Haute saison

Adèle Bréau · Chapitre 7 sur 39

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Haute saison

Piscine Océan

 

— On va à la piscine ? Oh allez, mamie, dis oui, dis oui !

— Il est déjà midi, c’est l’heure du déjeuner. On ira tantôt.

— Mais, on dîne jamais à midi, nous, avec papa et maman.

— C’est le déjeuner, bécasse. On ne dîne pas !

— Je confonds toujours. Mais on dîne pas du déjeuner à midi. Si ?

Romy regarde Pierre, inquiète. Est-ce qu’elle a dit une bêtise ? Toujours est-il qu’elle n’a pas vraiment faim. Elle a mangé plein de biscuits au club. Il y a une grande corbeille dans laquelle ils peuvent piocher quand ils veulent. Du coup, elle en a profité. À la maison, elle n’a pas trop le droit de manger du sucre. Sauf celui des fruits. Elle adore trop ce club. Tout le monde est gentil, et elle s’est fait deux copines. Océane et Perrine. Romy les a entendues dire qu’elles iraient à la piscine.

— Bien sûr que non. Maman dit que c’est pas chic, de déjeuner trop tôt, lui rétorque son frère.

— Je te le répète, ici, c’est moi qui décide, pas ta mère et ses idées bien arrêtées sur ce qui se fait ou pas. Elle ne va pas nous enquiquiner !

L’homme seul a souri. Elle le jurerait. Pourtant, lorsqu’elle tourne la tête vers lui, il a repris son expression neutre, concentrée. Chantal ne sait pas si elle doit marcher à son côté. Après qu’elle l’a aidé à harnacher la petite, Pierre et Romy ont surgi, en sueur, lui racontant plein d’anecdotes incompréhensibles, ravis de leur matinée. Pendant ce temps, l’homme seul signait la décharge pour quitter le mini-club avec sa fille tandis qu’une autre, plus grande, est apparue. Une ado. Ou une enfant ? C’est vraiment difficile de leur donner un âge aujourd’hui, songe Chantal. Elle observe la jeune fille du coin de l’œil. Elle a des seins, ou du moins un embryon de poitrine, et un téléphone portable. Mais son visage porte encore les rondeurs tendres de l’enfance. L’ado a attendu sagement près de son père et sa sœur, avec l’air de ne pas vraiment les connaître ; ce qui est idiot, parce qu’il est évident qu’ils sont tous les trois de la même famille. Ils se ressemblent beaucoup. Chantal a eu envie de leur dire combien elle les trouve beaux, parce que c’est vrai. Mais elle s’est retenue.

— Mamie, on pourra acheter Lilo ?

— Hein, qu’est-ce que c’est que ça ? demande Chantal, main dans la main avec sa petite-fille.

— Le gros doudou, mamie ! Le doudou du club.

Il s’agit de l’inévitable mascotte de l’hôtel – une espèce d’écureuil hilare.

— C’est trop bébé, soupire Pierre.

— Non, non. On ne va pas tout acheter. Et puis tu en as plein, des doudous !

— Oh, s’il te plaît, mamie.

— Moi aussi, papa, je pourrais avoir Lilo ? s’enquiert timidement la plus jeune des deux filles de l’homme seul.

Chantal n’avait pas remarqué qu’ils marchaient tous les trois à côté d’eux. Le petit chemin, qui conduit du club enfants à la piscine, puis au restaurant et aux chambres, est le seul qu’on puisse emprunter. Pourtant, Chantal aimerait bien pouvoir s’extraire de cette intimité qui la met mal à l’aise. D’ailleurs le père seul n’a pas l’air d’avoir davantage envie de lier connaissance. Malheureusement, les fillettes se liguent pour réclamer à cor et à cri ce fameux Lilo vendu à prix d’or à la réception de l’hôtel. Et lorsque Romy lâche la main de sa grand-mère pour prendre celle de sa jolie petite camarade, les adultes doivent se résigner à esquisser un geste de politesse. Chantal opte pour un vague sourire entendu, auquel l’homme répond sans témoigner davantage de chaleur.

— On verra, chérie, dit-il à sa fille.

— Tu viens à la piscine ? propose la fillette à Romy.

— Oh oui, hein, mamie ? On peut aller à la piscine ? Juste un petit peu, avec ma copine Héloïse. On déjeunera après. Juste cinq minutes, mamie, s’il te plaît.

Chantal aimerait tant pouvoir faire preuve d’autorité. Lui répondre que non, c’est non. Qu’elle est déjà passée par la piscine et qu’elle l’a vue bondée, investie par des dizaines d’individus rougeauds planqués sous les parasols. Mais elle n’ose pas devant l’homme seul. Elle a déjà dit non pour le doudou.

— Cela ne vous dérange pas ? ose-t-elle en s’adressant au père qui continue de marcher sans même faire claquer ses chaussures de cuir sur le sol brûlant.

