Angel Ice (French Edition)
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Angela
Le lendemain matin, à mon réveil, je suis complètement courbaturée.
J’ai le dos en compote, les jambes engourdies et la nuque aussi raide qu’un piquet. Chaque mouvement me fait un mal de chien. Pourtant, malgré cela, je me surprends à ne pas vouloir bouger d’un pouce. En effet, je me sens extrêmement bien, calée contre le torse de Nathaniel, avec son bras me maintenant fermement contre lui comme s’il craignait que je ne profite de son endormissement pour prendre la fuite. J’ai l’impression de me trouver à ma place. Donc, je reste là, la tête nichée dans le creux de son épaule, qui semble avoir été créé pour moi, à écouter son cœur battre régulièrement. Son corps s’avère chaud, doux et ferme à la fois. Un excellent matelas, même si nous aurions été mieux, allongés sur mon lit.
Je demeure ainsi durant un moment, jusqu’à ce que je ne résiste plus à
l’envie de le regarder dormir. Je me redresse légèrement et le contemple. Il paraît si paisible. Il est tellement beau.
Je n’en reviens toujours pas qu’il se soit pointé, chez moi, à
l’improviste. Et encore moins de la soirée que nous avons passée tous les deux... Vraiment sensationnelle ! À mon avis, elle demeurera longtemps dans les annales. Grâce à elle, j’ai appris à mieux connaître Nathaniel. J’ai un peu découvert l’homme se cachant derrière ses casquettes de PDG et de dieu du sexe. À présent, je me sens plus proche de lui. Aussi bien physiquement que psychiquement. Il me tarde d’en savoir davantage sur lui. Mais, pour cela, il faut attendre qu’il émerge des bras de Morphée.
Sa barbe de trois jours m’attire à l’instar d’une fleur avec les abeilles. Ma main me picote à l’idée de la toucher, de la caresser. Elle semble si douce, si soyeuse. Finalement, je succombe à la tentation et glisse mes doigts dedans.
En jouant avec, je repense aux sensations qu’elle m’a procurées samedi soir et cette nuit... Je revois ma peau rougie par son frottement. Je ressens son grattement autour de ma vulve tandis que Nathaniel me dégustait et me menait tout droit vers un orgasme explosif.
Hum… rien que de resonger à combien le sexe avec cet Apollon est époustouflant, ma libido s’embrase. Mon ventre s’enflamme, mon intimité fond de désir et une certaine tension apparaît entre mes jambes.
Je me dandine dans l’espoir de la soulager. À force de remuer, je réveille Nathaniel. Bien qu’il garde les yeux fermés, sa prise autour de moi se raffermit. Son autre main se pose sous mon genou et m’incite, à l’aide d’une simple pression, à basculer au-dessus de lui. Je m’exécute et me retrouve à califourchon sur ses cuisses. À cet instant précis, il redresse la tête, soulève les paupières. Ses prunelles grises demeurent voilées par les brumes du sommeil. Cependant, un sourire lascif étire ses lèvres lorsqu’il me voit.
— Bonjour, mon ange… commence-t-il.
Toutefois, je l’interromps en m’emparant de sa bouche. Je l’embrasse avec fougue. Même s’il reste surpris durant une seconde, il se reprend rapidement, puis me rend mon baiser avec la même ardeur. Nous nous entredévorons comme si nous n’avions pas mangé depuis des jours. Nos dents se heurtent. Nos langues dansent ensemble à un rythme effréné.
Habitée par une faim inextinguible, je m’agrippe à ses cheveux et renforce la pression de mes lèvres sur les siennes. Ses doigts s’enfoncent profondément dans la chair de mes fesses au point, j’en suis certaine, de me laisser des marques. Cette idée, à elle seule, suffit à exacerber mon niveau d’excitation, déjà bien avancé.
Je me frotte contre son jean, qu’il a renfilé après notre interlude coquin d’hier soir. Le contact rêche du denim sur mon entrejambe gonflé de désir me met dans tous mes états. Mon sang se transforme en lave en fusion. Mon cœur bat à tout rompre dans ma poitrine. Il résonne sourdement dans mes oreilles, au point qu’il doit s’entendre dans tout l’appartement. Je me trouve dans un état pas possible. Et à sa réaction physique, lui également.
Son érection tend de plus en plus sa braguette, qui a l’air à deux doigts
d’exploser sous la pression. Enhardie, je me caresse avec davantage d’ardeur, sans aucune pudeur. Seigneur, c’est vraiment trop bon !
Nathaniel, aussi, semble apprécier. Ses mains s’approprient mon
corps. Elles se posent partout. Tantôt sur mon dos, tantôt sur mes seins, et, la seconde suivante, elles se trouvent sur mes fesses à intensifier mes mouvements.
Je commence à sentir les prémices de la jouissance déferler en moi
lorsque mon téléphone se met à sonner à tue-tête sur la table basse. Cet engin de malheur me ramène brusquement à la réalité. Il me rappelle que je dois travailler, et surtout que je vais arriver en retard si je ne me dépêche pas un petit peu.
— Fait chier ! sifflé-je, entre mes dents contre les lèvres de mon
amant.
