Angel Ice (French Edition)

Céline Chaudey · Chapitre 35 sur 46

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Angel Ice (French Edition)

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Nathaniel

 

La première chose me venant à l’esprit actuellement c’est : waouh ! De toutes les suppositions que j’ai élaborées ces derniers jours pour comprendre les raisons de son choix universitaire, je me situais à mille lieues de la réalité. Honnêtement, pas une seconde, je n’aurais pu concevoir un truc pareil. Ça me paraît tellement impensable. Je me doutais qu’il s’agissait de quelque chose de suffisamment important pour mettre en péril ses années estudiantines, et donc, son avenir. Cependant, je n’envisageais pas une affaire de cette envergure.

Ensuite, je me demande : comment parvient-elle à demeurer si forte ? Là où tant d’autres personnes auraient flanché, elle a réussi à se redresser et à affronter l’adversité. Alors qu’elle partait avec un handicap. Elle venait tout juste de perdre sa famille quand son univers a été une fois de plus mis à mal. Comment a-t-elle fait pour ne pas sombrer au moment où elle a appris que la certitude, que son père était et resterait à jamais son père, se révélait fausse ? Je n’ose imaginer comment j’aurais réagi à sa place. Sûrement pas de la même manière. Je l’en admire que davantage pour cela.

Je réfléchis pour trouver un moyen de l’aider. J’aimerais tellement la soulager de ce fardeau qui doit peser très lourd sur ses frêles épaules ou, au moins, lui apporter un soutien afin qu’elle ne se sente plus seule. Mais comment ?

Financer ses études ? Ça lui retirerait une sacrée épine du pied. Pour

moi, ce serait un jeu d’enfant. Il me suffirait de passer un coup de fil à mon banquier et lui demander d’effectuer un virement à la fac en son nom. Cependant, je la connais suffisamment pour savoir qu’elle refusera le moindre dollar provenant de ma poche. Elle se sentirait redevable, voire pire, entretenue, et ça engendrerait une certaine tension entre nous. Donc non, je dois dégoter autre chose.

Je me creuse les méninges jusqu’à ce qu’une ampoule s’illumine dans

mon cerveau. Eurêka !

— Je vais t’aider à retrouver ton père biologique, annoncé-je

triomphalement.

Toutefois, là aussi une question s’impose : comment ? Engager un

détective privé ? Ce serait l’idéal, j’en conviens. Je présume que, là aussi, le sujet de l’argent poserait problème. Par conséquent, je refoule cette possibilité et me mets en quête d’une autre. J’ai beau réfléchir, je n’en vois aucune.

Comment peut-on débusquer un homme dont on n’a aucune

information ? Nous ne connaissons strictement rien de lui, ni son nom, ni son prénom, ni son adresse à l’époque où il fréquentait la mère d’Angela. Nous n’avons aucune photo ou même une vague description pour orienter nos investigations. Les seuls indices que nous possédons sont un bracelet et une tache de naissance. C’est mince pour espérer mettre la main sur une personne dans une ville de plus de huit millions d’habitants, surtout que l’on ignore même s’il y habite encore ou non. Plus j’y pense, plus cette entreprise ressemble à rechercher une aiguille dans une gigantesque meule de foin, sans certitude qu’elle s’y cache bel et bien. Pas impossible, mais pas loin.

Soudain, un rayon de soleil perce l’épaisse masse nuageuse, et se

reflète sur l’un des cailloux encastrés dans le bracelet.

— Je peux ? lui demandé-je, intrigué, en pointant l’objet qu’elle

conserve précautionneusement dans sa main.

— Bien sûr !

Elle me le tend. Je m’en empare, le soupèse. Je l’observe de près, sous

toutes les coutures. J’examine la délicatesse ainsi que la finesse du travail, la taille des pierres, leur couleur, leur éclat…

— Est-ce que tu as une notion de sa valeur ?

Je ne suis ni orfèvre ni un expert en joaillerie, néanmoins je peux d’ores et déjà affirmer que ce bijou ne représente pas de la camelote. Entre l’anneau en platine de cinq centimètres de largeur et les nombreux diamants sertis tout autour, je l’estime à plusieurs dizaines de milliers de dollars, au bas mot.

— Pas avec exactitude, admet-elle en me le reprenant des doigts afin de le raccrocher à son poignet. J’ai vu les certificats d’authenticité et d’assurance, je pense qu’il vaut une petite fortune. J’en ai déduit que mon géniteur devait être riche. Qui offre un tel présent, aussi luxueux et dispendieux qu’un homme très aisé ?

— Un homme amoureux, soufflé-je en songeant que pour elle je serais capable d’acheter une bijouterie en entier si cela lui procurait du plaisir.

— Dans ce cas, pourquoi est-elle partie, enceinte qui plus est ? renchérit-elle aussi sec.

— Je n’en ai pas la moindre idée. Toutefois, on le découvrira. Je t’en fais le serment, lui promets-je en empaumant sa joue.

Les yeux dans les yeux, mon pouce caressant sa pommette, nous demeurons ainsi durant plusieurs minutes.

— Depuis que tu es à New York, as-tu entrepris quelque chose pour retrouver ton géniteur ? lui demandé-je au bout d’un moment.

— Un peu. J’avoue ne pas avoir beaucoup de ressources à ma disposition, alors j’ai agi avec ce que j’avais. En partant de ma supposition qu’il appartenait aux hautes sphères sociales, j’ai dégoté un boulot de serveuse auprès de Pippa’s food, un traiteur très renommé de Manhattan. Ça me permettait ainsi d’arpenter les réceptions mondaines dans l’espoir de croiser un homme qui reconnaîtrait mon bracelet ou bien d’apercevoir quelqu’un arborant la même tache de naissance que moi. Mais…

— Oui, l’encouragé-je doucement à poursuivre.

— J’ai toujours fait chou blanc, dit-elle, en baissant les yeux de dépit. En trois ans et un nombre incalculable de soirées, je n’ai pas avancé d’un iota. Et maintenant que j’ai perdu ce job, je ne sais plus comment procéder.

En percevant le découragement dans sa voix, et connaissant son histoire, je ressens d’autant plus l’envie de l’aider. Certes, je demeure limité dans mes moyens d’action. Néanmoins, j’ai la capacité de lui donner un petit coup de pouce. Et pour cela, je pense avoir la solution parfaite.

— Mon ange, as-tu une robe de bal ? lui demandé-je à brûle-

pourpoint.

— Non, me répond-elle, visiblement perplexe. — Nous allons donc devoir t’en procurer une. — Pourquoi ? s’enquiert-elle de plus en plus intriguée — Car nous avons de nombreuses soirées devant nous ! En voyant ses iris s’illuminer d’un nouvel espoir et un sourire naître

sur ses lèvres, je me promets également de toujours tout faire pour qu’ils ne disparaissent jamais. Elle a vécu suffisamment d’horreurs par le passé, maintenant, il est temps pour elle de recouvrer un peu de bonheur. Et si retrouver son père y contribue, alors je suis prêt à tout pour y parvenir, même à remuer ciel et terre.

Voilà qui est dit !

 

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