Introduction À LA Psychopathologie Phénoménologique. Tome 1: Fondements et principes généreaux. Corporéité et mienneté. Névroses et personnalités pathologiques. ... (Phénoménologie) (French Edition)
III L’anthropologie philosophique. La région Anthropos et le sens anthropologique
phénoménologie questionne la possibilité autant d’être ensemble que de
voir ensemble5. Car c’est parce que nous pouvons être ensemble que nous
pourrons voir la même chose et c’est aussi parce que nous voyons la même
chose que nous pourrons être ensemble.
Tardivement, l’œuvre de Husserl tendra à s’anthropologiser, sous le
constat que la conscience ne peut pas tout viser, surtout ce qui, dans
l’expérience, est déjà co-reçu. La Lebenswelt et les synthèses passives
échappent globalement au travail transcendantal de sa seconde
phénoménologie (celle des Ideen I).
III. L’ANTHROPOLOGIE PHILOSOPHIQUE. LA RÉGION ANTHROPOS ET LE
SENS ANTHROPOLOGIQUE
La psychopathologie phénoménologique naît dans l’espace d’une
anthropologie, tantôt anthropologie philosophique, tantôt anthropologie
médicale, tantôt anthropologie psychologique, tantôt encore
neuropsychiatrie anthropologique. Il y a beaucoup d’ambiguïtés autour de
cet intitulé. Il n’est pas facile maintenant de comprendre l’importance de
cette anthropologie qui occupait (sous ce nom revendiqué ou sans ce nom)
l’espace commun d’une psychologie ou d’une philosophie des grandes
situations humaines. Tous les «traités des passions humaines» de Descartes
à Spinoza pourraient se faire inscrire dans une telle anthropologie
philosophique générale, avant que l’idée de sciences humaines naisse au
XIXe e et au XX siècles, empruntant soit l’esprit de la positivité d’Auguste
Comte ou celui des Geistewissenschaften (sciences de l’esprit) de W.
Dilthey.
Le climat anthropologique, dominant au début du XX e siècle, n’existe
plus comme tel et sous ce nom actuellement. L’impératif qu’il appelait d’un
« énigmatique définition de l’homme» s’est accompli ou détourné en
grande partie dans les sciences humaines.
Ce climat ou courant anthropologique sera victime aussi des grandes
découvertes sur l’évolution humaine qui ont infléchi radicalement ses
orientations. Il s’est spécifié et se trouve éclaté en plusieurs disciplines,
notamment les sciences de l’évolution et la psychologie des comportements humains. Cette dispersion est la raison pour laquelle nous avons tant de mal
à nous représenter son importance. Plus encore, le courant anthropologique,
initialement mis à l’écart de la philosophie, a été progressivement réintégré
depuis Kant à l’histoire centrale de la philosophie. Il se mêle à elle sans
qu’il soit possible de les distinguer. Le renoncement à la métaphysique fait
appel d’air pour de nouveaux thèmes : celui du corps, de la présence, du
champ social, des désirs, de la création, etc. Cette anthropologie est sortie
progressivement de son ombre. Elle n’avait jamais eu noble réputation,
considérée par exemple par M. Heidegger comme «une sorte de dépotoir de
tous les problèmes philosophiques essentiels »6. Il ne faut pas considérer
cette remarque négativement. L’homme n’a pas de normes pour se définir
lui-même et, d’une certaine façon, il est ce qui résiste à toutes les
définitions et réductions, cela parce que toutes les définitions sont
nécessairement objectivantes.
Nous allons pourtant tenter de préciser ce qu’a été cette anthropologie qui
nourrit la psychopathologie phénoménologique. Cette anthropologie mêle
deux définitions de l’anthropos assez étrangères l’une à l’autre : celle de
l’anthropologie philosophique et celle de l’anthropologie de l’évolution qui,
à la fin du XIXe siècle, pouvaient se baser sur quelques fondements solides
avec les acquis de la doctrine darwinienne. Il en est ressorti un intitulé
général de l’anthropologie qui s’est même posé en rival de la psychologie
scientifique.
Tous les co-fondateurs de la psychopathologie phénoménologique, (E.
Straus, L. Binswanger, E. Minkowski, E. Von Gebsattel) à l’exception de K.
Jaspers se revendiqueront explicitement de l’anthropologie, comme le
remarque A. Tatossian7.
L’anthropologie philosophique mérite d’être présentée plus précisément,
d’autant qu’il n’existe aucun repère systématique pour la définir. Mettons à
part les travaux de B. Groethuysen 8, élève de W. Dilthey, qui proposent de
cette anthropologie une généalogie peu didactique en direction de la
psychologie, mais plus intéressante en direction de l’histoire avec cette idée
que l’homme est son rapport à sa propre histoire. La capacité à faire
histoire (l’historialité) et à se surprendre par son propre devenir, au-delà des
grands naturalismes moraux et religieux, fait le cœur de cette anthropologie.