— Pardon ?

— Que les filles jouent un peu ensemble à la piscine, ça ne vous dérange pas ? Vous aviez peut-être prévu autre chose ? De rester en famille ? Ou peut-être que vous n’allez pas du tout à la piscine ? Les enfants, ils adorent s’organiser des trucs entre eux et puis on découvre que ça n’arrange personne, finalement.

— Pas du tout.

Chantal attend qu’il continue. Qu’il embraye sur autre chose, qu’il explique ce « pas du tout ». « Pas du tout », quoi ? Je ne suis « pas du tout » d’accord avec vous ? Les enfants ne s’organisent pas entre eux, vous me semblez bien permissive, madame ? Ou « pas du tout », ça ne me dérange pas que ces deux fillettes, qui ont l’air de bien s’entendre, jouent ensemble à la piscine. « Pas du tout », nous n’avions rien prévu de faire en famille, et puis de quoi je me mêle ? Ou nous ne sommes « pas du tout » une famille ? Mais non, il continue de marcher en regardant droit devant lui. Sa fille aînée les devance de quelques mètres. Elle tapote sur son téléphone, en fronçant les sourcils. Pierre, lui, sautille, comme si chaque pas était une promesse de bonheur. Romy et Héloïse, elles, se chuchotent des secrets, comme si elles se connaissaient depuis toujours. C’est peut-être ça, qu’essayent de recréer ces clubs pour familles qui n’osent pas partir seules. Replonger des adultes solitaires dans l’évidence des liens naturels qui unissent les êtres, une évidence devenue suspecte, incongrue, encombrante avec le temps.

Si elle-même a été un peu forcée d’échouer dans ce huis clos à l’enthousiasme factice, elle ne comprend pas ce que l’homme seul est venu y faire. Parce que s’il est clair qu’ils ne deviendront jamais les meilleurs amis du monde, ni ne bavarderont des heures sur un transat, Chantal estime que son voisin pourrait tout de même faire un petit effort. Lorsqu’ils atteignent le grillage qui ceint les trois bassins de l’hôtel-club, au moment où elle s’apprêtait à lancer la conversation, c’est lui qui finit par rompre le silence :

— Du coup, ça ne vous dérange pas ?

— Pardon ?

— Si Héloïse joue avec votre petite-fille, peut-être pouvez-vous les surveiller ? Ça m’arrangerait. Je dois bosser un peu dans ma chambre. Et on ne va pas les regarder ensemble. C’est inutile, n’est-ce pas ? Quant à Noémie, elle se gère toute seule. Pas vrai, chérie ?

— Carrément.

— « Carrément… », répète-t-il, en levant les yeux au ciel. Et puis, elle veillera aussi sur sa petite sœur. Si vous pouvez juste jeter un coup d’œil de temps en temps, c’est super. À charge de revanche, d’accord ?

— Euh… Oui. Bien sûr. Mais… on vous retrouve où ?

— Eh bien, ici. Je passe les prendre dans pas longtemps. C’est vraiment l’affaire de quelques minutes. Merci, vous me rendez un fier service. Hélo, tu as tout dans ton sac ? La crème, le maillot, les petits bras ? Elle nage un peu mais c’est mieux qu’elle les mette. Papa revient pour manger, d’accord ?

La fillette écoute à peine les recommandations de son père. Déjà, Pierre et l’ado Noémie ont composé le code d’accès à la piscine, et foncé vers les vestiaires, suivis de près par Romy et Héloïse. Et, alors que le père seul murmure un rapide « merci », se fendant enfin d’un vague sourire de circonstance avant de tourner les talons, Chantal sent l’angoisse lui étreindre la poitrine. Non mais qu’est-ce que c’est que ce type ? Se retrouver avec quatre gamins à charge ? À son âge ? Qu’est-ce qu’ils ont tous, ces parents pas fichus d’assumer leur progéniture ? Elle n’a rien demandé. Et pourquoi n’aurait-elle pas envie d’aller dans sa chambre, elle aussi ? Pour passer un coup de fil, faire quelques abdos fenêtre fermée pour ne plus entendre ces hurlements qui lui vrillent les oreilles ?

Devant les casiers disposés dans les vestiaires, Romy et Héloïse ont ouvert leurs sacs à dos, faisant immanquablement tomber leurs affaires sur le sol recouvert d’eau poisseuse dans laquelle tous les clients se sont rincé les doigts de pieds. Chantal tente de ne pas y penser lorsqu’elle ramasse, affolée, les petits costumes de bain trempés.

— Ne restez pas là ! Venez vous changer dans les cabines. Zut, il n’y en a que deux. Comment est-on censé faire ? On est combien, dans ce club ? Trois cents, six cents ?

