Angel Ice (French Edition)
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Nathaniel
Bon Dieu, mais combien de temps faut-il à ce maudit ascenseur pour
gravir dix étages ?
Pour la vingtième fois depuis que Jerry, le concierge de l’immeuble,
m’a contacté afin de me prévenir qu’Angela montait, je regarde ma montre. Tiens, d’ailleurs, je me demande : à combien de reprises ai-je répété ce geste au fil de la journée ? Mille ? Un million ? Un milliard ? Plus ? Moins ? Je n’en ai pas la moindre idée. En revanche, je sais qu’aujourd’hui, les horloges semblent avoir décidé de ralentir leur course. Je ne vois pas d’autre explication pour justifier le fait que, systématiquement, quand j’ai l’impression que des heures viennent de s’écouler, ce ne sont seulement que des minutes, voire carrément des secondes. Comme maintenant, par exemple.
Dès l’instant où j’ai franchi la porte du loft d’Angela pour rentrer à
mon appartement, j’ai commencé à me sentir comme sur des charbons ardents. Je suis à la fois hyper impatient et méga stressé de la revoir. J’ai hâte de pouvoir de nouveau la tenir dans mes bras, de l’embrasser, la toucher. J’appréhende également de me retrouver face à elle après la façon dont je l’ai quittée hier soir. M’en veut-elle de l’avoir abandonnée de la sorte ?
Putain, quand j’y repense, j’ai envie de me coller des baffes. Je n’en
reviens toujours pas d’être parti. Elle se révélait chaude comme la braise et je me trouvais dans le même état d’excitation. Au lieu de ça, nous aurions pu passer un super moment ensemble… Mais qu’est-ce qui déconne chez moi, franchement ?
J’ai pourtant conscience d’avoir agi au mieux pour nous et notre avenir. Après tout, si nous voulons que notre couple fonctionne, nous devons le construire sur de bonnes bases, solides et saines. Autrement, il risque de s’effondrer à l’instar d’un vulgaire château de cartes au moindre courant d’air. Néanmoins, que c’est dur de se comporter honorablement ! Je ne l’aurais jamais cru auparavant.
Une chose est certaine, je m’en suis sacrément mordu les doigts. Durant toute la nuit, j’ai dû me faire violence pour ne pas sauter dans ma voiture et aller la rejoindre. À la place, je suis resté dans mon lit, avec une trique de cheval pour unique compagnie, à fixer le plafond de ma chambre en rêvassant sur ma belle Alaskaine, seule sous sa couette, le corps bouillonnant de désir. Heureusement, Silas n’a pas assisté à la scène, sinon il se foutrait de ma gueule jusqu’à ma mort, voire au-delà, le connaissant.
Même après, au bureau, je n’ai cessé de songer à Angela. Je l’admets, j’ai été bon à rien, incapable de me concentrer plus de cinq minutes. Je n’arrêtais pas de m’interroger : comment se portait-elle aujourd’hui ? A-t-elle réussi à dormir, contrairement à moi ? Est-ce que j’occupe autant son esprit, qu’elle, le mien ?… À plusieurs reprises, j’ai failli tout laisser en plan et retourner à Brooklyn, auprès d’elle. Or, dès que j’enfilais mon anorak, mon assistant se pointait avec un dossier à vérifier, un problème à régler, un rendez-vous arrivé ou pour m’annoncer que l’on m’attendait en salle de réunion. N’ayant guère le choix, je retentais de me mettre à l’œuvre.
Puis, au fur et à mesure que les heures défilaient, j’ai commencé à sentir le stress monter en moi à force de cogiter sur la soirée à venir. Comment se déroulera-t-elle ? Ai-je pris la bonne décision en l’invitant chez moi ? Ne risque-t-elle pas de flipper et de me larguer une fois de plus quand elle découvrira que je vis sur la Cinquième Avenue et non à une adresse moins prestigieuse ?...