Cette anthropologie peine à donner des grandes idées substantielles. Ce
n’est pas une impuissance de sa part mais une véritable épreuve de vérité: la
question de l’homme est un impensable qui, sitôt formulé, reprend des
tautologies.
L’insaisissabilité à lui-même de l’homme est sans doute une raison plus
profonde à cette difficulté de restitution de la question de l’homme; sitôt
posée à l’homme, sa propre question vient à s’obscurcir car les éléments
dont elle dispose sont déjà humains.
Mettons à part aussi certaines intuitions proches chez H. Arendt qui
reformule la question de l’homme à partir de la modernité, comme perte du
regard de l’homme sur lui-même, ainsi qu’en témoigne la montée des
totalitarismes 9 e du XX siècle.
Le point de vue d’une anthropologie philosophique se construit autour de
quatre questions : le Vivre humain, l’Habiter humain, la situation de
l’homme dans le monde et l’irréductibilité de l’homme à l’entendement.
Chacun de ces termes aide à comprendre l’anthropos, la condition humaine
(A. Malraux), dont l’un des traducteurs d’Être et Temps n’hésitera pas à dire
qu’elle est un nom possible pour le 10 Dasein heidéggerien.
Comment appréhender ce Vivre humain ? C’est, tout d’abord, une donnée
irréductible à la vie, à l’être ou à la pensée.
Irréductible à la vie. L’anthropologie philosophique s’est parfois
confondue avec une philosophie de la vie, celle de W. Dilthey ou de M.
Scheler, de G. Misch ou O.F. Bolnow, ou d’A. Gehlen, pour lesquels
l’homme interroge en lui la vie, de telle sorte que la vie se porte elle-même
à s’interroger à travers l’esprit humain. Une interrogation qui n’est pas
nécessairement spéculation mais aussi expression : l’art exprime cette vie
qui s’interroge en s’affirmant. L’expression est le mouvement de la vie se
reprenant elle-même, dans la force de ses métamorphoses, montrant dans
une sorte d’éclat d’intensité la nouvelle forme qu’elle a su conquérir11. Ce
discours sera préparatoire, remarquons-le, à l’ontologie existentiale de M.
Heidegger qui transpose le thème de la vie en celui de l’être. Ce sera l’être
en nous dont nous interrogeons la nature, parce qu’il en va de l’être de se
questionner lui-même, parce qu’il en va de la vie de se questionner elle-
même. Cependant, l’anthropologie philosophique ne peut pas n’être qu’une philosophie de la vie pour cette raison fondamentale: la vie passe en nous,
mais traverse l’homme et le délaisse, passe aussi bien en nous qu’en
l’animalité ou la végétalité. L’homme n’en est pas plus le gardien que
l’animal et le végétal, qui sans doute servent mieux la vie que ne le fait
l’homme. Mieux aussi car l’homme entend se servir lui-même plus que de
servir la vie.
Irréductible à l’être. l’homme n’est pas l’être, même s’il peut être le
«gardien de l’être» selon la formule heidéggerienne. Il est seulement une
expression possible de ce que signifie être, de sa manifestation comme
existence, mais n’est pas que l’être. De ce point de vue, l’anthropologie
peut être en opposition permanente ou partielle avec l’ontologie. En
opposition mais aussi en compromis. Les ambiguïtés demeurent même s’il
y a co-appartenance de l’homme à l’être et de l’être à l’homme de sorte que
Nietzsche pourra proposer 12 «L’être? Nous n’en avons qu’une
représentation: ‘‘vivre” ».
Irréductible à la pensée. L’expérience que fait l’homme va bien au-delà
de sa capacité à voir et à juger. À l’opposé de la philosophie de Descartes,
de Kant et de Hegel, l’anthropologie philosophique considère que l’homme
ne se résout pas à une seule activité de conscience constructrice,
objectivante et identifiante. L’homme fait premièrement une expérience de
monde, une expérience d’appartenance à une totalité dans laquelle il se
situe toujours d’une façon distanciée13. Cette expérience est engagement
dans l’espace et déploiement dans la durée, espace et durée étant compris
non pas comme catégories, mais comme lieux d’accomplissement de
l’homme en tant qu’il a à être cet espace et cette durée (l’œuvre de Bergson
est centrale dans cette anthropologie). De ce point de vue, cette relation à
l’espace et au temps est bien un Habiter qu’il construit de proche en proche.
L’anthropos qui en résulte se définit à partir d’une médiation globale au
monde qui n’est pas simplement de l’ordre de l’esprit, ou de la psyché, et
encore moins de l’entendement, mais aussi du sujet de chair, éprouvant et
désirant, chair commentant la rencontre du monde. Le Vivre humain est
toujours à la fois une expérience judicative, esthétique et pathique.
