Introduction À LA Psychopathologie Phénoménologique. Tome 1: Fondements et principes généreaux. Corporéité et mienneté. Névroses et personnalités pathologiques. ... (Phénoménologie) (French Edition)
VI Les psychoses comme altération de la forme de la présence
impose avec l’investissement significatif des formes. La reconnaissance des
formes n’est pas identifiante. Elle effectue juste un repérage isomorphique
des silhouettes, afin que la forme de la présence ne soit pas affectée. Les
échecs dans cette reconnaissance réalisent un trouble spécifiquement
psychotique.
La reconnaissance des formes en tant que forme autonome n’a rien à voir
avec la captation figurale du sens des formes, celle-ci une fois reconnue.
Une fois les formes reconnues, une autre vie du sens commence en effet,
celle de la vie affective des formes. Nous passons alors du plan
phénoménologique au plan strictement psychologique, et plus précisément,
au vrai travail figural.
Figural, c’est-à-dire déploiement de toutes les significations portées par
une figure. Nous sommes là dans le champ de la représentation. C’est dire
s’il est riche. Il renvoie à l’élaboration des figures-types et aux relations
affectives que nous établissons avec elles, autant dans les recherches de
style (ou de grands airs, comme dans l’hystérie) que dans ses effets
d’intensité. On peut évoquer alors le maniérisme et toute la
phénoménologie des névroses. L’impressionnabilité hystéro-phobique est
issue des pathologies de la figuralité. On peut comprendre cette
impressionnabilité comme l’effet immédiat d’une surdétermination
affectivo-figurale.
VI. LES PSYCHOSES COMME ALTÉRATION DE LA FORME DE LA PRÉSENCE
La phénoménologie, science des formes ? Oui encore et encore. Le
concept de forme est essentiel à la psychologie scientifique. Il est commun
à toutes les expressions (phénoménologiques, cognitives, psychanalytiques)
de la psychopathologie.
Il faut cependant préciser le niveau concerné. Soit cela désigne la lecture
des formes du monde apparaissant, ce que nous venons de voir au
paragraphe précédent; soit cela désigne notre propre expérience de
conscience se constituant en tant que forme. Ce que nous devons mettre à
jour est notre forme de présence. Sans nul doute, ces deux travaux
phénoménologiques effectués par le phenomenological mind se rejoignent puisque c’est notre forme de présence qui permet de traiter la forme de
présence du monde apparaissant mais on ne peut les traiter ensemble. Il est
donc indispensable de les aborder séparément, au risque de tout confondre.
On peut décrire les psychoses comme des altérations de la forme de la
présence. Cette voie a été engagée par la notion « d’état de conscience»
dans l’organo-dynamisme d’Henry Ey 58.
La présence en tant que champ de conscience est un concept positif,
identifiable objectivement. Le phénomène de notre relation au monde ne
fait pas que constituer des objets isolés de conscience; il appréhende en
même temps des horizons, une manifestation générale, dont il questionne la
cohérence. Ce travail conditionne l’acceptation d’une certaine relation à la
totalité, relation toujours renouvelée (reconquise), par quoi un engagement
d’action est possible. À chaque fois, c’est une nouvelle affectivité-contact
(au sens que donne à cette expression E. Minkowski) avec le monde qui
s’établit. L’expérience est alors un remaniement incessant de notre relation
présentielle. Notre éprouvé de situation est sans cesse repris par un nouveau
sentiment général de situation 59.
C’est dans cette institution de forme défaillante que peuvent se
comprendre certains troubles psychotiques rencontrés dans la
schizophrénie, dans la paranoïa délirante, dans les expériences dysleptiques
induites par les psychotropes ou encore, dans les troubles neuro-
psychiatriques détérioratifs. Ils ne sont pas présents dans la mélancolie ou la
manie délirante.
Nous allons nous attarder sur elle pour comprendre :
1) En première approche, on peut parler de ces aspects institutifs comme
crise de l’ambiance, dissonance et transformation du sentiment de présence
au monde. L’accord élémentaire avec les sensations internes (sentiment de
mienneté et sentiments corporels) est sans doute le premier éprouvé de ce
type. On connaît les expressions de cette non reconnaissance : il empêche
l’éprouvé de soi, l’acceptation de ses maladies et sentiments corporels et
l’investissement de son propre devenir.