Oh, bon sang, je ne me souviens pas avoir été, un jour, aussi tendu. Pas lors de ma première affaire, ni quand j’ai lancé Winthrope Investissement, et encore moins pour un rencard, bien que mon dernier date d’un bail. J’ai l’impression d’être redevenu un puceau qui flippe à la perspective de sortir avec une fille. Où est donc passé le brillant businessman, requin impitoyable de Wall Street, au sang-froid légendaire ? Je me le demande bien. En tout cas, aujourd’hui, il paraît s’être fait la malle.
Je ne me reconnais plus. Depuis que je suis rentré, je suis incapable de
tenir en place plus de trente secondes d’affilée. Je ne cesse de m’agiter dans tous les sens dans le but de m’assurer que tout se révèle impeccable pour accueillir Angela. J’ai passé une bonne demi-douzaine de fois l’appart’ au crible afin de contrôler que rien de compromettant, telle qu’une chaussette sale, et qui aurait échappé à l’œil de lynx de Rose, ma gouvernante, ne traîne quelque part. J’ai également vérifié au moins quinze fois que la table dressée était nickel et qu’il ne manquait pas le moindre couvert. J’ai aussi relu trente fois les consignes de Rose – au point de les savoir par cœur, à la virgule près ! –, pour réchauffer le dîner sans craindre de tout brûler. J’ai changé cinq fois de veste avant d’opter pour aucune. Et ainsi de suite pour tout et pour rien.
J’ai la sensation d’être devenu complètement dingue. Et si Angela ne
se dépêche pas, je serai bon pour l’asile, avant son arrivée.
Bordel, que fabrique-t-elle ? Il ne faut tout de même pas autant de
temps à cette satanée cabine pour grimper jusqu’ici, oui ? Non ?
Soudain, une pensée pernicieuse s’invite dans mon esprit. Et si elle
avait changé d’avis et rebroussé chemin à la dernière minute ? Si c’était le cas, Jerry m’en aurait immédiatement averti. À moins qu’elle soit sortie sans qu’il la remarque… Dans le doute, je récupère mon smartphone dans ma poche de pantalon et l’active. Aucune notification n’apparaît. Elle ne m’a donc pas envoyé de message ou cherché à me contacter pour m’annoncer que, finalement, elle ne venait pas.
D’un seul coup, il me semble respirer un peu mieux, mais pas encore
parfaitement. Un soupçon d’incertitude persiste. Je m’apprête à appeler Roberto, le portier, pour savoir si, lui, l’aurait vue partir lorsque des petits coups contre ma porte d’entrée retentissent.
Ni une ni deux, je me rue vers elle et l’ouvre à la volée. Angela, qui,
visiblement, ne s’attendait pas à une telle entrée en matière, bondit de surprise.
— Salut, lui dis-je, aussi essoufflé que si j’avais couru un marathon. Je n’en crois pas mes yeux, elle se trouve bien, là, chez moi. J’ai
l’impression d’avoir rêvé ce moment toute ma vie et qu’il se réalise, enfin.
Mon cerveau semble se déconnecter afin de profiter au maximum de cet instant. Je reste figé, à la fixer comme un con, incapable de détacher mon regard d’elle ni de bouger d’un poil. Elle est si belle. Avec son bonnet blanc, ses longs cheveux bruns recouverts d’épais flocons, et ses prunelles, couleur de glace, elle a tout d’un ange des neiges. Soudainement, je comprends la signification de son surnom « Angel’Ice » et je dois admettre qu’il lui sied comme un gant.
— Bonsoir.
Sa voix tremblante réactive aussi sec mes méninges. Je m’arrache à ma contemplation et découvre combien elle paraît nerveuse. Elle entortille ses doigts et se dandine d’un pied sur l’autre. Pourquoi ? Est-ce d’être ici qui l’angoisse autant ? Cette soirée ?
