Angel Ice (French Edition)
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Nathaniel
— Nathaniel, tout va bien ? s’enquiert Angela, inquiète. Oui. Non. Rhaaa, j’en sais foutre rien.
Que m’arrive-t-il, bon sang ?!
Il y a deux secondes, tout se déroulait à merveille. J’étais chaud
comme la braise, prêt à m’envoyer en l’air avec cette ravissante femme qui me rend complètement dingue. Et maintenant, me voilà, comme un con, figé, au milieu du couloir, à me demander s’il s’agit bien d’une bonne idée.
Bordel, qu’est-ce qui ne tourne pas rond chez moi ? À en juger ma trique d’enfer, j’ai envie d’Angela, c’est indéniable. En
fait, je la veux depuis que j’ai posé mes yeux sur elle. Alors, pour quelle fichue raison suis-je en train de penser à mon ex tandis que je me trouve à deux doigts de conclure ?
OK, après avoir passé dix ans à coucher avec la même femme, baiser
avec une autre représente une sacrée étape. Mais, je le désire. Plus que tout, même. Donc, pourquoi je continue à bugger tel un idiot ?
— Si tu as des doutes… je comprendrais, commence Angela,
conciliante.
À l’entendre si gentille, si compatissante, j’ai franchement envie de
me coller des pains dans la tronche pour être aussi pathétique.
Elle se hausse sur la pointe des pieds, effleure délicatement mes lèvres
des siennes, puis glisse la main dans ma poche, y récupère la carte magnétique permettant d’accéder à la chambre. Elle m’embrasse une dernière fois, pivote des talons et poursuit sa route.
— Prends tout le temps dont tu as besoin pour réfléchir, me dit-elle en se retournant juste avant de franchir le seuil de notre suite. Je vais aller me faire couler un bain. Si tu souhaites me rejoindre, tu es le bienvenu !
Merde, Nate, secoue-toi, à la fin ! À ce rythme, tu vas laisser filer cette fille fabuleuse et tu t’en mordras les doigts. Tu veux terminer la nuit sur la béquille, c’est ça ?
Silas ne m’a-t-il pas dit de ne pas tergiverser bêtement et de me jeter à l’eau ? Franchement, qu’attends-je à rester planté là ?
Putain, Nate, ressaisis-toi et bouge-toi ! m’ordonné-je mentalement.
Comme si j’avais besoin de cela, je me reconnecte subitement. Aussitôt, je me propulse au pas de course à la suite d’Angela. La porte de la chambre commence à se refermer derrière elle, je l’ouvre à la volée. Heureusement, la butée l’empêche de rebondir sur le mur et d’ameuter les voisins de mon arrivée fracassante. Puis, je la referme d’un coup de pied.
En voyant le manteau d’Angela échoué sur un banc dans l’entrée et celle-ci penchée vers l’avant, ses magnifiques fesses en l’air, en train de retirer ses bottines, mon sang n’effectue qu’un tour et se dirige tout droit dans ma verge plus tendue que jamais.
Quand elle se redresse et se retourne, son visage affiche un sourire lumineux. Je sais alors avoir pris la bonne décision. Peu importe ce que me réserve l’avenir, Mercedes appartient à mon passé ; Angela, à mon présent. J’en ai dorénavant la certitude. Plus aucun doute ne subsiste en moi, il ne me reste qu’une farouche volonté à faire de cette nuit avec cette femme, la meilleure de toute ma vie.
— Tu en as mis du temps, me taquine-t-elle, espiègle.
— Je suis là, à présent.
Tandis que je m’approche lentement d’elle, ses lèvres forment une moue malicieuse. Que mijote-t-elle ? Avec elle, je ne suis pas au bout de mes peines. Elle a tout d’un ange, jusqu’à son prénom, pourtant elle sait se montrer diabolique. Mi-ange mi-démon, ça lui correspond parfaitement bien, je trouve !
En rivant son regard étincelant de désir au mien, elle commence à descendre langoureusement une bretelle de sa robe. Je me précipite sur elle, l’empêchant de poursuivre. Déconcertée, elle baisse la tête, mais j’ai suffisamment le temps de voir ses yeux se voiler d’une grande confusion ainsi que d’une pointe de douleur.
