Angel Ice (French Edition)
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Nathaniel
Après l’apparition inopinée de Mercedes, je croyais sérieusement ma
soirée gâchée. Mais c’était sans compter sur ma mystérieuse danseuse. Elle a accouru à ma rescousse sans que j’aie eu besoin de lui demander quoi que ce soit. Et de quelle manière ! Même dans mes rêves les plus débridés, je n’aurais pu espérer mieux.
J’étais tombé sous son charme dès l’instant où j’ai posé les yeux sur
ses jambes. Maintenant que j’ai eu un aperçu de quels trésors elle recèle, je n’ai vraiment pas envie de la laisser partir. Tout chez elle paraît d’une sensualité indéniable. Le pire ? Elle n’a pas l’air d’en avoir conscience. Aucun de ses gestes ne semble orchestré dans le but de me séduire. En même temps, ça s’avérerait être une sacrée perte de temps. Elle est d’un naturel, d’une spontanéité et d’une élégance sans faille. Comment une telle femme peut demeurer célibataire ?
Subjugué, je la regarde s’emparer de sa boisson énergétique, placer la
paille entre ses lèvres pulpeuses. Ses joues se creusant pour aspirer le liquide doré et le bruit de satisfaction qu’elle laisse échapper au moment où elle déglutit sa première gorgée me font démarrer au quart de tour. Mon sexe se dresse douloureusement contre ma braguette. Tandis que je me réajuste discrètement afin de soulager mon érection, mon cerveau, quant à lui, m’envoie des images torrides où ma queue se trouverait à la place de ce cylindre en plastique. Elle la pomperait avec gourmandise et émettrait les même petits gémissements de contentement en avalant mon foutre jusqu’à la dernière goutte.
Oh, Seigneur… je suis carrément mordu !
Elle renvoie l’image d’une véritable tentatrice. J’aimerais être plus fort et résister un tant soit peu à ce magnétisme, me poussant vers elle, or j’en suis incapable. Elle m’attire à l’instar d’un papillon avec la lumière.
Bon sang, je me trouve dans une sacrée mouise !
Lorsqu’elle repose sa bouteille, je remarque une petite goutte, de sa boisson, sur sa lèvre inférieure. Avant qu’elle ne puisse la récupérer avec sa langue – et m’exciter encore plus, si cela s’avère possible ! –, je l’essuie avec mon pouce. En la frôlant avec mon doigt, j’ai une brusque envie de la goûter. À cette idée, ma bouche devient aussi sèche que le désert et j’ai l’impression qu’elle seule saura étancher ma soif. Lentement, je me penche vers elle. Je veux prendre mon temps. Ne pas précipiter les choses. Il est encore tôt et je désire profiter au mieux de chaque instant avant que ce rêve ne prenne fin. Je sens son cœur battre la chamade, par l’intermédiaire de sa jugulaire, qui pulse contre ma paume. Je n’ai plus que quelques millimètres à franchir avant de pouvoir, enfin, capturer cette bouche, l’objet de ma tentation, mon fruit défendu.
Au bout de quelques secondes, elle entrouvre les lèvres telle une invitation. Avant d’y répondre, je pose mon front contre le sien, me délectant de l’alchimie se diffusant entre nous. Je reste ainsi durant plusieurs minutes. J’ai perdu la notion du temps, seul l’instant présent existe. Quand je n’y tiens plus, je fonds sur sa bouche.
Tout à l’heure, elle a pris les devants et les rênes. Maintenant, c’est moi qui contrôle. Je me repais de la sensation de ses lèvres sur les miennes. Je les lèche avant de plonger entre. Dès que ma langue entre en contact avec la sienne, je sens comme une explosion à l’intérieur de moi. Mon corps entier semble parcouru de décharges électriques se déversant directement dans ma verge tendue à l’extrême.
Nous nous embrassons avec une intensité ainsi qu’une ferveur jusqu’à en perdre haleine. Nous nous séparons, à regret, le temps de reprendre notre souffle avant de repartir à la conquête de l’autre. Je ne peux plus me passer d’elle.
Je n’ai jamais éprouvé une telle connexion avec une femme. Nous n’avons pas besoin de nous exprimer pour connaître ce dont l’autre a besoin, nous le savons d’instinct. Dès que je souffre de ne plus sentir son corps contre le mien, elle se rapproche spontanément et colle sa poitrine aux pointes érigées contre mon torse. Nous sommes en parfaite symbiose. Pas une seule fois, je n’ai ressenti cela avec qui que ce soit. Pas même Mercedes alors que nous sommes restés ensemble durant une décennie.
La soirée se poursuit autour de nous. Les gens continuent à danser ; la
musique, à s’enchaîner dans les haut-parleurs. Pour moi, plus rien ne compte hormis Angela. Je ne vois, je n’entends, je ne sens qu’elle.