— Mon ange… qu’est-ce qu’il y a ? s’enquiert-il, intrigué, le souffle
court et la voix éraillée.
— Je dois aller bosser.
— Et c’est grave si tu arrives avec, si on accélère, disons… quinze
minutes de retard ? Je te ferai un mot d’excuse, réplique-t-il, goguenard.
— Crois-moi, en d’autres circonstances, j’accepterais avec joie. Hélas,
aujourd’hui, j’ai un entretien avec ma cheffe, lui expliqué-je succinctement en posant mon front contre son épaule. Elle est allergique au manque de ponctualité.
— Un vrai tyran !
— Sur ça, oui. Pour le reste, elle est relativement sympa. — Tu aurais dû accepter le stage dans ma société, commente-t-il
soudainement.
— Pourquoi ? Tu tolères un tel laxisme de la part de tes employés ? lui
demandé-je, en redressant la tête, perplexe.
— Non, mais dans ces circonstances, je ne t’aurais rien dit, avoue-t-il. — Tu vois, il s’agit d’une des raisons pour lesquelles j’ai préféré me
retirer de la liste des candidats. Nous serions incapables de demeurer professionnels et il y aurait forcément eu des débordements.
— Des débordements dans le genre de ce qu’il m’attend aujourd’hui ?
C’est fort possible, surtout avec la trique que j’ai, plaisante-t-il.
— Je te comprends, confessé-je dans un souffle.
Moi aussi, je me sens excitée comme pas possible. Et envisager la journée dans cet état ne m’attire pas des masses. Ça va être l’enfer !
Comment y remédier ?
Je m’octroie une petite minute afin de chercher une solution à notre problème. Je réfléchis à la manière dont je pourrais gratter du temps. Un temps précieux qui nous permettrait de pouvoir terminer ce que nous avons si bien débuté et démarrer la matinée d’un meilleur pied.
Je pourrais éventuellement me contenter d’une douche rapide et me rendre au Delice Coffee à moto au lieu d’y aller à pied. Ça me ferait gagner quelques minutes. Ensuite, étant donné que je me suis empiffrée de pizza et de cookies hier soir, je n’ai pas trop d’appétit à l’heure actuelle. Je peux donc sauter le petit-déjeuner. Rien ne m’empêchera de grignoter un truc durant ma pause. Alors…
— Si j’effectue quelques petits réajustements, je peux grappiller un quart d’heure, vingt minutes, grand maximum. Tu penses que ça sera suffisant ?
— Oh, mon ange, j’ai tellement envie de toi que je suis certain que tu y arriveras même en avance, dit-il avant de fondre sur ma bouche pour reprendre là où nous en étions arrêtés.
***
Finalement, Nathaniel avait raison, je franchis les portes du café avec deux minutes d’avance. Après ce petit coup rapide – mais non moins explosif –, j’arbore un sourire radieux. Je me sens comblée, satisfaite et d’attaque à affronter ma cheffe. Je m’y attelle d’ailleurs sans plus attendre.
— Rachel ? l’appelé-je en toquant à sa porte.
— Oui, Angie.
Elle redresse la tête et m’invite à entrer dans le placard à balais lui servant de bureau.
— Que puis-je faire pour toi ? me demande-t-elle après que je me suis assise sur une chaise face à elle.
— Voilà, euh…, en ce moment j’ai besoin d’argent, lui expliqué-je. Et je me demandais s’il était possible d’augmenter mes heures ?
Les mots sont à peine sortis de ma bouche que ses yeux s’illuminent.
— Que penses-tu d’un double service ? me lance-t-elle à brûle-
pourpoint.
Je ne m’attendais pas à une telle proposition. C’est inespéré. Double
service ? Cela signifie deux fois plus d’heures à servir des cafés, certes, mais ça veut également dire deux fois plus de paie et de pourboires. Même dans mes rêves les plus fous, je n’aurais pu imaginer un tel scénario.
— Aujourd’hui seulement, ou bien tous les jours ? m’enquiers-je,
prudente, avant d’exécuter une petite danse de la victoire.
— Durant les trois prochaines semaines, m’informe-t-elle. Brian vient
de me contacter. Il n’a rien trouvé de mieux que de se casser le poignet, hier, en faisant du patinage. Du coup, j’ai besoin de quelqu’un pour le remplacer. Est-ce que ça t’intéresse ?
— Oui, bien sûr, accepté-je sans une once d’hésitation en me relevant
pour serrer la main de ma supérieure. Vous pouvez compter sur moi. Je ne vous décevrai pas, Rachel.
— Je le sais. J’ai confiance en vous, Angie. Allez, maintenant ouste,
du boulot vous attend.
Après un dernier remerciement, je disparais et vais prendre place
derrière le comptoir. Pour la première fois depuis des semaines, j’ai l’impression d’être plus légère, comme si un poids venait de s’envoler de mes épaules. Je me sens également plus sereine quant à la fin de mon année scolaire. Néanmoins, je garde la tête sur les épaules. Tous mes soucis ne s’avèrent pas encore résolus. Il n’empêche, ils me semblent enfin en bonne voie de le devenir.
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