Je saisis parfaitement l’origine de l’incompréhension dans laquelle
elle se trouve par ma faute. Tout à l’heure, je fanfaronnais, je montrais une image d’assurance, celle d’un homme qui sait ce qu’il désire, déterminer à l’obtenir. J’ai tout de même failli la faire jouir dans un ascenseur, occupé par un autre couple. Et maintenant, je me comporte à l’opposé. Elle doit se demander ce qu’elle fabrique là, avec un type comme moi. Elle aurait pu avoir tous les mecs du club, pourtant elle est ici, en ma compagnie. Elle m’a choisi tout comme je l’ai choisie. Je suis un foutu veinard de l’avoir rencontrée. Rien que pour cela, je veux accomplir les choses correctement. Je la choierai, la ferai vibrer et hurler de plaisir. Ainsi, lorsqu’elle repensera à cette nuit, elle se souviendra de moi comme d’un amant attentionné et non tel un crétin possédant une grande gueule et rien dans le caleçon.
— Accorde-moi le plaisir de te déshabiller, lui demandé-je en
agrippant son menton et le relevant.
Elle consent d’un hochement de tête, ses joues s’embrasant d’une
délicate teinte rosée. Je glisse ma main sur sa nuque, l’autre autour de sa taille fine. Je l’attire à moi, me penche et m’empare de ses lèvres dans un baiser passionné. Elle y répond avec la même ardeur en s’harponnant férocement aux pans de mon manteau. Elle le déboutonne précipitamment, puis se cramponne tout aussi sauvagement à ma chemise. D’un mouvement d’épaule, ma veste tombe par terre.
J’attrape l’une de ses jambes, la crochète sur ma hanche. En percevant
mon érection entre ses cuisses, elle hoquette de surprise et semble retenir son souffle.
— Sens avec quelle force je te désire ! lui susurré-je à l’oreille en
pressant davantage mon pubis contre le sien.
Je veux qu’elle sache combien j’ai envie d’elle afin d’effacer de son
esprit mon petit moment d’égarement.
— Nathaniel, gémit-elle.
Un frisson me parcourt l’échine en l’entendant prononcer mon prénom
avec cette intonation langoureuse, comme si elle éprouvait également le même appétit à mon encontre. Cette idée suffit à elle seule à me faire durcir encore plus. Je me réapproprie sa bouche, la dévore tel un affamé devant un buffet à volonté. Je m’empiffre d’elle, me gorgeant de ses geignements.
Au bout d’un moment, Angela déboutonne ma chemise, puis me l’enlève avant de s’attaquer à mon pantalon. Elle l’ouvre, descend la braguette et, sans plus attendre, glisse sa main dedans.
Quand je sens ses doigts s’enrouler autour de ma queue, j’ai l’impression d’être au Paradis. Elle m’empoigne fermement, me branle de bas en haut. J’appuie ses caresses de coups de bassin. Mon sexe pleure de contentement et tressaute de plaisir. Sur mon gland, elle étale les gouttes du liquide séminal, qui suinte à mon extrémité.
À l’instant où je perçois l’orgasme monter, je lui enlève sa robe. D’une part, je ne voudrais pas la tacher en éjaculant dessus. D’autre part, il est hors de question que je termine ainsi, encore moins maintenant. J’ai envie de me glisser en elle et de profiter des merveilles que recèle son corps.
Dès que le bout de tissu atterrit sur le sol, je me demande s’il s’agissait d’une bonne idée de l’en débarrasser. Angela, en sous-vêtements, représente la plus divine des visions. L’incarnation de tous mes fantasmes. La vue de ses longs cheveux bouclés en désordre, ses joues rouges, ses yeux pétillants de luxure, son corps laiteux – tout en finesse – uniquement couvert d’un ensemble de lingerie en dentelle noire au liseré de satin rouge ainsi que ses bas et sa jarretière assortis mettent à mal le peu de self-control que je possède encore. Je pourrais jouir sur-le-champ, rien qu’en la regardant si belle, si envoûtante, si angélique et démoniaque à la fois.
— Je voulais prendre mon temps, découvrir chaque centimètre carré de ton corps, mais je ne peux pas attendre. Pas tout de suite, tout du moins. Pour l’instant, je rêve de te prendre comme ça, lui avoué-je d’une voix rauque.
— Alors, viens ! m’invite-t-elle à passer à l’action.
Pas besoin de me le répéter une seconde fois. Je la soulève, la plaque contre le mur derrière elle. Elle noue spontanément ses jambes autour de ma taille. Dans ma poche de pantalon, je récupère le préservatif que Silas m’a filé. Tandis que je déchire l’emballage avec mes dents, Angela me le chipe. Elle déroule, elle-même, la capote sur ma queue, comme si elle avait effectué cela toute sa vie. Je chasse cette pensée de ma tête et me concentre sur ma partenaire. J’écarte sa lingerie, puis m’enfonce d’un coup dans son fourreau accueillant.
— Oh, bon sang, grondé-je en sentant combien elle est étroite. Je reste fiché au fond de son ventre, savourant la sensation de l’avoir
tout autour de moi. Elle me serre tel un étau. Son humidité me permet de me glisser en elle comme dans du beurre.