La vibration d’un téléphone surgissant entre nous nous oblige à nous
séparer. Elle a les cheveux ébouriffés, les joues rouges, et les lèvres gonflées par mes baisers. Elle m’apparaît plus belle encore. Savoir que j’en suis l’unique responsable me remplit de fierté.
Un nouveau vrombissement nous rappelle pourquoi nous nous
sommes interrompus. Je la vois sursauter, puis se tourner légèrement. Elle remonte un pan de sa robe sur sa cuisse délicate et extrait son smartphone d’une jarretière.
— Très astucieux, commenté-je, ébahi par l’ingéniosité. — Surtout très pratique. Je n’avais pas de poche et je n’aime pas me
séparer de mon portable. On ne reste jamais trop prudent.
— Où as-tu appris cela ? En Alaska ?
— Oui, une amie m’a donné l’astuce. Il s’agit d’une fan de séries
policières des années 90. D’ailleurs, je crois que cela lui a valu sa vocation et l’a poussée à entrer dans les forces de l’ordre. Enfin bref, elle avait vu ce truc dans une série, l’avait trouvé pas mal et, du coup, me l’a conseillé quand j’ai commencé à sortir, le soir.
— Ça fait très femme fatale. J’aime beaucoup. Et c’est peu de le dire ! Est-ce moi ou tout chez elle a été créé dans le
seul but de m’exciter ?
Pendant qu’elle consulte son téléphone, j’en profite pour me
réhydrater un peu. Je récupère mon verre – qui s’est nettement réchauffé depuis le temps qu’il traîne sur la table – et en avale une gorgée. Quitte à choisir, je préfère mille fois le goût d’Angela au gin-tonic !
Il ne lui faut que quelques secondes pour lire son message, y répondre
et ranger son smartphone, en sécurité contre sa cuisse. Quand elle se tourne pour se retrouver de nouveau face à moi, elle semble un peu perplexe.
— Rien de grave, j’espère ? lui demandé-je, une légère pointe
d’appréhension dans la voix.
Je ne veux pas que cette soirée s’achève sur une mauvaise note. En réalité, je ne veux pas qu’elle s’arrête tout court. Je désire qu’elle continue encore et encore.
— Oh non, me rassure-t-elle en secouant la main devant elle. Il s’agissait juste de ma coloc’ qui m’informe qu’elle part, accompagnée.
— Et tu es inquiète de ce qu’il pourrait lui arriver ?
— Pas vraiment. C’une grande fille et je sais qu’elle peut se débrouiller seule. Du coup, je me demandais… comme il se fait tard… si… est-ce que tu voudrais…
Elle a les joues écarlates – de gêne, cette fois-ci – et bafouille tellement que c’en est attendrissant. La voir si mal à l’aise pour me poser une question ne peut, selon moi, signifier qu’une seule chose. Toutefois, même si je meurs d’envie de lui arracher les vers du nez, je décide de ne pas la brusquer, de peur qu’elle fasse machine arrière. Ça, jamais de la vie !
— Oui ? l’incité-je à poursuivre.
— Est-ce… tente-t-elle de reprendre après avoir profondément inspiré. Est-ce que… Oh, bon sang, comment font les gens pour demander ce genre de chose ? s’écrie-t-elle, agacée et frustrée de ne pas parvenir à trouver les mots.
Je m’efforce de demeurer sérieux alors qu’à l’intérieur, je jubile.
— Que souhaites-tu me demander ? l’interrogé-je, doucement.
— Tu vois, me répond-elle de plus en plus embarrassée.
Du doigt, elle nous montre tour à tour, puis le pointe vers la sortie, tout en continuant :
— Est-ce que tu voudrais…
— Prolonger la soirée ailleurs ? viens-je finalement à son secours.
Elle rougit jusqu’à la racine de ses cheveux, tout en hochant la tête. Je souffle un grand coup, comme si j’avais retenu ma respiration jusque-là. Avant qu’elle ne change d’avis, je jette un billet sur la table afin de régler nos consommations, m’empare de sa main et l’entraîne vers le vestiaire chercher nos affaires. Après la chaleur suffocante de la boîte de nuit, l’air froid de la nuit se révèle très agréable. Vivifiant, même.
— J’aimerais te ramener chez moi, admets-je en me rapprochant d’Angela pour la serrer dans mes bras afin de nous tenir chaud, or mon appart’ se situe de l’autre côté de la ville. Dis-moi que tu habites à deux pas d’ici !
— Pas vraiment, je vis à Brooklyn.
— Donc, pas la porte à côté.
Je réfléchis à une solution quand une enseigne attire mon regard.
Eurêka !