Je n’ai pas le temps de l’interroger, elle se précipite à mon cou et s’empare de mes lèvres. Elle m’embrasse voracement, comme si je lui avais terriblement manqué. En retour, je lui rends son baiser avec la même fougue dans le but de lui démontrer combien elle m’a également énormément manqué.
Dès l’instant où je l’ai quittée hier soir, je n’avais plus qu’une obsession en tête : la retrouver. Maintenant que je la tiens dans mes bras, je n’ai aucune intention de l’en libérer de sitôt. J’ai besoin de la sentir contre moi, de m’assurer que tout baigne entre nous, qu’aucune tension ne persiste et qu’elle ne me rejette pas à cause de mon adresse.
Je raffermis mon étreinte autour de sa taille et la plaque contre moi. Comme à chaque fois, je suis ébahi de voir à quel point son corps s’ajuste à la perfection au mien. On a l’impression qu’ils ont été créés dans l’unique dessein de s’emboîter l’un dans l’autre, pour n’en former qu’un seul. Stupéfiant !
Brusquement, une goutte glacée me tombe dans le cou. Je tressaille.
— Tu es en train de fondre, mon ange, déclaré-je en m’écartant légèrement. Entre vite te mettre au chaud !
Je m’empare de sa main. Spontanément, elle entremêle ses doigts aux miens, puis, après un hochement de tête, franchit le seuil. En refermant la porte derrière nous, je sens mon stress gravir un nouvel échelon. Je la regarde avec une grande appréhension, observer tout autour d’elle. Ses yeux se baladent partout. Elle examine les murs couleur crème, les meubles blanc laqué, les tableaux de maître, les bibelots hors de prix qui ne servent à rien hormis prendre la poussière.
Pendant qu’elle s’imprègne des lieux, j’attends, la boule au ventre,
qu’elle me livre le fond de ses pensées. Aime-t-elle ou bien déteste-t-elle cet intérieur aseptisé, à mon instar ? Mais elle ne dit rien, se contentant d’avancer jusqu’au salon. Elle s’immobilise au moment où elle découvre la vue sur Central Park et l’Upper West Side au loin.
— C’est magnifique ! s’exclame-t-elle, émerveillée. Je me place derrière elle et l’entoure de mes bras. Elle agrippe mes
coudes comme pour me maintenir, là, au plus près d’elle, et s’alanguit contre moi. Immédiatement, la tension, qui m’habitait jusque-là, disparaît et je parviens enfin à me détendre. Pas trop tôt !
— En effet, approuvé-je avant de lui expliquer pourquoi j’ai acheté cet
appartement et non un autre. La première fois que je l’ai visité, Winthrope Investissement se trouvait en plein essor. Je bossais comme un acharné. Je cumulais des journées de plus de dix-huit heures non-stop. Je me souviens, j’avais l’impression de me noyer sous la charge de travail et des responsabilités. Quand j’ai posé les yeux sur ce panorama, il m’a semblé recevoir une bouffée d’oxygène et de pouvoir respirer pour la première fois depuis des mois. Encore maintenant, des années plus tard, lorsque je le regarde, je continue à ressentir tout cela.
— Je te comprends, murmure-t-elle avant de prendre une profonde
inspiration comme si elle éprouvait également les mêmes sensations.
Après cela, nous demeurons, silencieux, à contempler ce décor de
carte postale au son du crépitement du feu de cheminée. Nous observons la neige tomber à gros flocons dans les faisceaux des réverbères de la rue et ensevelir la Big Apple sous un épais manteau blanc. Nous admirons les lumières de la ville au-delà du Park.
Aucun bruit extérieur, ni klaxon ni sirène, pourtant omniprésents à
New York, ne nous atteint. On se croirait seuls au monde. À moins que les horloges se soient carrément arrêtées afin de nous permettre de profiter au maximum de cet instant hors du temps ?
— Je suis content que tu sois là, susurré-je à son oreille au bout d’un
moment.
— Moi aussi, me répond-elle dans un souffle.
