère et ses menaces. Lequel d'entre eux avait voulu me tuer ? À moins que l’on ait cherché à atteindre Vixor Rae en me faisant du mal ?

- Il est tard, dit Ollan. La plupart des domestiques sont au lit. Je suis venu m'asseoir un moment avec vous.

- Où est Vixor ?

Ma voix sonnait comme un murmure embarrassé.

Ollan hésita.

- Lord Vixor devait s'occuper de quelque chose. Il m'a demandé de vous assurer qu'il reviendrait bientôt.

Je tournai la tête vers le mur pour qu'il ne voie pas mon expression.

Bien sûr, il était déjà reparti. Il avait sans doute beaucoup de choses à faire, bien plus importantes que de surveiller une compagne qu'il n'avait pas voulue. Il devait honorer l'Alpha, capturer des Choisies pour les amener à la capitale et traquer des membres de l’Ordre.

Mes yeux se brouillèrent.

Je voulais que Kassian soit avec moi parce que j'avais peur et que j'étais faible. Parce qu'il était tout ce qui me restait de chez moi. Parce que je voulais qu'il soit différent. Je voulais qu'il me prouve qu'il n'était pas ce que tout le monde croyait qu'il était.

Je m'accrochais à lui comme à une bouée de sauvetage mais c'était une illusion. Il n'était pas mon sauveur.

Au final, je ne savais plus vraiment qui il était.

Il était le méchant dans cette histoire. Pas le héros.

Et pourtant, je l'aimais.

J’eus honte en repensant à mes plans remplis d’optimisme quand j'étais arrivée ici. J’avais cru pouvoir entrer dans la vie du Loup d’Argent, le favori de l'Alpha, le plus redoutable des Fidèles du pays et le convaincre de tout quitter.

Ollan observa mon silence puis il tira une chaise en bois à côté du lit et s’assit.

- Lord Vixor sera bientôt de retour, ne vous inquiétez pas, Madame.

Sa voix était douce et ses yeux étaient pleins de sympathie.

Ma tristesse était-elle si visible que ça ?

Je détestais qu'Ollan, loyal et gentil, soit témoin de mes moindres chagrins, même si je savais qu'il était compréhensif. Je savais qu'il défendrait toujours son maître adoré. Il n'était pas vraiment de mon côté. Il défendait Vixor.

Tout ce que j'avais, c'était Dog.

Cette réalisation me fit l’effet d’un coup de poing. Je clignai des yeux pour ne pas trahir mes sentiments.

Je tournai la tête et vis qu’Ollan m'examinait.

- N'ayez pas peur, Madame, dit-il gentiment. Nous vous protègerons de ceux qui ont essayé de vous faire du mal.

Je ne dis rien pour qu’il continue de penser que c’était ça qui me rendait triste. J'étais soulagée qu’il pense ça.

- Vous voulez dormir, Madame ? demanda Ollan après m'avoir versé un verre d'eau et m’avoir aidée à le boire.

Quelques gouttes coulèrent sur mon cou, me provoquant des frissons. Je m’enfonçai plus profondément dans les couvertures.

- Je ne pense pas pouvoir dormir à nouveau avant un moment, dis-je. J'ai beaucoup dormi. Pourrais-je avoir à manger ?

- Le médecin nous a demandé de ne vous donner que des liquides jusqu'à demain, déclara Ollan. Elle veut que votre estomac ait le temps de se reposer. Je peux demander à ce qu’on vous prépare de la soupe ? Cela vous convient ?

Je hochai la tête comme une enfant.

Ollan quitta la pièce. Je retins mon souffle et enfouis mon visage dans la peau du cou de Dog jusqu'à ce qu'il revienne. J'avais pris des cours d'autodéfense, mais ce n'était pas suffisant. J'étais inexpérimentée et je ne connaissais rien aux poisons et aux intrigues politiques.

Je n'avais que ma ténacité et ma vivacité d'esprit pour éviter de me faire tuer, bien qu’elles parussent ridicules dans une ville pleine de loups-garous.

Quand Ollan revint, il s'assit à côté de moi et me mit la soupe dans mes mains.