2) L’affectation de la forme de la présence donne des impressions
dissociatives. La présence, au bord de la rupture de l’unité de l’expérience
produit des phénomènes d’étrangeté, de déréalisation, et de
dépersonnalisation. Cela nous le savons déjà. L’affectation de la forme de la présence se donne aussi au plan intersubjectif, par des dissonances dans
les relations établies avec les autres, des ruptures de confiance dans l’être-
avec. Le sujet qui les vit n’en finit pas de questionner les liens inter-
objectifs et inter-subjectifs (l’Aïda 60 61 , l’Entre) car il ne dispose plus de
structures anthropo-phénoménologiques pour permettre de laisser être le
monde, dans ses renvois de banalités. Elle abolit la sérénité qui permet
l’habitation du sens de chaque chose. Sans ces structures de banalité qui lui
permettent d’investir l’espace et le temps, le monde ne peut plus lui être
familier et le sujet s’épuise à le désétrangéiser plutôt qu’à lui donner sens
effectif.
3) Les atmosphères pré-délirantes surviennent à un degré un peu plus
important d’affectation de la forme de la présence. Cliniquement nous
sommes soit dans des manifestations subaiguës, soit dans des états plus
durables, prépara toires à des basculements délirants qui peuvent se
produire ou ne se produisent pas. Parfois elles occasionnent de simples
interprétations pathologiques, plus ou moins mûries ou avortées. Ce sont les
Wahnstimmungen, terme issu de la psy chopathologie allemande du milieu
du XXe siècle. Il désigne les atmosphères pré délirantes ou délirantes, avant
que celles-ci ne s’organisent en thèmes délirants.
Ces Wahnstimmungen sont des formes de présence éphémère et mal
racontable, cela pour de nombreuses raisons. On ne peut les recomposer que
brièvement, jusqu’à leur point d’explosivité ou d’implosivité 62.
En effet, dans l’évolution des psychoses vers le délire, le patient ne peut
pas exprimer directement sur l’instant le vécu pré-délirant tant il est
prégnant. Il ne peut pas davantage le restituer après, tant le chaos qui a
succédé a été important. Les Wahnstimmungen ne sont pas restituables pour
une autre raison : la structure d’action qui les constitue n’est pas celle que
peut rapporter la langue. Elles sont de l’in-forme et à ce titre elles
échappent à toute désignation. Ce sont des transformations de la présence et
elles appartiennent à ce registre des impressions de dislocation ou de
déconstruction par définition inénarrables. Seul ce qui a l’unité d’un récit,
réel ou virtuel, peut être raconté.
4) Dominique Pringuey, s’inspirant de Bin Kimura et Soeren
Kierkegaard, a donné un nom à une de ces formes de crises institutives,
l’impatience comme mode d’être de la schizophrénie 63. Il voyait ainsi que ces atmosphères pré-délirantes ne sont pas seulement mentales
(pensées) mais aussi psychomotrices. Ce sont des attitudes temporelles et
spatiales. C’est une indisposition générale dans l’engagement général de
l’action exprimant aussi une désorganisation de la structure d’instant qui,
happée par le futur, ne laisse pas son moment s’exprimer. Cet engagement
se fait et se défait en permanence, faute d’un projet de monde réellement
habitable.
5) La psychopathologie phénoménologique a bien exploré les crises de
nature institutive dans les travaux d’H. Tellenbach (les dissonances
atmosphériques64), et ceux de H.C. Rhumke (c’est en réalité ce que capte
le psychiatre ou le psychologue dans 65 le vécu de précoce).
6) Il est intéressant de considérer le phénomène d’émergence des struc
tures élémentaires du contact lorsque la présence vient à se déstructurer.