— C’est ta grand-mère ? s’enquiert Héloïse, qui ne l’écoute pas plus que Romy, ravie de cette amitié nouvelle.

— Oui ! C’est ma mamie. On la voit pas trop, d’habitude. Mais cette année, elle nous emmène à la mer parce que mes parents ils travaillent. Et maintenant que mon arrière-grand-mère est morte, elle a du temps pour s’occuper de nous.

— Romy ! Tu n’es peut-être pas obligée d’embêter ton amie avec nos histoires de famille. Tiens, enfile ça. Et donne-moi ta culotte. Regarde comme ta copine est organisée. Elle est déjà prête.

— Vous pouvez me faire une natte ?

— Allons bon. Une natte ? Mais… pourquoi ?

— Pour pas emmêler mes cheveux. Et ça fait moins mal dans le bonnet.

— Ah, c’est vrai, le bonnet. Ils nous auront tout fait ! Après la ceinture obligatoire, le machin anti-UV, les vitamines, les légumes bios, le bonnet de piscine en plein mois de juillet !

— Pourquoi en juillet c’est pas bien, madame ?

— Eh bien…, je ne sais pas, moi. Disons qu’en hiver, à la piscine municipale, je peux comprendre. C’est sportif. On fait des longueurs. Mais là. Au soleil. Enfin, je ne sais pas. Ça vit, les poux, l’été ? Romy, tu n’as pas de bonnet, toi ?

— Si, maman me l’a mis dans mon sac.

— Ah… Pour une fois qu’elle n’oublie pas une affaire…

— Quoi ?

— Rien, ma chérie. Habille-toi, et mets ton bonnet. Il est où ton frère ?

— Chez les garçons.

— Il va nous attendre, hein ? Non, parce que je ne peux pas être partout, moi. Et toi, ta sœur, elle est où ?

— Avec son téléphone.

— Ça ne veut rien dire, ça, « avec son téléphone ». Elle est dehors ? J’espère qu’elle a bien compris qu’elle devait rester avec moi. Parce que vous êtes tous sous ma responsabilité donc soyez sages. Et ne me racontez pas de carabistouilles.

— C’est rigolo comme vous parlez. Ma sœur, elle doit être devant la porte. Elle est très sérieuse. Elle est toujours première de sa classe. Moi, j’ai pas encore de notes mais quand je serai grande, je serai première aussi. Je travaillerai beaucoup, comme mon papa. Ma maman, elle travaille dans un musée. Moi, j’adore chanter…

— … Oui, oui. Tu nous raconteras ça tout à l’heure. Mais avant, il faut vraiment que je sache où sont les deux autres. Surtout ton frère, Romy. J’espère qu’il n’est pas allé tout seul dans la piscine. J’imagine qu’il y a des maîtres-nageurs ? D’ailleurs, il vaut peut-être mieux aller directement au petit bassin. Où sont vos brassards ? Oh non, il faut les gonfler. Attendez-moi deux secondes. Je vais quand même jeter un coup d’œil.

Chantal étouffe dans cette cabine, enfermée avec les deux petites. La sueur dégouline sur sa poitrine. Elle pousse la porte et respire un grand coup. Devant les miroirs, une femme très bronzée remet ses seins en place dans son maillot à balconnets. Quand leurs regards se croisent, celle-ci tourne immédiatement la tête et repart, souveraine, en direction de la piscine. Devant les vestiaires, Chantal tombe sur Noémie qui l’attend sagement.

— Tu n’as pas vu Pierre ? lui demande-t-elle.

— Qui ?

— Le frère de Romy. Le petit garçon avec le tee-shirt Superman.

— Spiderman ? Non.

— Oui, non. Sûrement. Alors, tu l’as vu ? Il est allé se changer chez les hommes.

— Ah, je n’ai pas regardé.

Chantal n’ose pas entrer dans le vestiaire des hommes. Certains doivent être nus. Et la vision fugace d’un mâle bedonnant et très brun faisant glisser son maillot mouillé le long de ses cuisses blanches, laissant apparaître un sexe rabougri et non moins pâlot, achève de l’en dissuader. Cramponnée au mur en crépi, les yeux ostensiblement fermés pour signifier à chacun qu’elle n’est pas une abominable voyeuse, elle crie :

— Pierre ? Pierre ? C’est mamie, tu es encore là ?

Elle tend l’oreille mais n’entend que le clapotis des pieds du monsieur dont elle a entraperçu l’intimité.

— Pierre ?

Le gros monsieur désormais rhabillé passe devant elle et la dévisage avec suspicion.

— Tu cherches quelqu’un ?

— Mon petit-fils. Ça vous ennuierait d’aller regarder s’il est là. Moi, je ne peux pas vraiment.

— Il n’y a plus personne, là-dedans ! Il a dû foncer à la piscine avec ses copains. C’est ta première fois au club ?

