Angel Ice (French Edition)

Céline Chaudey · Chapitre 37 sur 46

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Angel Ice (French Edition)

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Nathaniel

 

Après le départ d’Angela pour le travail, j’avais dans l’optique de

l’imiter afin de récupérer un peu du retard engendré à cause d’hier. En vain. Je dois admettre que je n’ai pas été productif une seule seconde durant toute la journée. Mon cerveau se trouvait bien trop focalisé sur ma belle Alaskaine pour réussir à se concentrer, ne serait-ce qu’une minute.

Il faut dire qu’elle n’a pas seulement envoûté mon corps et mon esprit.

Elle a également ensorcelé mon appart’. Dorénavant, je ne peux poser un pied où que ce soit chez moi, sans songer illico à elle. Dans la cuisine, je me la remémore, nue sous mon vieux sweat de la fac, en train de nous mitonner un délicieux repas. Dès que je me rends dans le salon, la chambre ou la salle de bains, des images, de tout ce que nous y avons fait, déferlent immédiatement dans ma tête.

Au bout d’un moment, harassé de bander constamment et toujours

déterminé à mettre ma journée à profit en travaillant un peu, j’ai eu l’idée d’aller bosser dans les locaux de Winthrope Investissement sur Wall Street. J’ai bêtement pensé que, là-bas, le souvenir d’Angela s’avérerait moins prégnant et que je pourrais enfin me mettre au boulot. Quelle bonne blague !

Elle n’y est venue qu’une seule fois, pourtant elle y a laissé une trace

indélébile. À peine l’ascenseur franchi, j’ai commencé à fantasmer sur elle, dans une jupe droite moulant ses hanches étroites, ses jambes fabuleuses gainées de soie, rehaussées d’une paire de stilettos. Je l’imaginais m’apporter un dossier dans mon bureau, en roulant sensuellement des fesses. Elle ouvrirait les premiers boutons de son chemisier, me dévoilant la naissance de ses magnifiques seins. Je ne résisterais guère longtemps avant de balayer tout ce qui traîne sur ma table de travail et la plaquer dessus afin de jouir de tout ce qu’elle m’offre si généreusement.

Finalement, là non plus, je ne suis pas parvenu à demeurer concentrer plus de cinq secondes d’affilée. Du coup, quand Silas m’a contacté pour me proposer d’effectuer une petite visite surprise à Angela, avec Blair, j’ai sauté sur l’occasion pour tout envoyer promener et les rejoindre au Rockefeller Center. Et je ne le regrette absolument pas.

Tout d’abord, ça m’a permis de revoir Angela plus tôt que prévu. Nous avions prévu de nous retrouver à la fin de son service, mais si ça pouvait être avant, pourquoi refuser ? Ensuite, parce que, honnêtement, j’ai passé un super moment avec ces trois-là. Je n’ai pas autant ri depuis un bail, c’est pour dire. Et enfin, car si j’étais resté cloîtré dans mon bureau, je n’aurais pu assister au spectacle d’Angela sur la glace. Et ça, ça aurait été franchement dommage.

Elle s’avère si belle, si gracieuse – on voit dans sa posture, les gênes de danseuse qu’elle a dû hériter de sa mère –, si majestueuse. Elle s’approprie la piste comme s’il s’agissait de son territoire. Elle semble vraiment dans son élément. Elle irradie de confiance et maîtrise chacun de ses mouvements comme si elle avait pratiqué cela toute sa vie. Elle est vraiment époustouflante.

J’ai l’impression d’admirer, en direct, une compétition de patinage artistique. Elle enchaîne les figures à l’instar d’une pro. En fait, elle paraît en être véritablement une. S’agissait-il du cas ? Son ami Nick m’a dit qu’elle était la meilleure, que personne ne l’égalait. Toutefois, j’ignore jusqu’où sa carrière l’a menée… À mon avis, elle a dû aller très loin. Car, elle est franchement très douée.

Elle s’élance, saute en tourbillonnant dans les airs telle une toupie et se réceptionne sur un pied avec légèreté. Après cela, elle effectue plusieurs tours de piste, puis, à un moment donné, elle s’empare de l’une de ses lames et se met à virevolter en ramenant sa jambe contre elle, formant un grand écart.

J’ai conscience de la regarder avec la bouche grande ouverte et les yeux écarquillés, ébahi par sa souplesse, or je m’en contrefiche royalement. Je demeure bien trop subjugué par ses prouesses pour me préoccuper du reste du monde. Elle est tellement incroyable. Elle semble faite pour être sur la glace.

En même temps que la musique, son spectacle s’achève. Elle nous

salue d’une courbette, puis traverse la piste sous les acclamations de son public improvisé. Celui-ci est composé de Silas, Blair et moi, mais également des employés de la patinoire et de quelques clients, qui se sont attardés pour admirer Angela.

Je l’attends près de l’entrée. Dès qu’elle arrive à mon niveau, je la

saisis par la taille et la soulève.

— Tu étais fabuleuse, Angel’Ice, susurré-je contre ses lèvres avant de

m’en emparer dans un baiser passionné.