Lorsque la forme de la présence se disloque, ces contacts élémentaires avec
le monde et autrui deviennent déterminants. C’est notre inconscient de
contact et il est appelé par la dislocation des structures « supérieures » de la
pensée (en l’occurrence celles qui permettent la position discursive sur Soi,
autrui et le monde, ayant forme de description ou de récit). Viennent alors à
se phénoménaliser les accords archaïques établis avec le monde puis autrui
dès sa donation première. Ce sont des accords de confiance, de
bienveillance, d’acceptation de ce qui est rencontré, etc. Ils ne définissent
pas ce que chacun aime ou pas, mais l’hostile ou le non hostile, le vivable
ou le non vivable, s’il est possible de s’avancer ou si nous devons
immédiatement reculer. H. Tellenbach a développé cette question des
accords affectifs en montrant bien, dans ce même ouvrage fondamental
Goûts et atmosphère 66, l’origine dans le sens oral de notre rapport de
confiance au monde et à autrui67. De là, l’importance de la méfiance dans
la constitution et du monde paranoïaque et du monde paranoïde. E. Straus
avait déjà mis à en évidence l’importance de la structuration de l’espace à
partir du sentir comme s’approcher, et du flairement, dans son maître
ouvrage 68 Du Sens des sens. Quand la présence perd son unité élémentaire,
elle est submergée par ces flairements d’attrait ou de répulsion, exprimant la
confiance, la méfiance ou la défiance. C. Masi69 et ensuite Brigitte Leroy-
Viemon 70 ont montré cette relation chez le sujet entre confiance et sens
oral.
Dans les délires paranoïaques, on retrouve des expressions achevées de
cette confiance disloquée dans certains thèmes qui les expriment
directement. Les thèmes d’intrusion, d’être envahi, etc. sont très présents.
De même, les thèmes d’empoisonnement par exemple (forme absolue de la
défiance, de ce qui doit être immédiatement rejeté, recraché) ou, dans la
paranoïa délirante sensitive de Kretschmer, des thèmes de honte à partir de
ses propres odeurs corporelles (le Se sentir étranger et indigne à soi-même)
qui nourrissent si facilement certains délires.
7) Il est du cahier de charge élémentaire d’une psychopathologie phé
noménologique d’assumer l’esquisse d’une corrélation entre une forme de
pré sence et un thème. Il faut bien convenir qu’une telle corrélation est
souvent dif ficile à établir, dans le cas des délires paranoïdes notamment.
Dans ce type d’expérience, en effet, l’ipséité est en proie à des dislocations
et des tentatives de reconstruction qui ne sont pas recomposables. Dans le
cas de la paranoïa, l’ipséité est moins affectée; alors cette corrélation peut
s’éclaircir au moins partiellement.
On voit mieux en effet de quelles façons les formes de la présence pré-
délirante dans la paranoïa attendent un thème en vue d’instituer un monde
ressenti comme plus stable. Le thème a une fonction narratologique et
systématique: c’est un principe réorganisateur qui redonne un sens à tout ce
qui était jusque là dèsinstitué. Il produit une reconnaissance des formes de
la présence. Le thème s’amorce à partir d’interprétations pathologiques qui
sont des tentatives isolées de nouveaux sens. La désignation d’un
persécuteur, d’une cause extérieure ou intérieure va permettre une reprise en
masse de tous les éléments mal institués, dissonants, etc., cela jusqu’à ce
que se réalise un certain apaisement provisoire.
Ces paradigmes éclairent substantiellement, l’un après l’autre, l’un
reprenant l’autre, l’un avec ou sans l’autre, la présence psychotique au
monde, à soi, à autrui. Nous mettons volontairement à part la question de la
mienneté de Soi qui est plus complexe. Elle est traitée en un chapitre
autonome. Les différentes formulations de ce paradigme constituent
l’essentiel de ce qui est compréhensible dans les troubles psychotiques en
tant que présence affectée, toutes questions causales mises à part. Ses
ambitions ainsi limitées mais en grande partie assumées lui permettent de
revendiquer une certaine validité pour une psychopathologie fondamentale.
_______________
1. Le Temps vécu, réédition Quadrige, Paris, PUF, 1995. Cete idée n’est pas loin de celle de trouble primaire de K. Schneider. Cf. tome II, chapitre 1.
2. Phénoménologie de la perception, opus cité, p.VIII.
3. Un regard tragique sur les destins humains peut aider à considérer qu’une extinction après fécondité n’est pas un échec. Ce regard invite à inscrire la vie des savoirs humains dans le mouvement historial (naissance, maturation, fécondité, épuisement).
4. A. Grenouilloux a insisté sur la nécessité de dépasser le romantisme premier de la phénoménologie, permettant ainsi à cette discipline de retrouver l’expérience vivante première de notre contact avec le monde, au sein d’une phénoménologie du vivant. Cf. « Phénoménologie et
sciences naturelles », Le Cercle Herméneutique, no 1, Argenteuil, 2003.
5. Le racontant-raconté étant une nouvelle formulation de l’intrigue entre l’apparaissant (ce qui fait voir) et l’apparu. Autre nom du phénomène.
