Angel Ice (French Edition)
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Angela
En compagnie de Nathaniel et de Nick, je passe une très agréable
soirée. Au point qu’au moment où sonne l’heure pour mon ami de partir, s’il ne veut pas louper son vol, je n’ai pas vu le temps défiler. En le voyant enfiler son manteau, je regrette qu’il doive déjà me quitter. Ce n’était vraiment pas suffisant. Alors, afin de savourer sa présence jusqu’à la dernière seconde, je l’escorte jusqu’au trottoir où son taxi l’attend.
— À bientôt, Angel’Ice, me salue-t-il en me serrant contre lui. — À la prochaine, Steel Head ! Ma voix chevrote à cause du chagrin qui me noue la gorge. En
réponse, Nick m’étreint avec davantage de force dans le but de me consoler. Même si j’étouffe un peu, je n’esquisse pas un geste pour le repousser. À la place, je profite au maximum de sa présence. Nous demeurons enlacés durant une ou deux minutes, jusqu’à ce que le chauffeur commence à montrer des signes d’impatience. Avant qu’il ne se mette à klaxonner, et à ameuter tout le quartier, nous nous décollons l’un de l’autre. Puis, il se retourne et s’adresse à Nathaniel qui ne m’a pas lâchée d’une semelle.
— Nate, j’ai été ravi de te rencontrer.
— Plaisir partagé. Et bonne chance pour la fin de la saison. Ils se serrent la main, puis Nick se penche sur mon amant. Malgré ses
précautions, je l’entends lui chuchoter à l’oreille :
— Je te la confie, prends bien soin d’elle !
— Je te le promets, l’assure-t-il, tout de go, avec un sérieux qui me fait frissonner de la tête aux pieds.
Son intonation n’admet aucun doute sur l’importance que représente pour lui ce serment. Il compte le tenir, coûte que coûte.
Après un hochement de tête à Nathaniel et un baiser sur mon front, il grimpe à bord du véhicule jaune. La portière a à peine claqué derrière lui qu’elle démarre en trombe, emportant avec elle mon meilleur ami.
— Il va tellement me manquer, soufflé-je à l’instant où la voiture tourne au coin de la rue et disparaît de mon champ de vision.
— Je sais, tente de me rassurer mon amant en me prenant dans ses bras. C’est vraiment un chic type.
— Le meilleur, approuvé-je en me lovant contre lui.
Je me repais de sa chaleur ainsi que de sa présence dans le but de lutter contre le froid et le vide causé par le départ de Nick. Malgré les années écoulées depuis que nous ne sommes plus voisins, il m’est toujours aussi difficile de devoir lui dire au revoir. Ça m’attriste et me rend nostalgique de ma vie d’avant. Généralement, durant plusieurs jours, je broie du noir. Mais ce soir, grâce à Nathaniel, je remonte facilement la pente et parviens rapidement à me ressaisir.
— On rentre ? propose ce dernier au bout d’un moment à grelotter dans le froid hivernal.
— Bonne idée.
En regagnant le loft, je perçois l’atmosphère changer autour de nous. Elle paraît s’alourdir d’une tension sexuelle de plus en plus palpable au fur et à mesure que nous approchons de notre objectif. Il règne une telle électricité dans l’air que je suis surprise qu’il n’y ait pas d’arc pour se former entre nous. Des milliards de minuscules décharges parcourent mon corps et semblent se nicher dans tous les endroits névralgiques de mon organisme.
Lorsque nous atteignons mon palier, j’ai l’impression d’avoir emmagasiné en moi suffisamment d’énergie pour éclairer une ville entière. Je me sens survoltée comme si j’étais branchée sur du deux-mille volts. Mes mains tremblent terriblement. Je dois m’y reprendre à plusieurs reprises avant de pouvoir réussir à enfoncer ma clé dans la serrure et l’ouvrir.
Quand nous parvenons enfin à pénétrer dans mon appartement, je ne peux plus me contenir. J’ai à peine refermé la porte derrière nous que je me jette au cou de Nathaniel et l’embrasse à en perdre haleine.
Je rêve de cet instant depuis que nous avons été contraints de nous
interrompre juste avant le coup d’envoi du match. Et à la fougue avec laquelle mon amant me rend mon baiser, lui aussi devait attendre ce moment avec impatience.