Derrière nous, les hourras redoublent, j’entends même Blair et Silas

s’époumoner. Je continue de l’embrasser, comme si de rien n’était, jusqu’à ce qu’un plaisantin, que je soupçonne être mon frangin – même s’il a changé sa voix pour une intonation plus grave –, lance :

— Prenez une chambre !

À ce moment-là, je me détache à contrecœur d’Angela et la repose.

Blair ne perd pas de temps avant de s’élancer sur elle pour la prendre dans ses bras à son tour, en la complimentant :

— Angie, waouh, c’était fantastique. Est-ce que tu crois que, moi

aussi, un jour, je réussirai à faire cela ? lui demande-t-elle à brûle-pourpoint.

— Oui, à condition de t’inscrire dans un club et de beaucoup

t’entraîner. Mais sache que je parle d’énormément d’heures de travail hebdomadaire et d’un nombre incalculable de chutes, la prévient-elle.

Elle semble déçue, néanmoins elle se reprend très rapidement. — Tant pis, je me contenterai de la télé, lance-t-elle en haussant des

épaules. De toute façon, j’imagine qu’il faut aimer un minimum le froid. Perso’, j’ai horreur de cela. Rien que là, j’ai l’impression de m’être transformée en glaçon. Je suis gelée de partout.

— Et si on rentrait chez moi que je te réchauffe ? lui murmure Silas à

l’oreille, suffisamment fort pour que nous l’entendions tous.

Je vois les joues de Blair prendre une délicate teinte rosée, prouvant

ainsi que sa proposition ne la laisse pas insensible.

Durant une seconde, je suis tenté de contrecarrer les projets de mon

frère, histoire de l’emmerder un peu, en les invitant à aller manger un bout quelque part. Toutefois, il me suffit d’un coup d’œil à Angela pour changer d’avis. Son visage, rayonnant, exprime également une grande fatigue, à en juger les cernes sous ses yeux. Cependant, il s’agit du regard plein d’espoir qu’elle porte sur moi, comme si elle attendait la même demande de ma part, qui me fait réellement renoncer. Si elle veut que je la ramène chez moi, comment puis-je lui refuser cela ?

Impatients de se retrouver en tête-à-tête, nos tourtereaux ne tardent pas davantage avant de nous dire au revoir et de regagner leurs pénates. J’accompagne Angela jusqu’aux vestiaires où elle échange ses patins contre ses baskets et récupère son sac.

— Où veux-tu aller ? Chez toi ou chez moi ? lui demandé-je tandis que nous quittons le complexe du Rockefeller.

— Ben, réfléchit-elle, ton appartement se situe à quelques pâtés de maisons d’ici. Néanmoins, j’aimerais rentrer chez moi. Je n’y suis pas retournée depuis trois jours et j’avoue ne pas être contre l’idée de pouvoir changer de vêtements et de sous-vêtements.

— Très bien, dans ce cas, c’est décidé. En revanche, avant de nous rendre à Brooklyn, j’ai besoin de passer par chez moi, prendre quelques affaires.

— Pas de soucis.

Sur ce, nous nous mettons en route, main dans la main. Nous remontons la Cinquième Avenue jusqu’à l’intersection avec la 65th, où siège mon immeuble.

— Mets-toi à l’aise, je me dépêche.

Je l’invite à s’asseoir sur le canapé, face à la cheminée allumée, qui diffuse une douce chaleur extrêmement agréable après le froid hivernal du dehors, puis me rends dans mon dressing. En pénétrant dans la pièce, je marque un temps d’arrêt. Je regarde partout autour de moi, en avisant les fringues soigneusement pliées et rangées, ou bien suspendues.

Il y a encore trois mois de cela, je ne bénéficiais même pas de la moitié de tout cet espace pour ranger mes affaires. Le reste étant occupé par celles de mon ex. Lorsque cette dernière m’a quitté, j’ai vécu, pendant plusieurs semaines, avec les trois quarts des placards et des penderies, vides. Il s’agissait, là, de ma manière de lui laisser la possibilité de changer d’avis, de recouvrer sa place, auprès de moi, si elle le désirait. Ça a duré jusqu’au soir où j’ai compris, puis intégré la réalité : elle s’avérait bel et bien partie et ne reviendrait pas. Ce jour-là, la première chose que j’ai entreprise a été de demander à Rose d’éparpiller mes vêtements afin qu’ils occupent tout le dressing. C’était ma manière à moi, d’affirmer que plus personne ne reprendrait la place que Mercedes avait libérée en partant, que ce soit dans mes placards ou bien dans ma vie en général.

Aujourd’hui, je me rends compte que tout a changé. Angela n’a pas

seulement ensorcelé mon corps, mon esprit et mon appart’, elle a également conquis mon cœur. Je désire qu’elle ait une place de premier choix dans mon existence.

Mais comment le lui dire ? Je pourrais lui avouer ce que j’éprouve

pour elle. Néanmoins, je préfère le lui montrer par des actes. Et pour cela, je sais exactement quoi faire !

 

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