6. Opus cité, Gallimard, 1945.
7. Le Temps vécu, réédition Quadrige, Paris, PUF, 1995.
8. Cf. Correspondance E. Minkowski et H. Bergson, in E. Minkowski, une œuvre philosophique, psychiatrique et sociale, B. Granger et coll., Levallois-Perret, (Lundbeck-Interligne), Acanthe, 1999.
9. Phénoménologie des psychoses, section C, III.1 et 2.
10. Il ne s’agit pas ici de l’éclaircissement d’une certaine ambiguïté entre vécu (représenté) psychologique plus ou moins conscient et le ressenti ultime, tel que le sentiment de désir ou de dégoût l’exprime. Ils sont souvent confondus, de sorte que le concept de vécu se disant intérieur ne recouvre pas toujours une réalité épistémologique univoque, alors qu’il était censé le faire. Plus encore, cette ambiguïté se prolonge dans la distinction qu’il faut effectuer entre vécu anthropologique (le sens anthropologique) et vécu phé noménologique, aux vécus, par exemple, des facettes d’un cube avant que nous ne le percevions comme cube. Le vécu anthropologique de montée ou de chute ne subit aucune intégration synthétique vers un objet qui subsumerait sa qualité première de vécu. Il reste à l’état brut. C’est en réalité le sens anthro pologique au sens où nous le définissions.
11. inspirée du romantisme et généalogiquement issue de l’esprit de la Réforme, dans une certaine relecture augustinienne. Cette Réforme, considérée comme événement philosophique et non point théologique, veut reconstruire une dimension d’intériorité déclarée comme abolie par l’extériorité institutionnelle du catholicisme romain.
12. En amont de toutes questions terminologiques, le problème de ce que signifie vécu est beaucoup plus profond. Il bute sur deux énigmes : ce qu’est le Vivre et plus encore, le Vivre humain. Une herméneutique du vivant est nécessaire à l’éclaircissement de la première énigme et une seconde herméneutique pour ce que peut être une vie humaine. C’est pour cette raison que le terme de vécu s’origine sur un fond encore indéterminé.
13. Op. cit.
14. « Le fondement corporel de la subjectivité dans l’œuvre de M. Merleau-Ponty » in L’Art du
Comprendre, no 2, 1995, Paris.
15. La Fuite des idées, J. Millon, Grenoble.
16. Cf. « De la fuite des idées», Laurent Desblancs, Pierre Legrand, Laurent Cadiet, L’Art du
Comprendre no 4, février 96.
17. Cf. p . 68, L’Art du Comprendre, no 4.
18. M. Heidegger, Ga 63, Ontologie (Hermeneutik der Faktizität), hrsg. K. Bröcker-Oltmanns, Francfort-sur-le-Main, Klostermann, 1982.
19. G. Bachelard, La Poétique de l’espace, PUF, Paris, 1957, cf. Cahiers Gaston Bachelard,
Université de Bourgogne, nos 1 et 2, Dijon.
20. Mélancolie et manie, Paris, trad. PUF, 1987.
21. La Perte de l’évidence naturelle, Paris, PUF, 1991.
22. Le jeu des enfants avec la fiction comporte, entre autres rôles, celui d’apprendre l’ultime statut de réalité. Ainsi, les bêtises matérielles des enfants servent à étudier le cours de la présence (« le cours des choses »), tel qu’il se donne en termes de causes et conséquences. L’enfant qui fait tomber volontairement un vase « pour voir » met à l’épreuve cet apprentissage de la réalité de la réalité. Winnicott a travaillé cette question quasiment en phénoménologue sans revendiquer l’appartenance de son discours à la phénoménologie.
23. « La croyance en la réalité du monde extérieur» in Le Monde de l’Esprit (trad. Sylvie Mesure), Le Cerf, Paris, 1992.
24. M. Heidegger, Les Conférences de Cassel, Paris, Vrin, Paris, 2003 (trad. J.-C. Gens).
25. L’Art du Comprendre, no 1, Paris, 1994.
26. C’est une intuition d’origine gestaltiste, mais que la Gestalt historique n’a pas menée à son terme, faute d’avoir traité la question du sujet. Le sujet est pourtant ce qui tient la structure. C’est un sujet constituant et non psychologique.
27. A. Kraus, «États existentiels des hystériques et des mélancoliques » in Psychiatrie et Existence, sous la direction de J. Schotte et P. Fédida, Grenoble, J. Millon, 1991.