De ce Vivre humain découle un vécu. C’est par cette reprise en amont du
concept de vécu que se fait le passage naturel d’une anthropologie philosophique vers une anthropologie phénoménologique.
Le problème de la situation de l’homme dans le monde s’inscrit dans
celle du Vivre humain; cette anthropologie étudie d’une façon systématique
comment l’homme est en adéquation ou en inadéquation avec le monde et
avec lui-même, à travers les grandes situations qu’il est en mesure
d’affronter (la souffrance, le vieillissement, l’échec et la réussite, la mort, le
lien avec autrui, etc.). Une dimension d’expérience est ainsi révélée par
cette anthropologie, irréductible à ce qu’a « produit» cette expérience, pour
autant qu’elle produise quelque chose. Le sens vécu de l’expérience, en
l’occurrence, ma souffrance, ma joie sont des crises de cette expérience de
mon être en tant que se-déployant-dans-l’espace-et-la-durée. Cette
anthropologie retrouve le sens d’épreuve ou d’épreuve de monde, contenu
dans l’idée de vécu et qui est au cœur de l’Erfahren allemand, épreuve qui
signe toujours une résistance de ce monde.
La notion de situation (équivalente à celle de Da-sein, de prés-ence, de
stance du Soi dans le Monde) est une thématique fondamentale de cette
anthropologie philosophique, dont certains ouvrages de Max Scheler (La
situation de l’homme dans le monde14 15 , Nature et forme de la sympathie)
influencèrent fortement L. Binswanger et les écoles suisses et allemandes,
jusqu’à l’anthropologie compréhensive de Zutt et Kullenkampf.
Pour compléter ces brefs repères de filiation, repérons les origines
romantiques de ce thème de la situation (par l’intuition de la « génuité » des
lieux et des instants partagés et/ou perdus) et le lien avec toute la
philosophie anti-idéaliste, ou opposée à l’esprit de système du XIX e siècle
(G.W. Goethe, S. Kierkegaard et F. Nietzsche). Contre l’esprit de système,
ces auteurs défendent la force des totalisations vivantes ou des formes de
vie qui ne se recommencent jamais à l’identique. L’herméneutique
esthétique pointe à l’horizon de ces discours.
Sens anthropologique et signification psychologique
La question de l’anthropos doit être ici explicitée d’une façon rigoureuse
à partir de la distinction entre sens anthropologique et signification. Cette
distinction permet de restituer le propre de l’expérience humaine liée à cette
habitation, toujours à reprendre, jamais aboutie. Ce sens anthropologique
est unique à l’émotion de l’homme et à sa condition spatiale et temporelle. Seul l’homme peut le penser, à la différence de l’animal qui le vit mais ne
peut le représenter.
C’est L. Binswanger qui propose d’entrevoir cette notion (ici radicalisée)
dans son texte « Du sens anthropologique de la présomption 16 ». La
présomption au sens où l’expose L. Binswanger est une position de vie, une
attitude, une situation de l’homme dans le monde. C’est aussi une direction
de sens, telle que J. Chamond la définit 17.
Le sens n’est pas la signification, et cette question est totalement distincte
d’un autre problème, le problème husserlien de la distinction entre Sinn et
Bedeutung. Pour formuler clairement cette opposition entre sens
anthropologique et signification, disons que la signification (psychologique)
est un rapport sémantique intramondain, donc qui ne met pas en cause la
forme même de la présence et le phénomène de Monde (comme contenant
formel de l’expérience).
Le sens que scrute le regard anthropologique, lui, n’est pas d’ordre
sémantique comme la signification. Dire qu’il n’est pas sémantique, c’est
dire qu’il ne peut se donner en sèmes, mais seulement sous la forme de
vecteur, de direction, conformément à la signification directionnelle usuelle
du mot sens, d’aller vers, de revenir de, de tomber de, de monter vers,
d’être prisonnier du là, d’avoir traversé, d’être abouti, d’être jeté, de ne
plus avoir de sens, etc.
Le sens ainsi défini, n’est que l’être au monde, la modalité de notre
inscription précaire dans la totalité «monde». Faire une analyse anthropo-
phénoménologique d’un moment (d’une présence, qui est la véritable unité
épistémologique de cette anthropologie), c’est mettre à jour la façon dont
nous sommes fixés dans un certain rapport à la totalité, comment, aussi,
nous avons perdu notre mobilité d’habiter le monde, de nous y déployer et
de le parcourir.