— Putain, je rêve de faire ça depuis que je t’ai vue danser, avoué-je
dans un halètement. Je bandais tellement fort. Jamais personne ne m’a mis dans un tel état.
— Qu’est-ce qui t’a autant excité ? me demande-t-elle, le souffle
court.
— Tout d’abord, tes jambes. Je fantasmais sur elles, autour de mes
hanches pendant que je t’aurais besognée.
— Et ensuite ?
— Tes lèvres. À un moment donné, tu les as entrouvertes et mordues.
J’ai immédiatement rêvé de les voir autour de ma queue pendant que je t’aurais pilonné la bouche.
— Nathaniel…
— Oui, mon ange ?
— Si tu continues à parler ainsi, je vais bientôt jouir. — Pas sans moi… l’en conjuré-je.
— Alors, arrête de parler et baise-moi !
— Tes désirs sont des ordres ! déclaré-je en commençant à aller et
venir entre ses cuisses.
Plus je bouge, plus j’accélère. Je la pillonne vite et fort. Je m’enfouis
au plus profond d’elle et en ressors jusqu’à laisser uniquement mon gland à l’intérieur, avant de replonger dans son antre.
Bordel, c’est si bon. Je ne vais jamais tenir.
J’use de toute ma concentration pour ne pas exploser trop tôt.
Toutefois, dès que je sens les parois de son sexe se contracter, je ne peux plus me retenir. Je cède à l’orgasme et me déverse en longs jets brûlants dans le réservoir en latex, tout en poussant un râle d’extase. Malgré ma queue hypersensible, je poursuis mes ardeurs jusqu’à ce qu’elle éclate à son tour à grand renfort de cris.
— Oh, mon Dieu, Nate, c’était…
Époustouflant ? Fabuleux ? Fantastique ? Irréel ? Incroyable ?
Magique ? Extraordinaire ? Merveilleux ?
Pour moi, c’était tout cela à la fois, et bien plus encore. En réalité, ce
que j’ai ressenti s’avère indescriptible. Je n’ai jamais vécu ça auparavant.
— Oui, mon ange, je sais, l’approuvé-je en espérant qu’elle partage mes sensations.
Toujours en elle, je me surprends à désirer rester indéfiniment là. Je veux passer ma vie dans cette chaleur humide, si accueillante. Hélas, il existe un inconvénient avec les préservatifs : il faut les enlever rapidement après usage afin d’éviter tout risque d’accident.
Angela dans mes bras, je me dirige vers la chambre et la pose délicatement sur le lit. Au moment où je me retire de son étroit fourreau, je la vois grimacer.
— Tu as mal ? m’inquiété-je aussitôt.
Je crains de l’avoir blessée. Il faut dire qu’il n’y aurait rien de surprenant là-dedans, je n’ai pas été très tendre.
— Non, pas le moins du monde, me rassure-t-elle aussi sec.
Je pousse un profond soupir de soulagement tandis qu’elle m’explique que sa dernière fois avec un homme date d’un petit moment maintenant.
— Combien de temps ? lui demandé-je, curieux d’en apprendre un peu plus sur elle.
— Plusieurs mois. Juin, plus précisément.
— Et depuis, tu n’as eu personne ? m’enquiers-je, intrigué qu’une telle femme puisse rester célibataire aussi longtemps.
— Non. Uniquement toi.
À sa phrase, un sentiment de fierté s’infiltre dans chaque cellule de mon être. Je me sens honoré qu’elle m’ait choisi pour rompre sa période d’abstinence. Putain, je suis un sacré veinard. Je ne sais pas ce que j’ai fait dans une vie antérieure pour mériter ça, toutefois, à cet instant précis, je suis plus que reconnaissant à l’ancien Nathaniel.
— Ne bouge pas, je reviens vite, lui dis-je en me détachant de ses bras et de ses jambes afin de me rendre à la salle de bains.
Je me débarrasse de la capote, termine de me déshabiller avec un certain empressement, puis file rejoindre mon ange-démoniaque aussi vite que possible.
Lorsque je retourne dans la chambre, Angela demeure toujours là, étendue sur le lit, la tête dans une main et l’autre se promenant tantôt sur son ventre plat, tantôt sur sa poitrine. Elle porte toujours ses sous-vêtements, sa jarretière, ses bas et un épais bracelet au poignet.
— Tu es si belle, ne puis-je m’empêcher de lui dire en m’approchant.
Pendant que je franchis les quelques mètres me séparant d’elle, elle ne
détache pas son regard de moi. Elle me reluque de la tête aux pieds et, à la lueur éclairant ses prunelles, le spectacle semble lui plaire. De mes épaules larges à mes cuisses musclées, en passant par mes pectoraux bombés, mes abdominaux sculptés et ma virilité, qui reprend de la vigueur sous cet examen. Elle scrute chaque détail de ma personne. Tout y passe.