Nos langues se livrent à un combat sans merci dans nos bouches. Elles
se tournent autour, s’affrontent avant de s’éloigner pour mieux repartir à l’assaut. Nos souffles se mêlent. Sa barbe de trois jours râpe divinement mon visage et il me tarde déjà de la sentir ailleurs.
Enfiévrée, j’ai rapidement la tête qui tourne. Mes jambes flageolent
dangereusement. Je m’agrippe à ses épaules pour ne pas tomber. Il ceint ma taille de ses mains et me maintient étroitement contre lui.
Nos corps s’imbriquent l’un dans l’autre, à l’instar de deux pièces
d’un même puzzle. Je sens tous ses muscles contractés à l’extrême ainsi que son érection, dure comme du roc, appuyée contre mon ventre. Ce dernier s’enflamme aussitôt et mon degré d’excitation augmente d’un nouvel échelon. Il se situe maintenant dans le niveau rouge, le seuil critique où, si je ne relâche pas un peu de pression, je risque d’exploser à tout moment.
Je glisse mes doigts entre nous, ouvre son manteau et pose mes
paumes sur ses pectoraux. Je perçois son cœur marteler contre ses côtes, en synchronisation avec le mien. Je savoure l’effet que je lui procure durant quelques secondes, puis reprends ma route. À l’instant où je me faufile sous son pull afin d’avoir accès à sa ceinture, celui-ci m’arrête en me bloquant les poignets de ses grandes mains.
Dans un grognement de frustration, je m’écarte et le dévisage,
complètement déconcertée. Il doit lire l’incompréhension sur ma figure, car il s’empresse de dire :
— Crois-moi, mon ange, j’en crève d’envie. Plus que tout au monde… — Ben, alors pourquoi ? l’interromps-je brusquement. Je me sens de plus en plus perdue. À la bosse plus qu’évocatrice au
niveau de sa braguette, je pensais que nous nous situions sur la même longueur d’onde. Visiblement, je me trompais.
— Parce que je me suis juré de faire les choses correctement, cette
fois-ci, balance-t-il à brûle-pourpoint.
— Comment cela ? Je ne comprends pas…
— Après des jours passés persuadé de t’avoir perdue à tout jamais… aujourd’hui, j’ai la chance de t’avoir retrouvée et de pouvoir tout recommencer à zéro. N’en doute pas, je te désire comme un malade, mais…
— Pas de sexe, ce soir, terminé-je sa phrase à sa place.
J’ignore comment réagir à cela. D’un côté, mon cœur se gonfle de bonheur. S’il souhaite prendre son temps, ça signifie qu’il veut que notre couple fonctionne, et aussi, qu’il se projette dans un avenir, plus ou moins lointain, avec moi. Or, d’un autre, mon corps en feu crie sa frustration à l’idée qu’il ne sera pas apaisé de sitôt.
— En effet, confirme-t-il d’une voix douce. Je veux y aller en douceur, avancer étape par étape sans précipiter les évènements.
Il empaume ma joue et caresse délicatement ma pommette.
— As-tu déjà un truc de prévu, demain soir ? Je pensais que nous pourrions passer la soirée chez moi. À moins que tu préfères dîner dehors et rentrer ici, après, si tu préfères.
Il se sent obligé d’ajouter cette dernière phrase comme s’il craignait que je me sente gênée de voir où il vit. Ce n’est pourtant pas le cas. Il s’agit même de l’inverse. J’en meurs d’envie.
— Non, j’adorerais découvrir où tu habites, lui affirmé-je sans plus attendre. Je termine le boulot à vingt heures. S’il n’y a pas de dress code particulier, je pourrais venir tout de suite après.
À cet instant, ses prunelles semblent s’éclairer comme si en acceptant de me rendre chez lui, je lui offrais un présent merveilleux.
— Non, aucun dress code. Tu peux venir en tenue de travail, tu seras très bien, me rassure-t-il dans un sourire. Je t’enverrai l’adresse par SMS.
— D’accord, à demain alors.
— À demain, murmure-t-il avant de capturer mes lèvres.
En sentant sa bouche sur la mienne, le brasier, qui s’était légèrement calmé dans mon ventre, reprend de la vigueur. Soudainement, j’ai terriblement chaud. Mon sang bout dans mes veines. J’ai l’impression de me consumer de l’intérieur.
Quand il s’écarte, me jette un dernier coup d’œil – dans lequel j’ai le temps de lire son propre désir –, et sort de mon appartement, je me trouve à un rien de la combustion spontanée.
Mon Dieu, je sens que la nuit va être longue !
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