- Vous avez besoin d’autre chose, Madame ? demanda-t-il.

Une peur soudaine me traversa.

La soupe était-elle aussi empoisonnée ?

Je réalisai que j’étais incapable de la manger. Je me sentais coupable d’avoir fait déplacer Ollan pour rien.

- Est-ce que vous pouvez me parler ? demandai-je d'une voix hésitante alors que je regardais au fond du bol de soupe.

Quand j'étais enfant, ma mère me racontait des histoires pour m’apaiser. C’était exactement ce dont j’avais besoin.

- Comme vous voulez, dit Ollan en s'éclaircissant la gorge. Je ne suis pas particulièrement doué pour les contes de fées et autres, mais je peux vous raconter ma vie.

Je fermai les yeux et sentis les muscles de mon dos se détendre un peu. Le bol de soupe était chaud contre mon abdomen sur lequel il reposait, serré entre mes mains. Dog s’allongea contre ma jambe et posa sa tête sur mon genou.

- C’est parfait, dis-je, ça ira très bien.

- Je suis né en dehors de la ville, commença-t-il. Je vivais avec ma mère dans une petite maison au toit rouge.

Ollan continua de parler d’une voix douce et régulière, me berçant dans la chaleur du lit en position semi-assise. Il avait une façon de parler apaisante qui me calmait un peu.

Il ne dit rien sur le fait que je ne mangeais pas.

J'étais presque tombée dans un état de semi-conscience quand Vixor entra à grands pas. Il portait son armure d'argent, son masque sous son bras et sa cape tourbillonnant autour de ses jambes. Ses cheveux noirs tombaient dans ses yeux comme s'il venait juste de retirer son masque sans avoir pris la peine de se recoiffer.

Ses yeux trouvèrent les miens et mon estomac se serra.

- Merci, Ollan, dit-il sans regarder l'homme.

Ses yeux étaient fixés sur les miens.

- Tu peux y aller. Je suis sûr que tu es fatigué.

- Oui, Monsieur.

Ollan se leva et me sourit.

- Vous voyez ? dit-il. Il est revenu.

Il nous salua tous les deux et partit. Vixor me regarda étrangement en haussant un sourcil.

- Tu t’es inquiétée de mon absence ? demanda-t-il après un moment.

Je me tortillais sous les couvertures, ne voulant pas admettre ma faiblesse.

- Je me demandais juste où tu étais.

Je ne manquai pas la contraction de ses doigts ni la légère tension sur sa mâchoire. Était-il déçu que je sois si faible ?

- J’avais quelque chose à faire et je ne pouvais pas refuser, dit-il. Je suis désolé, Red

Il m’appelait à nouveau Red. J’avais espéré qu’il m'appellerait Erie, comme quand j’étais en plein dans mon délire.

Ça n’avait dû être qu’un lapsus dans un moment d’inquiétude.

Je baissai les yeux.

- Peu importe, dis-je alors que j’étais tout sauf indifférente face à son absence. Ollan a été gentil avec moi.

- Je vois qu'il t’a apporté de la soupe, dit Vixor. Mais on dirait que tu n'y as pas touché.

- Je... j'avais peur qu'elle soit empoisonnée.

Vixor expira doucement et ferma les yeux, comme s'il n’avait pas pensé que je pourrais avoir peur d'une telle chose.

- Bien sûr, dit-il.

Il s'approcha du lit et attrapa la soupe.

- Que fais-tu ? demandai-je, alarmée.

- Je vais d'abord la goûter, dit-il.

- Quoi ? Mais si elle est empoisonnée ?

Je le regardai avec horreur alors qu'il portait une cuillerée de liquide à ses lèvres.

Vixor goûta la soupe. Il la garda un moment dans sa bouche, puis l'avala. Je ne pus m'empêcher de regarder la façon dont sa gorge bougeait et quelque chose palpita au creux de mon estomac.

- Les loups-garous ont des sens plus développés que les humains, déclara-t-il. S'il y a du poison, je le sentirai, mais il ne tuera pas.