— Est-ce que tu veux boire quelque chose ? lui demandé-je, me
rappelant soudainement mon rôle d’hôte. J’ai du vin, blanc et rouge, ou bien du plus fort et du sans alcool, si tu préfères. Il y a des jus de fruits, des sodas et également de la Red Bull.
— Ah oui, je veux bien une Red Bull.
— OK, mets-toi à l’aise, l’invité-je à s’installer sur le canapé. Je reviens.
Pendant qu’elle retire son manteau et tout son attirail hivernal, je me rends dans la cuisine. J’ouvre le frigo, en sors l’assiette d’amuse-gueules que Rose a confectionnés pour accompagner l’apéritif, ainsi qu’une cannette bleue-argentée. Je la décapsule, puis transvase le liquide doré dans un verre. Ensuite, je m’en sers un autre de Chardonnay avant de rejoindre Angela au salon, portant le tout sur un plateau.
Je m’assois à côté d’elle, lui tends sa boisson, m’empare de la mienne et trinque :
— À nous !
— À nous, répète-t-elle.
Elle avale une gorgée de Red Bull, puis repose son verre sur la table basse en poussant un gémissement de contentement.
— Ça me requinquera !
— Pourquoi ? Tu ne te sens pas bien ? m’inquiété-je aussitôt.
— Non, tout va bien, me rassure-t-elle, tout de go. Je n’ai juste pas beaucoup fermé l’œil, la nuit dernière.
— Ah bon ? Comment cela ? l’interrogé-je, craignant qu’il se soit produit quelque chose après mon départ.
Elle pivote de façon à se retrouver face à moi, pose un coude sur le dossier du sofa. Je me place dans la même position, un genou remonté sur le canapé, puis j’attends qu’elle m’explique ce qui a bien pu l’empêcher de dormir.
— Mon petit ami a refusé de me faire l’amour alors que j’avais terriblement envie de lui, déclare-t-elle à brûle-pourpoint.
Bordel ! Je m’étrangle avec la gorgée de vin que j’étais en train de boire. Je m’attendais à toutes sortes de tapage nocturne comme des voisins en pleine scène de ménage ou bien des jeunes réalisant un remake de Fast and furious sous ses fenêtres, mais vraiment pas à cela. Aurait-elle vécu un tant soit peu le même tourment que moi ? Je n’ose y croire, pourtant…
— J’ai donc passé ma nuit entière à visualiser tout ce que nous aurions pu accomplir ensemble, s’il était resté auprès de moi, poursuit-elle d’un ton faussement ingénu.
Bon sang, ça constitue un sacré paquet d’heures à fantasmer tout cela !
D’un seul coup, une vague d’excitation déferle en moi. Je crève d’envie de savoir ce qu’il lui est passé par la tête durant tout ce temps.
— Et à quoi as-tu songé ?
Elle se rapproche et susurre à mon oreille :
— J’ai conçu des tas de scénarios. Est-ce que tu souhaites connaître
les plus croustillants ou bien…
— Tous, me précipité-je de lui répondre avant qu’elle ne termine sa
phrase.
— Tout d’abord, commence-t-elle à me raconter d’une voix
langoureuse, en promenant de manière désinvolte ses doigts sur ma cuisse, je me vengeais en l’attachant aux barreaux de mon lit. Ainsi, je pouvais abuser de lui comme je l’entendais. Il était à mon entière merci.
Je m’imagine sur son lit, ligoté, soumis à elle. Je ne me pensais pas
maso’. Toutefois, à en juger ma verge qui durcit dans mon pantalon, je dois avoir quelque penchant caché. À moins que ce soit uniquement dû à Angela ?
— Et quels sévices lui infligeais-tu ? m’enquiers-je, suspendu à ses
lèvres.
— Je le forçais à me regarder me donner du plaisir. Ensuite, je le
suçais pendant que lui me léchait. Puis, je m’empalais sur son impressionnante virilité.