28. «La question de l’identité humaine et le problème des psychoses », A. Tatossian, L’Art du
Comprendre, no 1, Paris, 1994.
29. P. Ricœur, Soi-même comme un autre, Paris, Seuil, 1991.
30. R. Musil, L’Homme sans qualités, trad. Philippe Jacottet, Paris, Points, Seuil, 1982.
31. On peut consulter Écriture et identité, J.-P. Carron, Bruxelles, Ousia, 2003.
32. C’est une admission de fait et non morale. Admettre est un des grands problèmes de l’herméneutique. Le risque d’un Trop admettre est au centre de la question. Car à trop admettre on n’exclut aucune position discursive centrale et on instaure le relativisme intellectuel du faire avec. La puissance de mondéisation de ce faire avec est considérable et constitue une question philosophique qui doit être pensée.
33. La psychopathologie phénoménologique est un formalisme de la présence humaine, qui suspend toute relation au « vrai » absolu pour ne conserver qu’un « vrai » provisoire relatif, l’humain. À vouloir recomposer un absolu, on abolirait la structure temporelle du phénomène humain. Elle ne prétend pas dire qui est l’homme mais veut davantage se prononcer sur les modalités et possibilités de sa présence.
34. Avec un élément extérieur de verticalité propre à la paranoïa, à la fois d’aspiration démesurée vers le haut (la présomption paranoïaque) et de hantise de la perte de son statut de hauteur, de hantise de la dévaluation sous le regard d’autrui.
35. « De l’inconscient phénoménologique », dossier central de la revue L’Art du Comprendre, no 8, 1999. Le concept de Phenomenological Mind désigne le même travail apriorique.
36. La pensée de Marc Richir est largement marquée de cette idée, puisée dans les synthèses passives de Husserl. Pour le dernier état de sa pensée, cf. Phantasia, imagination, affectivité, Marc Richir, Grenoble, Millon, Éd., 2004.
37. Cf. « Constitution et dislocation des horizons de l’expérience. Le cas Artaud », Jacques Garelli.
Première partie, L’Art du Comprendre, no 2, 1994, et seconde partie no 3, 1995.
38. Cette question peut être abordée à partir de la philosophie de J.-L. Marion qui conçoit ces plans d’horizons dans la perspective de la réduction, considérant qu’à chaque réduction phénoménologique correspond une donation. La réduction ne peut remonter plus «haut» que chaque donation.
39. Introduction à la Phénoménologie des hallucinations, sous la direction de G. Charbonneau, Le Cercle Herméneutique, Paris, 2001, diff. Vrin.
40. «Maintien de Soi et maintien de l’unité de l’expérience», in Phénoménologie, psychiatrie, psychanalyse, étranges relations, sous la direction de Jean-Claude Beaune et Jean-Louis Griguer, Champ Vallon, Seyssel, 1995.
41. La notion de structure a tenté d’éliminer toute subjectivité constituante. Son projet latent d’as-subjectivité a influencé une partie de la phénoménologie philosophique.
42. Cf. Introduction à l’œuvre d’E. Husserl, op. cit. Szilasi a succédé à M. Heidegger à l’université de Fribourg et sera proche de L. Binswanger. Son œuvre daseinsanalytique s’efforce de rendre compossible l’analyse de l’existence (M. Heidegger) et de l’expérience (E. Husserl).
43. Op. cit., troisième édition, Collection Phéno, 2003, Argenteuil.
44. Cf dossier central Derrida et Gadamer, sous la direction de Guy Deniau, Le Cercle
Herméneutique, no 2, 2004. Cependant Derrida utilise la notion de déconstruction dans une perspective inverse. Il faut selon lui, empêcher le moment de synthèse pour mieux voir et laisser parler les éléments un par un.
45. La philosophie de l’événement d’H. Maldiney expose cette question sans utiliser le vocabulaire heidéggerien de l’Ereignis mais dans un certain prolongement de sa pensée.
46. Jocelyn Benoist aborde cette question dans l’ouvrage. Kant et les limites de la synthèse : le sujet sensible, Paris, PUF, 1996.
47. Cette intuition n’a jamais été rapprochée de celle de l’identité narrative de Ricœur mais on pourrait lui trouver quelques affinités structurelles. Généalogiquement, la filiation passe par W. Dilthey et l’herméneutique de H. G. Gadamer, bien que celle-ci ne fût pas inspirée de la pensée de Dilthey.