— Hein ? Oui, répond-elle en jetant des coups d’œil alentour. Elles sont passées où, les filles ? Non mais, c’est pas vrai !

— Ne t’inquiète pas. Ici, les gamins sont entre de bonnes mains. Ils vont, ils viennent, ils font leur vie. Y’a jamais de problème. Moi, c’est Éric !

— Je… merci. Ah, vous êtes là ! Je vous cherchais partout. Vous n’avez pas vu Pierre ?

— Si, mamie, il est dans la grande piscine avec son copain Mateo. On peut y aller, maintenant, nous aussi ?

— Ah ! Mateo, c’est mon gamin. Très bon choix. Allez, détends-toi. Tu vas voir, tu vas pouvoir te reposer, ici. Les papis et les mamies, ils adorent. Parce qu’ils peuvent montrer qu’ils gardent les petits tout en se la coulant douce.

Chantal se demande pourquoi il la tutoie. Et si c’est bien à elle qu’il s’adresse. Non, parce que, autant elle déteste qu’on lui donne du « madame » condescendant, en lui parlant comme si elle avait un pied dans la tombe, des os en verre et pas toute sa tête, autant l’idée qu’un inconnu s’adresse à elle de façon aussi familière lui paraît totalement grotesque. Et, contrairement à l’homme seul, celui-ci ne semble guère disposé à la laisser tranquille. Au contraire, il attrape son sac sans ménagement et continue à partager son expérience enchanteresse du club. Une fois passé le pédiluve, toujours flanquée de son accompagnateur pipelet, Chantal marque un temps d’arrêt. La scène qui s’offre à elle est pire encore que ce à quoi elle s’attendait.

Tout autour des trois bassins, les chaises longues ont été prises d’assaut. Chaque famille a balancé un peu partout serviettes, sacs, lunettes et magazines, marquant un territoire visiblement acquis de haute lutte et en un temps record. En quelques heures à peine, la piscine du club a pris des allures de parc aquatique psychédélique. Certains déambulent nonchalamment, en claquettes, sans se mouiller. D’autres font consciencieusement des longueurs, tentant de se frayer un chemin entre les centaines d’enfants qui ne cessent de sauter, plonger, faire des vrilles ou des « bombes » en essayant d’attirer l’attention de leurs parents qui s’en fichent pas mal, trop occupés à griller au soleil de midi, papotant avec leurs voisins ou des interlocuteurs piochés dans leur répertoire téléphonique, feuilletant un journal ou plus rarement un livre. Tout ce petit monde est agglutiné, heureux et insouciant. Chantal vacille devant l’horreur de ce spectacle.

— Tiens, regarde, je t’ai trouvé de la place. T’as de la chance, tu sais ? Normalement, après 11 heures, c’est fini. Et encore, cette semaine ça va. Le club n’est pas plein. Mais la semaine prochaine, avec le chassé-croisé, je ne te raconte pas. Deux transats, ça te suffit ? T’es toute seule ?

— Non, je suis avec les enfants.

— Ça, j’ai compris. Mais t’as pas de mari avec toi ?

— Non.

— Veuve ?

— Non plus.

— Bon, super alors ! répond le fameux Éric, guère intéressé par le pourquoi du comment de la non-présence d’un époux dans la vie de sa nouvelle connaissance. Je te laisse ? Peut-être à plus tard ?

Chantal ne l’écoute pas. Elle cherche du regard les fillettes, qu’elle finit par repérer dans le petit bassin, riant aux éclats sous les éclaboussures d’une fontaine. Noémie se dirige vers elle et, sans un mot, dispose sa serviette sur l’autre transat, étend ses longues jambes juvéniles et continue de pianoter sur son téléphone. Enfin, Chantal aperçoit Pierre, qui joue avec le fils d’Éric, lequel leur lance une blague qu’elle n’entend pas. Elle se rend compte que, si elle connaît son prénom, elle-même ne lui a pas donné le sien. Elle ne l’a même pas remercié de lui avoir porté son sac. Et trouvé une place. Peut-être devrait-elle se lever pour aller s’excuser. Elle doit d’abord mettre de la crème, faire une photo pour Lily, et puis souffler un peu parce qu’elle a eu bien trop d’émotion pour un premier jour de vacances.

Alors qu’elle s’allonge enfin sur sa fouta reçue en cadeau pour son abonnement au club de lecture, elle aperçoit la femme en fauteuil. À trois mètres d’elle à peine. En bikini et lunettes noires, endormie au soleil. Seul son fauteuil replié près d’elle témoigne de sa différence. Une nouvelle fois, Chantal se sent honteuse de s’étonner de la voir là, en maillot, à bronzer « comme les autres » dans ce club de vacances. Pourtant, elle ne parvient pas à la quitter des yeux et finit par oublier le vacarme alentour.

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