— Et toi, vraiment bien bâti, me renvoie-t-elle, la voix enrouée. Elle se racle la gorge et reprend :
— Je n’ai pas une grande expérience en la matière, mais je crois que
tu as le sexe le plus épais et le plus grand que je n’ai vu de ma vie.
En réponse, celui-ci se redresse dans toute sa gloire, se tenant prêt
pour un deuxième round.
— C’est le genre de parole que tout homme aime entendre ! grondé-je
en grimpant sur le matelas.
Elle se tourne sur le dos, écarte les cuisses afin de me permettre de
m’y installer. Je ne me fais pas prier, je l’investis.
— Comme tu as pu te rincer l’œil, maintenant, à mon tour, susurré-je
dans le creux de son oreille avant d’en saisir le lobe entre mes dents et de le mordiller.
Elle frissonne contre mon corps. Décidément, elle se révèle vraiment
très réceptive. J’aime énormément cela. D’une pichenette, je dégrafe son soutien-gorge avant de le jeter derrière moi. Aussitôt, ses tétons s’érigent sous mes yeux. Ils m’envoûtent, m’attirent. Je ne peux leur résister. J’en prends un en bouche, le tète, le titille de la langue pendant que je taquine l’autre avec mes doigts.
— Nathaniel, gémit-elle en se cambrant contre mes lèvres. — Patience, lui réponds-je en poursuivant mon exploration. Comme prévu, je caresse et embrasse chaque partie de son anatomie
jusqu’à une étrange cicatrice qui zèbre sa peau au niveau du bassin. Elle mesure une vingtaine de centimètres et des petits points l’entourent sur toute la longueur, à intervalles réguliers. Sûrement les marques d’agrafes. Fine, rouge à certains endroits, et blanche à d’autres, elle a l’air récente, mais pas trop non plus. Je me demande bien ce qu’il lui est arrivé pour avoir ce genre de stigmate à son âge.
J’en ai déjà vu une similaire. Mon grand-père présentait pratiquement
la même, après qu’on lui a mis une prothèse quand il s’est cassé la hanche en jouant au golf.
— Comment t’es-tu fait cette cicatrice ?
— Tu veux comparer nos blessures de guerre ?
Son ton badin ne me trompe pas. Tous ses muscles se sont soudainement crispés et j’ai la sensation que cette balafre cache, en réalité, quelque chose de grave, une blessure aussi bien physique que psychique. Mais de quoi s’agit-il ?
Malgré ma curiosité piquée au vif, je vois bien qu’elle ne tient pas à en discuter, alors je lui offre une porte de sortie.
— Tu n’es pas obligée de m’en parler, la rassuré-je d’une voix douce.
— Je me suis fracturé le fémur il y a plusieurs années, m’avoue-t-elle après avoir pris une profonde inspiration.
— Comment est-ce arrivé ? m’enquiers-je, la curiosité piquée au vif.
— Rien de bien intéressant, élude-t-elle ma question, visiblement très mal à l’aise avec ce sujet. Écoute, je n’ai pas envie de parler de cela maintenant. À la place, je préférerais que tu poursuives ce que tu as commencé.
Bien que je crève d’envie de résoudre cette énigme, je n’insiste pas. Je n’oublie pas qu’il y a peu, nous étions encore que de parfaits inconnus, et que d’ici quelques heures, nous reprendrons le cours de nos quotidiens chacun de notre côté. Pourquoi voudrait-elle se confier à moi dans ces circonstances ?
— À vos ordres, Madame ! dis-je en m’exécutant.
Je reprends mes investigations jusqu’à ce que, de nouveau, elle hurle de plaisir autour de mes doigts, de ma langue, puis de ma queue. Encore et encore. Jusqu’à ce que, terrassée par la fatigue, elle sombre dans le sommeil, un sourire satisfait aux lèvres.
Je n’ai jamais été aussi insatiable d’une femme, pas même Mercedes au début de notre relation. Avec Angela, j’ai l’impression que, pas un seul instant, je ne pourrai me rassasier d’elle. Savoir que d’ici peu, elle sortira de mon existence me tue. Si ça ne tenait qu’à moi, je la garderais, ici, dans mes bras, indéfiniment.
Hélas, je ne suis pas seul à décider. Elle semble vraiment déterminée à m’éjecter de sa vie dès demain. Comment la faire changer d’avis ? Par quel moyen puis-je la convaincre de m’accorder une place dans son quotidien ? Je l’ignore encore, toutefois je trouverai.
Parole de Nathaniel Winthrope !
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