Deux précisions sont nécessaires à la compréhension de ce sens
anthropologique:
– Premièrement, son origine est dans un vécu où le monde se donne
toujours en approche ou en recul. Avec E. Straus 18, qui a proposé la plus
importante phénoménologie de l’espace vécu, le sens, comme toute
manifestation directionnelle, se lit selon deux tropismes; le premier est un
S’avancer / Être-au / Être avec (corrélé à l’émotion éphémère de plénitude); à l’opposé, on trouve le Désengagement / Ne-plus-être-au /Ne-plus-être-
avec / Êtreparmi-les-choses-non-reliées (corrélé à l’émotion de perte). Son
seul enjeu est l’habitation, le déploiement au Monde jusqu’à son point
d’inhérence où le sens s’aboutit.
– Ce sens anthropologique, deuxièmement, que signifie-t-il à son point
limite ? Dans sa forme pleine, lorsque le sens se sature de ce qu’il a touché
et réalisé, il ne reste plus d’espace directionnel définissable. Règne alors le
vécu anthropologique silencieux d’appartenance au Monde et notre
affairement aux choses, aux actions, etc. Ce sens anthropologique réaliser
l’Habiter du monde. C’est le cas le plus souvent dans l’expérience humaine.
Nous pouvons nous ressentir comme ni heureux ni malheureux, ni en
aspiration vers ni en dévalement. Ce sens anthropologique est alors le
vecteur de l’énergie par laquelle nous pouvons habiter ce monde et y
déployer du sens de réalisation. Parfois ce sens se trouve épuisé; survient
l’inanité, la non-totalisation des choses en Monde et l’absence de direction
de sens vers ce monde. Il en va ainsi de la brusque proximité des
significations, sans sens. L’inanité met à nu ce qui ne sert à rien, ce qui est
là sans pouvoir renvoyer à un monde vivant. Les choses du monde sont
vues une à une sans rien pour les unifier. Elles apparaissent trop là,
hyperréelles, dans la nudité de la perte du sens pour un certain projet
d’habitation.
Cela met à jour le sens anthropologique comme un sens-pour un certain
projet d’habitation. Quand ce sens humain pour l’habitation n’est plus là,
les choses ne veulent plus rien dire d’humain. Au plan de la création
artistique, c’est ce que veut dire l’expressionnisme, tandis qu’au plan
psychopathologique, nous retrouvons des éléments de la déréalisation
schizophrénique et aussi, sous forme de fragment, l’hyperréalisme
dépressif, avec son vécu d’inanité.
Ce sens anthropologique peut perdre tout projet d’habitation du monde et
se raidir dans un collage aux significations sous la forme d’un rationalisme
pathologique. Le rationalisme morbide d’E. Minkowski19 et la distorsion de
L. Binswanger 20 en sont aussi des illustrations, plus complexes, certes, mais
bien réelles. Dans ces expériences où s’est perdu le sens de l’Habiter du
monde, à sa place vient s’instaurer une « doctrine rigide », d’essence
idéologique, s’efforçant de régir tous les actes de vie.
La question du sens anthropologique, sens d’Habiter le monde, oblige à
prononcer une distinction nette entre sens et significations. Comment
s’établit alors ce rapport du sens aux significations?
La question est en grande partie herméneutique car ce sens ne se transmet
pas. Il doit être recomposé à travers des significations. Ce qui peut se
transmettre directement, ce sont les significations.
Alors que le sens se rapporte au tout, la signification est comme un
rapport de partie à partie. En effet, la signification naît en aval du
mouvement d’engagement dans le monde ou dans l’expérience. Elle
suppose résolus méthodologiquement tous les modes de cet engagement,
l’approche, l’attente et le retrait. Ne peut faire objet de signification que ce
qui a déjà été réalisé et touché. La signification partant des choses
constituées, établit ce à quoi renvoie individuellement chaque chose dans le
réseau institué. La signification ne nécessite pas de sujet à partir de quoi
elle est centrée. C’est un rapport fixé indépendamment du sujet. Elle est
ubiquitaire et phénoménalement sans temps. Il est d’ailleurs plus simple de
dire que la signification est d’ordre empirique, en ce qu’elle suppose
l’expérience déjà résolue tandis que le sens est d’ordre phénoménologique;
il vise l’éprouvé et la manifestation d’une chose dans le moment de sa
rencontre.
Contrairement à l’usage quotidien qui ne distingue pas sens et
signification, on peut dire que la signification en elle-même n’a pas de sens.
Le sens qu’elle porte n’est qu’un sens prêté ou rencontré par l’expérience
humaine qui la traverse. L’homme agissant, s’engageant dans le Monde
donne aux significations un sens, dans la mesure où chaque signification
souligne ou évoque un Plus-Avancer dans le Monde, ou à l’inverse un Ne-
Plus-Être-au-Monde. L’homme découvre à travers les significations son
propre sens, à mesure qu’il s’engage ou se dégage du Monde.
Signification Sens anthropologique
(sémiotique) (sens de destin humain)
ne suppose aucune subjectivité est toujours celui d’un sujet au regard
ni aucune totalité d’un ensemble
est de l’ordre d’une relation de est de l’ordre d’une relation vivante de