— Il y a un hôtel au bout de cette rue. Si tu veux, nous pouvons y
prendre une chambre. À moins, bien sûr, que tu préfères autre chose, lui proposé-je en priant pour qu’elle accepte.
J’ai tellement envie d’elle, je ne suis pas sûr de pouvoir attendre trop
longtemps avant de lui sauter dessus et de m’enfouir profondément dans son corps.
— Non, l’hôtel ira très bien. Ainsi, ça mettra une sorte de barrière. — Une barrière ? Comment cela ? m’enquiers-je, d’un seul coup sur
mes gardes. Je ne te suis pas très bien.
— Je ne suis pas ce genre de fille, mais, en ce moment, ma vie est…
comment dire… compliquée. Je n’ai pas de temps à consacrer à une relation. Et toi, tu sors tout juste d’une histoire. Donc, je pensais... que nous pourrions tout simplement profiter de cette nuit. Après, nous reprendrions chacun le fil de notre existence. Tu serais d’accord ?
— Je dois te dire que je ne m’attendais pas à cela, lui avoué-je,
déconcerté. Néanmoins, si je n’ai droit qu’à une seule nuit avec toi, je refuse d’en perdre la moindre seconde en parlotte. Prépare-toi, mon ange, elle débute seulement !
M’entendre l’interpeller en prononçant « mon ange » me surprend. Je
ne suis pas du style à affubler les filles de noms doux. Auparavant, il m’arrivait d’appeler Mercedes « chérie » ou « ma puce ». Néanmoins, c’était plutôt rare. Alors que là, ça m’est venu spontanément, naturellement. Ça me plaît énormément ! D’autant plus qu’elle semble enchantée de mon petit sobriquet. En effet, elle affiche un sourire rayonnant qui se fraye un chemin droit vers mon cœur.
Incapable de résister, je me penche, dépose un tendre baiser sur ses
lèvres. Puis, pour la deuxième fois en quelques minutes, je saisis sa main et la guide en direction de l’hôtel. Je suis si impatient. Je dois me faire violence pour ralentir le rythme et marcher à sa vitesse.
Durant ma course effrénée, les néons blancs d’une supérette de nuit
attirent mon attention. Sans savoir pourquoi, ils me forcent à m’arrêter. Je me remue les méninges pour en comprendre la raison lorsqu’une idée me frappe.
J’ai eu beau expliquer à Silas que je ne sortais pas dans l’optique de passer la nuit avec quelqu’un, il n’a rien voulu entendre. Il a glissé un préservatif dans ma poche de pantalon, en me disant : « Juste au cas où. » Je dois aussi avoir une capote qui traîne dans mon portefeuille depuis plus de dix ans. Pour la première, je suis certain de sa fiabilité. Pour la seconde… beaucoup moins. Si je décide de prendre le risque inconsidéré de l’utiliser – cette idée est irrecevable –, pourrai-je me contenter d’uniquement deux protections pour toute la nuit ?
Je n’ai pas besoin de méditer pendant cent-sept ans pour obtenir la réponse. Mon corps ressemble à un brasier de plus en plus incontrôlable, il me faudra plusieurs rounds avec Angela pour parvenir à l’éteindre.
— Attends-moi une minute, la supplié-je en l’embrassant avec fougue.
Heureusement, le magasin se révèle désert et, en cinq minutes, montre en main, nous sommes de nouveau sur la route de l’hôtel, une boîte XXL de capotes dans ma poche de manteau.
Je remplis les papiers et prends la carte magnétique sans réfléchir à ce que je fais. Maintenant que nous avons passé le seuil de notre futur lieu de débauche, une seule et unique chose occupe mon esprit : me fondre dans ma belle Alaskaine le plus rapidement possible.
Par comble de malchance, notre chambre se situe à l’avant-dernier étage, et malgré l’heure tardive, nous ne sommes pas seuls dans l’ascenseur. Un autre couple s’y trouve également. Impatient comme jamais, je regarde l’aiguille du cadran d’époque évoluer petit à petit. Plus elle monte, plus elle semble ralentir, et moins je parviens à me contrôler. J’ai besoin de toucher Angela. C’est plus fort que moi, que ma conscience. Plus fort que tout.
En lui mimant un signe de se taire, je la tire, avec moi, dans le fond de la cabine jusqu’à ce que mon dos rencontre la cloison. J’enroule mon bras autour de sa taille, la serre contre moi. De l’autre, je dégage sa nuque et la butine de mes lèvres.
Ce petit avant-goût ne me suffit pas. Bien au contraire, il ne sert qu’à exacerber mon désir. Je la veux. À sa façon de pencher la tête en arrière, à s’alanguir contre moi, à se mordre les lèvres pour réprimer ses gémissements dès que je l’embrasse, elle se trouve dans le même état que moi. Elle aussi a envie de moi.