Subitement, j’ai extrêmement chaud, comme si elle avait augmenté
mon thermostat interne d’une dizaine de degrés. Cependant, je n’en ai pas encore assez. J’en veux plus. Beaucoup plus.
— Et après ?
— C’était à son tour d’user de moi à son bon vouloir, m’informe-t-
elle, comme si cela coulait de source, en haussant une épaule.
Aussitôt, des milliers d’images envahissent mon cerveau déjà bien
surchauffé. Non sans mal, je les refoule, préférant revenir à la conversation plutôt que me perdre dans mes propres divagations.
— De quelles façons te tourmentait-il ?
— Il me rendait folle avec ses mains, sa bouche ainsi que sa barbe.
J’avais la peau rougie par le frottement de celle-ci. Ça formait un tableau très érotique. Ensuite, il contemplait son œuvre en me faisant l’amour vite et fort dans diverses positions.
Je visualise très clairement le cliché : elle, nue, offerte, son teint, d’habitude laiteux, empourpré à la fois par l’excitation et le grattement de mes poils. Magnifique, sans conteste !
— Lesquelles ? m’enquiers-je, d’une voix rauque, avide du moindre détail pour pouvoir me recréer la scène à la perfection.
— Il a débuté à genoux, entre mes cuisses ouvertes, me répond-elle sans se faire prier. Puis, il a placé mes jambes sur ses épaules pour aller au plus profond de mon ventre. Pour finir, il m’a retournée et pénétrée par-derrière.
Elle marque une pause. Pendant tout ce temps, je retiens ma respiration en attendant qu’elle poursuive. Ce qui, Dieu merci, ne tarde pas trop longtemps, car après avoir pris une profonde inspiration, elle reprend d’une voix rêveuse :
— Je peux encore entendre le son de ma croupe claquant contre son pubis. Mes seins bougeaient au rythme de ses coups de boutoir, ses doigts s’enfonçaient dans la chair de mes hanches. C’était à la fois douloureux et extrêmement jouissif. J’avais l’impression qu’il me marquait. Ça m’existait d’autant plus.
Bordel de merde. J’ai voulu tout savoir, me voilà servi. Maintenant, je me trouve dans un état pas possible. Je bande comme un taureau et n’ai plus qu’une idée en tête : donner vie à tous ses fantasmes. Toutefois, il demeure une question à laquelle je meurs d’envie d’obtenir une réponse :
— Et dans tout ceci, as-tu atteint l’orgasme ?
— Non, pas une seule fois, m’informe-t-elle en affichant une mine dépitée. Dès que je m’en approchais, il s’éloignait comme s’il n’appartenait qu’à mon amant.
Putain, je n’ose imaginer le calvaire qu’elle a vécu ni dans quel état de frustration elle doit se trouver actuellement. Elle a dû se sentir terriblement seule durant ses longues heures. Et tout cela, dans quel but ? Uniquement parce que je craignais que si nous couchions ensemble hier soir, notre couple pourrait se retrouver corrompu. Quelle connerie ! Ce n’est pas le fait de brûler les étapes qui aurait gâché les fondations de notre histoire, mais plutôt celui d’éprouver la sensation d’avoir été rejetée, abandonnée. Bon Dieu, comme je m’en veux. Si j’avais su…
Non, je ne dois pas commencer à penser avec des « si ». Je ne peux revenir dans le passé. Réfléchir sur comment les choses se seraient déroulées si j’avais pris d’autres décisions ne sert strictement à rien. Je dois, au contraire, me focaliser sur le présent, notamment sur comment me racheter. Pour cela, je ne vois qu’une chose :
— Est-ce que tu sais ce que ça signifie ? lui demandé-je, en adoptant
un ton volontairement grave.
Elle secoue négativement de la tête en rivant son regard au mien. Ses
prunelles scintillent d’une lueur d’intérêt. J’ai titillé sa curiosité. Pour la peine, je m’octroie quelques secondes afin de ménager le suspense, puis lance :
— Que nous avons du pain sur la planche !
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