48. Uber Gestaltenqualitäten, Vierteljahrsschrift für Wissenschaftliche Philosophie, 1890, vol. XIV,
no 3, 249-292.
49. Cf. Gestalt revue, éditions Morisset, Bordeaux.
50. Cf. les manuscrits Z-IV des Archives E. Fink à Freiburg. On peut se rapporter au travail d’Alexander Schnell « La philosophie du temps d’E. Fink », p77-108, Annales de Phénoménologie, 2008, Paris.
51. Fink insiste sur le caractère de projection à l’extérieur de cette extentionnalité. Ce mouvement à la fois projette et rassemble.
52. L’horizon heideggérien de cette question est fondamental.
53. La pré-compréhension est dotée d’un statut rigoureux dans l’herméneutique contemporaine, donnant par exemple à la notion de préjugé un sens nouveau. C’est ce qu’a exploré H. G. Gadamer.
54. Ce travail d’analogie peut se faire à tous les modes pathologiques : parfois il est surdéterminé (trop reconnu) parfois il ne parvient jamais à se faire véritablement. Il met à jour nos propres struc tures préconscientes et inconscientes. L’excès analogique induit un Trop comprendre ou ce Trop admet tre évoqué plus haut. Cette dislocation des modalités d’analogie peut revêtir de nombreuses formes rhétoriques. La psychanalyse lacanienne peut s’inscrire dans cette approche. Elle phénoménalise les altérations élémentaires du champ intra-expérientiel, exprimé dans le langage sur le mode des struc tures analogiques.
55. Cf. Pulsion et sujet, Gaelle Maz, Thèse de Doctorat, Université de Bourgogne, Dijon, 2008.
56. Cf. « Le Vécu de cirque », G. Charbonneau, in Formes de la présence dans les expériences pathologiques sous la direction de Guy Risbec, collection Phéno, Le Cercle Herméneutique, Argenteuil, 2008.
57. Cf. Max Aurière, « Le cas Nadia », in Formes de la présence dans les expériences pathologiques, Op. cit.
58. H. Ey, cf. Cahier H. Ey, édité par la Fondation H. Ey, 1 bis rue Franklin, 66000 Perpignan. Les Études psychiatriques d’Henri Ey édité par le CREHEY (2, rue Léon Dieudé 66000 Perpignan), Vol. I et II, constituent un document de référence. On peut consulter en introduction l’ouvrage de Jean Garrabé, « Henry Ey et la pensée psychiatrique contemporaine », Les Empêcheurs de penser en rond/Synthelabo, 1997.
59. Il faut garder une latéralité d’interprétation de la Befindlichkeit heideggerienne. Celle-ci n’en gage que certains aspects (non précisés ici) de ce sentiment de situation. Il n’est pas en tout cas équi valent à l’humeur au sens psychiatrique du terme. Il est beaucoup moins fort. À le lire au plan psychologique et psychiatrique, il correspond plutôt au niveau des dispositions ou indispositions à l’action.
60. Kimura B., Écrits de psychopathologie phénoménologique, Paris, PUF, 1992.
61. Le Zwischen de Tellenbach est le concept central de cet espace intersubjectif. Cf. H. Tellenbach Geschmack und Atmosphäre. Medien menschlichen Elementarenkontakt, Salzbourg, Otto Mul ler, 1968, (trad. Goûts et atmosphère, Paris, PUF, 1983).
62. Cf. «Le Vécu de cirque», G. Charbonneau, op.cit.
63. « L’impatience existentielle comme mode d’être de la schizophrénie», L’Art du Comprendre, no 3, juin 1995.
64. Cf. «H.Tellenbach, l’atmosphérique et l’Entre » in L’Art du Comprendre, no 4, février 1996, Pari s.
65. Eine blühende Psychiatrie in Gefahr, Berlin, Springer, 1967.
66. H. Tellenbach, Goûts et atmosphère, op. cit.
67. Cf. A. Fernandez-Zoïla, «Expérience atmosphérique et présence à soi», L’Art du Comprendre no 4, février 96.
68. Opus cité.
69. «Confiance et Sens oral», in L’Art du Comprendre, numéro 1,
70. « La fondation de la confiance dans le sens oral », communication École Française de Daseinsanalyse, 14 juin 2008, La Sorbonne, Paris.
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