Il prit le bol de mes mains et le posa sur le sol sans rompre le contact visuel avec moi. Il se laissa tomber sur le bord du matelas et prit mon visage entre ses mains.

Je restai immobile.

Les pouces de Vixor effleurèrent les bords de ma mâchoire.

- Tout ça n'aurait jamais dû arriver. C'est mon insouciance qui l'a permis.

Il s'arrêta.

- Pardonne-moi.

- Je… te pardonne, dis-je.

Ses mains sur mon visage et ses yeux plongés dans les miens avaient un effet hypnotique sur moi. Un soupir s’échappa de ma bouche, presque contre ma volonté. Comme une concession face à mes sentiments conflictuels.

Les pupilles de Vixor s'assombrirent.

- Erie, dit-il.

J'eus l'impression que ce mot lui avait échappé aussi.

Ses mains entouraient toujours mon visage. Il fait glisser son pouce droit pour toucher ma lèvre inférieure. Il ferma presque ses yeux. Il avait l'air de mener une bataille interne intense.

L'air entre nous était électrique. Je me penchai en avant.

Lui aussi.

Nos lèvres étaient séparées d’à peine quelques centimètres. Je pouvais sentir son souffle contre ma bouche.

- Non, dit-il.

Il ouvrit les yeux et recula. Ses mains quittèrent mon visage.

- Je ne peux pas, dit-il, plus pour lui-même que pour moi.

Il s'éloigna pour mettre de la distance entre nous.

Mon visage était froid d’un coup. Je luttai pour garder une expression neutre. Quand je parlai, ma voix sembla plus calme que je ne l'étais réellement.

- Et maintenant ?

Cette question en cachait des dizaines d’autres. Qu’allait-il se passer maintenant que j'étais condamnée à rester dans la capitale. Maintenant que j’étais menacée d’être empoisonnée à tout moment ? Maintenant qu’il m'avait appelé Erie ? Maintenant qu'il avait refusé de m'embrasser ?

Je voulais lui demander contre quoi il se battait. Si c'était parce qu’il aimait Annalise.

Vixor regarda le bol de soupe posé à côté du lit. Il haussa un sourcil.

- La soupe est sans danger. Tu devrais manger.

Il me tendit le bol et je mis mes mains autour de lui. La chaleur me réconfortait.

- Cette soupe est sans danger, mais qu'en sera-t-il la prochaine fois que je devrai manger ? Et si l'empoisonneur est dans cette maison ?

- C’est impossible, déclara Vixor. Mon personnel a été soigneusement choisi. Je leur fais entièrement confiance.

Cependant, je vis une lueur de doute dans son regard pendant qu'il parlait.

Il n’en était pas si sûr que ça.

Je pensais à Elisa. Lui faisait-il aussi entièrement confiance ?

Je bus une gorgée de soupe. Elle était chaude et savoureuse j’émis un son de soulagement lorsque le liquide glissa dans ma gorge et dans mon ventre vide.

Un muscle se contracta dans la mâchoire de Vixor.

- Je m’assure de ta sécurité, dit-il, je te le promets Red.

C’était Red à nouveau donc.

Ce nom mit encore plus de distance entre nous.

J’hochai la tête en posant le bol de soupe.

- Merci Kass.

Ses yeux s'aiguisèrent. Il tendit la main pour prendre le bol.

- Arrête.

Je ne fis même pas semblant de ne pas comprendre.

- Pourquoi pas ? Tu m’as bien appelée Erie il y a un instant.

- C'était une erreur.

Vixor se tenait enroulé dans sa cape noire. Il fronça les sourcils et releva la tête. Il ressemblait au prince loup-garou qu’on craignait dans les villages, précédé par sa réputation.

- Ça n’arrivera plus.

Je pris une grande inspiration. Je devais me lancer.

- J’aimerais que ça arrive à nouveau, dis-je.

Pendant une fraction de seconde, je crus qu’il allait envoyer valser le bol de soupe et m'entraîner dans un baiser passionné. 

À la place, il se contenta de marmonner quelque chose dans sa barbe, puis il tourna les talons et quitta la pièce à grands pas.

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