Elle est très réceptive et j’adore ça. Enhardi par ses réactions, j’aventure discrètement ma main entre nous, la faufile sous sa robe. Elle se raidit brusquement, cependant elle se détend dès l’instant où mes doigts rencontrent sa jarretière. Je poursuis mon ascension en caressant sa cuisse. En sentant l’humidité transpercer sa lingerie, je dois réprimer ma réaction instinctive d’homme des cavernes désirant se frapper la poitrine avec ses poings.
J’écarte le petit bout de dentelle, puis glisse mon index dans les replis
lisses et soyeux de sa fente.
— Tu ne peux imaginer à quel point j’ai envie de toi, lui susurré-je à
l’oreille, tout en titillant son clitoris tout dur.
— Si, je pense en avoir une petite idée, halète-t-elle dans un soupir. Et je veux bien la croire !
Elle s’agrippe de plus en plus fort à la manche de ma veste. Sans elle,
j’aurais été certain de garder la marque de ses ongles durant des jours.
Ma jolie tigresse sort les griffes quand elle s’avère excitée. Bon à
savoir !
Dès que je sens les prémices de l’orgasme arriver, je ralentis le rythme
et la pression de mon doigt sur son bourgeon. Je l’effleure seulement. Mon toucher ne lui permet pas de grimper aux rideaux, mais sert à la maintenir à ce seuil d’excitation. Celui juste avant le point de non-retour.
Je la perçois, plus que je ne l’entends, gémir de plaisir et geindre de
frustration à la fois. En la sentant si folle de désir, je ne peux empêcher un sourire de fierté et de contentement de naître.
La nuit promet d’être sensationnelle !
Néanmoins, ma partenaire d’un soir sait également être rancunière.
Elle se venge en passant à son tour un bras entre nous. Elle pose sa main directement sur mon érection, la serre à travers l’étoffe de mon pantalon et commence à la frotter de haut en bas. Derrière ses airs de petite fille sage se cache une femme très audacieuse. J’aime énormément cela.
Pendant un simple voyage en ascenseur, j’apprends un tas de choses
concernant ma mystérieuse danseuse. Toutefois, plus je découvre d’informations sur elle, plus j’en redemande. Je me surprends à vouloir tout savoir d’elle. Elle me captive vraiment. Comment vais-je réussir à lui faire mes adieux, demain ?
Un léger soubresaut ainsi qu’un « ding » nous ramènent à la réalité.
Déconcertés, nous suspendons nos caresses, puis nous jetons un coup d’œil alentour. Tellement impliqués dans nos préliminaires, nous avons oublié la présence des autres personnes. Tandis que ceux-ci descendent tranquillement de la cabine, nous tentons difficilement de retenir le fou rire qui cherche à s’échapper de nos lèvres. Mais dès que les portes se referment, nous laissant enfin seuls, nous nous esclaffons.
Toutefois, l’hilarité laisse vite la place à la fébrilité ainsi qu’au magnétisme nous attirant l’un vers l’autre. Je désire reprendre là où je me suis arrêté, mais, à en juger l’aiguille, nous approchons enfin de notre destination. Au lieu de la tourmenter, je l’asticote en portant mon doigt à ma bouche et le suce, devant ses yeux ébahis, jusqu’à ce qu’il ne reste plus une goutte de ses sucs dessus. Son regard suit chacun de mes gestes et je peux y lire son désir de sentir ma langue agir de même avec chaque parcelle de son corps.
— Bientôt, mon ange. Très bientôt, lui promets-je d’une voix sensuelle. La nuit démarre tout juste !
Lorsque l’ascenseur s’arrête à notre étage, je lui prends chastement la main, entremêle mes doigts aux siens, à l’instar d’un couple lambda, et la guide tout le long du chemin menant à notre chambre.
Comme un fait exprès, celle-ci se trouve à l’extrémité du couloir. Plus nous nous en approchons, plus je ressens comme une boule se loger dans mon estomac et envahir tout l’espace.
Que m’arrive-t-il ? Est-ce de l’impatience ? De la peur ? Du doute ?
Petit à petit, je ralentis le pas jusqu’à m’arrêter complètement. Surprise que je me sois stoppé, Angela se retourne et me dévisage, inquiète.
— Nathaniel ? m’appelle-t-elle comme pour s’assurer que je suis toujours avec elle.
À vrai dire, je n’en sais rien moi-même. Je ne cesse de penser à Mercedes, aux dix ans que nous avons passés ensemble. Et je me rends compte que si je vais au bout de ce plan, ça signifiera que j’aurai véritablement tiré un trait sur elle et tout ce que nous avons vécu ensemble.
Suis-je vraiment prêt pour cela ?
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